Photos + Report : HellFé
Hellfest 2026 : une édition entre légendes vivantes et nouvelle génération
Du 18 au 21 juin 2026, Clisson a une nouvelle fois vibré au rythme des guitares saturées et des double pédales. Avec 183 groupes répartis sur six scènes, le Hellfest a confirmé son statut de plus grand festival de musiques extrêmes en France et de rendez-vous incontournable pour les amateurs de Metal, de Punk, de Hardcore et de Rock. Cette 19ᵉ édition a réussi un équilibre rare : célébrer les monuments du genre tout en mettant en lumière une nouvelle génération d’artistes.
Des têtes d’affiche à la hauteur de l’événement
Le festival s’est ouvert avec Bring Me The Horizon, symbole du renouveau du Metal moderne, avant de laisser place à Iron Maiden, qui célébrait ses 50 ans de carrière avec une tournée centrée sur ses albums historiques. Le samedi, Limp Bizkit a rappelé pourquoi le Nu Metal reste capable de fédérer plusieurs générations de fans, tandis que The Offspring a conclu le festival avec une journée placée sous le signe du Punk Rock.
L’expérience Hellfest reste unique.
Le Hellfest ne se résume pas à ses concerts. Son décor monumental, ses sculptures, ses flammes, son village et son ambiance conviviale continuent de faire la différence. Malgré une fréquentation impressionnante, le festival conserve cette atmosphère où passionnés, curieux et familles de metalheads se retrouvent autour d’une même culture.
Comme chaque année, les billets se sont vendus en un temps record, preuve que la réputation internationale du festival ne cesse de grandir.
Un festival qui continue d’écrire son histoire
À l’issue de cette édition 2026, le Hellfest démontre une nouvelle fois sa capacité à évoluer sans renier son identité. Entre hommages aux pionniers du Metal, ouverture aux nouvelles tendances ( pas toujours approuvées) et organisation toujours plus ambitieuse, le festival confirme qu’il demeure une référence mondiale.
Alors que 2026 marque les vingt ans du premier Hellfest organisé en 2006, c’est bien l’édition 2027 qui célèbrera officiellement la 20ᵉ édition du festival. Une échéance déjà très attendue par toute la communauté des Hellbangers. On parle de 10 scènes et de 300 groupes présents. Une vente prévue le 7 juillet alors que tu viens juste de bouffer ton PEL.
Mon expérience : quatre jours hors du temps au cœur de l’enfer de Clisson
Il y a toujours ce moment particulier où l’on franchit les portes du Hellfest. Les premiers riffs résonnent déjà au loin, ma longue route en espérant voir au plus vite la guitare du rond point. L’adrénaline, la joie d’entrer une nouvelle fois en Enfer. Les flammes jaillissent au-dessus des scènes, les odeurs de barbecue se mêlent à celles de la poussière, et, en quelques minutes, le monde extérieur disparaît.
Pendant quatre jours, Clisson n’est plus une petite ville de Loire-Atlantique. Elle devient la capitale mondiale du Metal.
Cette année encore, le Hellfest 2026 n’a pas dérogé à la règle.
Dès le jeudi matin, les allées sont déjà noires de monde. Certains arborent des battle jackets couverts de patchs, d’autres portent les couleurs de leur groupe favori. On croise des festivaliers venus de toute l’Europe, parfois de bien plus loin. Ici, peu importe l’âge, la langue ou le style de Metal que l’on préfère : tout le monde se retrouve autour de la même passion.
Entre deux concerts, les files d’attente s’allongent devant les stands de nourriture, le Merch et chacun compare son programme de la journée en espérant réussir l’impossible : être sur deux scènes à la fois !!!! Alors je te le dis tout de suite c’est mission impossible !!
Puis arrive ce moment où les écrans s’allument, où les lumières jaillissent.
Les premières notes résonnent.
Des milliers de poings se lèvent en même temps.
