Photos + Report : Alain The Red
Jour 2 : 25 juillet 2026
Après une première journée déjà convaincante, le Volcanic Fest poursuivait son ascension ce samedi avec une affiche particulièrement variée où se sont côtoyés heavy metal, death mélodique, metalcore, rock alternatif et metal progressif. Dès les premières heures de l’après-midi, l’affluence apparaît plus importante que la veille et les festivaliers semblent déjà avoir pris leurs marques au sein du Complexe d’Animation des Bords de Loire.

Crystal Throne lance les hostilités de cette deuxième journée avec la fougue des groupes qui ont encore tout à prouver. Les Messins dégainent un heavy metal progressif fortement marqué par l’héritage d’Iron Maiden et Queensrÿche, porté par un duo de guitares inspiré et une énergie communicative. Malgré une affluence encore modeste en début d’après-midi, le groupe parvient rapidement à capter l’attention des premiers festivaliers grâce à ses mélodies épiques, ses harmonies ciselées et son amour évident du heavy metal traditionnel. Une entrée en matière solide qui pose les bases d’une journée appelée à monter en puissance.
Set-list : Intro/ Children of the ruins/ Foreshadowed sands/ Tides of age/ Steelbirds.

Wedingoth est un groupe de rock/metal progressif lyonnais fondé en 2007 autour du guitariste et compositeur Steve (Steeven) Segarra. Le groupe apporte une respiration bienvenue au cœur de cette deuxième journée. Les Lyonnais délaissent la brutalité frontale pour embarquer le public dans un voyage progressif où se mêlent puissance, émotion et atmosphères aériennes. Porté par la voix habitée de Céline Staquet, le groupe déroule avec élégance ses compositions riches en nuances. Entre envolées mélodiques, passages contemplatifs et riffs plus incisifs, Wedingoth captive progressivement l’assistance et démontre qu’il est possible de marquer les esprits sans avoir recours à la déferlante de décibels. Une prestation aussi raffinée qu’efficace qui confirme la singularité du groupe au sein de la scène progressive française.
Set-list : Mission/ I dont care/ When the world collapse/ Black sky morning/ Cross the mirror.

Amon Sethis transporte ensuite le Volcanic Fest plusieurs millénaires en arrière. Les Grenoblois déploient leur metal progressif épique avec une maîtrise impressionnante, transformant la scène en fresque dédiée à l’Égypte antique. Porté par la voix puissante de Julien Tournoud, le groupe enchaîne les compositions ambitieuses où se mêlent envolées symphoniques, rythmiques power metal et atmosphères orientales. Chaque morceau semble raconter un chapitre de cette vaste saga pharaonique qui constitue l’ADN du groupe. Une prestation immersive et grandiose qui tranche avec les formations plus frontales de l’affiche et confirme qu’Amon Sethis demeure l’une des formations les plus originales du metal progressif français.
Set-list : Intro/ Lamentations/ The rise of the tyrant/ The blood red temple/ Kubatalawa/ The rise of Aoutef’s army/ Osiris god of the dead/ Outro/ From dust to the stars.

La machine continue de monter en régime avec Naraka qui vient ensuite assombrir l’atmosphère avec son death/thrash mélodique aussi puissant que racé. Portée par des musiciens rompus à l’exercice des grandes scènes, la formation franco-marseillaise ne tarde pas à imposer son univers. Entre riffs tranchants, rythmiques martiales et orchestrations sombres, le groupe déroule un set intense qui capte immédiatement l’attention du public. La nouvelle mouture du groupe décape sévère. Naraka mène les opérations avec autorité tandis que les compositions alternent habilement agressivité et mélodies accrocheuses. La prestation de Melainya « sur Mother of shadows » donne encore plus d’envergure au set. Une prestation solide qui confirme que Naraka fait aujourd’hui partie des formations montantes du metal extrême français.
Set-list : Cursed/ Darkbringer/ The black/ Mother of shadows/ Blazing sun/ The reign in red/ Parasite/ Hellbound.

Emerald Moon apporte une parenthèse résolument rock au cœur de cette deuxième journée. Porté par la voix chaleureuse de Vanessa Di Mauro, le quintette déroule un classic rock inspiré des grandes heures des années 70. Entre harmonies de guitares héritées de Thin Lizzy, groove naturel et refrains accrocheurs, le groupe insuffle une énergie positive qui contraste agréablement avec les sonorités plus extrêmes de l’affiche. Sans chercher à en faire trop, Emerald Moon séduit par sa sincérité et son sens du songwriting, offrant un moment aussi rafraîchissant qu’efficace au public du Volcanic Fest. Un groupe qui fait revivre l’esprit du rock des seventies sans tomber dans la nostalgie, porté par une chanteuse charismatique et un solide duo de guitaristes. Une belle surprise…
Set-list : When there’s a will/ What you’re told/ Bad moon/ On& on/ Worry/ Devil woman/ Rock’n’roll soul/ The sky’s.

