Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 9/10
« C’est réunis que les charbons brûlent ; c’est en se séparant que les charbons s’éteignent. » Proverbe bouddhiste
C + CO2 → CO (∆H = + 159 kJ/mole). C’est la formule chimique du charbon, dont je vous avouerai que je ne pipe pas un mot de ce que cela signifie. En tout cas, derrière cette petite formule chimique, se cache en vérité un important pan de l’histoire de l’Homme depuis très longtemps. A ce jour, le charbon demeure le deuxième combustible et source d’énergie dans le monde, derrière le pétrole (on en sait actuellement quelque chose…) et devant le gaz naturel. Extrait dans les mines, sa recherche et le besoin frénétique de l’Homme à se servir du charbon comme source d’énergie et de chauffage, ont été indirectement ou non, responsables de la mort de plusieurs milliers d’ouvriers, rendant l’histoire de l’extraction du charbon particulièrement riche en évènements dramatiques. Pas étonnant donc que ce sujet devienne, en plus de l’aspect régionaliste des protagonistes suivants, un fer de lance dans le metal extrême français. La France ayant une étroite relation avec le charbon, comme le témoigne mon actuel département de vie et de boulot, l’Isère, avec le plateau de la Matheysine et ses mines riches en anthracite, censée être le charbon minéral le plus riche en carbone. Un lien fort avec le travail que l’on retrouve avec l’expression française « aller au charbon » qui désigne le fait d’aller travailler, sous-entendu un boulot pénible, une corvée. Mais au-delà même de la forte symbolique historique et de l’inspiration qui en découle de la formation dont je vais (re)parler ici, j’ai voulu comprendre la symbolique spirituelle du charbon, méconnue à mon sens. D’après « le Dictionnaire des symboles« , le charbon est un « symbole du feu caché, de l’énergie occulte ; la force du soleil dérobée par la terre est enfouie en son sein ; réserve de chaleur. Un charbon ardent représente une force matérielle ou spirituelle contenue, qui chauffe et éclaire, sans flamme et sans explosion ; parfaite image de la maîtrise de soi chez un être de feu. Le charbon noir et froid ne représente que des virtualités : il a besoin d’une étincelle, d’un contact avec le feu, pour révéler sa vraie nature. Il réalise alors la transmutation alchimique du noir au rouge. Il est une vie éteinte, qui ne peut plus se rallumer par elle-même, s’il reste noir. » Il va donc d’un fort pouvoir vital et de résurrection, à la fois spirituelle et physique puisque le feu, qui anime le charbon noir, est avant tout un procédé physique ! Dans « Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes » que je vous recommande chaudement, il est mentionné que la houille (charbon minéral) est un outil pour combattre les maléfices et réparer les mauvais sorts, ainsi qu’un protecteur naturel. D’ailleurs, n’utilise-t-on pas le charbon (végétal) comme antidote à beaucoup de poisons ? Petit conseil : si un jour vous avalez un poison type mort-aux-rats, avalez rapidement un morceau de charbon. Il existe également pas mal de croyances paranormales sur le charbon. Le nom de « houille » proviendrait d’une légende selon laquelle un fantôme aurait indiqué à un certain Prudhomme le Houilleux la première mine de charbon au 11ème siècle dans la région de Liège. Toujours dans le même livre, une croyance des bords du Rhin affirmait, quant à elle, que le « pain noir de l’industrie » (houille) était un « présent diabolique offert par Satan à l’humanité, un jour de belle humeur« . Bref ! Vous l’aurez compris, traiter du charbon et plus a fortiori, des mines de charbon, ne pouvait qu’être un sujet de prédilection pour une formation comme Galibot qui sort ce jour un deuxième – ou troisième – album nommé « Catabase« .