Le Hellfest possède cette capacité unique à transformer une foule immense en une seule entité. On chante avec des inconnus, on aide quelqu’un tombé dans un pogo, on partage une bière avec son voisin. Au milieu de cette apparente brutalité, il règne une solidarité que peu de festivals savent offrir.
Des concerts qui restent gravés.
Cette édition a offert son lot de moments suspendus.
Voir Iron Maiden reprendre possession de la Mainstage avec une aisance presque irréelle rappelle pourquoi le groupe reste une référence absolue. Chaque morceau est accueilli comme un hymne, chaque solo est repris par une foule qui connaît les paroles depuis parfois plusieurs décennies.
Plus loin, sous les tentes de la Valley ou de l’Altar, d’autres découvertes attendent. Ici, il n’y a pas de « petite scène« . On peut assister à l’un des meilleurs concerts du week-end devant quelques milliers de personnes avant de courir retrouver une tête d’affiche sur la Mainstage.
C’est aussi ça, le Hellfest.
Entre poussière, soleil et fatigue
Au fil des heures, les jambes deviennent plus lourdes.
Les kilomètres parcourus entre les scènes s’accumulent et le temps perdu ne te permet pas toujours d’être à l’heure. Tellement de monde que tu vois des bribes de concert, la canicule te ralentie, tu cherches l’ombre comme si ta vie en dépendait et finalement tu larves à l’ombre et renonce au groupe tant espéré.
On vit au rythme de la poussière, des rencontres improvisées et des pauses à l’ombre.
Les journées commencent souvent avant midi et c’est là que tu respires un peu, moins de monde, des groupes qui vont tout donner à 10h30 devant un public presque frais, tu circules aisément et tu profites de quelques pépites !!!
Une famille avant tout
Ce qui frappe toujours autant, ce n’est pas seulement la qualité de la programmation.
C’est l’ambiance.
Contrairement aux clichés, le Hellfest est probablement l’un des festivals les plus bienveillants qui soient. Dans les pogos, on relève immédiatement celui qui tombe. Les bénévoles gardent le sourire malgré les longues journées. Les festivaliers discutent facilement, échangent leurs souvenirs des éditions précédentes et donnent volontiers leurs conseils aux nouveaux venus.
Pendant quelques jours, chacun semble appartenir à la même famille. Cependant j’ai vu un tas de trucs que je ne voyais pas il y a 10 ans. Certes la société change et c’est normal mais j’ai aussi découvert une communauté sans code, là, parce qu’il faut être là !! S’autoriser des gestes ou situations d’irrespect …. Grimper sur des structures, voir même à l’intérieur du mausolée de Lemmy. Pourquoi ???
Le dernier morceau
Puis arrive le dimanche soir.
Le dernier rappel.
Les dernières flammes qui illuminent les Mainstages.
On reste quelques minutes de plus, presque immobile, à regarder la foule applaudir une dernière fois.
Parce qu’on sait déjà ce qui va suivre c’est fini !!! Retour à la réalité, tu regagnes la sortie, hagard, des souvenirs plein les oreilles.
Le Hellfest n’est pas seulement une succession de concerts.
C’est une parenthèse où la musique devient un mode de vie, où les inconnus deviennent des compagnons de route et où l’on repart toujours un peu fatigué, la voix cassée… mais avec l’envie irrépressible de recommencer.
Et cette même phrase qui revient chaque année en quittant Clisson :
« À l’année prochaine. » Alors pour ma part, je pense que mon pèlerinage au Hellfest s’arrêtera sur cette édition. Je ne souhaite pas ternir plus de 10 ans d’amour, de passion pour ce festival. J’y ai vu les plus beaux concerts, fais les plus belles rencontres, vu les plus beaux hommages mais les conditions actuelles ne me conviennent plus. Peut être la vieillerie qui me rattrape ou l’envie de retrouver sur des espaces plus petits, la passion l’échange vrai, le Metal et sa communauté d’origine. Longue vie au Hellfest.








