Photos + Report : Metalfreak
On ne va pas se mentir : The Young Gods, c’est un groupe Suisse que je suis depuis… ses débuts, ni plus ni moins.
Inutile de revenir sur ce que j’ai dit lors de la chronique du dernier album « Appear disappear » en tous points parfait, que ce soit pour ce que je pense du groupe comme de l’album, mon dictionnaire de superlatifs s’y survivrait pas !
Toujours est-il que ça faisait presque six ans que je n’avais pas applaudi le trio, depuis le Hellfest 2019 en fait, concert monstrueux sous la tente de la Valley – mais quelle connerie que d’avoir désormais mis cette scène en plein air – qui a été un pur moment de magie (concert intégral >> ici <<).
Je sais, six années sans aller voir un de ses groupes fétiches, c’est long et surement indigne d’un fan qui se respecte mais, d’un autre côté, la rareté fait aussi la qualité.
J’ai rencontré sur place, au Rockstore de Montpellier, un gars qui se vantait de les avoir vus pas moins de 18 fois rien que cette année.
Mmmouais, j’y vois plus une façon de se la raconter qu’autre chose. Personnellement, je préfère diversifier les concerts auxquels j’assiste : ça me soule assez de voir régulièrement les mêmes premières parties aux mêmes endroits ou les mêmes groupes revenir tous les deux trois ans aux mêmes festivals.
C’est un choix, c’est le mien, et il n’est pas plus critiquable qu’un autre…
Cela dit, pour plusieurs raisons, ce concert, organisé par What The Fest, a été le choix du cœur.
On ne fait pas un trajet Grenoble – Montpellier si on n’y trouve pas un certain attachement. Au groupe bien sur, à la ville de Montpellier dans laquelle je n’avais plus mis les pieds depuis bien vingt ans et aussi pour revoir un ami de lycée (cherchez pas, les plus jeunes, z’étiez pas nés) : quand on sait que j’ai eu mon bac (mention « bon débarras ») en 1990, ça laisse deviner à quel point les réseaux sociaux que je critique pourtant plus que régulièrement peuvent se montrer miraculeux pour retrouver des gens certes qui m’ont été chers mais que les aléas de la vie ont séparés !
Et le plus drôle, c’est que 36 ans plus tard, la même complicité restait intacte ! Que demander de plus ?
Un tour en ville plus tard, avec des arrêts de rigueur pour se boire quelques verres et refaire le monde qui a bien changé en plus de trois décennies, on se retrouve devant le Rockstore avec toujours sa Cadillac plantée dans le mur. La dernière fois que je suis rentré dans cette salle, ça devait être en 2001. La Cadillac n’est toujours pas tombée, et la salle n’a que peu changé.
Ce soir-là a aussi été l’occasion de découvrir scéniquement le (désormais) duo Putan Club. J’en avais entendu parler, jeté une oreille curieuse sur YouYoute à une époque mais jamais approfondi le sujet.
Et, comme à mon habitude de vieux boomer, je me suis refusé d’en écouter à l’approche de ce soir-là pour mieux m’imprégner de leur univers.
Comme à mon habitude de vieux photographe, je me suis collé contre la scène avant le début des hostilités pour me rendre compte que les deux musiciens n’en avait rien à foutre de la scène et qu’il préfèrent jouer chacun d’un côté de la salle au milieu du public.

Lights minimum (une led accrochée au micro, deux lights chacun posés sur le sol distillant des couleurs diverses) et ça joue sévère. Ils se définissent comme un groupe de , oui, rien que ça !
Un chose est sure, en quelques instants, ça a matché de suite !
Ils jouent des titres longs, lancinants, transcendants : Putan Club propose une musique qui accroche directement, entre The Cramps, Nine Inch Nails… même un petit côté Young Gods sur un titre mais put**n, pourquoi se démembrer le cerveaux à chercher à décrire tout ce melting pot d’influences qui, assemblées, forment un tout indissociable et définitivement accrocheur ?

Y a du rock, de la techno, de la World Music, des rythmiques tribales, une guitare incessante, une basse omniprésente, du sample en veux-tu en voilà. Ils ne sont que deux mais ça part de partout. Le public pendant ce temps-là ? Il danse… dans sa grande majorité.
Les deux se partagent le chant mais se réservent de longues plages instrumentales limite hypnotiques, permettant au guitariste / chanteur quelques de déambuler un peu partout dans la salle…
T’en prends pas beaucoup dans les yeux pour cause de pénombre avec ces lumières qui n’éclairent que les deux personnages mais par contre, t’en prends plein les oreilles. Et surtout, ce que tu prends le plus, c’est ton pied !

