Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8,5/10
Décidément, il arrive de plus en plus de voir des formations parfois cultes spéculer sur leur glorieux passé.
Et parmi les groupes les plus cultes, on peut aisément citer Venom.
Précurseur d’une musique qui aura influencé quasiment tout le metal extrême, le trio de Newcastle nous aura quand même collé, malgré un évident manque de technique, quatre premiers albums parmi les plus cultes dans le speed / black metal et la NWOBHM.
Que ce soit avec “Welcome to Hell”, “Black metal”, “At war with Satan” ou “Possessed”, Venom était le groupe de la première moitié des années 80 qu’on aimait detester ou qu’on détestait aimer. Au choix.
Souvent adulé, régulièrement critiqué… une chose est sure, il ne laissait pas indifferent.
Du moins à cette époque.
Parce qu’ensuite, “Calm before the storm” a fait l’unanimité… contre lui !
Rajoutons à ça des tensions internes qui ont fait partir Cronos pour voir arriver Tony Dolan et ce sont trois albums (“Prime evil”, “Temples of ice” et “The waste lands”) plus qu’honorables qui seront sortis.
Cronos reviendra en 1995 la même année que Mantas partira, et c’est aussi cette année là qu’Abaddon fera son retour pour quatre ans.
Quelques changements de line up plus tard, c’est avec Cronos (Basse, Chant), Rage (depuis 2007) et Danté (depuis 2009) que Venom poursuivra sa carrière.
Mantas, lui, continuera avec Tony Dolan dans M:Pire of Evil puis Venom Inc, un premier temps avec Abaddon (jusqu’en 2018). Tout le monde a suivi ?
Huitième album depuis le retour de Cronos, soit le seizième sous le nom de Venom, on sent le groupe chercher à retrouver son aura d’antan.
Il faut dire que ce que nous a proposé Venom depuis quelques temps, ça n’a pas transcendé les foules ni les fans : “Hell” (2008), “Fallen angels” (2011), “From the very depths” (2015) et “Storm the gates” (2018) n’ont pas vraiment convaincu.
Seul “Metal black” (2006) semblait laisser entrevoir un Venom comme on l’aimait dans la première moitié des années 80.
Et là, on sentait déjà Venom chercher à retrouver son succès d’avant, ne serait-ce que par le nom de cet album.
Aujourd’hui, rebelote : et vas-y que je te modernise la pochette de l’album “Black metal” (1982) et t’intitule un morceau “Lay down your soul”, hurlement cultissime sur l’album originel et le titre du même nom.
Mieux que ça, les nouveaux titres de cet album fleurent bon le Venom de cette époque.
Sauf que : à l’époque, Venom se voulait brouillon, chaotique, à la technique plus qu’imprécise… Aujourd’hui, Venom est propre, très propre, trop propre pour être du Venom pur jus !
Alors oui, on ressent encore ces relents punk dans la musique du trio, la voix de Cronos reste immédiatement identifiable, ça reste chaotique, un rien thrash, un tantinet black, un soupçon brouillon par moment.
Mais combien de formations actuelles qui se réclament de Venom sonnent aussi bien, voire… euh… « mieux », que le Venom de l’époque par rapport au Venom actuel ?
Alors qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : “Into oblivion” n’est pas un mauvais album, loin de là. On a droit à notre lots de titres efficaces, principalement bourrins, qui font dire qu’on a ici certes un bon album de speed metal à tendance “evil”, qui lorgne de près vers le thrash metal et qui continue de distiller quelques intonations black metal par moments, mais de là à dire que c’est un album typiquement Venom, il y a un pas que je ne vais pas franchir.
Et pourtant, je me suis régalé pendant les 43 minutes que durent ces treize titres.
Comme quoi, les vieux nostalgiques dont je fais partie aiment ces groupes d’antan qui nous font ressortir cette fibre nostalgique.
A prendre pour ce que Venom semble désormais être : un groupe à la gloire passée qui cherche à la retrouver sans pouvoir l’atteindre. Les efforts sont louables, l’album aussi.
Les fans vont-ils suivre ? C’est un autre débat…
Tracklist :
1. Into Oblivion (4:11)
2. Lay Down Your Soul (3:13)
3. Nevermore (3:06)
4. Man & Beast (3:30)
5. Death the Leveller (3:20)
6. As Above So Below (4:54)
7. Kicked Outta Hell (3:24)
8. Legend (3:00)
9. Live Loud (3:21)
10. Metal Bloody Metal (2:53)
11. Dogs of War (2:03)
12. Deathwitch (3:29)
13. Unholy Mother (3:23)
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Chronique “In Nomine Satanas”








