Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 8/10
Entrez, Messieurs-Dames, n’ayez pas peur ! Pénétrez dans le monde de Mourir, ce groupe Toulousain de black metal qui a des choses à dire.
Né en 2019, à l’époque du Covid, ces Français viennent de sortir une nouvelle galette qui a pour nom « Nous, le venin ». Toujours le même message accroché à leur plume : la colère, le rejet d’un monde moderne qui s’oublie outrageusement dans les divertissements d’une société qui arrive en fin de vie.
Musicalement, ils ont leur style à eux.
Déjà, le mixage donne l’impression que leur musique a l’air d’avoir été enregistrée comme au fond d’une cave, légèrement étouffée. Cependant, par rapport à leur précédente sortie, « Insolence », les guitares sonnent moins « brut de coffre ». Le chant, quant à lui, n’est qu’une longue plainte de souffrance écorchée, un peu screamo sur les bords.
Il est vrai qu’ils aiment parfois poser un côté bruitiste sur leur partition black. Effectivement, en plein milieu d’une musique dense, à la musicalité tragique (« Ennui ennemi »), ou bien au détour d’une ambiance grave, martelée et solennelle (« Je est absent »), on y trouve des passages dépouillés, où seule la guitare s’exprime en mode bruitiste, fantomatique, entrecoupé de nombreux breaks de silence.
Cela étant, ce que j’aime dans leur monde sonique, c’est que chaque morceau a son petit univers. De plus, souvent entrecoupés de passages « doomesques » majestueux ou empreints d’une tristesse infinie (« Mon rêve animal »), leurs titres alternent entre tempos lents et blasts beats.
Eh oui, ils aiment, comme beaucoup de leurs cousins faisant du metal, les contrastes entre rage et lenteur.
Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié « Aux inutiles » qui dégage une charge affective torturée et complètement « flippée ».
Et quand arrive le titre de fin, « Nous, le venin », on y découvre, au début, une certaine lourdeur anxiogène avec ses riffs tout en dentelles glacées, pour ensuite plonger dans une musique épique, plutôt belle et accrocheuse.
En conclusion, un black qui distille une aura de ténèbres particulière et qui démontre, une fois de plus, que le metal noir français est inventif et nourri d’une émotion qui colle bien à ce genre d’univers extrême.
Tracklist :
1. Feu d’un regard (6:24)
2. Ennui ennemi (5:08)
3. Mon rêve animal (7:52)
4. Je est absent (7:39)
5. Aux inutiles (4:13)
6. Nous, le venin (10:09)
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