Tons Of Rock 2026 (Norvège, Oslo, Ekebergveien 65, 24-27 juin 2026)

par Metalfreak | Juil 27, 2026 | Live Reports | 0 commentaire

Photos + Report : Aur’Hell

Pour mon premier festival avec Soil Chronicles, j’ai décidé d’aller rendre visite à nos voisins norvégiens et de poser mes valises à Oslo pour couvrir le Tons Of Rock.
Depuis sa création en 2014, le Tons Of Rock s’est imposé comme le rendez-vous incontournable du hard rock et du métal en Norvège. À ses débuts, le festival prenait place dans le cadre majestueux de la forteresse de Halden et attirait principalement un public venu des quatre coins du pays. En 2019, l’arrivée de Live Nation Norway à la tête de l’événement marque un tournant : le festival déménage à Oslo, sur le vaste site d’Ekebergsletta, et change progressivement de dimension.
Aujourd’hui, le Tons Of Rock joue dans la cour des grands. Des dizaines de milliers de passionnés s’y retrouvent chaque année pour célébrer leur amour des musiques extrêmes sous toutes leurs formes. L’édition 2026 n’a pas fait exception, avec pas moins de 155 000 festivaliers venus fouler les pelouses du parc le temps de quelques jours placés sous le signe du riff, de la bière et du headbanging.
Le festival se déroule sur 4 jours, du 24 au 27 juin 2026, mais étant seule à couvrir l’évènement, j’ai choisi de faire 3 jours “seulement”, du 25 au 27.

Il y avait du beau monde le premier jour pourtant : Black Debath, Die Spitz, Cavalera Conspiracy, President, Trivium, Babymetal, The Carburetors, Dumdum Boys, Blood Incantation, The Offspring, Blood Fire Death – A tribute to Bathory, Bring Me the Horizon. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois !

25 juin – Direction Oslo

Juste le temps de poser mes affaires à l’hôtel, je me dirige rapidement vers la gare centrale pour récupérer une navette gratuite pour me rendre sur le festival.
C’est bien organisé, les bus se succèdent et il y a peu d’attente.
Après 15mn seulement, j’arrive sur site, je vois depuis le bus la grande scène en action, la foule déjà nombreuse, et l’excitation monte.
Il n’aura fallu que quelques notes pour que la magie opère : à peine entrée sur le site, je me sens regonflée à bloc malgré la fatigue accumulée.

Le stand des accréditations est très facile à trouver et, deux minutes après mon arrivée, je passe les portes du festival avec mon Pass Photo Arena (je n’ai pas accès au pit mais pour une première c’est moins stressant).

Il est 14h30, j’ai loupé Audrey Horne et The Baboon Show, et j’arrive pour la fin du set d’Apocalyptica, sur la scène principale, Scream stage. Les Finlandais qui mêlent musique classique et metal, où les violoncelles remplacent les guitares, créent une ambiance unique d’emblée. Je suis sous le charme.

Je me déplace rapidement pour voir le set des suédois d’Imminence sur la scène secondaire, Vampire stage. La transition est parfaite puisque l’on retrouve des instruments classiques comme le violon, et un metalcore moderne. Les petits problèmes de sons sont vite oubliés et on se laisse happer par l’énergie scénique intense du groupe.

Petite pause bienvenue sous la tente presse, idéalement située au pied de la scène principale. L’endroit parfait pour rédiger quelques notes, recharger les batteries (dans tous les sens du terme) et profiter en arrière-plan du rock entraînant de Disneyland After Dark (D-A-D) qui résonne dans tout le parc.
Je vais quand même jeter un petit œil car je suis curieuse de voir le bassiste excentrique, connu pour ses basses à deux cordes. Je ne suis pas déçue du spectacle : il est en total look argenté et gratte une basse d’une forme des plus étranges.

Après ça, je vais prendre ma dose de thrash avec Suicidal Tendencies, toujours aussi redoutable d’efficacité. Puis direction Yonaka, qui joue devant une assistance encore clairsemée mais compense largement par une belle énergie sur scène.
Direction ensuite la Moonlight Stage pour The Warning. Les trois sœurs mexicaines mettent littéralement le feu au public. Malgré l’absence de décor, elles n’ont besoin que de leur présence scénique pour captiver la foule. Les morceaux chantés en espagnol sont repris en chœur par un public venu en nombre. Même en arrivant tôt, impossible de vraiment s’approcher. Heureusement que les écrans géants sont là !
Le revers de la médaille des grands festivals, ce sont les chevauchements d’horaires. Beaucoup quittent ainsi le concert avant sa fin pour rejoindre Anthrax, qui débute sur la scène principale. Dommage pour The Warning, mais les Américains attirent eux aussi une foule massive malgré la chaleur écrasante.


