Photos + Report : Alain The Red
Jour 3 : 26 juillet 2026
Après une nuit courte, mais bonne, on attaque le dernier jour de ce festival, et c’est à JJAX d’ouvrir les hostilités.
JJAX débarque sur la scène du Volcanic Fest avec la ferme intention de ne pas passer inaperçu. Porté par Julien Jacquemond, le groupe propose un hard rock métallique particulièrement efficace, où le groove occupe une place centrale sans jamais sacrifier la puissance.
Les riffs s’enchaînent avec naturel tandis que les mélodies viennent apporter juste ce qu’il faut d’accroche pour embarquer le public. L’expérience des musiciens saute rapidement aux yeux : le groupe joue avec assurance, maîtrise ses compositions et parvient à installer une véritable dynamique face à une assistance encore en phase de découverte.
Entre énergie rock’n’roll, lourdeur métallique et refrains fédérateurs, JJAX trouve rapidement son équilibre. Le quatuor ne cherche pas la démonstration technique permanente ; il privilégie l’impact et l’efficacité. Une formule qui fonctionne parfaitement dans le contexte d’un festival où chaque minute compte.
Sans faire de bruit inutile, JJAX signe une prestation solide et convaincante, portée par des compositions taillées pour la scène et une envie palpable d’aller chercher le public. Une belle découverte qui confirme la richesse de cette scène française mise à l’honneur par le Volcanic Fest.
Set-list : Gehenna/ Old age/ Extand/ Reason/ Are you/ Ulysses.

eOn (Element of noise) : le rouleau compresseur toulonnais avec la violence maîtrisée.
Le Volcanic Fest bascule dans quelque chose de très direct. Les Toulonnais ne perdent pas de temps en introductions inutiles et attaquent immédiatement avec un metal moderne compact, agressif et terriblement efficace. Entre groove ravageur, riffs acérés et déferlantes de double grosse caisse, le groupe impose son rythme avec une autorité impressionnante.
Sur scène, nos cinq énergumènes veulent en découdre : maintenir une pression constante sur le public. Flo tel une pile nucléaire occupe la totalité de la scène, les deux guitares d’Enzo et Kader telles des tronçonneuses, déchiquètent tout sur leur passage soutenu par Romain à la basse furieuse et aux chœurs plus qu’énervés, tandis que Ranko à la batterie pilonne sans pitié. Les morceaux s’enchaînent comme autant de coups de massue, alternant passages hardcore, accélérations thrash et séquences plus lourdes héritées du groove metal.
La force d‘eOn réside justement dans cette capacité à mélanger plusieurs influences sans jamais perdre en cohérence. La descente d’Enzo dans le public qui fait un circle pit autour de lui ne fait que renforcer la furie d’eOn en live. Le résultat est massif, nerveux et parfaitement adapté à l’exercice du festival.
Porté par l’expérience accumulée sur les scènes françaises et par des compositions taillées pour le live, le char d’assaut toulonnais n’a eu aucune pitié et a envoyé un set intense qui rappelle qu’eOn fait partie de ces groupes capables de transformer n’importe quelle scène en zone de guerre : la bagarre.
Set-list : Heads on pikes/ Bullshit avertwhere/ Lost not found/ Break new ground/ Come down/ Angel of terror/ Legacy of shame.

Bards Of Backwater : une escale médiévale au cœur du Volcanic Fest.
Au milieu des assauts métalliques qui secouent le C.A.B.L. tout au long du week-end, Bards Of Backwater apporte une couleur différente à l’affiche. Le groupe embarque les festivaliers dans un univers où flottent des parfums de taverne, de fantasy et de légendes anciennes.
Loin de la brutalité frontale des formations les plus extrêmes, les musiciens misent avant tout sur l’ambiance et la convivialité. Très rapidement, le public se laisse entraîner dans ce voyage hors du temps où l’esprit festif prend le dessus. Les mélodies accrocheuses et l’énergie communicative du groupe créent une véritable parenthèse au sein de cette programmation particulièrement dense.
Cette capacité à proposer autre chose sans rompre la dynamique du festival constitue d’ailleurs l’une des forces du Volcanic Fest. Bards Of Backwater apporte ainsi une respiration bienvenue, démontrant que la scène alternative ne se résume pas uniquement aux riffs les plus lourds ou aux tempos les plus rapides.
Une prestation chaleureuse et fédératrice qui a permis au public de reprendre son souffle avant de replonger dans la tempête métallique.
Set-list : The edge of the glade/ Howard is a looser/ Heaven’s on fire/ Saxon are here/ The defenders/ Tonightwe raise our drinks.

