Plane’R Fest 2026 – Jour 2

par Metalfreak | Août 27, 2026 | Live Reports | 0 commentaire

Photos + Report : Alain The Red

Après une nuit bien méritée pour recharger les batteries, il est déjà temps de reprendre le chemin du Plane’R Fest pour cette deuxième journée qui s’annonce particulièrement dense. Les premiers festivaliers investissent progressivement le site, certains encore marqués par les excès de la veille, tandis que d’autres affichent déjà une motivation à toute épreuve.

Jour 2 : 04 juillet 2026


Les hostilités débutent dès 11h30 avec Diskopero, chargé d’accompagner le réveil des plus courageux. Jusqu’à 14h, le collectif et Formula Juan distilleront une ambiance festive et décontractée, parfaite pour remettre les machines en route en douceur. Entre deux morceaux, les festivaliers en profitent pour flâner entre les stands, faire un détour par le merchandising ou reprendre des forces du côté des espaces de restauration.


Une parenthèse conviviale avant que les choses sérieuses ne commencent réellement. Car chacun le sait : ce calme apparent n’est que le prélude à une nouvelle déferlante sonore. Les amplis sont encore sages, les pits encore endormis, mais la tempête métallique qui s’apprête à s’abattre sur Montcul ne tardera pas à rappeler pourquoi le Plane’R Fest est devenu un rendez-vous incontournable de l’été.

Pour lancer cette deuxième journée de festival, c’est 111 qui a l’honneur d’ouvrir les hostilités sur la Mainstage 2. Une mission jamais évidente à une heure où une partie du public émerge encore difficilement, mais les Lyonnais vont rapidement faire comprendre qu’ils ne sont pas là pour servir de simple mise en jambes.
Formé en 2018, le trio réunit Emma Cordenod au chant et à la basse, Yvain Poncet à la guitare et aux chœurs, ainsi que Jules Barras derrière les fûts. Ensemble, ils développent un rock alternatif nerveux et sans artifices où le grunge, le noise et le post hardcore s’entrechoquent dans une décharge d’énergie aussi brute qu’authentique.


Dès les premiers riffs, 111 impose son identité. Ici, pas de démonstration technique inutile ni de posture calculée : le groupe va droit au but. Les guitares abrasives, la section rythmique tendue comme un câble à haute tension et le chant habité d’Emma créent une atmosphère rugueuse qui accroche immédiatement l’attention. Chaque morceau est envoyé avec conviction, comme un coup de poing bien placé, et l’on sent que ces compositions ont avant tout été pensées pour prendre toute leur dimension sur scène.
Face à eux, un public encore en phase de réveil ne tarde pas à entrer dans la partie. Les têtes commencent à s’agiter, les premiers rangs se densifient et l’énergie circule rapidement entre la scène et la fosse. Une excellente entrée en matière qui confirme tout le potentiel du trio en live.
Première belle claque de la journée, 111 réussit parfaitement sa mission : réveiller le Plane’R Fest et mettre tout le monde dans les meilleures dispositions pour une journée qui s’annonce déjà explosive.
Setlist : Again of All / Oh Wow ! / Dear Violence Closure (exclu album à venir) / My Demon (exclu album à venir) / After of All Another Murder (exclu album à venir) / 61st Second / How Dare Ya ?.

Changement radical d’ambiance avec les Lyonnais d’After The Outbreak. Fondé en 2020, le groupe incarne parfaitement cette nouvelle génération de formations françaises qui n’hésitent plus à brouiller les frontières entre les styles. Ici, le metalcore moderne sert de colonne vertébrale à une musique qui puise aussi bien dans le modern metal que dans le post hardcore contemporain, sans oublier des touches de metal atmosphérique qui apportent profondeur et relief à l’ensemble.
Dès les premiers morceaux, les Lyonnais affichent leurs ambitions. Les riffs techniques et massifs s’enchaînent avec une redoutable efficacité tandis que les passages mélodiques viennent régulièrement aérer le propos sans jamais casser l’intensité. Le groupe maîtrise parfaitement les contrastes, alternant moments de tension et explosions de puissance avec une aisance qui force le respect.