Sujet d’autant plus à propos que Galibot vient d’une ancienne ville minière nommée Wallers-Arenberg, près de Valenciennes ! Ville qui donnera son nom à une démo sortie en 2022 et que j’ai fièrement à la maison. En fait, je suis Galibot depuis leurs tous premiers débuts, depuis qu’un label aujourd’hui disparu, France, Black, Death, Grind, avait mis en lumière ce projet nordiste composé d’un quintet de musiciens. Une fois la démo sortie, un premier album nommé « Euch’mau noir » en 2024 m’avait achevé de penser que ce groupe irait loin. Et paf ! Une signature chez le label désormais prépondérant, les Acteurs de l’Ombre Productions, ce qui me semblait être une réédition de « Euch’mau noir » avec un « bis » (certains diront deuxième album, d’où ma dernière phrase en introduction), et qui me semblait être à l’époque annonciateur d’une sortie officielle et en bonne et due forme d’un autre album ! Peu de temps après ma chronique, l’annonce était tombée : « Catabase » allait sortir en ce 8 mai 2026 ! Une ascension intéressante pour la jeune formation du Nord, qui porte déjà fièrement les couleurs de sa région et son histoire, au travers d’un parcours exponentiel les menant sur les routes de France pour au moins deux petites tournées, et même bientôt une date en Allemagne en festival ! Je vous prédis une présence au Hellfest l’année prochaine sans souci ! En tout cas, sur ma dernière chronique de « Euch’mau noir bis« , j’avais émis quelques réserves notamment sur le chant, c’est peut-être pour cela d’ailleurs que ma chronique (et mon live report de Lyon) n’avaient pas été partagés par le groupe. Soit. Cela leur appartient ! Même s’il est dommage de prendre les critiques pour de la méchanceté, et non pour ce que ceux-ci sont réellement : des « conseils ». Mais peu importe ! Moi, j’aime beaucoup Galibot et je ne vais pas bouder mon plaisir de faire ce « Catabase » en chronique, toujours en accord avec Solstice Promotions ! C’est parti.
J’avais émis aussi quelques réserves sur l’artwork de « Euch’mau noir bis« . Surtout sur la couleur que je trouvais mal choisie. Mais là, clairement, Galibot a franchi un gros cap en matière de symbolique sur cet artwork qui en plus de cela est superbe. La photographie et la perspective visuelle et symbolique qu’elle offre est d’une finesse et d’une intelligence rare ! On n’est pas sur quelque chose de purement factuel ici. La photographie est certes un élément d’une mine de charbon, mais on peut facilement aller au-delà dans la métaphore de « Catabase« . En effet, le féru de mythologies que je suis est heureux de vous apprendre que la catabase est le procédé de descente aux Enfers censé être la dernière marche initiatique pour les futur(e)s héros et héroïnes grec(que)s. Outre le lien évident mais tellement bien trouvé par le groupe entre l’Enfer et le souterrain minier, concept qui construit d’ailleurs l’album entier, je trouve la photographie très opportune. Ces rails qui se rejoignent au centre de l’image, tout en ayant ce bâtiment ancien qui les surplombe, je trouve qu’il y a un vrai côté symbolique avec ce bâtiment qui semble être un belvédère perché, d’où une force enférique surveillerait ou observerait la descente aux Enfers des âmes en peine, qui convergeraient sur ces rails centraux vers les profondeurs de la Terre. Le choix des couleurs, de revenir sur ce bleu intrigant dont on ignore s’il est froid ou brillant, me fait également très plaisir tant ce rouge bizarre me semblait incongru. Je disais dans ma précédente chronique que Galibot abordait une thématique qui ouvrait beaucoup le champ des possibles, mais je ne m’attendais pas spécifiquement à ce qu’ils développent un concept-album aussi intéressant d’un point de vue métaphorique. Voilà pourquoi cet artwork est absolument incroyable, parce qu’il jette des bases séculaires extrêmement intéressantes. Moi qui suis très attaché à la symbolique des images, Galibot a selon toute vraisemblance frappé très fort avec l’illustration de « Catabase« . Et on sent que derrière, il y a des musiciens qui réfléchissent de manière perfectionniste à comment présenter leur musique. Un groupe qui soigne ses artworks sans tomber dans l’emphase graphique ni dans le piège de l’IA, est quelque chose qui me procure un bien fou ! C’est un excellent travail !
