Note de la SoilChroniqueuse (Leeloo) : 9/10
Faut-il séparer l’Homme (ou la Femme) de l’artiste ?
Ou, dans ce cas précis, la femme de la diva intergalactique que Poppy pense être ?
Grande question. Et franchement, c’est LA grande question dès que j’ai écouté le dernier album de Poppy, je me la repose au moment où j’écris ces mots et je n’ai toujours pas la réponse.
Certains artistes dérapent par maladresse, d’autres par conviction douteuse — elle, c’est carrément un style de vie. Un concept, même : « Comment snober son public tout en lui réclamant son amour ».
Mais alors, Empty Hands ? Ah, Empty Hands… une démonstration sonore qui a presque réussi à me faire oublier son attitude de rockstar de centre commercial. Et pour une bonne raison : Jordan Fish (oui, le type de Bring Me The Horizon qui sait, lui, comment produire un son qui ne sent pas le plastique). La production est d’une précision chirurgicale, la batterie fracasse tout sur son passage, et les riffs tranchent comme un couteau de cuisine Japonais sous stéroïdes.
Poppy, de son côté, mord à pleines dents dans chaque track, alternant voix d’ange et cris de banshee possédée. À l’écoute, on passe de “quelle délicatesse” à “tiens, mes voisins vont appeler la police”. Et ça, messieurs-dames, c’est beau.
"Public Domain" ouvre les hostilités façon Marilyn Manson sous amphétamines, puis "Bruised Sky" explose comme si elle voulait venger toutes les poupées maltraitées du monde.
Mention spéciale à "Dying To Forget", véritable séance de muscu auditive : trois minutes d’uppercuts sonores qui laissent l’auditeur à genoux, heureux mais sonné. Oui, Empty Hands est une suite de torgnoles sonores, un “tiens, prends ça” à chaque riff.
Mais bon, quitte à se faire gifler, autant que ce soit avec style.
Entre deux blasts, "Guardian" et "If We’re Following The Light" permettent à Poppy de jouer la carte du calme avant la tempête.
Une accalmie relative, hein : on sent la rage prête à resurgir, comme un chat énervé derrière un rideau.
"Time Will Tell" démarre gentiment pop, puis se souvient brutalement qu’il voulait être metalcore. La batterie tabasse, les guitares crissent, l’équilibre est parfait, bref : tout est à sa place — sauf la modestie.
Et puis arrive le morceau final, "Empty Hands", qui clôture l’album avec toute la finesse d’une explosion nucléaire. Riffs massifs, hurlements cathartiques, et un final apocalyptique qui vous rappelle pourquoi le metal reste une forme de thérapie.
On en ressort lessivé mais comblé, comme après un bon bain de lave.
Empty Hands, c’est la preuve qu’on peut simultanément vouloir détester une artiste… et être forcé d’admettre qu’elle défonce tout.
Un bijou métallique, forgé par une diva insupportable mais diaboliquement talentueuse.
Moralité : parfois, il faut juste baisser le son des interviews et monter celui de la musique.
Tracklist :
- Public Domain (4.08)
- Bruised Sky (3.48)
- Guardian (3.20)
- Constantly Nowhere (0.36)
- Unravel (3.01)
- Dying To Forget (3.40)
- Time Will Tell (3.34)
- Eat The Hate (1.54)
- The Wait (3.54)
- If We’re Following The Light (4.15)
- Blink (0.45)
- Ribs (3.47)
- Empty Hands (3.15)