SMYU débarque sur la scène avec la fougue de ceux qui ont encore tout à prouver. Les Tourangeaux ne perdent pas de temps et envoient un rock metal moderne particulièrement énergique où les refrains accrocheurs viennent se heurter à des passages beaucoup plus nerveux. La formation mise avant tout sur l’impact et la spontanéité, deux qualités qui prennent immédiatement tout leur sens dans le contexte d’un festival.
Sur scène, le groupe joue avec l’urgence et la fraîcheur des formations émergentes qui refusent de calculer. Les morceaux s’enchaînent avec intensité tandis que le public découvre progressivement un univers où rock alternatif et metalcore cohabitent naturellement. Sans artifices inutiles, SMYU livre un set sincère, dynamique et généreux qui contribue à maintenir l’énergie de cette première édition à un niveau élevé.
Une prestation pleine de conviction qui confirme que le groupe possède déjà l’une des qualités essentielles du live : savoir transmettre son énergie au public.
Set-list : Gygabitch/ Dark room & cigars/ DD smoker/ Sharks/ Rhino herd/ Violence/ BBQ season/ Johnny B goode/ Number by design/ Girl in a truck/ Lousy boy.

Mess Out a débarqué avec la rage du punk et la puissance du metal. Les Lyonnais montent sur scène avec l’attitude de ceux qui n’ont rien à perdre et tout à gagner. Dès les premiers morceaux, le ton est donné : ça joue vite, ça joue fort et surtout ça déborde d’énergie.
Porté par des refrains accrocheurs et des rythmiques nerveuses, le groupe réussit rapidement à embarquer le public dans son univers. Les influences hardcore et metal viennent renforcer l’impact des compositions sans jamais masquer l’ADN punk qui irrigue l’ensemble du set.
L’une des forces de Mess Out réside justement dans cette capacité à faire passer des messages engagés tout en conservant un esprit festif et fédérateur. La communication avec le public est naturelle et l’ambiance monte progressivement à mesure que les morceaux s’enchaînent.
Dans une première édition du Volcanic Fest tournée vers la découverte, les Lyonnais démontrent qu’ils possèdent déjà toutes les qualités d’un véritable groupe de scène : énergie, spontanéité et sincérité. Une prestation généreuse qui aura largement contribué à maintenir la température à un niveau élevé tout au long de la journée.
Set-list : One last time/ The fray/ Idiocratie généralisée/ Give our chance back/ Raining/ In the name of faith/ Awake/ Crève/ Bad touch/ Kick me to death/ Outro/ We will set this place on fire.

Faith In Agony (annulé) : Suite à une intox alimentaire la veille Ma Die se voit dans l’obligation d’annuler leur prestation, un peu déçu de ne pas pouvoir les voir sur scène, mais bon mieux vaut qu’elle se refasse une bonne santé, je les verrais au Furios Fest fin aout à St Flour dans le Cantal. Et donc gros chambardement du planning, mais la logistique du festival a su pallier l’imprévu. Du coup on a eu droit à des matchs de catch qui ont comblé le temps de leur prestation ainsi que Amonra The Great qui apprendra à cracher le feu au nain catcheur et à Adrien Bourrat chef des Licornes qui gère les slams derrière les crash barrières. Du coup ça m’a permis d’aller jeter un œil aux cartonnades dans le pré situé à côté de la salle. Dimanche grosse baston générale avec tous les personnages de ouf en armures de carton qui se sont mis sur la gueule, c’était épique…
Le gagnant est le dernier qui conserve un morceau de son armure, une belle bataille rangée même les châteaux ont fini en charpie, ambiance garantie. Après quoi on retourne dans la salle pour la suite,,,

