Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9,5/10
Je ne le dirai jamais assez en ces pages mais s’il est un groupe pour lequel je peux dire « c’est celui-là que tout a commencé », c’est bien Slayer.
En 1983, je n’avais que 13 ans, un collégien boutonneux avec un caractère rebelle, rétif à toute forme d’autorité et véritable pile électrique.
J’écoutais du rock, du hard rock et du heavy metal depuis déjà quelques années grâce à des ainés dans ma famille qui aimaient les sons électriques.
Mais lorsque j’ai entendu « Show no mercy » autour de Noël 1983, ça a fait tilt dans ma tête ! Enfin une musique qui allait aussi vite que moi ! Avec la rage en plus !
Déjà que, quelques mois plus tôt, un certain « Kill ‘em all » m’avait mis la cafetière en ébullition, Slayer ne faisait qu’enfoncer le clou profondément !
J’étais définitivement crucifié sur la croix renversée d’un speed metal (ce n’est que plus tard que le terme « thrash » est apparu).
Passer du statut de « connard de hardos » à celui de « connard de speedos » aux yeux des âmes bien pensantes, ça avait un côté on ne peut plus bandant ! Si si !
Tu penses bien que, l’année suivante, lorsque mon disquaire favori, Atlantis Records, un obscur bouiboui au centre-ville de Bâle (Suisse) m’a montré qu’il avait un « Haunting the chapel » de seulement trois titres, j’ai de suite sauté dessus.
Quelques mois passent et une radio, toujours Suisse (DRS3), passait dans son émission hebdomadaire du mercredi soir (22h00-minuit) « Rock Special » un certain « Necrophiliac », extrait d’un « Hell awaits » qui venait tout juste de sortir.
Clairement, je me serais damné pour que le 08 avril, jour de la sortie de cet album qui deviendra cultissime avec le temps, devienne un jour férié !
C’est ainsi que, le 24 avril 1985, pour mes 15 ans, on m’offrait le vinyle du deuxième full length de Slayer.
Putain, quarante ans !
On ne va pas refaire la chronique de cet album, maintes et maintes fois rédigée dans tous les médias spécialisés de la planète. Il y a ceux qui adorent cet album et lui vouent un culte au-delà du raisonnable (hep hep, moi moi !!!) et ceux qui détestent, mais une chose est sure, toute personne qui baigne un tant soit peu dans le metal savent de quoi il retourne.
Aujourd’hui encore, je le réécoute et ne lui trouve aucune faiblesse.
Moins « punk » que son prédécesseur, moins dans l’urgence, des titres beaucoup plus longs, mais d’une noirceur et d’une sauvagerie qui aura influencé la plus grande partie des groupes de metal extrême.
« Hell awaits » était pour « Show no mercy” ce que « Ride the lightning” était pour “Kill’em all” : l’album de la maturité !
J’ai beau essayer d’être de mauvaise fois en me montrant sévère mais lorsque je me réécoute (ce qui se fait plus que très régulièrement, encore en 2026), je n’arrive pas à sortir un titre par rapport aux autres tant il n’y a absolument rien à jeter dans ces 37 minutes de légende.
Et dire que le meilleur album de Slayer – et surement du genre –, « Reign in blood », n’était pas encore sorti !
Évidemment, on ne fête pas dignement un tel anniversaire sans faire plaisir aux fans : que ce soit la version triple CD comme la version triple vinyle, chacun y apporte son petit bonus.
La version 33 tours offre un coffret à couvercle coulissant, l’album avec effet éclaboussures de feu en pochette gatefold et un double LP « Live from Bochum 1985 », un concert complet (Vinyle noir 180g en pochette gatefold) déjà sorti en double bootleg sous le nom de « Bochum Bastards » en 2015 et limité à 500 exemplaires. En plus, on a droit à un livret 30 cm (60 pages avec photos et notes de pochette de J. Bennett), un tapis de platine, deux posters, une réplique du bulletin Slatanic Wehrmacht, une réplique de la fiche produit, deux flyers, une réplique du badge de tournée et du billet du concert de Bochum.
Quand à la version CD, ou l’album et le double live, on se prend un livret de 60 pages et un poster.
Concernant le live, c’est de la folie pure : enregistré à partir de la table de mixage, on se prend pleine face toute la folie du groupe à l’époque.
Tous les titres sont joués plus vite que sur album et si, en début de concert, on regrette que la voix de Tom Araya soit trop invasive dans le mix (jusqu’à « Crypts of eternity », ça va mieux ensuite), on se sent imprégner de la moiteur de la salle tant ce concert transpire de rage et de folie.
Document exceptionnel sur un groupe qui ne l’est pas moins, ce live permet de démontrer, pour ceux qui en doutaient encore, à quel point Slayer ont été longtemps les patrons du thrash metal en live. Un son amplement perfectible, mais qui donne l’impression d’assister au concert.
On a droit sur ce live à tous les titres sortis sur « Show no mercy », « Haunting the chapel » et « Hell awaits » à l’exception de « Metal storm / Face the Slayer”, “Crionics” et « Tormentor”.
Un concentré de furie et d’authenticité…
Maintenant, il n’y a plus qu’à espérer que « Reign in blood » a aussi le même genre de « 40th anniversary edition » qu’« Hell Awaits » !
Tracklist :
CD 1 – Hell Awaits (40th Anniversary Edition)
- Hell Awaits (6:18)
- Kill Again (4:57)
- At Dawn They Sleep (6:21)
- Praise of Death (5:21)
- Necrophiliac (3:46)
- Crypts of Eternity (6:41)
- Hardening of the Arteries (4:04)
CD 2 – Live from Bochum 1985
- Hell Awaits (6:18)
- Aggressive Perfector (2:43)
- Captor of Sin (3:52)
- The Final Command (2:15)
- Kill Again (5:07)
- Crypts of Eternity (6:53)
- Fight Till Death (3:40)
- Necrophiliac (4:08)
- Haunting the Chapel (4:03)
- Hardening of the Arteries (2:25)
CD 3 – Live from Bochum 1985
- Black Magic (3:43)
- Die by the Sword (3:52)
- The Antichrist (3:47)
- At Dawn They Sleep (8:26)
- Show No Mercy (4:40)
- Evil Has No Boundaries (3:27)
- Chemical Warfare (6:13)
- Praise of Death (5:05)
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