Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8,5/10
The torture never stops…
Zatokrev, quatuor bâlois tripotant dans une veine Doom/Sludge Post-hardcore, nous offre une nouvelle œuvre torturée à souhait, six longues années après leur dernière merveille « Bury the ashes »… et paradoxalement encore trop méconnu.
Gageons que leur récente signature chez Candlelight va changer la donne : si « Bury the ashes » était une merveille, que dire de ce « The bat, the wheel, and a long road to nowhere » ?
Maintenant dans le label de Emperor, Absu, Crowbar ou Orange Goblin et autre Corrosion Of conformity, on ne peut que leur espérer une meilleure promotion qui ne leur serait que justice.
Fondamentalement, cet album n’apporte rien d’innovant par rapport à leur claque précédente, mais tout en restant encore incroyablement avant-gardistes, il explorent malgré tout une veine à la fois plus fluide et torturée de leur musique, tout en variant quelque peu les plaisirs : pour les titres, ils ont mis de grands plats dans les très grands en les faisant osciller à nouveau dans des longueurs tournant autour des dix minutes pour six d’entre eux – sur neuf – et l’album est rempli ras la gueule, soit 75 minutes émotionnellement éprouvantes dans le bon sens du terme.
Après une première écoute, la crainte de redondances ou de s’ennuyer s’estompe : quel que soit le titre, impossible de trouver le temps long tellement les rythmiques lancinantes rendent l’œuvre hypnotique, y compris lors des cinq minutes répétitives en fin du dernier titre.
A l’instar des albums de Neurosis, groupe duquel on peut rapprocher la musique de Zatokrev, la recherche d’ambiances glauques et morbides refroidissent d’emblée l’ensemble et nous plonge dans des sensations aussi cauchemardesques que jouissives. Certains passages beaucoup plus calmes et ambiants accentuent ce ressenti, pour mieux nous achever par la suite : comme sur le final de « 9 », en enchaînant avec l’excellent « Rodeo with snakes ».
Intrinsèquement, on reste dans les tempi du doom, avec cette impression de se faire écraser vicieusement à chaque rythmique avec un plaisir non dissimulé de la part des quatre « true de Bâle »…
Si encore il n’y avait que la musique pour donner cette impression oppressante, mais la voix criarde et torturée, légèrement saturée de Frederyk Rotter a de quoi rendre jaloux certains vocalistes de Black Metal, et renforce encore ces impressions morbides et glauques, pour réussir à nous emmener dans nos derniers retranchements.
Sensations de malaise inside, cet album dont le nom est aussi long que les timings des morceaux, est définitivement déconseillé aux âmes sensibles et dépressives : pendant 75 minutes, ça ne sera pas la franche rigolade, et pourrait bien filer le bourdon jusqu’aux amateurs de l’humour Tankardien ou rendre impuissant les plus gros queutards se réclamant de Steel Panther.
Oui, Zatokrev évolue dans son univers ultra violent et prouve une fois de plus que leur mélange de souffrance, d’agressivité et de lancinance n’a aucunement besoin de blasts tous azimuts pour achever son auditorat sous des riffs plombés et ultra heavy… à l’exception d’un « Feel the fire part II » qui débute comme un morceau de Skin Chamber, explore l’univers Thrash et se termine dans une furie très intense et typiquement … Black metal avant que le son ne se coupe en plein milieu d’un riff !
Bref, un album intense, pachydermique, lancinant, passionnant !
Avec « Bury the ashes », les quatre Suisses de Zatokrev devenaient mes chouchous et le catalogue 2012 ne fait que confirmer cette certitude.
Du grand art !
Site officiel : www.zatokrev.com/
Myspace : www.myspace.com/zatokrev
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