Furios Fest Open Air 2026 – Jour 3

par Gothicmelody | Sep 17, 2026 | Live Reports | 0 commentaire

Report + photos : Alain The Red 

Jour 3 : dimanche 23 août

Pour ouvrir cette dernière journée du Furios Fest, place aux Clermontois de Tellure. Et dès les premières salves, le groupe annonce la couleur : un métal moderne, puissant et mélodique, qui navigue entre métal alternatif et metalcore sans se perdre dans les recettes toutes faites.
Les riffs sont percutants, la rythmique cogne avec efficacité et les ambiances plus atmosphériques viennent apporter une vraie profondeur à l’ensemble. Tellure sait surtout jouer sur les contrastes, passant de passages lourds et agressifs à des moments plus mélodiques avant de remettre la machine en route. Une musique sombre et introspective, mais qui ne manque certainement pas d’énergie une fois propulsée sur scène.
Le groupe affiche une vraie envie d’en découdre et profite de cette ouverture dominicale pour installer progressivement son univers. Pas besoin d’en rajouter : les guitares font le boulot, la section rythmique verrouille l’ensemble et l’énergie communicative du combo finit de convaincre.
Une entrée en matière solide pour ce dernier jour du Furios. Tellure pose les premières pierres d’une journée qui, visiblement, ne compte pas nous laisser beaucoup de répit. (Pas de photos malheureusement pour ce groupe)

Originaire de la région parisienne, JIRO débarque avec la ferme intention de secouer la scène metalcore française. Formé en 2023, le groupe mélange riffs massifs, groove ravageur et mélodies percutantes dans une formule qui doit autant à Polaris, While She Sleeps et Bleed From Within qu’à la violence de Lamb of God ou Slipknot. Après un premier EP prometteur, Elevate Spirit (2024), les Franciliens franchissent un cap avec Adrift in Silence (2026), un disque plus agressif, plus direct et taillé pour la scène. Car chez JIRO, le live n’est pas un bonus : c’est le terrain de jeu principal. Chaque morceau est conçu pour faire bouger la fosse, déclencher les headbangs et rappeler que le metalcore reste avant tout une affaire d’énergie et d’impact. Rien à redire en live c’est une foutue claque avec ce jeune groupe qui en veut. La troisième journée est à 90 % découverte pour moi, hormis les vieux briscards de Paradise Lost.
Set-list : Worth It/ The Dread I Felt/ The Ascendant Fall/ Will I See You There?/ Enmity Spreads/ Shattering/ You Keep The Silence/ Kairos/ Last To Remain

Retour à l’attaque avec White Sofa, formation tourangelle née en 2016, qui vient balancer son cocktail de rock/metal indus directement dans les tympans. Ici, pas question de faire dans la dentelle : les Français puisent dans le nu-metal des années 2000, ajoutent une bonne dose de riffs qui cognent et surtout un groove qui s’accroche au cerveau comme un vieux chewing-gum sous une semelle.
Sur scène, White Sofa mise clairement sur l’impact. Le son est lourd, moderne et frontal, avec cette coloration industrielle qui donne aux morceaux une mécanique froide et efficace. Mais derrière les grosses guitares, le groupe conserve ce sens du groove qui permet aux compositions de rester immédiatement accessibles. Une formule taillée pour le live, où l’énergie prend rapidement le dessus.
Les textes s’intéressent aux excès et aux dérives du monde actuel, histoire de ne pas seulement faire bouger les cervicales, mais également de pousser un peu à la réflexion. Avec leur nouveau show et leurs nouveaux morceaux, White Sofa confirme surtout une chose : ils sont venus au Furios pour envoyer du lourd, pas pour faire de la figuration.
Set-list : Is back/ Electrochoc/ Demasque/ Embraser/ Mess/ Arene/ Bout de fil/ Dislocate/ En apnée.

À peine le temps de reprendre son souffle que SuperNaughty prend le relais. Changement d’ambiance, mais pas question de lever le pied : la suite s’annonce tout aussi musclée… mais avant ça, petit apéro improvisé avec les potes du sud et des produits locaux qui déchirent les papilles; fait main, fait bien et un fromage (St Félicien) une tuerie qui n’a pas eu le temps de vieillir, on se demande pourquoi…

