Photos + report : Alain The Red
Direction La Seyne-sur-Mer pour une soirée qui s’annonçait déjà brûlante. eOn investit la salle Tisot pour une résidence bien méritée. Une salle chargée d’histoire, qui a vu défiler des formations de renom comme Cannibal Corpse, Coroner, Nocturnus ou Agressor. Autant dire que les murs suintent encore la sueur et la distorsion. Ce soir, on renoue avec la tradition : du lourd, du vrai.

En ouverture, les Marseillais de Digital Nova viennent poser les bases. Formé en 2007, le groupe balance un métal massif, hybride, taillé pour le live. Groove écrasant, riffs acérés, textes en français qui cognent là où ça fait mal. Le tout navigue entre nu metal, rap metal et metal alternatif, dans la lignée de Korn, Limp Bizkit ou Deftones, avec l’ADN rageur de Mass Hysteria et Lofofora.

Sur scène, ça ne triche pas. Ça hurle, ça groove, ça pilonne. Les riffs claquent, la section rythmique cogne sans pitié et le chant alterne flow nerveux et éructations maîtrisées. Résultat : la salle chauffe instantanément. Même les plus jeunes, venus avec leurs parents, finissent happés par la déferlante.

Setlist : Minerve / Monde parfait / Aucun mystère / Personne n’aime personne / E&M / Les dés sont jetés / Seconde vie / La peur / Nostalgie du pire / Immortels / Mes angoisses vagabondes / Soleil noir / LVNPDP.

La salle, remise à neuf, je n’y avais pas remis les pieds depuis une trentaine d’années renvoie un son massif. Lights incisifs, acoustique chirurgicale : terrain de jeu idéal pour eOn après cinq jours de résidence. Les lumières virent au rouge sang. L’ambiance devient lourde, presque suffocante. L’intro retentit comme un glas.

« Heads on Pikes » explose et ouvre les hostilités. Pas d’échauffement. Pas de round d’observation. C’est frontal, brutal, sans concession. Les cinq musiciens déboulent comme des fauves lâchés dans l’arène. Les guitares d’Enzo et Kader lacèrent l’air, tranchantes comme des lames. La rythmique écrase tout sur son passage. Ranko martyrise ses fûts avec une précision implacable.

Sur « Your Hate Is My Pleasure », extrait du dernier album "Angel of Terror", la machine s’emballe. Flo est possédé, bondissant d’un bout à l’autre de la scène, haranguant la foule, éructant chaque mot avec une intensité viscérale. Romain assure des chœurs hargneux, renforçant l’impact de chaque refrain.
Le public ne demande qu’à en découdre. Le pit s’ouvre, ça pousse, ça tourne. Circle pit sauvage. Puis vient le wall of death sur « Angel of Terror » : séparation nette, tension maximale… et collision brutale dans une explosion de sueur et de cris.

eOn a clairement franchi un cap. Plus mature, plus tranchant, plus féroce. Leur set est un rouleau compresseur qui ne laisse aucun répit. Une démonstration de force pure, viscérale, qui passe à une vitesse folle. Quand les dernières notes s’éteignent, une seule certitude demeure : on en voulait encore. Plus fort. Plus violent. Plus metal.

Setlist : Intro / Heads on pikes / Your hate is my pleasure / Welcome to the pyramid / Hokuto no ken / Bullshit everywhere / Lost not found / We’re doomed they suck / Come down / Highlanders / Angel of terror / Legacy of shame / Kalash.