Mais c’est surtout sur scène qu’After The Outbreak révèle toute sa force. Les deux frontmens ne ménagent pas leurs efforts et passent leur temps à haranguer la foule. Les appels aux circle pits, aux slams et aux mouvements de foule trouvent rapidement un écho devant la scène. En quelques minutes à peine, le pit s’embrase et l’énergie dégagée par le groupe devient contagieuse.
Porté par une exécution solide et une présence scénique déjà bien affirmée malgré sa relative jeunesse, After The Outbreak livre une prestation musclée qui ne laisse guère de place au répit. La démonstration proposée au Plane’R Fest confirme tout le potentiel du groupe en live et laisse entrevoir un avenir prometteur pour ces représentants d’une scène lyonnaise toujours aussi fertile lorsqu’il s’agit de faire émerger de nouveaux talents.
Setlist : Black box / Red lake / Stone sword / Escape / Reaching out / Riot / Wyrd lon deis / Iced heart.

Nouvel OVNI à débouler sur la scène du Plane’R Fest : Imparfait. Originaire de Paris et formé en 2015, le groupe est composé de Loïc Geiser à la guitare, Bruno Véron à la basse, Léo Louvigné à la batterie et Prisca Kalengay au chant.
Le quatuor s’est forgé une identité forte en développant un metal alternatif hybride, porté par une frontwoman charismatique. Avec son chant expressif, son énergie brute et une présence scénique qui ne laisse personne indifférent, Prisca capte immédiatement l’attention. Les textes, interprétés en français, abordent des thématiques contemporaines avec justesse et intensité.


Autre découverte qui m’a littéralement laissé sur le cul. Bien que présenté comme un quatuor, le groupe s’est produit en trio sur cette tournée, et a administré une véritable gifle sonore au public de Montcul. Dans une formule épurée mais terriblement efficace, les musiciens ont laissé tout l’espace nécessaire à Prisca pour imposer son charisme, tandis que la section instrumentale déployait un groove ravageur. Une prestation débordante d’énergie qui a rapidement mis le feu devant la scène.

Après avoir retourné les scènes du monde entier, les Suédois de Smash Into Pieces débarquent à Montcul avec une machine de guerre futuriste parfaitement calibrée. Formé en 2008 à Örebro, le groupe a progressivement abandonné ses racines modern rock et metal alternatif pour bâtir un univers où métal mélodique, électronique et science-fiction avancent en rang serré.
Désormais incontournable sur la scène rock suédoise, Smash Into Pieces ne se contente pas d’enchaîner les hymnes fédérateurs. Le quatuor livre un véritable spectacle total. Écrans led, visuels futuristes et présence énigmatique d’Apoc, le batteur masqué devenu emblématique, plongent immédiatement le public dans une dimension parallèle où chaque détail semble calculé au millimètre.


Aux commandes, Chris Adam Hedman Sörbye mène l’offensive au chant, épaulé par Benjamin « Banjo » Jennebo et Per Bergquist aux guitares, tandis qu’Apoc martèle ses fûts comme un métronome de fin du monde. Une formule redoutablement efficace qui a propulsé le groupe bien au-delà des frontières scandinaves, notamment grâce à ses passages remarqués au Melodifestivalen.
Musicalement, les Suédois déroulent un metal moderne taillé pour les grandes scènes. Les riffs claquent, les refrains explosent et les nappes électroniques viennent épaissir une ambiance post-apocalyptique qui fait mouche à chaque instant. Entre la puissance de Linkin Park, les atmosphères de Starset et l’efficacité mélodique d’Amaranthe, Smash Into Pieces a trouvé son équilibre et le défend avec une précision chirurgicale.
Sur les planches, la mécanique est implacable. Chaque morceau est une frappe directe, chaque refrain un appel à la communion. Le public répond instantanément, porté par un flot d’énergie qui ne retombe jamais. Sans révolutionner la formule, les Suédois démontrent une nouvelle fois pourquoi ils figurent aujourd’hui parmi les poids lourds du rock moderne européen : un show massif, spectaculaire et terriblement efficace.
Setlist : Man or Machine / Venom / Six Feet Under / Glow in the Dark / Arcadia / All Eyes on You / Let Me Be Your Superhero / Heroes Are Calling / Drum Solo / Devil in My Head / Boomerang / Flow.

Place maintenant à Calva Louise, véritable électron libre de cette édition. Souvent catalogué comme un groupe britannique en raison de son implantation à Londres, le trio puise pourtant son ADN bien au-delà des frontières anglaises. À sa tête, Jess Allanic, chanteuse et guitariste originaire de Guarenas, près de Caracas au Venezuela, est accompagnée de la Française Alizon Taho et du Néo-Zélandais Ben Parker. Trois musiciens, trois continents, une seule mission : faire exploser les barrières stylistiques.
Dès les premières minutes, Calva Louise balance une décharge sonore aussi imprévisible qu’efficace. Les riffs tranchants s’entrechoquent avec des nappes électroniques, les refrains accrocheurs côtoient des atmosphères cinématographiques tandis que les changements de rythme surgissent sans prévenir. Le groupe navigue constamment entre tension et chaos maîtrisé, refusant obstinément de se laisser enfermer dans une case.