Après la déferlante industrielle de White Sofa, changement de texture avec SuperNaughty. Les Italiens débarquent avec un stoner rock/metal poisseux, nourri au sludge, au grunge et au hard rock, et autant dire que les amplis vont prendre cher. Ici, le riff est roi : lourd, gras, répétitif, presque hypnotique, avec cette capacité à vous coller au sol sans avoir besoin d’en faire des tonnes. Sur scène, le trio ne cherche pas la démonstration technique ni le grand cirque : ça joue, ça cogne et ça groove. Les guitares balancent leurs salves épaisses pendant que la rythmique déroule un véritable rouleau compresseur. Une musique qui prend son temps pour mieux vous écraser, entre passages enfumés et montés en puissance.
SuperNaughty, c’est du stoner qui sent la poussière, les amplis brûlants et les salles enfumées. Pas besoin de poudre aux yeux : quelques bons riffs, une grosse dose de groove et suffisamment de watts pour faire trembler le terrain. Le Furios tient décidément à nous faire passer la journée avec les cervicales en vrac. Je fais faire une note de frais pour cervicales endommagées en plus ça tombe bien Kevin de Heart Attack a fait une escale dans le Cantal LOL.
Set-list : Poseidon/ Black Witch Mountain/ Hell Boar/ Weird Science/ Amsterdamned In(o)culation/ The Way I Wish to Die/ Apocalypso/ Queen of Babylon.

Cage Fight est clairement le moment où on bascule dans le hardcore frontal.
Les Anglais débarquent avec leur hardcore crossover directement branché sur le secteur, et autant dire que ça ne va pas faire dans la dentelle. Dès les premières salves, les guitares viennent chercher le thorax, la rythmique tabasse sans relâche et Rachel Aspe prend possession de la scène avec une énergie qui ne laisse aucune place au repos. Le hardcore de Cage Fight est brut, nerveux et particulièrement frontal, avec ce parfum old school qui lorgne autant vers le thrash que vers le punk hardcore. Pas de chichi, pas de détour : ici, chaque riff est taillé pour cogner et chaque accélération semble avoir été pensée pour déclencher le chaos dans le pit. La venue de Julien Truchan (Benighted) met de l’huile sur le feu, première suprise sur le set,
Le groupe possède cette capacité à transformer une scène en véritable zone de combat. Rachel mène la charge, haranguant le public tandis que derrière elle la machine déroule ses riffs assassins. Ça sent la sueur, la bière renversée et les cervicales en surchauffe. Cage Fight ne vient pas simplement jouer du hardcore : ils viennent le faire vivre dans les tripes. La deuxième surprise c’est la venue du chanteur de Hyro The Hero venu faire un duo explosif avec Rachel.
Une prestation viscérale, agressive et sans concession, parfaitement dans l’esprit du Furios. Après ça, il va falloir quelques minutes pour remettre les os dans le bon ordre avant d’accueillir Hyro The Hero.
Set-list : Oxygen/ Guillotine/ Pick Your Fighter/ Deathstalker/ Un bon souvenir/ I Hate Your Guts/ One Minute/ The Hammer Crush/ Eating/ Pig

Après la déflagration de Cage Fight, il fallait quelqu’un capable de maintenir la pression. Et avec Hyro The Hero, on ne pouvait pas mieux tomber. Le Texan débarque avec son cocktail explosif de rap, hip-hop, punk et heavy rock, transformant rapidement la scène du Furios en véritable terrain de jeu et surprise c’est au tour de Rachel de venir en guest pousser quelques growls. Un vent de folie souffle sur le stade de l’Anders.
Hyro ne laisse aucune place à la passivité. Micro en main, il harangue, provoque, saute, rappe et fait monter la température à coups de flows incisifs et de grosses décharges électriques. Derrière lui, les guitares viennent apporter le poids nécessaire et donnent à cette fusion rap/métal une puissance franchement redoutable.
Mais le frontman ne se contente pas d’aligner les morceaux : il fédère. Le public est constamment sollicité et répond présent, porté par cette énergie communicative qui fait rapidement oublier les frontières entre hip-hop et métal. N’hésitant pas à descendre dans le public et à participer au wall of death avec les festivaliers. Une véritable tornade ce chanteur avec des textes, eux, qui viennent canaliser la frustration, colère et regard critique sur un monde qui part parfois en vrille. Mais là, ce soir, Hyro The Hero vient remettre une grosse dose d’adrénaline dans ce dimanche du Furios. C’est du rap-metal sans complexe, direct dans la tronche et taillé pour la scène. Après le pit de Cage Fight, le public n’a décidément pas droit au repos. Un bel enchaînement de torgnoles