La chaleur, justement, devient rapidement le principal sujet de conversation. Vers 18h, plusieurs points d’eau sont déjà à sec alors que les concerts doivent encore durer plusieurs heures. Un vrai raté de l’organisation qui sera heureusement corrigé dès le lendemain.
Entre deux grosses têtes d’affiche, je découvre Ramona’s Tea Party sur la petite scène, Storm Stage. Une belle surprise !
L’heure est ensuite à Alice Cooper. La foule est compacte et le spectacle quasiment identique à celui que j’avais vu à Stockholm il y a deux ans. Peu importe : le show reste efficace et il faut bien reconnaître que le père Alice tient encore sacrément la forme.


Impossible cependant de rester trop longtemps devant la scène. En quête d’ombre et d’un peu de fraîcheur, je tombe par hasard sur Paleface Swiss à la Vampire Stage. Gros coup de cœur. Le chapiteau se remplit progressivement et l’énergie du groupe est dévastatrice.
Puis vient l’heure du tant attendu Iron Maiden. Finalement, la foule est moins difficile à gérer que je ne l’imaginais. Certains festivaliers quittent progressivement le site, ce qui facilite les déplacements. Pendant plus de deux heures, le groupe déroule cinquante ans de carrière devant un public conquis. Les décors changent, Eddie fait plusieurs apparitions et les classiques s’enchaînent sans temps mort. « Run To The Hills », « Killers », « The Trooper »… difficile de ne pas se laisser emporter lorsque plusieurs dizaines de milliers de personnes reprennent ces titres à l’unisson. Un final de très haut niveau pour cette première journée.
Une bière à 15 euros plus tard (à ce prix-là, elle se déguste religieusement), il est temps de rentrer.
Et là encore, le Tons Of Rock marque des points : files parfaitement organisées, rotations rapides des bus, bénévoles efficaces. Quand on me demande si je préfère voyager assise ou debout, la réponse vient immédiatement. Assise, bien sûr. Je suis une vieille personne, moi !

26 juin – L’intensité monte d’un cran

C’est sous un ciel gris et lourd que débute ma deuxième journée. Eivør ouvre les festivités devant une foule déjà impressionnante pour une programmation à 12h30. Son set, mélangeant anciennes et nouvelles compositions, est aussi envoûtant que majestueux.
The Funeral Portrait prend la relève avec un hard rock nerveux qui finit de réveiller les derniers endormis, tandis que Raga Rockers déroule son rock 80’s bien rôdé sur la Scream Stage.
Premier dilemme de la journée : Queensrÿche ou Kublai Khan TX ? Les groupes se produisent en même temps aux deux extrémités du parc. Je choisis finalement de commencer par les premiers avant de terminer par les seconds. Le bon choix pour une montée progressive en intensité… et pour préserver un peu mes jambes.


The Hellacopters, appeler à la dernière minute pour remplacer Tom Morello, font ensuite résonner leur rock’n’roll dans tout le parc. Impossible de ne pas se laisser embarquer. De mon côté, ce changement de programme tombe à pic : j’avais récemment chroniqué leur dernière compilation, que j’avais littéralement a-d-o-r-é. Les voir figurer à l’affiche était donc une belle surprise, et surtout l’occasion parfaite de confirmer tout le bien que j’en pensais.

Cette fois-ci, j’ai aussi pris le temps d’explorer les recoins du festival, notamment le Swamp, avec son marché d’art, ses tatoueurs, sa rampe de skate et même un stand couture pour coudre directement ses nouveaux patchs sur sa veste. J’y observe également un jeune courageux : un petit garçon qui se fait poser non pas un, ni deux, mais trois tatouages temporaires sans verser une larme. Respect !

Place ensuite à Avatar, mes chouchous depuis un moment déjà. Je les avais vus à Stockholm cet hiver, mais leur énergie est encore décuplée en festival. Un excellent moment.
Je quitte néanmoins la fin du set pour aller voir Dogstar. Soyons honnêtes : j’y allais surtout pour Keanu Reeves. Verdict : sympathique, mais pas fifou.

