Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8,5/10
Alors celle-là, faut que je te la raconte !
S’il y a une chose qui me gonfle profondément, c’est d’aller au départ en retraite d’un collègue de travail. Certes, si j’y vais, c’est parce que la personne en question fait partie de celles que j’apprécie plus que les autres.
Parce que certains autres, pardon ! Les mecs se vantent d’être capables de te tourner “Star Wars” et tu te retrouves au final à te faire chier à regarder un mauvais remake de “La soupe aux choux” !
Une fois les mondanités d’usage terminées (comprendre : y a plus rien à bouffer au buffet !), ça se lance toujours dans des discussions à l’intérêt d’autant plus limité que certains ne sont pas capables de se contenter de ne parler que de ce qu’ils connaissent !
Évidemment, tu en apprends beaucoup sur la vie des autres collègues, évidemment absents (trop compliqué dans le cas contraire…), et faut toujours qu’il y en ait un qui vienne t’enquiquiner sur ce qu’ils considère être une différence qui sort d’une norme bien pensante.
Oui, à de rares exceptions près, je suis le seul à aimer les musiques qui tournent autour de ce qui apparait comme du bruit pour les oreilles qui n’ont pas envie d’être initiées.
“Tu sais, Chris, quand j’étais jeune, j’aimais aussi le hard rock !”. Et merde, et c’est parti, je vais avoir une leçon de musique. Le mec te dit ça en te regardant tellement bien droit dans les yeux que tu n’arrives pas à les lever au Ciel…
“Ah booooon ? Et tu aimais quoi ?”. Oui, faut bien faire semblant de s’intéresser à la conversation…
“Ouais, j’aimais bien AC/DC, mais quand j’étais jeune”. Putain mais fait pas chier avec tes questions de jeune et pas jeune : depuis quand il y a un âge limite pour passer du death metal à Jack Lantier ?
“Ah oui, ok d’accord ! Bon, j’aime bien aussi mais je suis plus dans les musiques plus… euh… dures !”
“Oué oué oué, moi aussi j’ai écouté du ‘hyper hard’ (sic) quand j’étais jeune !!!”
Gné, du quoi ?
“Euh, t’as pas un exemple ?”. Bon, il me bredouille des semblants de noms bien écorchés en me décrivant des pochettes d’albums qui sembleraient être celles du “Kill ‘em all” de Metallica et du “Killers” d’Iron Maiden… “Tu sais, il y a un monstre avec une hache sur la pochette !”
Oui, je sais, tu m’aurais dit qu’il y a des clous et des têtes de mort que je ne t’aurais jamais cru… A un moment, j’ai même cru qu’il allait me dire qu’il y avait une photo des membres du groupe avec des cheveux longs et habillés en noir… Passons !
Et là, pan, j’ai droit au “tu peux me faire écouter de l’hyper hard ?”.
Ça tombe bien, mon téléphone en regorge.
Ni une ni deux, je me connecte à l’enceinte ‘bloutouff’ la plus proche et lui colle un Motörhead des familles.
“T’as rien plus fort, là ? On s’endort !”
Bon, ok, vas-y pour un bon vieux Kreator, sait-on jamais.
Je vois bien qu’à sa tête ça commence à être beaucoup pour lui et que son horreur sur patte dans ses bras demande à descendre sur le sol. Parce que oui, je ne t’ai pas dit : monsieur le rebelle qui écoute de l’“hyper hard” a un chihuahua, clébard qu’il a baptisé (et ça ne s’invente pas !) Tyson, en hommage au boxeur Mike du même nom !
Et vas-y qu’il cherche à faire un peu de provocation en m’assénant un hautain “Pfouuu, moi, quand j’étais jeune, on écoutait de la musique qui décollait la tapisserie”
En fouillant dans les mp3 de mon téléphone, je me suis rappelé que j’avais le premier album des Finlandais de Sewer Altar, “Fever Dreams of Vengeance”.
Et v’là-t-y-pas que je lui colle à fond les ballons les onze titres de l’album.
Tu penses bien qu’avec onze titres pour 21 minutes, ça allait défourailler sévère.
J’veux pas dire, mais ces mecs sont compatriotes des Rotten Sound, Napalm Ted, Suffocating Sight ou I,Cursed, ce n’est pas pour rien.
Quand en plus on se rend compte qu’ils jouent dans la même cour musicale, on imagine de suite le carnage.
Grosso modo, la quasi totalité des personnes présentes, même les non fumeurs, sont allés griller une clope dehors, mon interlocuteur semblait avoir envie de s’autodévorer les oreilles et son… euh… chien, alors là, c’était purement magique.
La bestiole s’est raidie d’un coup, s’est dressée comme un passage à niveaux qui s’ouvre, et est tombé sur le côté gauche, les deux pattes droites (oui, avant et arrière) en l’air en tremblant de partout.
Crise de tétanie ! C’est la première fois que je voyais un Tyson KO aussi rapidement…
Ah ben oui, le gars, il voulait du brutal, il en a eu !
Faudra que je le fasse écouter à Ti-Rickou… pour rire…
(PS : quand on sait que cet album sort le jour de mon anniversaire, c’est double bonheur !)
(PS2 : tout est réel)
Tracklist :
1. Landfill Sky Burial (1:17)
2. Tachanka Drive-by (2:03)
3. Altar in the Sewers (2:16)
4. Fencewalkin Cheetah (1:03)
5. 18 and Death (1:48)
6. Deadw8 (2:37)
7. Cryonaut Sludge (1:51)
8. Resilient Like a Disease (1:41)
9. Outnumbered (1:54)
10. Slave Driver Smile (2:04)
11. Writing on the Wall (3:00)
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