Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10
Salut !
Au menu de ce jour, » Bellicum« , le premier album du groupe Tragos, originaire de Rouen et qui a déjà dans sa besace, une démo en 2022 et un EP sorti en 2024 en autoproduction.
Ils pratiquent, avec un certain brio, ce qu’ils nomment comme étant du death metal baroque.
Ce qui veut dire ?
Et bien, l’articulation principale de leur musique, leur colonne vertébrale, se construit autour de gammes néoclassiques. Quand « la grande musique » rencontre le metal extrême. Dans les mains de certains, cela aurait pu être : soit un ratage, soit, au bout d’un temps, un objet de lassitude, chaque titre étant construit autour du même principe.
Ce n’est pas le cas ici.
Les musiciens maitrisent bien leur sujet.
D’abord, les compositions sont condensées, pas de longueur inutile. Qui plus est de titre en titre, ils essayent, tout en gardant leur ligne musicale directrice, de varier les sentiments, les ambiances de leurs compositions. Enfin, le growl est caverneux à souhait et les guitares bien lourdes.
Du coup, en dehors de la classe du riffing, on reste dans la cour d’un metal mort ancré dans son empreinte extrême. En écrivant ces mots, je pense à mon frère, musicien professionnel de classique, en me demandant ce qu’il penserait de cet opus.
Sacrilège ou intérêt ?
Pour terminer de planter le décor, quelques invités participent de-ci de-là, comme El Pradosaure et Simon (Muertissimma), Skull du groupe Fatal.
Voilà, quant aux titres, au travers de quelques mots, voici mon ressentiment.
On y trouve des airs enjoués, tout en arabesques, un pas en avant un pas en arrière, en imaginant ce qu’aurait pu donner ce genre de musique sous Louis XIV lors d’un bal de la noblesse, comme sur la deuxième partie de « Fragmento Fugit ».
Un certain maintien vivace se pose sur « Labor Delusiv », pendant qu’une mélodie triste habille le « boosté » « Narcissus Vortex ».
« Chthonian Exult » raisonne tout en mélancolie et « Random Punishment » porte en lui quelque chose de mécanique et de presque dissonant, pendant que la basse tricote honorablement.
Le moins, que l’on puisse dire, c’est que ces gars portent un death pas banal du tout.
Plus qu’une simple curiosité, je me demande ce que sera l’avenir de ce groupe qui pose les pierres d’un édifice qui ne ressemble pas aux autres.
Original, un terme que je n’emploie pas souvent !
Tracklist :
1. Lethal Suspiro (4:00)
2. Fragmento Fugit (3:42)
3. Penumbra Prolix (4:09)
4. Narcissus Vortex (3:35)
5. Labor Delusiv (3:08)
6. Scherzo Patibul (2:48)
7. Chthonian Exult (3:48)
8. Random Punishment (2:47)
9. Ritual Deflor (2:49)
10. Sanguinolent (3:47)
11. Egofabulist (3:53)
12. Opus Carnifex (3:18)
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