Sur le plan musical, on gravite à peu près sur le même registre que la sortie précédente. En même temps, quand le brouet est bon, il n’y a nullement bien de changer la recette. Toutefois, la recette précédente m’avait laissé un léger, très léger arrière-gout que je ne manquerai pas d’analyser plus bas. En tout cas, Galibot propose toujours son black metal mélodique et atmosphérique à la sauce les Acteurs de l’Ombre Productions. On ne peut pas dire que le groupe révolutionne le genre d’un point de vue purement musical, puisque ce black metal là ressemble beaucoup à la fabuleuse scène québécoise (j’entends encore et toujours du Cantique Lépreux à fond) et ce qui se fait de manière plus globale en France aujourd’hui, mais au moins les nordistes jouent cette carte à fond et assument ! Leur identité est d’ailleurs plus visuelle que musicale, ce qui se fait de plus en plus aujourd’hui au grand dam des nostalgiques… On retrouve ce que je trouvais de très bon dans la musique, à savoir ces ambiances très mélodiques et sombres, ces alternances quasiment répétitives de riffs en blast beat et de passages plus « aériens », plus aérés, même si le décorum général revient plus à la violence qu’à la mélancolie. Décorum que l’on retrouve par ailleurs en concert où le groupe dégage une sacrée débauche d’énergie ! On sent que la structure des pistes suivent une certaine logique entre elles, n’allant pas non plus tout le temps jusqu’au schéma de facilité de couplet / refrain, mais disons qu’il y a une certaine propension à la même structure composale. Les riffs se montrent peut-être un brin répétitifs à la longue, j’ai parfois le sentiment d’écouter un peu les mêmes albums depuis le temps. Mais d’un autre côté, si j’en crois les inspirations du groupe Galibot, ce black metal mélodique doit contenir une certaine continuité dans la décision artistique, et on pourrait imaginer que ces riffs très prenants et lancinants auraient une sorte de signature de la part de son compositeur. En tout cas, cette musique fonctionne bien malgré tout ! L’aspect répétitif ne me dérange pas tant que cela, j’aime beaucoup les ambiances qui s’en dégagent, qui me font penser par exemple à celles que l’on trouve dans Batushka sans les apparats ésotériques. Le groupe expérimente légèrement avec des apports un peu plus « darkwave » sur lesquels je reviendrai plus bas. En tout cas, sur le plan musical et en première écoute, l’album « Catabase » est très intéressant et démontre non pas qu’un palier est franchi, hormis visuellement, mais que la musique a trouvé son point d’ancrage et que selon toute vraisemblance, elle est efficace. Reste à savoir si le groupe marquera les esprits par sa musique plus que par son visuel. Mais en tout cas, « Catabase » est dans une logique de confirmation que Galibot recherche et va certainement étayer davantage sa notoriété grandissante. Très bon !
