Hysterese – Hysterese V

par Metalfreak | Août 5, 2026 | Chroniques | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Helen Runge-Kehle - Guitares, Chant
Moritz Kehle - Guitares, Chant
Lukas Anderer - Basse, Chant
Kai Hirt – Batterie

Style:

Punk rock / Hardcore

Date de sortie:

22 mai 2026

Label:

This Charming Man Records

Note de la SoilChroniqueuse (Leeloo) : 8/10

Que se passe-t-il lorsqu’on mélange le hardcore et le punk avec une bonne dose de shoegaze et un rock alternatif massif ? La réponse, le groupe Hysterese, originaire de Tübingen en Allemagne, la donne avec son cinquième album studio, sobrement intitulé « Hysterese (V) ». Depuis 2011, le groupe numérote ses albums comme autant de chapitres d’une chronique musicale continue, sans artifices ni mise en scène excessive, laissant parler les morceaux plutôt que l’image.
Hysterese n’est pas du genre à multiplier les effets de manche. Peu de présence tapageuse sur les réseaux, pas de stratégie marketing surdimensionnée : une approche presque à contre-courant aujourd’hui. Et pourtant, le groupe s’est forgé une solide réputation, bien au-delà de la sphère punk, touchant aussi les amateurs de rock alternatif, de metal et de guitares sans fioritures.
Avec « Hysterese (V) », le quatuor reste fidèle à son identité tout en élargissant son univers. Les riffs, tantôt épiques, tantôt rugueux ou incisifs, s’entrelacent avec des voix en duo, des paroles en anglais volontairement épurées et un groove particulièrement efficace. Le résultat est à la fois direct, mélancolique, puissant et jamais banal.

Dès l’ouverture avec « Sedative Nights », le ton est donné : on est loin du punk générique. Les compositions sont soignées sans perdre leur rugosité. La production évoque les années 80 sans tomber dans le passéisme, malgré quelques cymbales parfois un peu trop en avant dans le mix. L’ensemble reste néanmoins très convaincant.
La section rythmique, portée par Kai Hirt (batterie) et Lukas Anderer (basse), impose un groove solide sur lequel les guitares d’Helen Runge-Kehle et Moritz Kehle viennent poser des riffs maîtrisés et des lignes mélodiques efficaces. Le chant, légèrement réverbéré et au timbre doux, ajoute une dimension interprétative qui laisse place à plusieurs lectures : fuite de la monotonie ou métaphore plus sombre ? Hysterese joue habilement avec l’imaginaire de l’auditeur.
Le second titre, « Only Players Left Alive », déjà dévoilé en single, propose une ambiance plus sombre et une rythmique plus complexe, flirtant avec l’indie rock. Le morceau, à la fois dansant et mélancolique, semble évoquer une forme de libération intérieure face à l’inertie et à la fatigue émotionnelle, sans tomber dans les clichés.
Avec « Golden Boy », plus rapide et incisif, le groupe aborde le thème de la pression et des attentes, notamment autour de la figure de l’enfant prodige. Le chant plus rugueux de Moritz Kehle renforce l’impact du morceau. Fidèle à son style, Hysterese laisse volontairement ses textes ouverts à interprétation.

« Love Hurts » introduit une ambiance plus mélodique, presque accessible, avec une touche de synthé et une atmosphère introspective. Le morceau évoque la fragilité des relations humaines, tout en conservant une identité forte, loin des standards formatés.
À l’inverse, « Paintrader » replonge dans une tension plus brute et anguleuse, privilégiant l’atmosphère à l’efficacité immédiate. Cette rugosité apporte un équilibre bienvenu à l’album.
Des titres comme « Necropolis » ou « Obsidian » explorent des thématiques plus sombres : aliénation, isolement, poids du quotidien. Musicalement, le groupe oscille entre énergie punk, influences indie et touches de heavy rock, sans jamais perdre sa cohérence.
« No Dreams » et « Dark Horse » mettent davantage en avant la dimension mélodique du groupe. Le chant d’Helen Runge-Kehle y est particulièrement marquant, capable de transmettre une émotion immédiate tout en restant subtil.
Avec « Nightfall », Hysterese revient à une énergie plus directe, entre groove rock et tension punk, avant de conclure avec « Uphill Battle », un morceau mid tempo qui évoque la nécessité d’affronter ce que l’on fuit.
« Hysterese (V) » s’impose ainsi comme un album solide et cohérent. Le groupe ne suit aucune mode mais poursuit son évolution avec intégrité. Mélodies fortes, guitares puissantes, ambiance à la fois sombre et chaleureuse : tout concourt à créer une œuvre marquante. Malgré quelques détails perfectibles dans le mix, l’ensemble reste très maîtrisé.
Sans chercher à impressionner, Hysterese livre un album sincère, dense et habité. Parmi les titres les plus marquants : « Sedative Nights », « Only Players Left Alive », « Love Hurts », « Necropolis », « Dark Horse » et « Uphill Battle ». Un disque qui s’adresse à celles et ceux qui apprécient un punk rock mélancolique, enrichi d’influences alternatives et porté par une vraie intensité émotionnelle.

Tracklist :

01. Sedative Nights (3:32)
02. Only Players Left Alive (3:55)
03. Golden Boy (3:04)
04. Love Hurts (3:05)
05. Paintrader (2:30)
06. Necropolis (3:47)
07. Obsidian (4:06)
08. No Dreams (3:19)
09. Dark Horse (3:40)
10. Nightfall (3:30)
11. Uphill Battle (3:49)

 

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