The Hellacopters – Cream of The Crap Vol.3

par Metalfreak | Juin 18, 2026 | Chroniques | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Nicke Andersson : chant, guitare
Dregen : guitare
Anders “Boba Fett” Lindström : claviers / guitare
Robert “Robban” Eriksson : batterie
Dolf de Borst : basse

Style:

High-Energy Rock’n’roll / Garage Rock / Hard Rock / Punk Rock

Date de sortie:

13 février 2026

Label:

Nuclear Blast Records

Note de la SoilChroniqueuse (Aur’Hell) : 9/10

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit rappel pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore les énergumènes : formé en Suède en 1994, The Hellacopters est l’un des fers de lance du high energy rock’n’roll.
Un mélange explosif de garage rock, hard rock et glam, largement inspiré des années 70, avec une réputation scénique… disons, difficile à ignorer.
Une carrière solide, une discographie marquante et une influence indéniable sur toute une scène.

D’ailleurs, les fidèles du webzine le savent déjà : Olivier No Limit et Ti Rickou ont déjà largement défriché le terrain en chroniquant plusieurs albums du groupe. Autant dire qu’on ne part pas de zéro.
Compilation de morceaux rares, faces B, reprises et titres issus d’éditions limitées aujourd’hui introuvables, ce Volume 3 s’inscrit dans la continuité directe des opus sortis en 2002 et 2004.
Plus de vingt ans d’attente donc, mais une attente récompensée.

Comme l’expliquait Robert “Robban” Eriksson, ce troisième volume était dans les têtes depuis longtemps. Le groupe a pris son temps… et ça valait clairement le coup. À mes oreilles, c’est même le plus riche des trois.
Le tout a été remasterisé pour offrir un son plus clair et plus moderne, sans perdre ce grain vintage qui fait tout le sel du groupe. Résultat : un plongeon immédiat dans les 70’s, avec pattes d’eph, moustaches et amplis qui chauffent.

J’écris ces lignes le jour du marathon de Stockholm, venue soutenir un ami qui semble avoir une passion toute particulière pour la souffrance.
Pendant qu’il aligne les kilomètres, j’enchaîne les écoutes.
Verdict : malgré ses 24 titres, cette compilation se boit comme du petit lait. C’est fluide, accrocheur et terriblement efficace. Mieux : je suis persuadée que c’est la BO parfaite pour finir un marathon. Le petit coup de boost idéal quand il ne reste plus que la volonté.
Pour l’anecdote, j’ai découvert The Hellacopters grâce à mon mec. Révélation immédiate en poussant la porte du Geronimo’s FGT à Gamla Stan : ambiance 70’s, vinyles qui tournent… et souvent ceux du groupe. (Pause office de tourisme : si vous venez à Stockholm, n’hésitez pas à vous rendre au 5 Stora Nygatan – dépaysement et rencontre avec des gens en or garantis)
Autant dire que le groupe a rejoint ma playlist naturellement : le genre de son qui redonne la banane quand t’as pas la frite.

Côté raretés, on retrouve tout ce qui fait leur ADN : du garage rock nerveux, du punch, du groove rétro, et cette capacité à rester bruts sans jamais être brouillons. Certains morceaux claquent en quelques secondes, d’autres prennent un peu plus leur temps, mais tous respirent cette énergie sincère qu’on leur connaît.

