RosenKreuZ – Enter the Arena !

par Metalfreak | Juil 14, 2026 | Chroniques, Chrocorico Soil | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Kommandant RKZ – Chant
Phil Wei – Guitares
Yoann M-G – Guitares
Vivien – Basse
Gabriel – Batterie

Style:

Metal industriel

Date de sortie:

19 juin 2026

Label:

Adipocere Records

!!! Un album, deux avis !!!

Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10

RosenKreuZ.
Avec un nom pareil, on pense de suite à un groupe outre-Rhin et on a tout faux, car ils nous viennent de France, de Lyon plus précisément.
Ils font dans la gamme d’un metal industriel qui nous plonge, je cite la bio : « dans un monde onirique, à la recherche d’un idéal poétique ». Une sorte de mixage entre cultures gothiques, industrielles et metal.
Cela dit, bien que né en 2015, cette formation est tout de même affiliée à la mouvance Neue Deutsche Härte.

Elle se compose de cinq membres : Kommandant Herr Kazett (chant), Phil Wei (guitares lead), Yoann M-G (guitares rythmiques), Vivien (basse) et Gabriel (batterie).
Dans leur besace, on trouve un EP nommé « Infinite », sorti en 2017, ainsi qu’un premier album qui a pour nom « Crystal City ».
Et là, voici leur nouveau-né, « Enter the Arena ! », qui devrait plus qu’asseoir leur réputation grandissante, car c’est du bon.
Explication de texte. Déjà, en parlant de Neue Deutsche Härte, on pense à Rammstein et quelques titres comme « Enter the Arena ! », « Partners in Crime », « Teenage Wonderland » en possèdent la griffe, ne serait-ce qu’au détour des rythmiques heavy bien scandées et martiales.
Cependant, RosenKreuZ possède sa propre identité, à commencer par l’étalage de voix dont ils font preuve.
Prenez, par exemple, le titre « Fear the Reaper ! » : on y trouve du growl et une voix claire qui peut rappeler une new wave à la Depeche Mode, ou bien encore le vocal de « Twin Souls » », composition porteuse de mélancolie, avec son piano en intro et son chant qui rappelle, un peu, Type O Negative.
Ou bien encore le growl limite black et death de « masochist ». Le travail des gosiers chez eux est vraiment quelque chose d’éclectique.

Enfin, de titre en titre, ils savent varier le menu au détour d’ambiances parfois délétères comme sur « Torture Murder », de riffs obsédants et hypnotiques (« Solitude »), de solos accrocheurs (« Torture Murder »).
Et puis, souvent, de délicats filets électro viennent se conjuguer à de grosses rythmiques puissantes. Quant à leur travail de composition, les morceaux attirent l’oreille. Seule ombre au tableau, quelques titres rapides ou un peu excités auraient été bien vus, mais ce n’est que mon avis.

Bref, c’est « bien foutu » et j’ai apprécié cette galette sortie le 19 juin dernier chez Adipocere Records.
Amateurs, soyez au rendez-vous !

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9,5/10

Pourquoi est-ce que j’aime à ce point RosenKreuZ ?
Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon amour irraisonné et irraisonnable pour l’industriel, sous toutes ses formes. Et il est clair qu’en France, entre Shaârghot, Porn, Dolls Of Pain et les véterans de Punish Yourself ou Treponem Pal, nous sommes particulièrement bien gâtés.
RosenKreuZ, ça a été un vrai coup de cœur à la découverte de « Crystal City » (2019), un album dont certains titres font encore partie de mes playlists régulières.
Quand on sait le nombre d’albums que je m’ingurgite mensuellement dans le cadre de Soil Chronicles, ça veut tout dire.
En 2022, lors d’un concert de Witches au Brin de Zinc, Sharked (dont le chanteur est aussi celui de RosenKreuZ) assurait la première partie et ça a été l’occasion de découvrir cet artiste non seulement sur scène mais aussi d’avoir une des discussions, sur la terrasse du lieu, des plus intéressantes sur la musique depuis des lustres. Le personnage, d’une gentillesse et d’une disponibilité dont bon nombre devrait prendre exemple, était particulièrement intéressant sur sa vision tant de la musique que sur la scène en général.
Si j’en avais le temps, je suis persuadé qu’une interview avec lui seraient des plus intéressantes et enrichissantes… Un jour, peut être…

Tu penses bien que tout ça, mis bout à bout, fait que la perspective de la sortie d’un nouvel album de ce groupe de Lyon me rendait aussi excité qu’un acarien qui allait assister à son premier salon de la moquette !
Hormis la rédaction de la chronique de « Crystal City », je n’avais et n’ai toujours pas eu la chance de voir un concert de RosenKreuZ, me contentant de la lecture des live reports tant de notre Fast Freddy que celui d’Alain The Red, me confirmant que je ne me trompe pas quant à la qualité artistique du groupe.

