Festival “On n’a plus 20 ans” – Xe édition (Fontenay-Le-Comte, Espace René Cassin, 03 et 04 avril 2026)

par Metalfreak | Mai 5, 2026 | Live Reports | 0 commentaire

Photos + Report : Leeloo

Festival “On n’a plus 20 ans” – Fontenay-le-Comte : deux nuits en apnée sonore.

Il y a des festivals où l’on flâne, et puis il y a ceux où l’on plonge tête la première, sans jamais vraiment remonter à la surface. À Fontenay-le-Comte, “On n’a plus 20 ans” a clairement choisi son camp : celui de la déflagration continue. Deux soirées, du vendredi au samedi, lancées dès 19h et étirées jusqu’à 2h du matin, dans une montée en puissance constante, sans temps mort, où chaque groupe est venu ajouter sa couche d’électricité à une ambiance déjà brûlante. Retour sur un week-end où la fatigue n’a jamais réussi à prendre le dessus sur l’adrénaline.

Vendredi 3 avril 2026 : Quel échauffement !

Moscow Death Brigade :
Dès les premières minutes, Moscow Death Brigade impose un ton frontal, presque martial. Le mélange de rap hardcore, de punk et d’électro agit comme un électrochoc immédiat sur le public, encore en train de s’installer. Très vite, les premiers pogos éclatent, les bras se lèvent, et la fosse se transforme en terrain de jeu sous tension. Le groupe ne laisse aucun répit, enchaînant les titres avec une énergie brute, presque militante, qui donne le coup d’envoi parfait à une soirée qui ne fera que monter en intensité.

Les Wampas :
Changement d’ambiance mais pas de régime cardiaque avec Les Wampas. Leur punk déjanté, porté par une présence scénique toujours aussi imprévisible, déclenche une euphorie contagieuse. Entre humour absurde et refrains fédérateurs, le public reprend en chœur, saute, danse, et se laisse porter par cette folie joyeuse. C’est un moment de relâchement sans jamais perdre en intensité, une respiration débridée dans un flux sonore déjà bien lancé. Didier Wampas est le roi. Incontestablement.

The Rumjacks :
Les Rumjacks apportent ensuite leur punk celtique, véritable machine à faire danser. Les mélodies Irlandaises, mêlées à une rythmique punk solide, créent une ambiance de fête collective irrésistible. La foule ondule, saute à l’unisson, et transforme la fosse en immense pub sous pression. L’énergie est communicative, les sourires se lisent partout, et le festival bascule définitivement dans une dimension festive et frénétique.

Les Tambours du Bronx :
Puis vient un moment à part. Les Tambours du Bronx entrent en scène comme une armée industrielle, imposant immédiatement une tension presque physique. Les fûts métalliques résonnent dans les corps autant que dans l’air, chaque frappe est ressentie comme une onde de choc. La précision est chirurgicale, la puissance brute, et l’esthétique visuelle renforce cette impression de rituel moderne. Le public, hypnotisé, passe du pogo à une forme de transe collective. C’est un set qui marque, qui imprime, qui transforme l’énergie en quelque chose de presque viscéral.

Shaârghot :
La montée en puissance trouve son apogée avec Shaârghot. Univers dystopique, esthétique sombre et futuriste : le groupe ne propose pas qu’un concert, mais une immersion totale. Le son, mélange d’indus, de métal et d’électro, est massif, écrasant, parfaitement maîtrisé. Sur scène, chaque mouvement, chaque lumière participe à construire une expérience quasi cinématographique. Le public est happé, entraîné dans cette narration sonore intense. À ce stade de la nuit, la fatigue pourrait s’installer, mais c’est l’inverse qui se produit : Shaârghot relance tout, plus fort, plus sombre, plus loin. Le jeu de lumière est absolument magique et on a l’impression que le torse d’Étienne est habité par quelque chose. Encore une claque pour ce show. Je reviendrai. Promis !

Samedi 4 avril 2026.

Talco :
Le samedi repart sur des bases festives avec Talco. Leur ska punk engagé fait immédiatement mouche : ça danse, ça saute, ça chante. Les cuivres apportent une chaleur particulière, presque solaire, qui contraste avec la rudesse de la veille. Le public répond présent, créant une ambiance de fête populaire où chacun trouve sa place, porté par des rythmes irrésistibles. L’ambiance commence comme ça ! Déjà chaude comme la braise !

Marcel et son Orchestre :
Marcel et son Orchestre prennent le relais avec leur folie caractéristique. Entre humour, énergie et second degré permanent, le groupe transforme la scène en véritable terrain de jeu. Musicalement solide, scéniquement délirant, le set déclenche des vagues de rires et de mouvements dans la foule. C’est un moment de partage pur, où l’on oublie tout sauf le plaisir d’être là. Le public déguisé suit le groupe dans une chenille ultra sympathique. J’adore l’ambiance !

Ludwig von 88 :
Ludwig von 88 signe l’un des moments forts de la soirée. Véritables vétérans du punk français, ils arrivent avec une aisance et une liberté qui forcent le respect. Leur set est à la fois chaotique et parfaitement maîtrisé, mêlant absurdité, irrévérence et efficacité musicale. Le public, toutes générations confondues, répond avec ferveur. Il y a quelque chose de presque intemporel dans leur performance : une capacité à fédérer sans jamais se prendre au sérieux, tout en restant d’une redoutable efficacité. Un moment suspendu, à la fois nostalgique et furieusement vivant. Quel talent !

Les 3 Fromages :
Les 3 Fromages poursuivent dans une veine humoristique, mais avec une énergie résolument rock. Leurs parodies et compositions originales déclenchent rires et chants collectifs, sans jamais sacrifier la puissance sonore. La foule est pleinement engagée, reprenant les refrains avec enthousiasme, dans une ambiance aussi bon enfant que survoltée. Ça faisait un bail que je n’avais pas revu les 3 Fromages. Et, je ne suis pas déçue de cette piqûre de rappel !

Tagada Jones Orchestra :
Pour clôturer, Tagada Jones Orchestra frappe fort. Le groupe revisite ses morceaux dans une version orchestrale puissante, ajoutant une dimension épique à son punk déjà incisif. L’intensité est totale, la scène déborde d’énergie, et le public répond avec une ferveur impressionnante malgré l’heure avancée. Chaque titre résonne comme un final, mais le groupe repousse sans cesse les limites, offrant une conclusion magistrale à cette deuxième nuit. À 2h du matin, personne ne semble vouloir que cela s’arrête.

Conclusion :
Deux nuits, dix groupes, et une seule constante : une intensité qui ne faiblit jamais. “On n’a plus 20 ans” porte décidément mal son nom, tant le festival réussit à insuffler une énergie juvénile, brute et contagieuse à chaque instant. Entre performances marquantes, moments de transe collective et communion permanente avec le public, cette édition laisse une empreinte durable. Fatiguée, oui. Mais surtout vivante et remplie de bonnes ondes.

Ce fût la dernière édition à Fontenay le Comte. Le prochain festival s’appelle Ragefest, aura lieu les 26 et 27 mars 2027 à Chemillé en Anjou. On verra l’an prochain la nouvelle salle, la nouvelle proposition.

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