L’un des progrès accomplis par Galibot réside surtout sur la production de ce « Catabase« . La différence entre « Euch’Mau Noir bis » et « Catabase » n’est pas non plus hyper flagrante, mais on sent quand-même, en tendant l’oreille si j’ose dire, que le son est sensiblement différent. Moins épais, il occupe moins le spectre sonore pour laisser justement place à une justesse sonore dans le jeu des guitares notamment, que l’on distingue un peu mieux, ce qui pour du black metal mélodique est important. Je situerais hasardeusement le son de cet album entre celui que faisait Stortregn à l’époque de l’album (magnifique) « Evocation of Light » et « Paysages polaires » de Cantique Lépreux. Soit un son égal dans l’occupation du champ sonore, sans tomber dans l’ultra incision presque metal technique de Stortregn et l’atmosphérique outrancièrement épais de Cantique Lépreux. Résultat, « Catabase » se pare de sonorités que l’on qualifierait de propres et noires, avec tout de même suffisamment d’épaisseur pour nous évoquer les profondeurs abyssales de la couche terrestre et les immondices que l’on y trouve, un peu comme le feraient dans un autre registre d’ailleurs les groupes de death metal funèbres comme Venomous Skeleton ou Foetorem. C’est la subtilité de Galibot de proposer un son un brin plus atypique que ce qui se fait dans la paysage actuel du black metal français avec cette légère adiposité sonore qui donne à son black metal mélodique une sensation de profondeurs intéressante et allégorique au regard du concept développé ci-présent. C’est probablement, en dehors bien sûr du travail riffique, ce qui me sied le plus dans la discographie désormais riche de Galibot, de proposer des sonorités qui tranchent et qui accompagnent davantage encore ce concept très centré sur les profondeurs, qu’elles soient terrestres ou enfériques. Gros atout, très gros atout ici !
Maintenant, la question demeure : comment se démarquer aujourd’hui quand on a pour ambition de proposer une musique metal extrême qui fourmille de plus en plus de prétendants en France et qui creuse une vague encore plus énorme pour déferler sur le public ? Difficile en l’état donc d’être LE groupe qui va conduire cette vague. On parlait beaucoup de Houle dans le même roster, qui connait un parcours exponentiel. Je me suis pour ma part toujours refusé de comparer Houle et Galibot qui n’ont absolument pas le même univers, et qui ont selon moi le seul point commun d’avoir une chanteuse extrême. Néanmoins, je découvre une nouvelle comparaison : celle de l’ambition. On sent après plusieurs écoutes que « Catabase » sonne comme une confirmation. Là où Houle en est à un seul et unique album, Galibot en est déjà à deux (trois ?) et malgré l’année de naissance en commun, nos ami(e)s nordistes en sont déjà à quelques faits d’armes convaincants. Je pense qu’il n’est pas incongru de trouver cet album comme une forme de confirmation de leur ascension grandissante et qui va certainement les amener à aller davantage plus haut dans le paysage français. Là où je trouve Galibot encore plus fort demeure dans l’inspiration que procure son univers conceptuel sur les mines : contrairement à beaucoup de groupes, ils parviennent à nous trouver des sujets de textes suffisamment rares pour nous piquer notre curiosité. Moi qui adore les groupes qui parlent d’un sujet « commun » mais qui prennent le risque d’aborder des thématiques moins communes sur les dits sujets, Galibot me contente énormément pour cela. Qui connaissait hormis les habitants de Valenciennes le mythe de Saint-Cordon ? Qui se souvient du personnage énigmatique de Jeanlin dans « Germinal » ? Bref ! Sur ce plan-là, on sent que Galibot, et c’est normal, maitrise parfaitement son sujet et nous conduit avec beaucoup d’authenticité vers la noirceur idoine de son univers conceptuel. Et quand on comprend que musicalement parlant, cela tient de plus en plus la route, avec ce black metal mélodique qui se réécoute très facilement tant il est harmonieux, on comprend tout de suite que l’ascension va être dantesque si toutefois, ils restent prudents. Et c’est ce qui me fait penser à ce jour, que le groupe du Nord va probablement surpasser ses « concurrents » dans les mois à venir. En tout cas, ce « Catabase » marque le chapitre de la confirmation, c’est une évidence absolue.
