Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10
Ils le disent eux-mêmes : Sadistik Warfare a été fondé en 2023 en hommage au thrash metal des années 80.
C’est le guitariste Nuno Santos, plus habitué à la brutalité (Amputate, Deep Odium, ex-Fungus) qui est à l’origine de cette idée : pour se faire, il s’est adjoint des services du bassiste Hugo Conim (Dawnrider, Dragon's Kiss, Els Focs Negres, Son of Cain, Legion of the Sadists, ex-Leather Synn), du batteur Phillip Stengele (Scarabreed, ex-Denial, ex-Amputate) et du chanteur Roberto Raposo (Sortilege – le groupe de black metal Portugais –).
Une demo, “Seeds of hate” dont la version cassette est limitée à 99 exemplaires, et disponible également en digital, verra le jour en août 2024 avec cinq titres dont une intro instrumentale et une reprise de Circle Jerks (“Wild in the streets”).
Deux ans plus tard, revoilà le quatuor Helvético-Portugais de retour avec ce premier album, “Raised in violence”, proposant dix titres dont sept nouvelles compositions et trois reprises.
Premier constat, le choix des reprises : « Burnin' For You » (Rebel Faction) et « Hey » (Fear), toutes deux faisant partie de la bande originale, à l’instar de celle de Circle Jerks sur la demo, de la bande originale du film “Skate gang” (titre original : “Thrashin’”) de 1986 tourné par David Winters et avec entre autres Josh Brolin, Sherilyn Fenn (Audrey Horne dans la série “Twin peaks”) et la regrettée Pamela Gidley. On aura même l’apparition de Michael Peter Balzary , plus connu sous le pseudo Flea, dans son propre rôle.
La troisième reprise sur l’album est le “Show You No Mercy” des Cro-Mags (de l’album “The age of Quarrel” de… 1986), choix d’autant plus logique que le titre éponyme de l’album est inspiré du livre “Hardcore : life on my own” consacré au chanteur de Cro-Mags, Harley Flanagan.
Bref, ici, rien n’est laissé au hasard pour rendre hommage tant au thrash metal qu’à l’époque bénie du genre.
Non, 1986 n’est pas que l’année du passage de la comète de Halley, de la catastrophe de Tchernobyl, de l’aanonce de la construction du tunnel sous la Manche, des décès de Coluche ou Simone de Beauvoir, mais aussi celle des sorties de “Reign in blood” ou “Pleasure to kill”.
Et pour son premier album, Sadistik Warfare le retranscrit très bien au moyen d’un thrash metal aussi violent qu’old school, qui doit tant au Kreator des deux premiers albums qu’au Destruction de la même époque, Protector ou au Deathrow d’avant “Deception ignored”, avec en prime un petit côté punk / hardcore qui se veut vraiment flagrant sur les reprises.
Et quand on voit le pedigrée des musiciens, on sent que ce n’est pas à eux qu’on va apprendre la notion de riff brutal.
Ici, tout est brut de pomme, authentique et d’une urgence rafraichissante et inhérente à ce genre dans les mid eighties.
Les titres s'enchaînent avec une rage et une agressivité rare : le chant est purement rageur, sous une très légère réverb' histoire de rendre l'ensemble encore plus intense et chaque composition est créée pour faire le plus de dégâts possible.
On n'ose imaginer le bordel dans les fosses en concert.
Hormis un mid tempo oppressant au possible sur "B-29", se montrant porteur d'une rage qui ne demande qu'à exploser, l'ensemble est d'une grande intensité qui ne laisse que peu l'opportunité à l'auditeur de reprendre son souffle. Et surtout, c'est l'occasion pour le groupe de nous coller un titre court d'à peine une minute et demie (le bien-nommé "War violent speed metal") absolument démentiel.
En clair : dévastateur !
Tracklist :
- Raised in Violence (3:00)
- Beneath the Ashes (4:02)
- Lobotomy of Masses (3:27)
- B-29 (4:30)
- War Violent Speed Metal (1:26)
- Condemned (3:35)
- Aldrabões (2:55)
- Show You No Mercy (reprise Cro-Mags) (1:57)
- Burnin' For You (reprise Rebel Faction) / Hey (reprise Fear) (3:47)








