Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10
Une chose est sure, c’est que chez les Montpelliérains d’Heresy, on aime prendre son temps.
Trois albums en 17 ans d’existence, six années entre le premier (“Powered by anger” en 2013) et le deuxième (“The dark shore” en 2019), puis sept pour voir arriver cet “Ordinary decent life” : il y a comme une certaine constance dans l’attente.
Niveau constance, on l’a aussi quand on parle de la qualité du heavy / thrash metal du quatuor Occitan.
Parce que, là, pardon, une nouvelle fois, c’est du high level.
Neuf nouveaux titres, 50 minutes de musique : la part belle est laissée aux plages instrumentales.
Eux qui situent leur thrash metal old school quelque part entre Metallica et Megadeth – ce n’est pas moi qui le dis, c’est la bio –, force est de constater qu’ils ne sont pas loin de ne pas avoir tort.
Car, clairement, ici, un groupe Français qui porte aussi haut l’étendard du thrash metal façon Bay Area de la moitié des années 80, avec une production moderne signée une nouvelle fois Bruno Varea (Acod, Blut Aus Nord, Worselder, Blazing War Machine, Dagoba…) qui ramène immédiatement à l’époque du Metallica du temps de l’irremplaçable Cliff Burton.
Parce que si on pense que parler de thrash metal revient à accumuler les riffs saccadés en défiant les lois de la vitesse, on va vite se tromper en parlant de la musique d’Heresy.
Non, on a certes droit à tout ce qui caractérise le thrash metal, mais avec des tempos qui oscillent entre le mid et le speed, avec de longues parties mélodiques.
D’ailleurs, bon nombres des neuf titres de cet album débutent par une intro instrumentale calme, à la façon des Testament de la première heure (“Dancing shadows on burning grounds”, “Straight to the wall”, “Locked inside your head”, “Concrete road”, “86 days without Sun”, “Between the lines”, “Stray dogs”) soit quand même sept titres sur neuf.
Mais ces intros ne sont là que pour mieux nous asséner un bon coup de thrash metal derrière la nuque.
C’est ainsi qu’on se prend certes quelques titres plus heavy à la rage contenue (“Caveat emperor”, “Between the lines”) ou un low tempo mystérieux particulièrement lourd (“Concrete road”, “Stray dogs” qui n’hésite pas à retourner vers des moments furieux) voire flirtant avec la power balade (“86 days without Sun”).
Pour le reste, on retrouve tout ce qui caractérise le thrash metal : nette, précise, mélodique, titres axés sur les guitares mais sans rentrer dans la brutalité, au service de compositions fouillées et particulièrement bien travaillées. Et là, pour le coup, on se dit que ça valait le coup d’attendre sept ans pour ce résultat.
Heresy nous offre un troisième album d’une grande maturité qui ne peut que ravir les fans du genre.
Décidément, le thrash metal Héxagonal, à l’instar notamment d’un Syr Daria, se porte à merveille et n’a plus rien à envier aux précurseurs de la Bay Area.
Cocorico !
Tracklist :
1. Dancing Shadows on Burning Grounds (5:31)
2. Straight to the Wall (5:43)
3. Caveat Emptor (5:06)
4. Locked Inside Your Head (5:42)
5. Concrete Road (5:44)
6. .86 Days without Sun (6:28)
7. Innersight (5:32)
8. Between the Lines (5:25)
9. Stray Dogs (5:41)
Amazon Apple BandCamp Deezer Facebook Site web
Instagram Open Spotify TikTok Twitch YouTube
Chronique “The dark Shore”