Pour terminer mon analyse, le sujet qui fâche. Il est vrai que je n’ai pas toujours été très dithyrambique avec le chant de Diffamie, que ce soit sur ma chronique de « Euch’Mau Noir bis » ou sur la prestation du groupe à Lyon. Je précise bien entendu que je n’ai rien contre elle d’un point de vue personnel et que le peu d’échanges que nous avons eus à Lyon étaient fort sympathiques, simplement, mon « travail » de chroniqueur m’oblige à dire la vérité tant qu’elle reste objectivement étayée, ce qui constitue la marque de fabrique de Soil Chronicles. J’avais noté que je trouvais le chant trop rapide, souffrant d’une diction et d’une articulation un peu brouillonnes. Force est de constater que le souci est beaucoup moins présent sur « Catabase » et cela me réjouit. J’ai le sentiment, sans aucune présomption de ma part, que des cours de chant sont passés par-là entre temps, et du coup les progrès (quoique la technique vocale en elle-même n’était déjà pas un problème stricto facto) sont manifestes sur cet album. Les textes sont plus aérés aussi, proposant donc que ce chant en français, déjà un vrai chemin de croix pour l’articulation et je sais de quoi je parle, est devenu très bon et très intelligible ! Je trouve par ailleurs les textes toujours aussi excellents, mais vraiment au point de constituer un des atouts majeurs de Galibot ! Ne manquait donc plus qu’un chant excellent pour les accompagner. Certains autres webzines critiquent la technique, moi je la trouve intéressante parce qu’elle amène une touche de frayeur dans un ensemble musical très noir, comme le ferait la chanteuse de Lebenssucht par exemple. Une belle surprise néanmoins : la présence de rares (trop rares) parties en chant clair et là, j’ai découvert que Diffamie avait une voix claire superbe, très grave pour une femme, et moi qui suis féru de voix graves, un peu éthérées presque dans un registre darkwave comme le ferait par exemple la chanteuse du groupe belge Splendidula dont je suis extrêmement fan, j’ai vraiment adoré ça ! Loin d’être mal placé, ce chant apporte une coloration nouvelle un peu envoutante qui ne me laisse pas indifférent du tout. En tout cas, je peux dire que sur cet album, la plupart de mes doutes ont été levés avec brio ! Après, moi-même étant chanteur, je sais qu’on peut toujours faire mieux. Mais concernant cet album précisément, Diffamie me fait déjà beaucoup plus plaisir et j’apprécie tout particulièrement cette dernière dans ce qu’elle amène à sa formation en tant que frontwoman !
Pour conclure donc, Galibot, après avoir fêté en grandes pompes sa signature méritée chez les Acteurs de l’Ombre Productions en sortant une réédition de « Euch’Mau Noir » nommé « Euch’Mau Noir bis » et chroniqué ici, sort officiellement ce jour son prochain album nommé « Catabase« . Un album qui sonne, à la lumière de mon analyse, comme une sorte de confirmation de ce que nos camarades du Nord de la France nous proposent, et nous proposent par ailleurs de mieux en mieux. Fort d’un black metal mélodique qui rend hommage à l’histoire sombre de notre pays que constitue celle des mines de charbon, la jeune formation s’impose désormais comme une formation solide et ambitieuse. Un black metal qui en plus se pare de sonorités intéressantes, épaisses et sombres, pour donner des atmosphères lugubres et plus dans un registre enférique que réellement démoniaque. « Catabase » sonne aujourd’hui comme un album qui confirme tout le bien que je pense de la formation et même si j’ai par le passé émis quelques réserves sur des points précis, il n’en demeure pas moins que Galibot s’impose à ce jour comme un groupe qui va compter dans le paysage si glorieux désormais de cette nouvelle vague du black metal français ! En tout cas, c’est un excellent album, à n’en pas douter, et qui fera taire les sceptiques. A découvrir !
Tracklist :
- Catabase 02:18
- Jeanlin 04:13
- Bleu Noir Rouge 03:55
- Voreux 04:47
- Baptise Terre 02:38
- Pénitent 03:24
- Les Montagnes Poussent Sous Terre 05:40
- Estaminet, Pt. 1 02:28
- Terril 03:45
- Saint Cordon 04:00
- Mesektet 04:34








