Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10
L’air de rien, les Allemands d’Evil Warriors fêteront en 2027 leurs vingt années d’existence.
Deux demos en 2008 et 2009 et quelques sorties bien démentielles : deux albums, “Expressions of endless dreams” (2011) puis “Fall from reality” (2018) ainsi qu’un EP (“Schattenbringer”) en 2020 mettront tous les amateurs de metal extrême d’accord, au point que le quatuor de Leipzig deviendra une figure incontournable de la scène black metal Teutonne !
En ce qui me concerne, je ne les ai découverts qu’en 2018 lors de la sortie d’un “Fall from reality” qui m’avait littéralement mis sur le cul !
J’y ai découvert un sommet de noirceur, un pur concentré de haine, le tout mené sur des rythmiques implacables qui défiaient les lois de la vitesse et de la précision.
Du black metal joué à une vitesse exponentielle, avec beaucoup de thrash dedans, et quelques soupçons de death au service de huit titres longs (entre quatre et sept minutes) d’une telle intensité qu’on ne voyait pas le temps passer.
Oui, en 2018, Evil Warriors a été un coup de coeur énorme et encore maintenant, cet album fait partie de mes playlists régulières.
Et là, le troisième album, éponyme, proposant cinq titres pour pas moins de 42 minutes.
Pas besoin d’être un prix Nobel de mathématiques pour en déduire que les titres ont pris un palier supplémentaire dans la longueur.
Et c’est que, d’entrée, on se prend presque treize minutes d’un “Zwiefel” qui débute très calmement, sorte de calme avant une tempête annoncée avant un long passage à la limite du doom sur lequel un saxophone inquiétant vient poser quelques notes malsaines au milieu de cris désespérés.
Puis vient ce qu’on attend d’Evil Warriors : une accélération incroyable : tu fais la même en voiture, ton passager va se relever comme une barrière de passage à niveaux.
Et tout au long de ce titre, ce sera quelques changements de rythmes pour mieux te recoller une accélération derrière la nuque. Et, régulièrement, ces touches de saxo qui te mettra à mal ton système nerveux.
Clairement, ce nouvel album d’Evil Warriors se veut implacable, intense, émotionnellement éprouvant : ça ne faiblit à aucun moment : c’est bien simple, ça part de partout et la sauvagerie ne s’arrête jamais.
“Zweifel” se termine aussi calmement qu’il a commence et s’enchaine tranquillement avec “Suche” à l’intro inquiétante.
Les plages ambiantes sur cet album sont du plus bel effet : on les écoute en sachant pertinament que la suite va encore être apocalyptique.
Et ça ne loupe pas : comme pour le premier titre, on a droit à un passage doomisant avec des cris déchirant avant que les blasts ne reprennent avec cette intensité (définitivement le maître-mot pour décrire cet album) qui caractérise Evil Warriors.
On a droit à une alternance de low tempo oppressant et blasts dévastateurs, avec à nouveau le saxo malsain impalpable en guise de gimmick.
Et que dire de la dernière minute, purement démentielle ?
Et attends, la suite deviendra incroyable : un “Possessed”, rare titre en Anglais (surement un hommage au groupe du même nom qui a composé “Evil warriors” sur l’album “Seven churches”, difficile de ne pas y voir une référence assumée) dans la discographie du groupe, qui mettra plus d’un système nerveux à l’épreuve pendant sept minutes et demie.
J’avoue que ce titre m’a scotché à un point rarement atteint : ça faisait longtemps que je n’avais pas pris une telle demonstration de sauvagerie aussi intense, au point que je l’ai repassé quelques dizaines (si si !!) de fois depuis la première écoute.
Tout y est !
Ok, on n’est pas sur une technique exceptionnelle, mais le quatuor y met une telle conviction qu’on ne peut qu’avoir envie de secouer frénétiquement la tête du début à la fin.
Et ça ne faiblit pas de la première à la dernière note.
Les parties instrumentales en sont lancinantes, le chant torture un rien en retrait et toujours ces petites touches de saxo pour renforcer la sensation malaisante.
Il fallait bien un titre plus court : “Entäußerung” et ses ‘seulement’ quatre minutes continue le travail de sape : l’intensité ne faiblit pas mais se montre plus thrash que les autres titres.
Batterie en mode mitrailleuse Gatling de rigueur presque plus en avant que les guitares, chant toujours aussi démentiel : un véritable cassage de nuque, pour paraphraser mon ami Olivier No Limit, spécialiste des musiques particulièrement ‘bruyantes’.
Enfin, “Fieber” commence avec un calme relatif, accoustique, une nouvelle fois annonciatrice d’une dévastation intense. Et c’est sans surprise qu’elle arrive au bout de deux minutes.
Tout est d’une précision diabiolique et continue la dynamique de l’ensemble.
Véritable bourrasque de metal noir et malsain, la totalité de cet “Evil Warriors” démontre une nouvelle fois un groupe des plus possédés qui a la ferme intention d’être le plus dévastateur possible.
D’une noirceur absolue, cette oeuvre intense et éprouvante n’a aucune intention de montrer la moindre pitié.
La poutrerie de ce printemps, indéniablement !
Tracklist :
- Zweifel (12:50)
- Suche (9:35)
- Possessed (7:29)
- Entäußerung (4:35)
- Fieber (8:22)
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Chronique “Fall from Reality”