Changement de décor avec les Gallois de Florence Black. Et dès les premières notes, le trio va rappeler une chose essentielle : pas besoin d’être dix sur scène pour envoyer un son énorme. Tristan Thomas à la guitare et au chant, Jordan Evans à la basse et Perry Davies derrière les fûts forment un véritable bloc, compact et particulièrement puissant.
Leur hard rock sent les gros amplis, les riffs qui claquent et les refrains taillés pour être repris à pleine voix. La recette n’a rien de révolutionnaire, mais elle fonctionne diablement bien : du groove, de la mélodie, une bonne dose de puissance et cette petite touche rétro qui donne aux morceaux une efficacité immédiate. En live, les trois Gallois ne trichent pas : ça joue fort, ça joue propre et surtout ça joue avec les tripes.
Florence Black, c’est surtout une machine à faire monter la température. Tristan envoie ses riffs avec une vraie présence de frontman, pendant qu’Evans et Davies verrouillent la rythmique derrière lui. Le résultat est impressionnant pour un simple trio : un mur de son massif, des harmonies vocales qui élargissent encore l’ensemble et une énergie suffisamment physique pour embarquer le public. Le Furios tient donc là une belle démonstration de hard rock à l’ancienne remis au goût du jour : direct, mélodique, puissant et sans artifices inutiles. Florence Black ne révolutionne peut-être pas le genre, mais ils savent parfaitement comment lui coller un bon coup de pied au cul. Impressionnante claque que j’ai encore prise avec cette superbe découverte.
Set-list : Bed of nails/ Take my word/ Start again/ Coloured in/ Bird on the chair/ Rocki’ ring/ The deep end/ Down the road/ The pouring rain/ Zulu/ Look up/ Breadfan/ Ace of spades/ Sun & moon.

Et pour refermer cette troisième journée, difficile de rêver meilleure conclusion que Paradise Lost. Les Anglais n’ont plus besoin de présentation : depuis plus de trente-cinq ans, ils creusent leur propre sillon entre doom, gothic metal et death, avec cette capacité unique à transformer la mélancolie en véritable rouleau compresseur.
Dès les premières notes de « Serpent on the Cross », le ton est donné. Pas de grand cirque ni de surenchère : Paradise Lost impose son atmosphère par la force de ses compositions. Nick Holmes, droit et impassible derrière son micro, alterne chant clair et growls avec cette froideur caractéristique, tandis que Gregor Mackintosh, concentré sur sa guitare, distille ces mélodies reconnaissables entre mille. Derrière eux, la machine rythmique déroule avec une précision chirurgicale.
Le set va alors naviguer entre différentes périodes de leur carrière, de « One Second » à « As I Die », en passant par « Faith Divides Us – Death Unites Us », « The Enemy », « Salvation » ou encore « Say Just Words ». Et forcément, lorsque les premières notes de certains classiques résonnent, le public répond présent. Les refrains sont repris à pleine voix tandis que les riffs plongent progressivement le site dans une ambiance aussi sombre que majestueuse.
Paradise Lost ne cherche pas à mettre le feu au Furios : ils préfèrent l’embraser lentement. Une musique lourde, mélancolique, parfois glaciale, mais toujours terriblement efficace. Les Anglais démontrent surtout qu’après plusieurs décennies de carrière, ils possèdent toujours cette capacité à installer une véritable tension et à captiver un public sans avoir besoin d’en faire des tonnes.
Une dernière décharge de noirceur pour refermer le Furios Fest. Le festival pouvait difficilement trouver plus élégant pour tirer le rideau : Paradise Lost, ou l’art de transformer la désolation en hymne. Cela faisait pas mal de temps que je ne les avais plus vus, mais là ça valait le déplacement.
Set-list : Serpent on the cross/ One second/ The last time/ Faith divides us/ Th eenmy/ As i die/ Salvation/ Requiem/ Say just words/ Hallowed land/ Tyrants serenade/ Smaltown boy/ Embers fire/ Ghosts/ Silence like the grave.

Bref trois jours intenses, une prog éclectique qui permet d’en avoir pour tous les goûts et le tout dans une ambiance au top que ce soit les festivaliers, les groupes ou toute la team du Furios Fest aux petits soins pendant ces 3 jours. Si tu n’es jamais venu dans le Cantal corrige le tir et viens pour la prochaine édition, tu ne regretteras pas le déplacement. Merci Christophe Bourry et Elodie Briffard ainsi que toute la team du festival.

 

Partager l'article

Suivez-nous sur les réseaux :

Rejoignez notre groupe Facebook (actualités, évènements, partenariats...) :

Concerts:

Aucun Résultat Trouvé.

La page que vous avez demandée est introuvable. Essayez d’affiner votre recherche ou utilisez la navigation ci-dessus pour trouver l’article.