Green Carnation – A Dark Poem, Part III : The Messiah Complex

par Metalfreak | Sep 28, 2026 | Chroniques | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Tchort – Guitares
Kjetil Nordhus – Chant
Stein Roger Sordal – Basse, Guitares, Claviers
Bjørn Harstad – Guitares, Effets
Endre Kirkesola – Claviers, Synthétiseurs, Orgues, Effets
Jonathan Alejandro Perez – Batterie

Style:

Progressive metal

Date de sortie:

04 septembre 2026

Label:

Season of Mist

Note du SoilChroniqueur (Aur’Hell) : 9,5/10

Alors moi, quand j’ai envie d’écouter des poètes Norvégiens, j’aime bien le faire quand il pleut, qu’il fait 12 degrés et que le soleil a décidé de partir en vacances. Autant dire qu’une fin de mois d’août en Suède, c’est le cadre idéal. J’ajoute un thé bien chaud, un plaid et une bonne dose de mélancolie nordique. Mysigt à souhait.
Et quand je parle de poésie, je ne parle pas uniquement des textes – magnifiques au passage, avec cette interprétation d’Ophélie de Rimbaud. Je parle aussi de cette manière qu’a le groupe de composer : des arrangements d’une finesse rare, une voix habitée et des harmonies qui t’embarquent dès les premiers accords.
Les bardes Norvégiens de Green Carnation n’en sont pas à leur coup d’essai.
Bien au contraire. Ils roulent leur bosse depuis les années 90 et ont su se tailler une place à part dans le paysage Scandinave, quelque part entre doom, death et métal progressif. Un groupe impossible à enfermer dans une case, et c’est précisément ce qui fait sa force.

Je les ai découverts assez récemment. Et à force d’écouter du metal scandinave, il arrive que l’algorithme fasse, pour une fois, correctement son boulot et mette sur ma route quelques pépites… dont Green Carnation. Chez Soil Chronicles, mon camarade Arno avait déjà chroniqué « Leaves of Yesteryear » puis « The Acoustic Verses ». Il était donc temps que je m’y intéresse.
« A Dark Poem, Part III : The Messiah Complex » vient refermer une trilogie entamée avec « The Shores of Melancholia » en 2025, puis poursuivie par « Sanguis » en 2026.
Au passage, impossible de ne pas saluer le superbe travail graphique des trois pochettes : un véritable triptyque qui donne envie de plonger dans l’univers du groupe.
L’album est composé de quatre morceaux. Quatre morceaux seulement ? Je l’avoue, j’ai d’abord levé un sourcil. Puis j’ai vu la durée : près de 40 minutes.
Ah oui… Green Carnation pratique toujours le système du « peu de titres, mais prévoyez un sandwich ». Et quand un morceau dépasse les 16 minutes, on comprend qu’ils n’ont rien perdu de leurs mauvaises habitudes depuis « Light of Day, Day of Darkness » et son unique piste d’une heure. Des gens parfaitement raisonnables, en somme.
L’album est plus retenu que les deux premiers volets. Moins d’envolées immédiates, davantage d’espace laissé aux instruments, preuve de leur grande sensibilité harmonique.
« Unconditional Artificial Chemistry » ouvre le bal dans la continuité de « Sanguis ». Derrière ses riffs doom et son refrain lumineux, le morceau interroge notre rapport à la technologie, à l’intelligence artificielle et à une société de plus en plus polarisée. Le chanteur parle très justement de “la relation de plus en plus dysfonctionnelle entre notre vie intérieure et le monde extérieur”.
Puis arrive « The Messiah Complex », qui change complètement d’échelle. Plus progressif, plus riche, plus introspectif, le morceau déploie une intensité émotionnelle remarquable sans jamais tomber dans la démonstration technique. Green Carnation y rappelle qu’il maîtrise l’art de faire réfléchir autant que celui de faire vibrer.

Le troisième morceau, “Broken Souls, Common Enemies” est probablement le morceau le plus fascinant du disque. Sombre et lumineux à la fois, il alterne riffs massifs et guitares élégantes, chant clair et passages gutturaux. Et puis il y a ce solo de guitare… celui qui t’attrape sans prévenir. Frissons garantis.
Je me demandais sincèrement comment le groupe allait conclure l’album. Pouvait-il aller encore plus loin ? La réponse tient en un titre : “A Dark Poem – Orchestral Suite”.
Dix-sept minutes. Une suite orchestrale monumentale qui ne s’écoute pas vraiment : elle se vit. Green Carnation y rassemble tous les thèmes émotionnels de la trilogie dans un final d’une beauté renversante. C’est ample, bouleversant, parfois presque cinématographique. Et oui, je mets quiconque au défi de ne pas sentir sa gorge se serrer à un moment ou à un autre.
Chaque morceau déploie sa propre palette émotionnelle, de la tension à l’espoir, de la mélancolie à l’émerveillement. Un album qui touche à quelque chose de profondément intime, avec une sincérité désarmante, sans jamais tomber dans la surenchère.

Si tu cherches du metal qui distribue des baffes à 280 BPM, passe ton chemin, l’ami.
Ici, on est chez les artisans de la nuance, des atmosphères et des voyages intérieurs.
Les amateurs de Katatonia et Opeth devraient s’y sentir immédiatement chez eux.
Avec “The Messiah Complex”, Green Carnation ne signe pas seulement la fin d’une trilogie : il en révèle tout le sens.
La dernière pièce du puzzle est aussi la plus ambitieuse, et probablement la plus émouvante.

Verdict ? Majestueux !

Tracklist :

1. Unconditional Artificial Chemistry (6:09)
2. The Messiah Complex (6:48)
3. Broken Souls, Common Enemies (8:45)
4. A Dark Poem – Orchestral Suite (16:47)

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Chronique “Leaves of Yesteryear”
Chronique “Acoustic verses’

 

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