Photos + Report : Redfish
28 mars 2026 – Trois groupes, cinq balles, et une salle des fêtes qui se transforme en soirée rock !
Un warm‑up à la bonne franquette, mais avec du cœur
Le Panic Fest avait décidé de réveiller Saint‑Félix avec une soirée à 5 balles, histoire de lancer la saison et de faire tourner la caisse du festival. Dans la salle des fêtes : buvette 100% locale, petite restauration maison, quelques tables pour se poser, le merch du festoch, les stands des groupes alignés.

Une ambiance simple, chaleureuse, brute. Le genre de soirée où tu sens que tout repose sur les bénévoles, la passion et l’envie de faire vivre la scène locale.
The Toe Cutters – Deux morceaux, pas de quoi juger
J’arrive en fin de set… ou plutôt en plein milieu de leurs galères de son. Je ne verrai que les deux derniers morceaux, et ce sera surtout un combat contre les larsens, les micros capricieux et un mix qui refuse de tenir en place.

On devine un sludge / stoner simple, brut, sans fioritures, mais dans ces conditions, impossible de dire si les Toe Cutters avaient quelque chose sous le pied ou non. Pas leur faute : la salle des fêtes a parfois ses humeurs, et ce soir‑là, elle avait décidé de tester les larsens.

Big Tuna – Le sludge / doom qui monte en puissance
Quand Big Tuna attaque, le volume grimpe d’un cran. Leur sludge / doom sent le marécage, le riff gras, le rock 70’s et l’ombre immense de Black Sabbath. Le t‑shirt du guitariste soliste ne ment pas. On retrouve aussi des passages plus planants, presque psychés, et même un brin de Led Zep sur l’avant‑dernière.

Le groupe a des idées, ça joue, ça tient la route. Le batteur est solide, la bassiste apporte une vraie présence et un groove sexy, le chanteur bouge mais pourrait encore se lâcher davantage. Les autres musiciens restent assez statiques, ce qui donne un contraste un peu étrange avec la lourdeur du son.

Visuellement, habit classique. Ça donne un côté “répète du jeudi soir” qui casse un peu l’impact scénique. Et surtout : après Toe Cutters, on se reprend une deuxième couche de « sludge ». Le groupe est intéressant, il ne manque plus que ce petit truc qui ferait décoller le set.

Sonic Train – La locomotive rock qui transforme la salle en mini festival
Et puis Sonic Train arrive. Et là, tout change.
Le set démarre sur une bande‑son « électro ? » , puis les cinq musiciens déboulent ,Vivian au chant, Seb à la guitare, Kevin aux claviers, Yves à la basse et Jérémie à la batterie.
Leur mélange est immédiatement reconnaissable : un rock alternatif moderne, nourri d’énergie garage, de textures électro, de sonorités vintages et d’un sens du groove qui les distingue de tout ce qu’on a entendu avant dans la soirée.

Le chanteur, est un cas à part. Le gars écoute principalement du rap, et ça se voit. Sa gestuelle, son flow, sa manière d’occuper la scène, son rapport au public… rien à voir avec un frontman rock classique. Il apporte une dynamique différente, plus nerveuse, plus rythmée, presque hip‑hop dans l’attitude. C’est ce mélange qui donne à Sonic Train cette identité: un groupe rock qui ne joue pas au groupe rock.
Seb, est une machine. Technique, précis, inspiré, il envoie vraiment du lourd j’accroche immédiatement. Jérémie et Yves forment une section rythmique carrée, efficace. Quand a Kévin… il propulse le groupe !

Le public suit, répond, bouge. Sonic Train prouve qu’ils ont le niveau pour des scènes bien plus grandes.
Ils jouent “No Kids”, un nouveau morceau présenté pour la première fois en live. Un titre qui montre qu’ils continuent d’explorer, de mélanger les influences, et de pousser leur identité encore plus loin.
Sonic Train, c’est clairement le groupe qui a sa place dans un festival, celui qui sera mon coup de cœur de la soirée.

Le Wake Up Panic Fest a rempli sa mission : chauffer les moteurs avant l’édition de juillet, rappeler que Saint‑Félix sait faire vibrer ses murs, et donner envie de revenir pour la suite.
Si le warm‑up a donée le « La », le Panic Fest de juillet sera « the place to be ».