Direction ensuite The Hives, que je rate systématiquement depuis des années. Cette fois, je suis aux premières loges pour profiter de leur énergie complètement folle. Un des meilleurs moments de la journée.
Entre deux concerts, je goûte à la gastronomie locale : une gaufre au fromage brun. On me propose d’y ajouter de la confiture et une saucisse. J’ai poliment décliné. Il y a des limites à l’aventure.
L’un des sets que j’attendais le plus est celui de Behemoth. La Vampire Stage semble conçue pour eux. Entre maquillage macabre et pyrotechnie, le spectacle est aussi impressionnant visuellement que musicalement.


Une petite douleur dans le dos me pousse ensuite à tester la grande roue. La vue sur le parc et le fjord d’Oslo est magnifique. Et voir la fin du set de Behemoth depuis les airs, a quelque chose de surréaliste.
Après un passage par la tente presse, j’assiste à la prestation de Joan Jett & The Blackhearts. Le set est relativement court mais efficace. Quand résonne « I Love Rock ‘n’ Roll », tout le public embarque immédiatement. Pendant quelques minutes, plus personne ne semble se souvenir que c’est Yungblud qui devait initialement occuper ce créneau.
Je passe ensuite rapidement voir Mayhem, sans vraiment accrocher, avant de vivre mon moment de solitude du festival. La veille, j’étais persuadée qu’un groupe nommé « Morge-Frankrike » clôturait la soirée. Il m’a fallu une journée entière pour comprendre qu’il s’agissait du match de football Norge-Frankrike (Norvège-France) retransmis sur écran géant. La fatigue, sans doute.

La journée se termine avec Rival Sons, toujours aussi efficaces, puis Possessed, dont le death metal ravit les irréductibles massés devant la scène.
Avant de rentrer, détour obligatoire par le karaoké du festival. Et ici, oubliez le karaoké de tonton René au camping (je précise que je n’ai rien contre René). Les chanteurs courageux sont ici accompagnés par de vrais musiciens. Le concept est aussi inattendu que réussi, et le résultat franchement impressionnant.

27 juin – Les derniers moments

Dernier jour de festival, j’arrive plus tard que prévu. La faute à un trafic perturbé par les festivités de la Pride Parade en centre ville.
Je manque les premières minutes de Pain pour une mission de la plus haute importance : aller au stand de la pharmacie pour me tartiner de crème solaire pour affronter la journée caniculaire qui nous attendait. Bon, la canicule norvégienne est toute relative, j’en conviens. Mais quand même.
Peter Tägtgren est en grande forme et déroule un set puissant qui embarque immédiatement le public. Un de mes coups de cœur du festival.
Pendant ce temps, sur la Moonlight Stage, Ego Kill Talent (EKT) distille son rock coloré et festif devant un public déjà bien réchauffé. Une très belle découverte venue du Brésil, portée par une belle présence scénique et une bonne humeur contagieuse.
Sur la scène principale, D.D.F. se prépare déjà. Ce n’est pas forcément ma tasse de thé, mais les Norvégiens présents semblent ravis de les retrouver..
L’ambiance change radicalement avec Slay Squad, qui secoue la Moonlight grâce à un hardcore musclé faisant la part belle aux circle pits.
Puis vient le tour de Black Label Society. Efficaces comme toujours, les hommes de Zakk Wylde attirent une foule compacte qui brave sans sourciller le soleil de plomb. Une démonstration de heavy rock solide et agréable.


Je ne m’attarde cependant pas trop longtemps : impossible pour moi de manquer Gaerea, dont je viens tout juste de terminer la chronique du magnifique Loss. Le son met quelques morceaux à trouver son équilibre, mais une fois les réglages effectués, la voix d’Alpha déploie toute sa puissance sous le chapiteau de la Moonlight. Je reste jusqu’au bout du set, comme la grande majorité du public pourtant fortement tenté par les premiers assauts thrash de Sepultura qui résonnent déjà à l’autre bout du site.