Et là, bim, le petit nouveau !
En 2026, RosenKreuZ entre dans l’arène, comme a pu le faire un certain Die Krupps en 1985.
Et petit aparté concernant ces derniers, c’est vraiment à l’écoute de l’ensemble de leurs albums, y compris ceux sur lesquels apparaissent tant nos vétérans du thrash metal comme Volker Borchert (ex-Accu§er), Darren Minter (ex-Heathen) ou Lee Altus (Exodus, ex-Heathen), qu’on comprend de suite d’où viennent les influences de Rammstein, et surtout les accointances ostensibles du metal et de l’industriel !

RosenKreuZ, c’est un peu tout ça à la fois : un univers combinant les atmosphères glaciales tant de l’EBM que de l’industriel, la violence d’un metal aux riffs agressifs, la mélancolie inhérente au gothic rock / metal et la sensualité (morbide ou non) au service d’une forme de théâtralité dont le quintet d’artistes (torturés ?) semble friand.
On ne va pas se mentir : si on cherche un chaînon manquant entre Die Krupps, Rammstein, Deathstars, Type O Negative, Depeche Mode et quelques groupes de metal bien costauds, on l’a avec le quintet Lyonnais !
Là, on s’ingurgite cul sec les onze titres pour 48 minutes d’une musique de haute volée.
RosenKreuZ ne se contente pas d’enchaîner des titres semblables les uns aux autres comme a tendance à le faire un Rammstein en mode service minimum.
Non ! RosenKreuZ peaufine, jouer la variété, explore différents univers… Bref, Rosen creuse sa musique pour nous asséner onze titres bien distincts, onze singletons variés mais indissociable formant un tout qui s’appelle « Enter the arena ! ».

Bien sûr, les codes inhérents au genre sont présents : grosses guitares, rythmiques martiales, samples omniprésents (parfois impalpables), chant habité et surtout, lui aussi varié, passant d’un timbre à la Peter Steele ou Andreas Bergh, parfois à la limite des vociférations blackisantes (comme sur le particulièrement accrocheur « Fear the reaper » ou le plus profond « Solitude »), ou se montrant plus intimiste comme sur le calme emprunt d’une atmosphère gothique et mélancolique « Twin souls ».
On a droit à notre lot de compositions plus sombres (« Torture murder », « Night creatures » aux claviers empruntés à l’EBM et aux guitares Rammsteiniennes) au milieu de compositions à la limite de l’addictif (« Rockstar » et son côté Secret Discovery qui me ramène au sublime « I don’t care » de l’album « Slave »).
En clair, RosenKreuZ nous gratifie d’un album à la richesse intrinsèque remarquable qu’il convient d’écouter plusieurs fois d’affilée afin de s’imprégner de toute cette foultitude de petits détails.

Il aura fallu attendre sept ans pour que le groupe nous propose ce successeur à « Crystal City » … ça valait le coup d’attendre ! Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on ne peut pas ne pas se rendre compte du travail effectué en amont pour peaufiner au mieux les compositions et du soin particulier apporté aux effets d’une froideur bienvenue, climatisant – et en ces périodes de canicule à assécher une femme fontaine, ce n’est pas un luxe – voire glaçant l’atmosphère ambiante !

Donc pourquoi j’aime autant RosenKreuZ ?
J’espère avoir été clair dans mes propos…

Tracklist :

1- Enter The Arena (3:42)
2- Fear The Reaper (3:31)
3- Twin Souls (4:54)
4- Masochist (3:33)
5- Partners In Crime (4:06)
6- Torture Murder (5:40)
7- Rockstar (5:09)
8- Teenage Wonderland (5:00)
9- Night Creatures (3:56)
10- Solitude (3:21)
11- Resist ! (5:56)

 

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