Charcoal fait souffler un vent de rock’n’roll brut sur le Volcanic Fest. Exit les orchestrations complexes et les démonstrations techniques : les Parisiens privilégient l’efficacité immédiate avec un sleaze rock nourri au Jack Daniel’s, aux riffs graisseux et à l’héritage de Mötley Crüe ou Hanoi Rocks. Le groupe déboule avec l’attitude qui va avec et transforme rapidement le C.A.B.L. en club rock surchauffé. Porté par des compositions directes et une énergie communicative, Charcoal offre une parenthèse résolument rock’n’roll au milieu d’une programmation très orientée metal. Une prestation rafraîchissante qui rappelle que trois accords, lorsqu’ils sont joués avec conviction, peuvent encore faire mouche. Vu l’année dernière au Furios Fest quand je les ai découverts et toujours le même impact lorsqu’ils jouent sur scène ou dans le public, un régal.
Set-list : Eat my fist/ Hey doc/ Back to the 80’s/ Thin lady lizzy/ Fat bottom girl/ Mexico/ Rebound/ Summer shine/ One night of rock’n’roll.

Waking The Sleeping Bear fait grimper la température d’un cran avec son metal moderne en français aussi rageur qu’efficace. Porté par Adrien Pate, le quatuor jurassien déverse une déferlante de riffs massifs, de phrasés rap incisifs et de refrains fédérateurs qui font immédiatement mouche. Héritier de la grande tradition du metal français incarnée par Mass Hysteria ou Sidilarsen, le groupe impose sa personnalité grâce à des textes engagés et une énergie communicative. Sur scène, tout semble pensé pour le live : les breaks déclenchent les premiers mouvements de foule tandis que les refrains sont repris avec enthousiasme par un public de plus en plus nombreux. Une prestation puissante et sincère qui confirme que WTSB fait partie des formations les plus prometteuses de la scène metal hexagonale actuelle. Entre Mass Hysteria, Sidilarsen et Smash Hit Combo, Waking The Sleeping Bear balance un metal moderne sous tension permanente qui cogne autant par ses riffs que par ses textes. Une véritable claque de fusion française
Set-list : Grands maux/ Le goût de la peur au ventre/ La tête à l’envers/ Dernier satellite/ Plus rien à perdre/ Porno future/ Faux contact.

Feat The Sun poursuivent l’offensive et apportent une bouffée d’air frais au cœur de cette deuxième journée. Les Grenoblois misent sur un rock alternatif moderne où les mélodies accrocheuses côtoient des riffs plus musclés hérités du metal. Dès les premiers morceaux, le groupe parvient à instaurer une connexion naturelle avec le public grâce à des refrains fédérateurs et une énergie communicative. Sans chercher la surenchère, Feat The Sun séduit par sa sincérité et son sens de l’efficacité. Un set lumineux et dynamique qui permet de relancer parfaitement la machine avant les formations les plus extrêmes de la soirée. Les slams deviennent plus fréquents, les circle pits se multiplient et la fosse répond désormais au quart de tour aux sollicitations des groupes. Le Volcanic Fest commence véritablement à prendre des allures de chaudron.
Set-list : Intro/ Invicible/ Number/ 203/ Transition/ MME/ Naïveté/ Paralysed/ Vendetta/ Aria/ Texture/ Interlude/ Rockstar.

Heavylution est un groupe de heavy/power metal originaire de Saint-Étienne, formé entre 2005 et 2006. Fidèle aux racines du heavy metal traditionnel, la formation puise son inspiration chez Iron Maiden, Judas Priest, Helloween, Saxon ou encore Firewind tout en y ajoutant des touches thrash et progressives. Heavylution apporte une véritable bouffée d’heavy metal traditionnel au cœur de cette deuxième journée. Les Stéphanois n’ont pas besoin d’artifices pour convaincre : deux guitares en harmonie, des refrains taillés pour être repris en chœur et une passion sincère pour les grandes heures du metal des années 80. Porté par la voix de Paul Eyssette, le groupe enchaîne les compositions avec assurance et rappelle que le heavy metal classique reste une arme redoutable lorsqu’il est joué avec autant de conviction. Une prestation généreuse qui a su rallier aussi bien les nostalgiques de la NWOBHM que les amateurs de metal plus contemporain.
Set-list : Children/ Obssession/ Rain/ Deadly/ Earth/ Spirit/ Dream/ Balls.

