Note de la SoilChroniqueuse (Freya) : 8/10
Du pur bonheur !
Une fresque magnifique et festive avec un décor cannibale et pittoresque.
En Australie, on le sait, tout est fait pour mettre à l’épreuve l’instinct de survie des autochtones, comme des touristes.
Ceux qui tiennent à y vivre seront désormais confrontés à la menace Gorotica et à ses appétits anthropophages. Le summum de l’extase est de goûter à la chair humaine. Vraiment ? Sérieusement, peut-être qu’avant l’apparition des médocs et des drogues synthétiques, la viande humaine était sans doute délicate et recherchée, mais après notre intoxication quotidienne, je souhaite bien du courage aux cannibales.
L’intoxication alimentaire les guette. Dommage. Il aurait été expérimental de boulotter un orteil ou une joue avant de composer, galvanisés par les fibres hétérogènes.
Il n’en demeure que le fantasme.
Ce que j’aime dans le grind, c’est cette manière d’aller droit au but.
Les morceaux sont courts et violents comme une bonne fessée. Celle qui envoie des frissons dans tout le corps et appelle la suivante. Celle que l’on savoure, pas celle que l’on subit genre neo metal…rhoo ça vaaaa. Le grind permet ainsi d’éclater le score des pistes à en faire pâlir le doom et ses albums dépassant rarement les huit pistes.
A chacun ses valeurs.
Dans ce que le cannibalisme a certainement de plus artistique, même sans expérience du terrain en boucherie, on est ici devant les héritiers d’Hannibal Lecter et d’Henri VIII.
Le trio austral se lâche dans un exposé sanguinaire et très précis qui hausse le niveau du genre. Grande amatrice du crachat guttural vomitif, je dois admettre que même avec la technologie actuelle, peu de formation ont un niveau aussi élevé de propreté de son et de composition.
Il y a un souffle aristocratique dans ce que cette galette propose. C’est étrange, mais agréable.
Sans doute comme le cannibalisme. L’utilisation en intro d’extrait de musique classique d’orchestre de chambre aurait pu être intéressante si le choix ne manquait pas autant d’originalité. Bousculer les codes est toujours une bonne initiative, pour autant qu’on se donne plus de cinq minutes pour comprendre ce qu’on détourne.
Sans quoi c’est direct à la moulinette !
En dehors de cette faute de goût, l’album frise la perfection auditive et gastronomique bien entendu.
Historiquement moins bien que la pochette le suggère, mais je pense que ce n’est clairement pas le propos.
Pour le reste, ben il existe de bons recueils de recettes adaptables aisément à notre chair. Pour les plus sensibles, le cochon fera bien l’affaire !
A vous de voir.
Nous sommes ce que nous mangeons.
Tracklist :
- Dirge of the Breaking Wheel (0:59)
- A Helping Hand (2:26)
- The Cannibal's Servant (1:36)
- Head Basket (0:39)
- Walking Talking Corpse of the Catacombs (3:19)
- Rats in a Bucket (0:56)
- Daily Grind of the Medieval Age (2:29)
- Sage, Clove and Powdered Bone (3:19)
- Obligate Carnivore (2:16)
- Connoisseurs of Human Flesh (1:57)
- Hung, Drawn and…Quarter to Eleven (0:35)
- Nothing Left to Penetrate (2:10)
- Procession for the Consumed (2:58)
- Skinned Alive (1:15)
- Mangled in the Livery (2:03)
- The Beast Beneath the Rack (0:52)
- Studying the Stump (1:46)
- Cavernous Bloody Tomb (3:38)