« Long Gone Losers » (1998) : ouverture parfaite, garage rock nerveux, clavier bien placé. Machine à remonter le temps.
« Oh Yeah Allright! » (1998) : court, rapide, punk dans l’âme. Une claque express.
« Disappointment Blues » (1998) : plus posé, avec une belle coloration blues.
« Ferrytale » (1998) : brut de décoffrage, totalement vintage.
« Sent en Lördagkväll » (1979), reprise de Nationateatern, représente une source d’inspiration locale importante pour le groupe. À noter qu’il s’agit du seul titre chanté en suédois, un fait suffisamment rare pour être souligné, The Hellacopters privilégiant habituellement l’anglais. Avec ce choix, ils rappellent que leurs influences ne se limitent pas aux États-Unis, mais puisent aussi profondément dans la scène nordique. Ce qui est intéressant, c’est le contraste entre le fond et la forme : le texte, assez engagé, conserve toute sa gravité, tandis que la reprise adopte une approche musicale plus légère, presque fun. Là où la version originale, plus parlée, laisse poindre une certaine mélancolie, les Hellacopters optent pour une énergie plus directe. On y retrouve même par moments un petit parfum de Ebba Grön période Thåström. Et franchement, c’est une très belle surprise.
« Freeway To Hell » (1998) : riffs accrocheurs et groove 70’s irrésistible.
« Doggone Your Bad-Luck Soul » (1999) : montée en puissance folle, solo incandescent. Dregen en grande forme.
Les reprises occupent évidemment une place importante, et c’est là que le groupe confirme tout son savoir-faire. Que ce soit des influences directes ou des choix plus inattendus, ils parviennent à rester fidèles tout en injectant leur propre ADN. Certaines sont presque jouées telles quelles, comme un hommage respectueux, notamment pour les groupes qui les ont directement inspirés. D’autres sont légèrement accélérées, durcies, électrisées — bref, passées à la sauce Hellacopters.
On passe ainsi de la soul retravaillée en bombe rock nerveuse à des classiques du punk ou du hard rock revisités avec une énergie brute. Et ça fonctionne parce que ce n’est jamais gratuit : on sent une véritable affection pour les morceaux d’origine. Mention spéciale à “I Get A Sensation” et “I’m Eighteen”, particulièrement réussies dans cet exercice d’équilibre entre respect et appropriation.
The Nomads – « Pack Of Lies » : respect total.
Bob Seger – « Her Strut » : version plus brute.
The Temptations – « Little Miss Sweetness » : soul transformée en bombe rock.
MC5 – « American Ruse » : énergie punk assumée.
Alice Cooper – « I’m Eighteen » : fidèle, avec une touche psyché. J’avais un peu oublié qu’à ses débuts, Alice Cooper flirtait avec des sonorités très psychédéliques, dans la veine des Doors. Une redécouverte vraiment agréable — merci les Hellacopters de remettre ces pépites en lumière.
Motörhead – « Speedfreak » : le morceau original est déjà lancé à pleine vitesse, mais ici, on dépasse carrément la vitesse de la lumière. Véritable séance de cardio pour Robban derrière les fûts — le vrai speedfreak, c’est lui ! J’adore cette version, même si la voix rauque de Lemmy me manque un peu… Le mélange des deux aurait été absolument parfait.
The Ramones, The Damned, Radio Birdman… : influences revendiquées et parfaitement digérées.
On remarque d’ailleurs que les reprises les plus fidèles concernent souvent les groupes qui les ont directement influencés : plus qu’une reprise, un véritable hommage.
On sent sur l’ensemble de la compilation un groupe qui se fait plaisir, qui fouille dans ses archives avec gourmandise. Résultat : un album dense mais cohérent, généreux sans être indigeste.
Derrière, le travail est sérieux : sélection par Robban, transfert des bandes par Henke Jonsson, remastering signé Magnus Lindberg. Rien n’est laissé au hasard, et ça s’entend.
Cette compilation est une vraie réussite. Elle ravira les fans de longue date et constitue une excellente porte d’entrée pour les autres.
The Hellacopters prouvent encore une fois qu’ils maîtrisent leur sujet sur le bout des doigts. Et surtout, qu’ils jouent avec une passion qui ne triche pas. À ce niveau-là, on comprend facilement pourquoi leur musique donne envie de bouger, de rouler des kilomètres… ou de courir un marathon.
D’ailleurs, au moment où je termine ces lignes, la course touche à sa fin. 2h10 pour le vainqueur.
Franchement ? Je suis prête à parier qu’il y avait du Hellacopters dans ses oreilles.

Bra jobbat, killar ! That’s seriously good crap !
Franchement… vous êtes sûrs d’avoir tout sorti des tiroirs ? Il ne vous reste pas des petites pépites planquées quelque part ?

Tracklist :

  1. Long Gone Losers (2:44)
  2. Pack Of Lies (reprise The Nomads) (2:45)
  3. Her Strut (reprise Bob Seger) (3:32)
  4. Little Miss Sweetness (reprise The Temptations) (3:04)
  5. Oh Yeah Allright ! (1:36)
  6. I Get A Sensation (reprise Adam West) (3:01)
  7. Disappointment Blues (4:32)
  8. American Ruse (reprise MC5) (2:27)
  9. Ferrytale (1998 version) (3:20)
  10. Whole Lot Of Shakin’ In My Heart (Since I Met You) (reprise Smokey Robinson) (2:52)
  11. I’m Eighteen (reprise Alice Cooper) (3:21)
  12. Sent En Lördagkväll (reprise Nationalteatern) (3:33)
  13. Workin’ For MCA (reprise Lynyrd Skynyrd) (4:15)
  14. Bony Moronie (reprise Larry Williams) (2:57)
  15. A Man And A Half (reprise Wilson Pickett) (3:06)
  16. 455 SD (reprise Radio Birdman) (2:39)
  17. Freeway To Hell (2:49)
  18. Get Ready (reprise Smokey Robinson) (2:30)
  19. Doggone Your Badluck Soul (6:55)
  20. Stab Your Back (reprise The Damned) (0:57)
  21. Heaven (reprise Scott Morgan) (3:56)
  22. What’d Ya Do ? (reprise The Ramones) (2:17)
  23. Speedfreak (reprise Motörhead) (3:20)
  24. Ungrounded Confusion (reprise The Flaming Sideburns) (2:47)

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