Report : Aur’Hell
J’ai découvert Eihwar assez récemment. En même temps, le duo Français n’a réellement émergé qu’en 2022‑2023, donc je n’ai pas tant de retard que ça. C’est en lisant une chronique de la fabuleuse GothicMelody sur leur album « Hugrheim » (sorti en mars 2026) et celle de Viv Hante pour « Viking War Trance » (septembre 2024) que j’ai décidé de m’y intéresser.
Vivant en Suède depuis quelques années, autant dire que tout ce qui touche aux rythmes Païens, aux runes et aux tambours résonne plutôt bien par ici. Alors quand j’ai vu que la tournée Pagan Folk Nights 2026 passait par Stockholm, je n’ai pas réfléchi longtemps. Direction Kollektivet Livet !
La salle est bien remplie, et le public franchement varié. Fidèles, curieux, amateurs de folk pagan, métalleux vêtus de noir… et bien sûr quelques Suédois ravis de ressortir casques, peaux, cornes et bracelets en cuir. Chez eux, le look viking n’est jamais très loin.
Clairement, Eihwar n’arrive pas en terrain hostile : la salle est pleine et déjà bien chaude.
Pour ouvrir la soirée, Mira Ceti. Si son nom ne vous est pas inconnu, c’est normal : elle apparaît régulièrement sur scène avec Heilung. Mais ce soir, c’est en solo qu’elle se présente.
Son set est un rituel d’introspection à part entière. Chant intuitif, lent, vocalique, qui prend son temps pour s’installer. Ça monte progressivement, sans jamais exploser. Certains ferment les yeux, d’autres restent figés, un peu suspendus.
Mira Ceti est là pour mettre en condition le corps et l’esprit — mission accomplie.
Changement de programme radical. Eihwar arrive, et la soirée bascule instantanément.
Mark s’installe derrière ses machines et percussions, tandis qu’Asrunn déboule sur scène armée d’une énergie brute et sauvage. Là, on comprend que ce ne sera pas un concert contemplatif, mais plutôt une fête païenne en mode rave électro.
Les premiers titres déclenchent immédiatement le mouvement. Impossible de rester immobile. Les morceaux de « Hugrheim« , comme « Nauðiz » ou « Freyja’s Calling », sont taillés pour la transe collective. Ça tape, ça pulse, ça tourne en boucle… et ça marche. Très bien, même.
Alors oui, à deux sur scène, Eihwar s’appuie sur des bandes. Les puristes feront peut‑être la grimace. Mais honnêtement : quand on voit Asrunn qui saute, hurle, frappe son tambour avec l’intensité d’un berserker, on oublie très vite ce détail.
Eihwar ne cherche pas à rivaliser avec la solennité de certains projets nordiques. Ici, pas de reconstitution sage ni de cérémonie figée. Leur paganisme est festif, brutal, électronique.
Mélangez les codes de pagan folk avec des rythmes électro modernes, et vous obtiendrez une sorte de rave néo‑viking des plus savoureuses.
À Stockholm, Eihwar et Mira Ceti ont offert une soirée cohérente : d’abord l’introspection et le silence, puis la décharge physique et répétitive. Tout n’est pas parfait et ça tourne parfois en rond, mais c’est aussi le principe. Cette musique cherche la transe, pas la démonstration.
Eihwar confirme qu’il n’est plus un simple projet émergent mais un acteur sérieux de la scène pagan alternative, avec une identité bien à lui. Et au‑delà de l’intensité scénique, il faut aussi souligner l’état d’esprit du groupe : après le concert, Asrunn et Mark ont pris le temps de proposer une séance photo au stand de merch pour celles et ceux qui le souhaitaient. Un détail peut‑être, mais qui en dit long sur leur disponibilité, leur simplicité et leur proximité avec le public — loin de toute posture mystique inaccessible.
S’ils reviennent en Suède, ce sera très probablement dans une salle plus grande. La rave païenne ne fait que commencer !
Bravo à Kollektivet Livet et à FKP Scorpio Sverige pour l’organisation de cette soirée réussie. Assister à vos concerts est, une fois de plus, un vrai plaisir.
Note de fin : pour des raisons de timing, je n’ai pas pu obtenir d’accréditation photo pour cette date. J’ai néanmoins pu assister au concert grâce à une invitation.








