Festival 666 (Cercoux, 7-9 Août 2026)

par Metalfreak | Août 21, 2026 | Live Reports | 0 commentaire

Photos + Report : HellFé

Festival 666 2026 : trois jours de Metal, de sueur et d’orage à Cercoux
Il y a des festivals où l’on vient simplement voir des groupes. Et puis il y a le Festival 666. À Cercoux, en Charente-Maritime, du 7 au 9 août 2026, le Metal s’installe au cœur du village et transforme pendant trois jours ce coin de Nouvelle Aquitaine en véritable terrain de jeu pour les musiques extrêmes. Pour sa septième édition, le 666 a encore une fois mélangé valeurs sûres, découvertes et styles sans complexe : du Blackgaze à l’Indus, du Deathcore au Hardcore, du Stoner au Ragga-Metal.
Et surtout, il y avait cette sensation très particulière d’un festival à taille humaine : on se croise, on discute, on partage une bière, on se retrouve devant une scène quelques minutes plus tard… puis, dès que le riff tombe, tout le monde semble soudainement appartenir à la même tribu.

Vendredi : le 666 passe directement en mode furie.

Dès l’ouverture des portes, le ton est donné. Le vendredi aligne Darken, The Broken Horizon, Ice Sealed Eyes, Brutal Sphincter, Grandma’s Ashes, ten56., Heaven Shall Burn, Imminence, Rise Of The Northstar et Revnoir. Une programmation qui passe progressivement du Metal Alternatif au Hardcore, au Death et au Metalcore avant de finir sur des prestations beaucoup plus explosives.
Darken ouvre le bal avant que The Broken Horizon et Ice Sealed Eyes ne viennent faire monter la température. Puis Brutal Sphincter débarque avec son Goregrind sans compromis. Le genre de concert où l’on se demande si le circle pit va respecter les limites géographiques du festival.
Et évidemment, il ne les respecte pas.
Quelques mètres plus loin, ça tourne. Un circle pit se forme, puis grossit, puis avale littéralement une partie du public. Les gens courent, se bousculent, tombent parfois… mais se relèvent toujours avec une main tendue. C’est aussi ça, l’une des grandes forces de ces rendez-vous Metal : derrière les guitares les plus brutales, il existe une vraie culture de la bienveillance.
La soirée change ensuite de dimension avec Grandma’s Ashes, ten56. et surtout Heaven Shall Burn. Le Metalcore Allemand arrive avec cette capacité à faire passer un public entier de l’écoute attentive au défouloir collectif. Imminence poursuit sur cette dynamique, avant que Rise Of The Northstar ne transforme le devant de scène en zone de turbulence.
Et quand Revnoir clôt la journée, il reste cette impression d’avoir déjà vécu une journée entière alors que le festival ne fait que commencer.

Samedi : la journée qui devait être celle de Kim Dracula.

Le samedi est probablement la journée la plus éclectique de cette édition. Fanalo, Kibosh, Mirabelle., IMPARFAIT et Solitaris ouvrent progressivement la voie à Future Palace, Heriot, Fit For An Autopsy, Kim Dracula et Skindred.
Future Palace apporte son Post-Hardcore émotionnel, Heriot sa puissance métallique et Fit For An Autopsy une dose de Deathcore suffisamment massive pour faire trembler le sol.
Puis arrive Kim Dracula.
L’artiste australien, connu pour son mélange totalement décomplexé de Metal, Industriel, Trap, Jazz et influences latines, est sans doute l’un des OVNI de cette programmation. Son album A Gradual Decline in Morale, sorti en 2023, constitue encore le cœur de son univers scénique.
Sur scène, tout semble prêt pour un moment complètement hors normes.
Le public aussi.
Et puis le ciel décide de participer.