Puis Eight Sins débarque avec la délicatesse d’un bulldozer lancé à pleine vitesse. Les Grenoblois ne perdent pas une seconde et déclenchent immédiatement les hostilités grâce à leur crossover thrash/hardcore aussi brutal qu’efficace. Entre riffs acérés, rythmiques explosives et mosh parts calibrées pour la fosse, le groupe transforme rapidement le Volcanic Fest en terrain de jeu pour amateurs de circle pits et de slams. Porté par un Loïc Pouillon survolté, Eight Sins livre une prestation sans concession qui sent la sueur, la bière et le chaos organisé. Le circle pit autour de Amorathe Great sera memorable, crachant le feu au milieu des metalheads déchainés. Un véritable uppercut qui fait partie des sets les plus nerveux de cette deuxième journée.
Set-list : Slice of doom/ On tour/ Acid hole/ Straight to namek/ Slime river/ It’s a trap/ Last action zero/ Street thrash/ Devour/ Cops panic/ Wreck of the empire/ Beer & moshpit.

Silver Dust change radicalement l’atmosphère du Volcanic Fest. Les Suisses ne se contentent pas de jouer des morceaux : ils construisent un véritable spectacle. Drapé dans son univers sombre et théâtral, le quatuor transforme la scène en cabaret macabre où se croisent hard rock, metal et esthétique victorienne. Porté par le charismatique Lord Campbell, le groupe captive immédiatement le public grâce à une présence scénique hors norme et des compositions aussi accrocheuses que puissantes. Entre ombres, mélodies et riffs massifs, Silver Dust livre l’une des prestations les plus visuelles et immersives de cette deuxième journée, avec le passage de Amonra le cracheur de feu qui vient appuyer la prestation des Suisses, belle surprise pour moi qui découvre ce groupe.
Set-list : Fire !/ I’m Flying/ Devil’s Dance/ The Masters of Fright/ Guitar Solo/ Bette Davis Eyes/ Down/ Salve Regina/ Drum Solo/ Lucifer’s Maze/ I Saw Your Light/ Follow Me

Puis vient l’heure de Klone. Les Poitevins n’ont plus rien à prouver, mais démontrent une nouvelle fois pourquoi ils figurent parmi les formations les plus respectées du metal progressif français. Porté par des atmosphères aériennes, des montées en puissance magistrales et une interprétation d’une précision chirurgicale, le groupe offre un moment suspendu qui contraste avec la brutalité de certaines prestations précédentes tout en captivant totalement le public. Portée par la voix exceptionnelle de Yann Ligner, chaque composition semble suspendre le temps. Klone transforme littéralement le site en cathédrale sonore. Une prestation magistrale qui captive l’assistance du premier au dernier accord et s’impose comme l’un des sommets artistiques de cette deuxième journée.
Set-list : The Unseen/ Magnetic/ After the Sun/ Blink of an Eye/ Bystander/ Immersion/ Danse Macabre/ Sad and Slow/ Meanwhile/ Nebulous/ Yonder

La lourde tâche de refermer cette deuxième journée revient à Sickmind qui ne laisse aucune chance aux organismes déjà éprouvés. Sickmind est un groupe français de metal moderne originaire de la région stéphanoise, ce qui explique sa présence logique sur l’affiche du Volcanic Fest. La formation évolue dans un registre mêlant metalcore, groove metal et metal moderne, avec une forte importance accordée à l’impact scénique et à l’énergie live. Les dernières réserves d’énergie sont jetées dans la bataille et la fosse répond une dernière fois présente avant que ne tombent les derniers accords de la soirée.
Set-list : Intro/ Shedding skin/ Dark code/ Chaos beneath our feets/ Dead end/ Dry earth/ New god.

Au terme de cette deuxième journée, le Volcanic Fest confirme largement les promesses entrevues la veille. L’affluence est en hausse, l’ambiance ne cesse de gagner en intensité et la programmation démontre toute sa cohérence en alternant intelligemment découvertes et groupes confirmés. Une chose est désormais certaine : pour sa première édition, le Volcanic Fest a trouvé sa place dans le paysage des festivals metal français.








