Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10
Rien que dans l’énoncé de la bio, la simple évocation de formation comme Bathory, Kreator, Aura Noir et Oranssi Pazuzu avait de quoi me séduire.
On creuse un peu et ça parle également de post punk, de thrash metal et de black metal atmosphérique !
De quoi titiller sévèrement ma curiosité.
D’autant que ce groupe Écossais, formé en 2018 et pourtant déjà fort d’un EP, d’une demo, d’un premier full length en 2022 (« Unslayable »), d’un split (avec Magicide) et d’un EP live de trois titres, je n’en avais jusqu’alors jamais entendu parler.
C’est là que, rongé par une curiosité trépignante, je lance les sept titres de ce « Mourhold », deuxième album du groupe.
Et là, d’entrée, ça me plait : courte intro inquiétante et les riffs déboulent, brutaux avec un gros blast. Un court passage mid tempo et tout s’accélèrent en même temps qu’un chant haineux d’une noirceur absolue s’installe !
D’emblée, Tyrannus décide de nous asséner un violent coup derrière la nuque, avec une alternance de passage brutaux et d’autres plus atmosphérique dans lesquels les mélodies ne sont pas absentes.
On nage dans les eaux d’un black metal typiquement Scandinave des mid nineties avec de forts relents de thrash metal.
On sent de suite que le groupe aime jouer sur les contrastes, passant de plages atmosphériques au black metal le plus implacable sans la moindre transition. On adhère de suite, entre cassage de nuque et passage planants à écouter les yeux fermés, « Violent inhéritance » vient de suite faire son petit effet en cinq minutes chrono.
« Orbus non suffict » s’ensuit et les ambiances inquiétantes commencent : lorsque les riffs partent, on est moins dans l’intensité que par rapport au premier titre mais l’ensemble reste impitoyablement ancré dans un black metal vénéneux, sorte de sommet de noirceur à la mélodie présente.
Le tempo est moins soutenu mais on reste scotché dans son siège tant on se retrouve dans des ambiances malsaines renforcées toujours par ce chant profond et rageur.
Ici aussi, les changements de rythmes sont légion mais le thème principal revient très vite.
Encore une bonne dose de black metal glacial.
« Seizing stars” se montre ancré dans un black / thrash metal plus nerveux rappelant quelque peu le Bathory de « Blood fire death » qui aurait fait quelques gammes chez Aura Noir.
C’est ensuite que vient un « Flesh eternal » qui prend tout le monde à contre-pied. Basse omniprésente, guitares plus aérienne, chant moins haineux, Tyrannus incorpore de grosses touches post punk dans son black metal et les deux thèmes se marient parfaitement. On se prend un titre d’une grande fluidité avec cette rythmique dynamique… Et le naturel revient au galop avec une accélération démentielle comme si Tyrannus voulait nous faire comprendre que ce n’est pas parce qu’on part dans des contrées plus éthérées qu’on ne peut pas se montrer implacable.
Et « Reignfall » arrive et on comprend ce que veut dire le terme « deux salles, deux ambiances » ! A nouveau, le quatuor Écossais se fend d’un titre à dominante thrash metal sur lequel seul le chant, moins ‘black’ que sur les autres titres, se montre extrême.
Riffs saccadés et rapides, rythmiques soutenues, ce titre se montre comme un petit brûlot du genre.
Lorsque « Mournhold » débute, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés.
Riff thrash et rapide qui dure sa bonne trentaine de secondes avant que le chant et la rythmique se mettent en branle pour nous tabasser sévèrement.
Et pourtant, l’ensemble se veut plus sombre et pesant, se montrant pourtant d’une intensité remarquable tout en nous laissant régulièrement reprendre notre souffle pour mieux nous oppresser ensuite.
Pendant plus de six minutes, tout est fait pour mettre à mal notre système nerveux jusqu’à la moitié du titre pour un passage musical plus ‘calme’ (on se comprend) avant de nous recoller une accélération à nous arrache la nuque, le tout à grand renfort de solo de guitare bien senti !
En guise de final, Tyrannus nous propose un titre de sept minutes et demie sur lequel ils ne nous épargnent rien.
Riffs tranchants profondément thrash et soutenus, chant toujours haineux, quelques incursions dans les mélodies, changements de rythmes… Tout y est, Tyrannus semble avoir démontré comment insérer dans un seul titre, tout ce que le thrash metal à tendance black propose de mieux.
Les parties instrumentales propose un côté plus épique, renforcé par un passage atmosphérique du plus bel effet avant que la déferlante ne reprenne.
Du grand art.
Pour son deuxième album, Tyrannus fait très fort : un album pour tout adorateur de metal extrême.
Tracklist :
1. Violent Inheritance (4 :59)
2; Orbus Non Sufficit (5:43)
3; Seize the Stars (5:13)
4. Flesh Eternal (4:45)
5. Reignfall (5:38)
6. Mournhold (6:20)
7. Back to Grey (7:37)
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