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Ni – Pantophobie

Le 13 avril 2019 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Anthony Béard : guitare
  • Nicolas Bernollin : batterie
  • Benoit Lecomte : basse
  • François Mignot : guitare

Style:

« Nawak » Metal

Date de sortie:

1er Mars 2019

Label:

Dooweet Agency

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 6/10

« Sur un texte burlesque, un jeu dramatique, sur un texte dramatique, un jeu burlesque. » (Eugène Ionesco)

Vous le savez, depuis le temps que vous écoutez de la musique metal, qu’il y a même quelques moments de burlesque dans une vie. Difficile de passer à côté de cette mode qui consiste à pousser l’expérimentation jusqu’à proposer des hybrides qui scintillent entre le grotesque et l’absurde. Eh oui, on s’aperçoit très vite que même la musique metal a son Samuel Beckett ou son Ionesco, sa Cantatrice chauve ou son Rhinocéros, qui repoussent les limites du supportable jusqu’à bouleverser, en plus des codes, les bonnes consciences. Certains parviennent avec succès (pléonasme) à dépasser ces frontières pour proposer ce petit plus innovateur qui donne un nouvel élan… et d’autres qui, hélas, vont vraiment loin. Trop loin ! Et là, c’est simple : ça passe ou ça casse.

Ni une Ni deux, me voilà en face du dernier album du groupe Ni. Ni, c’est un groupe français, de Bourg-en-Bresse pour être exact, qui en est à son quatrième CD. Avec deux EPs et deux albums en ajoutant celui-ci au compteur, le quatuor instrumental n’est pas avare en composition. Le premier CD datant de 2010, on est sur une moyenne de production plus qu’intéressante. Et le pompon vient du fait que le groupe tourne énormément ! Rien que pour l’année 2019, j’ai recensé pas moins de vingt-quatre dates en Europe ! Alors, qu’est ce qui rend ce groupe si loufoque ? La réponse ne sera qu’éblouissante au fur et à mesure que j’avancerai dans ma chronique.

La pochette résume à elle-même la musique du groupe : c’est le foutoir. Il y en a de partout et du n’importe quoi à foison. La pochette est un concentré de plusieurs symboles tout aussi barrés les uns que les autres. Il y a du grandiloquent, du cirque, des figures qui font assez Gargantua, enfin vraiment il y a de tout. et sans couleur, le fond étant sur un ton sépia du plus bel effet. L’arrière n’est guère plus clair, c’est juste… du bazar. Bon, on distingue bien le nom du groupe dans un parchemin en haut… Franchement, cet artwork, si travaillé et complexe soit-il, ne me revient pas des masses. Je devine que les intentions du groupe sont de proposer une musique tout aussi compliquée ; donc ce sera à double tranchant. Constat doux amer dans un premier temps.

La musique est exactement pareille. Si on devait donner un nom à cette entité étrange, je parlerais volontiers de « Metal technique » mais c’est tellement n’importe quoi que même essayer de donner une dénomination serait de l’ordre du suicide littéraire. En fait, fondamentalement, la musique ne mérite pas qu’on la descende parce que, derrière le burlesque, il y a un travail phénoménal. Et quand on écoute l’album Pantophobie, on ne peut vraiment pas affirmer qu’il y a zéro travail : pour exécuter des morceaux comme cela, et surtout retenir tous ces passages si différents et si incohérents entre eux, il faut être incroyablement doué. C’est en cela que j’aimerais rendre aux musiciens qui sont incroyablement bons et c’est tout à leur honneur ! Et puis, il y a neuf morceaux, ce n’est pas rien !

Mais… Elle ne me revient pas du tout. Je ne sens aucune intention émotionnelle, ni de démarche même un tantinet sérieuse pour attirer mon attention et faire danser mon être. Si c’est voulu, alors chapeau à vous, mais si la démarche se veut sérieuse, alors pour moi c’est proche du néant. C’est troublant d’ailleurs de devoir offrir tout mon respect pour ce travail faramineux de composition pour accoucher d’une musique aussi difficile à réaliser mais d’en même temps ne pas arriver à trouver de l’intérêt… De même qu’il me sera impossible de vous dire quel morceau je préfère parce que je m’y perds dans l’écoute tellement c’est bourré d’incohérence. Mais je suis persuadé qu’une musique légèrement plus épurée serait juste grandiose ! On touche du doigt le génie, mais pour moi c’est juste trop chargé… Beaucoup trop même.

Le chant est quasi inexistant, il y a quelques cris de temps en temps, sans parole. Donc là encore, aucun intérêt pour moi.

Par contre, j’ai bien aimé le nom des morceaux. C’est un détail assez insignifiant mais j’ai toujours aimé les noms des phobies assez marrants et là, on a des perles. Il n’y a qu’à contempler la liste des morceaux pour comprendre ! Je vous laisser deviner quelle phobie correspond à : le soleil, les poulets, les légumes, la page blanche, celles du ridicule, d’être oublié, de l’échec, des discours, de devoir resté debout et bien entendu la peur de TOUT !

Je crois que nous avons affaire à un CD personnifiant l’absurde musical, et comme toute œuvre absurde, ça questionne. Soit on crie au génie, soit on envoie des tomates.
Franchement, je suis un peu accablé ce soir en terminant cette chronique. Mon constat a deux poids deux mesures : tout d’abord il ne faut pas nier qu’il y a du talent et un génie de composition qui frôle la Folie à l’état brute, à l’état primal pour parvenir à construire un album aussi complexe. Et je me dois d’avouer être admiratif de votre talent, les gars ! Mais l’état primal montre également une certaine naïveté à penser que cet album pourrait plaire à beaucoup de personnes. Parce que, clairement, il faut être sacrément initié pour digérer un bol musical pareil. Il aurait fallu épurer beaucoup plus le CD pour crier au génie artistique, là pour moi, c’est trop. Donc, je vous invite à aller écouter ce CD et vous faire votre propre opinion car, pour ce qui est de mienne, c’est juste non. C’est un bravo mais qui amène à un au-revoir type clap de fin.

Tracklist :

1. Héliophobie (05:43)
2. Alektorophobie (02:36)
3. Lachanophobie (05:14)
4. Leucosélophobie (04:34)
5. Catagelophobie (04:38)
6. Athazagoraphobie (07:03)
7. Kakorraphiophobie (06:49)
8. Lalophobie (05:46)
9. Stasophobie (06:31)

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