Malgré la chaleur qui cogne, personne ne bouge. Le public chante chaque refrain avec ferveur et le groupe se donne à fond pour ce dernier rendez-vous Norvégien. Une prestation intense, qui laissera assurément un souvenir durable à ceux qui étaient là.
Je profite ensuite d’un moment plus calme pour découvrir Gatecreeper. Aucun regret : du death metal carré, efficace et particulièrement bien exécuté.
Avant Leprous, je trouve le temps de me faire poser un tatouage éphémère, petite contribution à une association de protection animale et un chouette souvenir du festival.


Comme prévu, Leprous livre une prestation remarquable. La voix d’Einar Solberg est impeccable et le public est venu nombreux soutenir les locaux de l’étape.
Pendant ce temps, les vétérans d’Accept (venus remplacer WASP) enflamment la Scream Stage. Je multiplie les allers-retours entre eux et Blood Red Throne, autre fierté nationale Norvégienne spécialisée dans le death metal. Le niveau est excellent des deux côtés, mais Accept a ce petit truc en plus qui lui permet de faire résonner ses riffs dans l’ensemble du parc.
Je m’accorde également un détour par la Storm Stage pour découvrir Baphy. Derrière une apparence angélique se cache un black metal particulièrement inspiré. Une découverte que je compte bien suivre à l’avenir.


Le moment que j’attends désormais avec le plus d’impatience est l’arrivée d’A Perfect Circle.
« The Doomed » me hante depuis sa sortie, et l’entendre en live était un moment magique pour moi. Je ne suis pas déçue. La voix de Maynard James Keenan demeure fascinante et les jeux de lumière subliment parfaitement l’atmosphère du concert.
Comme à son habitude, le chanteur reste légèrement en retrait derrière ses musiciens. Sa crête noire et blanche, ses yeux cerclés de maquillage sombre et son charisme naturel captent tous les regards.

Je termine néanmoins le concert à distance, attirée par le son de Death To All dont le nom résume assez bien le programme. C’est puissant, technique, et le pit est particulièrement animé.
Reste enfin le dernier concert du festival : Limp Bizkit.
Je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Il s’agit d’un groupe culte dont les prestations live peuvent parfois laisser sur sa faim.
Malheureusement, la sauce n’a pas pris pour moi. Pourtant, sur le papier, tout était là : Fred Durst assure toujours au chant, les musiciens sont solides et les classiques n’ont rien perdu de leur efficacité. Mais entre les longues prises de parole, les parenthèses musicales sorties de nulle part, les interventions d’un DJ et un rythme constamment interrompu, j’ai trouvé le concert beaucoup trop décousu. Visiblement, une bonne partie du public y a trouvé son compte, mais ce n’était pas mon cas. J’ai fini par quitter le site avant la fin du set, avec un léger goût d’inachevé. Pour refermer quatre jours de festival, j’espérais mieux.

Les quatre journées du Tons Of Rock affichaient complet. Pour ma part, je n’ai vécu que les trois dernières, et pour un premier festival en solo, c’était déjà une sacrée aventure.
Ce festival est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de rock et de metal en Scandinavie. Bien sûr, certains nostalgiques regrettent l’époque où l’événement était plus familial et organisé par des passionnés. Et il est vrai qu’entre les billets, la nourriture et les boissons à des tarifs parfois douloureux, on sent effectivement que les grands festivals sont devenus de véritables machines. Mais honnêtement, le phénomène n’est pas propre au Tons Of Rock.
Malgré cela, l’organisation est remarquablement efficace. Les navettes depuis la gare centrale d’Oslo sont nombreuses, les déplacements fluides et, hormis le problème de pénurie d’eau lors de la première journée de forte chaleur, rapidement corrigé dès le lendemain, tout fonctionne avec une précision très Scandinave..
Ce que je retiendrai surtout, c’est l’énergie. J’abordais ce festival dans une période de grande fatigue et de stress, avec quelques doutes sur ma capacité à tenir le rythme. Pourtant, dès les premiers riffs, quelque chose s’est remis en marche. J’étais à ma place.
Alors merci au Tons Of Rock, aux équipes de Live Nation, aux bénévoles, aux techniciens, aux chauffeurs de bus, aux agents de sécurité et à toutes ces personnes de l’ombre qui rendent un événement de cette ampleur possible.
Trois jours, 45 concerts, quelques coups de soleil, beaucoup de kilomètres parcourus… et déjà une envie de revenir.
Tons Of Rock, Tons of Music, Tons of Memories, et surtout, Tons of love !

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