Kim Dracula : quand l’orage prend la main
Le set commence, le public répond présent, les corps bougent et l’ambiance monte. Devant la scène, on retrouve cette atmosphère propre aux gros concerts Metal : des spectateurs collés les uns aux autres, des bras levés, des pogos qui se déclenchent, des circles pits qui apparaissent puis disparaissent au gré des morceaux.
Mais au-dessus de Cercoux, le décor change.
Le ciel devient menaçant. Puis l’orage éclate.
La sécurité demande l’évacuation du public alors que Kim Dracula est en plein set. Plusieurs témoignages et publications diffusées après le festival confirment que l’évacuation a bien eu lieu pendant la prestation, en raison des intempéries et d’un orage particulièrement violent.
Et là, pendant quelques minutes, le festival change complètement de visage.
Les mêmes personnes qui, quelques instants auparavant, se fonçaient dessus dans un circle pit se mettent à avancer ensemble vers les zones sécurisées. On s’aide, on vérifie que les copains suivent, on se met à l’abri. Le Metal reste brutal dans les enceintes, mais le public, lui, sait parfaitement faire preuve de solidarité.
C’est peut-être l’une des images les plus fortes de ce Festival 666 2026 : la violence musicale et la bienveillance humaine qui cohabitent parfaitement.
Pas question de jouer les héros face aux éléments. Quand la sécurité parle, le public écoute.
Le set de Kim Dracula restera donc comme un concert forcément particulier, interrompu par quelque chose qu’aucun programmateur ne peut contrôler. L’artiste devait jouer à 22h45 sur la Hateful Stage, juste avant Skindred prévu à minuit.
Et malgré cette fin brutale, le samedi aura laissé une sacrée trace.

Dimanche : la dernière charge

Après la tempête, place au dernier jour.
Earthquake, Hardwired, White Sofa, Spleen Cvlt, Vertex et Mars Red Sky lancent la journée avant la montée en puissance de Soen, Alcest, Igorrr et Soulfly. Lord Of The Lost avait initialement été annoncé, mais le groupe a finalement été annulé.
La programmation du dimanche ressemble à un résumé de tout ce que le 666 sait faire : du Metal local aux propositions les plus aventureuses.
Earthquake représente notamment cette nouvelle génération locale qui fait plaisir à voir émerger. Puis Mars Red Sky installe son Stoner psychédélique et son ambiance hypnotique avant que Soen ne plonge le festival dans un Metal progressif beaucoup plus atmosphérique.
Et comment ne pas parler d’Alcest ?
Avec son mélange de Post-black Metal et de Shoegaze, le groupe apporte une respiration différente. Là où certains concerts demandent de courir, sauter et pogoter, Alcest invite davantage à se laisser emporter.
Puis Igorrr remet tout le monde à l’envers avec son Metal baroque et ses influences Breakcore.
Enfin, Soulfly prend la relève pour fermer la marche. Une dernière grosse décharge de Groove, de Thrash et de Nu-Metal pour terminer trois jours où le public aura été constamment sollicité.

Un festival où le Metal se vit ensemble
Ce qui reste surtout de ce 666, ce ne sont pas uniquement les noms sur l’affiche.
C’est l’ambiance.
Celle d’un public capable de passer d’un circle pit furieux à une accolade avec un inconnu. Celle des slammeurs que l’on porte à plusieurs. Celle du gars qui tombe dans le pit et qui est relevé immédiatement. Celle des premiers rangs qui préviennent lorsqu’une personne ne va pas bien. Celle des discussions improvisées entre deux concerts avec quelqu’un rencontré cinq minutes auparavant.
Le Metal peut être extrême, violent, assourdissant. Mais dans un festival comme celui-ci, cette énergie est canalisée par quelque chose de profondément collectif.
On vient pour prendre des décibels en pleine figure.
On reste pour les rencontres.
Et parfois, comme pendant Kim Dracula, même quand le ciel décide de mettre le chaos, on se rend compte que le public est parfaitement capable de rester soudé.
En conclusion
Le Festival 666 2026 aura proposé trois jours particulièrement riches, avec une programmation qui refuse de rester enfermée dans une seule case : Heaven Shall Burn, Imminence, Rise Of The Northstar, Fit For An Autopsy, Heriot, Kim Dracula, Skindred, Soen, Alcest, Igorrr, Soulfly, Mars Red Sky… sans oublier toute une scène française et européenne venue défendre des univers beaucoup plus underground.
Et puis il y aura eu cet orage.
Ce moment où le concert de Kim Dracula s’arrête, où le public évacue et où l’ambiance de fête laisse momentanément place à la prudence.
Quelques minutes plus tard, le Metal n’a peut-être pas disparu.
Il attendait simplement que le ciel se calme.
À Cercoux, pendant trois jours, le 666 aura confirmé une chose : le Metal, ce n’est pas seulement du bruit, des amplis et des circle pits. C’est une communauté. Et quand elle est réunie, même sous un ciel qui menace de s’effondrer, elle sait rester solidaire.
De cette édition je garderai le souvenir qu’à Cercoux, il ne fait pas toujours beau comme le prétend l’orga. Cependant les températures sont restées caniculaires. Bravo à l’organisation, à la sécurité qui a su gérer les moments de crises ( préventions des feux, évacuations….) et rendez vous l’année prochaine !!!

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