Changement radical d’ambiance avec Bangalore Choir. Après les déflagrations metal de la journée, le C.A.B.L. se retrouve propulsé quelques décennies en arrière, lorsque le hard rock mélodique régnait encore en maître. Et pour incarner cette époque, difficile de trouver meilleur ambassadeur que David Reece.
Le chanteur américain, ancien frontman d’Accept, débarque avec cette voix immédiatement reconnaissable et un groupe parfaitement armé pour faire rugir les amplis. Les morceaux de « On Target » prennent évidemment une dimension particulière en live, avec ces riffs typiquement hard US, ces refrains taillés pour être repris à pleine voix et ces mélodies qui ont traversé les décennies sans prendre une ride.
Mais Bangalore Choir ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Les compositions de « Rapid Fire Succession: On Target Part II », sorti en 2025, démontrent que David Reece n’a clairement pas l’intention de laisser son passé prendre toute la place. Le groupe conserve cette recette hard rock mélodique, entre puissance, groove et efficacité, tout en lui offrant une production contemporaine.
Et lorsque les premiers accords de « Angel in Black », « Slippin’ Away » ou des classiques de On Target résonnent, c’est toute une génération de hard rock qui reprend vie devant la scène. Pas de nostalgie poussiéreuse ici : Bangalore Choir joue encore avec les tripes et surtout avec une sacrée envie d’en découdre.
Une prestation qui apporte une couleur différente à cette édition du Volcanic Fest et rappelle que le hard rock mélodique, lorsqu’il est porté par des musiciens de cette trempe, n’a absolument rien perdu de son pouvoir de séduction.
Set-list : I Can’t Breathe/ Just One Night/ X-T-C/ Bullet Train/ Ain’t No Love in the Heart of the City/ If the Good Die Young (We’ll Live Forever)/ Generation Clash/ Hellhammer/ Driver’s Seat/ Angel in Black/ All or Nothin’ (basé sur le Headbangers Open Air Festival 2026)

Après les murs de guitares et les déferlantes de décibels, le Volcanic Fest ouvre soudain les portes d’une taverne médiévale avec l’arrivée du Naheulband. Et autant dire que le changement d’ambiance est radical ! Inspiré de l’univers du Donjon de Naheulbeuk, le collectif de Pen of Chaos transforme la scène en véritable théâtre fantasy où se mélangent folk, musique traditionnelle, rock, humour et quelques bonnes grosses rasades de metal.
Ici, impossible de rester simplement spectateur. Les musiciens jouent autant avec leurs instruments qu’avec le public, multipliant les interventions, les personnages et les situations absurdes qui ont fait la réputation de l’univers de Naheulbeuk. Les refrains sont repris à pleine voix et les incontournables comme « La Bière du Donjon », « Mon Ancêtre Gurdil » ou « À l’aventure, compagnons » déclenchent immédiatement une véritable communion dans le public.
Entre guitare, banjo, percussions et chants, le Naheulband apporte une bouffée d’air complètement déjantée au milieu de cette programmation metal. Mais derrière l’humour et les costumes, les musiciens démontrent une véritable maîtrise de leurs instruments et une capacité impressionnante à faire vivre cet univers sur scène. Ce soir c’est en comité intime qu’ils joueront juste à quatre, mais cela a suffi pour mettre l’ambiance dans la salle,
Une prestation aussi festive que bordélique, exactement dans l’esprit de Naheulbeuk : ici, pas besoin de circle pit pour mettre le feu à la fosse, une bonne bière, quelques aventuriers complètement paumés et une chanson de taverne suffisent largement !
Set-list : A l’aventure, compagnons/ Le nanana de l’elfe/ Troll farceur/ Dix sous dans ma poche/ Le laridé du poulet/ Le grand pot au feu/ Pub : chiantos/ La bière du donjon/ Bourriner/ Crom/ Marche barbare/ Moria – Mordor/ Le tralala du nain/ Mon ancêtre Gurdil.