Alternant anglais et espagnol (« Con Corazon » ou « Lo que vale »), le trio revendique pleinement son identité multiculturelle et la transforme en une arme redoutable sur scène. Quelque part entre l’excentricité de System Of A Down, l’énergie de Nova Twins, les envolées de Muse et la puissance du nu metal moderne, Calva Louise forge un univers singulier où métal, punk, électro et science-fiction fusionnent dans une tempête sonore captivante.
Setlist : Tunnel Vision / W.T.F. / El umbral / Over the Threshold / Hate in Me / Con corazón / Impeccable / Under the Skin / Lo que vale / Aimless / Oportunista.

Place ensuite à Insomnium, référence incontournable du death metal mélodique finlandais depuis près de trente ans. Fidèle à sa réputation, le groupe déploie sur la scène du Plane’R Fest toute la richesse de son univers, où la violence du death metal se mêle à des mélodies aussi sombres qu’envoûtantes.
Dès les premières notes, les Finlandais installent leur atmosphère. Les harmonies de guitares s’entrelacent avec une précision redoutable tandis que le growl profond de « Niilo Sevänen » vient recouvrir l’ensemble d’un voile de noirceur. Entre passages dévastateurs et envolées mélodiques, Insomnium joue constamment sur les contrastes et embarque le public dans un voyage aussi puissant qu’émotionnel.
Loin des artifices, le groupe mise tout sur l’efficacité de ses compositions et une exécution irréprochable.

Face à eux, les festivaliers se laissent happer par cette déferlante venue des forêts finlandaises, oscillant entre headbangs furieux et contemplation presque hypnotique.
Une prestation solide et immersive qui confirme, une fois de plus, pourquoi Insomnium demeure l’un des maîtres incontestés du death metal mélodique actuel. Encore une baffe dans ma gueule, je vais contracter une assurance spéciale gifle pour concert.
Setlist : Weighed Down With Sorrow / Valediction / Ephemeral / And Bells They Toll / Lilian / Mortal Share / Lose to Night / Weather the Storm / The Primeval Dark / While We Sleep / Heart Like a Grave.

Retour en terrain connu avec Knuckle Head, un duo que j’avais déjà croisé du côté du Tribal Fest de Peymeinade en 2022 et qui m’avait déjà laissé une solide impression. Quatre ans plus tard, force est de constater que les Alsaciens n’ont rien perdu de leur capacité à retourner une scène avec des moyens pourtant minimalistes.
À eux deux, Jack Crowes et Jock Alva dégagent une puissance que bien des groupes plus nombreux pourraient leur envier. Leur « Dark Country », mélange de blues graisseux, de stoner rock, de hard rock et d’ambiances western poussiéreuses, sent l’essence, le bourbon et les grands espaces américains. Une identité forte qu’ils ont forgée au fil des années et qui prend toute sa dimension en live.
Sous le soleil de Montcul, Knuckle Head transforme rapidement le Plane’R Fest en saloon post apocalyptique. Les riffs lourds et les rythmiques martelées résonnent comme des moteurs de Harley lancés à pleine vitesse tandis que la voix rocailleuse de Jack embarque le public dans son univers de hors-la-loi et de grands espaces. Impossible de rester immobile devant une telle décharge d’énergie.
Ce qui impressionne toujours autant, c’est cette capacité à remplir l’espace. Ils ne sont que deux sur scène, mais donnent constamment l’impression d’être cinq. Le duo joue avec une intensité permanente, sans temps mort, et impose son groove sale et sauvage à un public qui répond immédiatement présent.


Le final sur « Personal Jesus » est à l’image du concert : brut, généreux et fédérateur. Jock descend de scène pour venir abreuver les premiers rangs et même le staff massé derrière les crash barrières, photos à l’appui (lol), déclenchant une dernière salve d’enthousiasme avant de quitter les planches.
Déjà convaincants au Tribal Fest, les Alsaciens récidivent au Plane’R Fest avec une prestation solide, habitée et terriblement efficace. Une nouvelle démonstration de force qui confirme que Knuckle Head demeure l’un des groupes les plus singuliers et attachants de la scène rock/stoner française.
Setlist : Ritual / Faith / Living deep into the night / Black city / Gazoline / In the end / The sword / Personal Jesus.