Une découverte ! Une belle ! De celles qui te laissent sur le cul avec l’envie de t’en reprendre pour un set de plus.
Ils s’en foutent du conformisme et se revendiquent anarchistes : ça s’entend, ça se voit ! Et nous, on adhère !
Et quand en fin de set, tu te rends compte que les cris et les applaudissements font autant de décibels que la musique qui vient d’être joué, tu te dis que les deux de Putan Club ont réussi leur pari.
Et puis, avec plus de 150 dates par an, l’ensemble sonne comme un bordel millimétré !
Je les ai vus pour la première fois : ça ne sera pas la dernière. En l’espace d’une heure, ils m’ont fait oublier que j’étais venu pour The Young Gods.
Et hop, c’est la mi-temps, pardon, l’entr’acte (je suis au Rockstore, pas à la Mosson). Le temps de papoter avec le chanteur / guitariste de Putan Club pour dire tout le bien de ce à quoi je viens d’assister, de papoter avec quelques gars du coin (non sans boire encore un godet, c’est qu’il fait chaud, dans l’Hérault), de faire connaissance avec une Muriel Palacio de What The Fest d’une gentillesse absolue afin de la remercier de vive voix pour l’accréditation et je me colle devant la scène pour les Hérau… euh… les héros de la soirée.
C’est là que j’ai papoté avec celui qui vantait ses 18 fois comme on fait un concours de b…, pardon, phallus dans une cour de collège. Discussion d’un intérêt limité mais ça semblait tellement lui faire plaisir de déballer sa science et ça m’a surtout permis de battre mon score de « oui » polis à la minute. En fait, je tenais à rester contre la scène pour shooter pénard.
Et oui, le trio Suisse a beau avoir plus de quarante ans de carrière et être fort de quatorze albums tous (quasi) parfaits, ils continuent de s’appeler « The Young Gods » ! C’est sûr qu’à l’échelle mythologique, 40 ans, ce n’est rien !
Nonobstant : les cheveux ont blanchi, Franz Treichler a coupé ses cheveux et arbore un look qui se rapproche plus de celui d’un professeur d’histoire géographie des années 80 (teuteuteu, les rageux, viendez pas me shampooiner les pantoufles avec vos phrases toutes faites, je n’ai rien contre eux, mon premier professeur d’histoire géographie était lui-même professeur d’histoire géographie, et c’était dans les années 80).
Le concert commence… la magie aussi !
« Appear disappear », de l’album du même nom, ouvre le bal et se voit enchaîné avec le titre qui m’a le plus séduit à l’écoute du dernier chef d’œuvre du groupe : « Systemized ».
Il n’en fallait pas plus pour que la communion soit complète ! C’est bien la première fois que ça me fait chier d’avoir un appareil photos en main…
Sur les dix titres du dernier album, neuf en seront joués : ne manquera que « Tu en amis du temps », il semblerait que Franz Treichler a du mal à la chanter en concert… Qu’importe.

Un show des Young Gods, ça ne s’écoute pas, ça ne se regarde pas… ça se vit !
Que ce soient les titres joués, les lights incroyables toutes en verticalité – un calvaire pour le photographe, un rêve pour le spectateur -, les attitudes du chanteur, qui se permet des pas de danse dont lui seul a le secret lorsqu’il se débarrasse de sa guitare, tout est fait pour que la communion avec le public soit totale, renforcée par quelques interactions rapides souvent sympathique, parfois lunaires.
Oui, Franz Treichler est capable de composer des paroles que même Alain Bashung ne pourrait pas comprendre mais ces lyrics imagés font une grande partie de la richesse du trio, qui illustrent bien le côté psychédélique dans lequel le groupe aime parfois s’engouffrer.
C’est après quatre titres issus du dernier album que je lâche l’appareil photo : moi aussi je ne veux que me consacrer à ce que je vois / entends !
D’autant que le titre suivant est un de mes favoris : les onze minutes d' »All my skin standing », me remémorant le concert du Hellfest 2019.
Quel kif !
On regrettera que le public Montpelliérain soit si peu démonstratif… Mais en regardant de plus près, nombreux étaient ceux qui se contentaient de vivre le moment présent, les yeux souvent fermés, comme pour mieux s’imprégner de cet univers si particulier.
Un détail aussi qui m’a marqué dans le public : il n’y avait que peu de téléphones brandis en l’air pour filmer et / ou prendre des photos. En tous cas, beaucoup moins qu’à l’accoutumée, détestable aberration que trop ont pris l’habitude de se permettre en concert…
Entre tous ces titres du dernier album, on a eu droit à un rare « She rains » toujours aussi planant, un habituel « The night dance » explosif, un « Gasoline man » plaisant.
Premier rappel avec « Skinflowers » et le divin « L’amourir ». Puis deuxième retour avec « L’eau rouge ».
Certaines dates ont eu droit à la reprise de Gary Glitter « Did you miss me ? »… pas ce soir-là ! Bon, on ne fera pas la fine bouche.
Pour cette fois, on n’a pas eu non plus d’extraits de « The Young Gods » (1987), « Second nature » (2000) « Super ready / Fragmenté » (2007) ou de « Everybody knows » (2010), c’st sur que j’en aurais bien pris pour une heure de plus, avec des « Envoyé » (surtout si on se prend la même montée en puissance qu’au Hellfest 2019), « Jimmy », « Les enfants », « Longue route », « TV Sky », « Speed of night », « Kissing the Sun », « Lointaine », « Astronomic » ou « Freeze » parmi tant d’autres… mais ça, ça aurait juste été pour prolonger le plaisir… encore et encore !
Setlist :
Appear Disappear (« Appear disappear » 2025)
Systemized (« Appear disappear » 2025)
Hey Amour (« Appear disappear » 2025)
Blackwater (« Appear disappear » 2025)
All My Skin Standing (« Data mirage tangram » 2019)
She Rains (« TV Sky » 1992)
Intertidal (« Appear disappear » 2025)
The Night Dance (« Only Heaven » 1995)
Gasoline Man (« TV Sky » 1992)
Mes yeux de tous (« Appear disappear » 2025)
Blue Me Away (« Appear disappear » 2025)
Shine That Drone (« Appear disappear » 2025)
Rappel 1 :
Skinflowers (« TV Sky » 1992)
L’amourir (« L’eau rouge » 1990)
Off the Radar (« Appear disappear » 2025)
Rappel 2 :
L’eau rouge (« L’eau rouge » 1990)
En tous cas, merci What The Fest pour cette date on ne peut plus mémorable, merci à Muriel Palacio pour l’invitation, merci à The Young Gods et Putan Club pour ces prestations inoubliables, et at last but not least, merci à toi, Yves, pour cette complicité retrouvée.
Soirée inoubliable, qu’on vous dit !!!