Hrafngrimr : bienvenue dans les brumes du Nord
Avec Hrafngrimr, le Volcanic Fest change radicalement d’atmosphère. Oubliez les murs de guitares et les avalanches de doubles pédales : ici, la scène se transforme en terre ancestrale. Mené par Mattjö Haussy, le collectif plonge le public dans son univers nü nordic, mélange fascinant de folk nordique, de sonorités contemporaines et de poésie en vieux norrois.
Les instruments traditionnels se mêlent aux textures modernes tandis que les voix installent progressivement une ambiance hypnotique. Hrafngrimr ne cherche pas simplement à jouer des morceaux : le groupe construit une véritable immersion, presque cérémonielle, où chaque son semble participer à un rituel venu d’un autre âge.
Le contraste avec les groupes plus agressifs de l’affiche fonctionne à merveille. Après les déferlantes métalliques, cette parenthèse mystique offre au public une autre manière de vivre le festival. Et lorsque le blót prend forme, la frontière entre concert et cérémonie semble soudainement disparaître. Groupe que je découvre ce soir et j’avoue avoir été surpris par cette ambiance qu’a pu créer le groupe.
Hrafngrimr ne joue pas du folk nordique : il le transforme en expérience sensorielle. Une prestation hors norme, aussi envoûtante qu’intense, qui aura transporté le Volcanic Fest bien loin des rives de la Loire.
Set-list : Niflingar koma(intro)/ Niu bylgjur/ Allt till valhallar dura/ Nilfheims auga/ Einherjar/ Bryr/ Blot/ Interlude/ Yfir tarin/ Holmganga/ Ovinr/ Skuggar.

Avec Eihwar, le Volcanic Fest prend soudain des allures de raid nordique. Le duo débarque avec une recette aussi improbable qu’efficace : des chants inspirés des traditions scandinaves, des sonorités folk et des basses électroniques qui viennent vous percuter en pleine poitrine.
Ici, pas de longues plages contemplatives : ça cogne, ça danse et ça invoque les dieux nordiques à grands coups de beats. Le contraste entre les sonorités ancestrales et cette énorme puissance électronique fonctionne à merveille. Rapidement, le public se laisse happer par cette mécanique hypnotique qui transforme la scène en véritable champ de bataille.
Eihwar possède surtout cette capacité rare à faire tomber les barrières entre les genres. Les amateurs de metal y trouvent leur dose de puissance, les passionnés de folk leur part de mythologie nordique et les plus réfractaires à l’électro finissent eux aussi par se faire embarquer.
Le résultat est aussi spectaculaire que fédérateur. Eihwar ne joue pas simplement de la musique viking : le duo construit une véritable transe collective. Une prestation particulièrement originale qui apporte une énorme bouffée d’énergie à cette première édition du Volcanic Fest.
Un véritable rouleau compresseur électro-nordique qui prouve qu’on peut invoquer Odin tout en faisant trembler les caissons !
Set-list : The Lake of the Dead/ Omenotharena/ Ragnarök/ Yggdrasil’s Renewal/ Skjaldmö/ Heill Óðinn/ Nauðiz/ Freyja’s Calling/ Viking War Trance/ Völva’s Chant/ Valhalla (intro)/ The Forge

Conclusion : Aux termes de ces 3 jours de fou, une affiche éclectique, des animations drôles et ubuesques et une superbe ambiance tant par les groupes et les bénévoles que par le public qui a joué le jeu. Ainsi que tous les stands d’artisans venus pour cette grande réunion métallique. On remerciera Ellie Promotion et la Teamduc’s Production pour l’accréditation.








