Photos + Report : Leeloo
Mercredi 25 mars, le Crossroad d’Angoulins a une nouvelle fois prouvé qu’on peut faire trembler les murs sans pour autant pousser les murs. Salle à taille humaine, ambiance chaleureuse — comprenez : suffisamment proche pour sentir chaque coup de grosse caisse dans la cage thoracique — le public avait répondu présent pour une soirée dédiée au metalcore et aux découvertes, avec tout ce que cela implique de décibels et de nuques mises à rude épreuve.

C’est Spleen qui ouvre les hostilités. Le groupe français, directement venus de Montpellier. Autant dire qu'ils ne sont pas venus pour faire de la figuration. En une quarantaine de minutes bien tassées, ils enchaînent riffs tranchants et breakdowns appuyés avec une efficacité presque chirurgicale. Pas de fioritures, pas de temps mort : ici, on joue fort, vite, et avec conviction. La proximité avec le public fait le reste — difficile de tricher quand le premier rang peut compter vos cordes de guitare. Résultat : un set court, direct, et suffisamment percutant pour laisser quelques cervicales en souvenir. De "Flatline" à "Natra", ce sont neuf titres joués en live et un pur moment (ma mention spéciale !) pour "Withering", sorti le 27 février 2026. Gros kif pour ce titre !

Après cette mise en bouche musclée, place à Space of Variations. Les Ukrainiens débarquent avec leur cocktail de metal moderne, où le metalcore flirte sans complexe avec l’électro et des influences alternatives. Sur le papier, ça pourrait être casse-gueule. Sur scène, ça fonctionne redoutablement bien. Pendant près d’une heure, le groupe déroule une prestation solide, actuelle, et surtout étonnamment maîtrisée. Les morceaux s’enchaînent avec fluidité, oscillant entre puissance brute et textures plus nuancées, le tout porté par une énergie communicative qui ne laisse pas vraiment le choix au public : adhérer ou subir. Visiblement, tout le monde a choisi la première option. Une belle surprise — le genre qu’on ne voit pas venir, mais qu’on retient.
Impossible, enfin, de ne pas saluer le Crossroad lui-même. Parce qu’au-delà des concerts, il y a l’accueil, et ici, il reste irréprochable. Mention spéciale à Jean et JED, dont l’implication et la passion transforment ce lieu en véritable point de ralliement pour les amateurs de musiques actuelles. Comme quoi, pas besoin d’une arène pour créer une vraie expérience.
Au final, une soirée réussie, entre intensité et découverte. Et une piqûre de rappel utile : la scène, qu’elle soit locale ou internationale, n’a clairement pas dit son dernier mot








