Rave In Fire – Square one

par Metalfreak | Avr 14, 2026 | Chroniques | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Jaime "Jimi" Susanna – Batterie
Selene Perdiguero – Chant
Jonjo Negrete – Guitares
Sara Carretero Muñoz – Basse

Style:

Heavy metal

Date de sortie:

30 janvier 2026

Label:

High Roller Records

Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8,5/10

Souvent, je me fais la réflexion de ce qui peut bien nous rendre à ce point nostalgique des années 80.
Lorsqu’il s’agit de ma génération, née au début des années 70 et qui a eu son adolescence à cette période, ça peut se concevoir.
Les années qui s’accumulent tout doucement avec tous les changements sociaux, mais aussi physiques qui en découlent, visibles ou non, nous font regretter notre jeunesse.
C’est un fait.

Mais nombreuses sont les générations qui restent ancrées dans cette faste période, assurément la plus prolifique artistiquement, mais aussi vectrice, pour nos pays Occidentaux, de libertés de paroles, de libertés artistiques (dans l’humour ou la musique notamment), qu’on voit disparaitre petit à petit.
On ne peut plus rire de tout, et surtout plus avec n’importe qui : certes, ça a permis de poser quelques jalons, surtout lorsque l’humour pouvait faire mal, mais d’un autre côté, on perd l’art de la spontanéité et de la provocation… Un mal pour un bien ? A chacun d’être juge.
Mais il est évident que moi, honorable quinquagénaire, plus proche désormais des soixante balais que des cinquante, devenant une source de raillerie pour une nouvelle génération qui ne voit en nous que des boomers ou des vieux cons qui ne connaissent rien, j’éprouve une réelle fierté d’avoir vécu mon adolescence dans les années 80. Tu n'imagines pas à quel point je n'envie pas cette génération...
Certes, pas de smartphone, pas d’internet, pas de réseaux sociaux, avec pour seule source d’information sur le metal (genre très discrédité par la bienpensance collective) les radios locales, la presse spécialisée et… le bouche-à-oreille !
Pas de téléchargement mais du tape-trading à tire-larigot. On se ruinait plus en cassettes vierges qu’en vinyles, on s’enregistrait et se réenregistrait les albums avec plus ou moins de réussite : il arrivait régulièrement qu’il y avait tellement de souffle sur la cassette que la musique en devait quasiment inaudible.
Mais on kiffait ça, pour parler djeunz !

Je pourrais en écrire des pages et des pages sur le sujet mais là n’est pas le propos.
La seule chose que je retiens, c’est qu’en aucun cas, au risque de me répéter, je n’échangerais ma jeunesse contre celle des ados actuels.
La technologie n’était peut être pas aussi évoluée, mais combien de soirée a-t-on passé entre jeunes à écouter entre autres le dernier Iron Maiden qu’un seul d’entre nous avait acheté pour mieux le tapetrader aux autres ensuite ?

https://www.youtube.com/watch?v=9UWvMBFBTeU

Bref, tout ça pour parler d’un groupe qui, lui, est fondé en 2015.
Les Madrilènes de Rave In Fire, qui n’étaient assurément pas nés pendant mes années de lycéen boutonneux, nous sortent en 2026, avec ce “Square one”, leur deuxième full length après un “Sons of a lie” (2022) et un EP “Chronicle of a timeless end” (2018) et force est de constater, après seulement une écoute, qu’eux aussi, à leur façon, sont de sacrés nostalgiques de cette époque.
Ici, tout me ramène dans les mid eighties, à l’époque des “Turbo” ou “Defenders of the faith” de Judas Priest, “Sacred heart” de Dio, “Hellbound” de Warlock ou “Somewhere in time” d’Iron Maiden là où le groupe se réclame des légendes Espagnoles de Barón Rojo ou Obús mais aussi de Witchtower, Leather Heart, Steelhorse ou Hitten.
Excusez du peu !

https://www.youtube.com/watch?v=-XMGsXTIIQc

Rarement un album m’aura autant fait faire psychologiquement un tel bond de quarante en arrière depuis les premiers Enforcer, c’est dire la qualité du groupe.
Véritable Dorothee Pesch de la péninsule Ibérique, Selene Perdiguero chante ses lyrics d’une voix puissante et survitaminée, le tout sur des titres oscillant entre le pur speed metal (“Dark poison”, “Untiring eagles”) et un heavy metal des plus racés (“Crown of stars”, “Still standing”, “Speed and rave”, “Knightwalker”, “Witches’ Hell”) en passant par un titre des plus épiques, plus intimiste (“Square one”) mais non sans une véritable énergie qui monte en puissance pendant plus de sept minutes.
Et le bonheur ne serait pas complet si le groupe n’était pas capable de nous composer des refrains absolument imparables et des parties musicales d’une fluidité telle qu’on ne voit pas le temps passer.

Bref, une vraie réussite, qui ravira tant les plus nostalgiques que les adorateurs de bon heavy metal.
Bel album !

 

Tracklist :

  1. Prologue of a Delirium (0:50)
  2. Dark Poison (4:46)
  3. Crown of Stars (4:19)
  4. Still Standing (6:03)
  5. Untiring Eagles (5:02)
  6. Speed and Rave (5:00)
  7. Knightwalker (5:13)
  8. Witches' Hell (3:58)
  9. Square One (7:31)

 

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