Le moment est enfin venu de voir débarquer les Italiens de Wind Rose, sans doute l’un des groupes les plus attendus de cette deuxième journée. Formé en 2009 à Pise, le quintet s’est forgé une solide réputation sur la scène power métal européenne grâce à son univers entièrement inspiré de l’imaginaire de Tolkien et de ses célèbres nains. Un mélange de power metal épique, de folk metal et de refrains fédérateurs qui leur a valu le surnom de « Dwarven Metal ».
Mais au-delà du folklore, c’est surtout en live que prend toute sa dimension. Dès leur entrée en scène, les Italiens transforment le Plane’R Fest en immense taverne naine à ciel ouvert. Armures, attitude guerrière et refrains repris à pleins poumons : l’ambiance est instantanément posée. Mené par l’infatigable Francesco Cavalieri, le groupe enchaîne les hymnes avec une efficacité redoutable et embarque immédiatement le public dans son univers.
Devant la scène, c’est une véritable marée humaine qui répond à l’appel. Les poings se lèvent, les chœurs résonnent jusqu’au fond du site et les festivaliers reprennent chaque refrain comme s’ils avaient été élevés dans les mines d’Erebor. Entre les incontournables « Diggy Diggy Hole », « Drunken Dwarves » ou encore les titres plus récents de « Trollslayer« , Wind Rose déroule sa recette sans temps mort et avec une générosité communicative.


Loin d’être un simple groupe à gimmick, les Italiens prouvent une nouvelle fois qu’ils savent transformer un concert en véritable fête collective. Une prestation fédératrice, festive et terriblement efficace qui aura fait chanter, headbanguer et lever les chopes imaginaires de tout le Plane’R Fest. L’un des grands moments de cette édition, sans aucun doute. Loin de m’imaginer l’évolution des italiens que j’avais vu en ouverture pour Eluveitie et Skalmold en 2015 à Marseille au Moulins, allez je me répète mais une bonne claque encore…
Setlist : Of Ice and Blood / Dance of the Axes / The Great Feast Underground / Of War and Sorrow / Army of Stone / Mine Mine Mine ! / To Be a Dwarf / Trollslayer / To Erebor / The King Under the Mountain / Gates of Ekrund / Together We Rise.

Mené par son fondateur et chanteur Jonny McBee, The Browning débarque sur scène avec une mission simple : tout ravager sur son passage. Accompagné de Cody Stewart à la guitare, Akeem Bivens à la basse et Brandon Funera derrière les fûts, le quatuor américain déploie une machine de guerre où deathcore, metalcore et électro fusionnent dans une brutalité redoutable.


Sur scène, les breakdowns assassins, les rafales de blasts et les séquences électroniques s’enchaînent sans le moindre répit. Chaque morceau frappe comme une décharge de violence contrôlée, transformant rapidement la fosse en champ de bataille. Porté par l’énergie inépuisable de Jonny McBee et une exécution d’une précision chirurgicale, The Browning livre un set aussi massif qu’efficace, laissant derrière lui un public sonné mais conquis. Certains membres du groupe qui jouera après eux sur la mainstage 1 passeront jeter un œil sur le set des américains je ne dirais pas de nom( chapeau melon, torse nu et noir ) un type chelou…lol

À peine le temps de reprendre son souffle après The Browning que Shaârghot transforme le Plane’R Fest en véritable zone de quarantaine post-apocalyptique. Surgis d’un univers cyberpunk cauchemardesque, les Parisiens débarquent grimés, armés de leurs costumes dystopiques et d’une scénographie aussi dérangée que fascinante.


Porté par The Shaârghot et sa troupe de mutants industriels, le collectif balance un mélange dévastateur d’indus metal, d’électro-punk et d’EBM. Les beats mécaniques cognent comme des marteaux piqueurs tandis que les riffs et les samples plongent la foule dans une transe aussi sombre que frénétique.


Sur la scène du Plane’R Fest, le groupe livre l’une des prestations les plus visuelles et déjantées du week-end. Entre pyrotechnie, personnages inquiétants et énergie incontrôlable, Shaârghot ne joue pas un concert : il impose une immersion totale dans son univers. Une claque industrielle qui clôt cette deuxième journée dans un déluge de chaos, de lumière et de décibels. Une bonne nuit reparatrice s’impose après cette deuxième journée éprouvante mais au combien jouissive.

Un grand merci à Jean-Michel Marchand et toute la team du Plane’R Fest, les visibles et les invisibles pour le déroulement de cette quinzième édition incroyablement superbe.

 

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