Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 9/10
Nous sommes en 1989, année marquée entre autres par la chute du mur de Berlin et celle du bloc Communiste dans les Pays de l’Est, la fin de la guerre froide, la révolte Chinoise place Tian’Anmen, la naissance d’Eurosport, celle de Daniel Radcliffe ou Taylor Swift, les décès de Salvador Dali, Bruno Carette, Hirohito ou de Ted Bundy.
C’est un peu l’année pendant laquelle l’histoire s’est accélérée et a vu le monde changer radicalement pour devenir le dépotoir actuel…
Mais là n’est pas le propos : 1989, en matière de thrash metal, c’est aussi les sorties de “Beneath the remains” (Sepultura), “Agent orange” (Sodom), “Alice in Hell” (Annihilator), “No more color” (Coroner), “Practice what you preach” (Testament), “Extreme aggression” (Kreator), l’indétrônable “Control and resistance” (Watchtower), “Leave scars” (Dark Angel) ou “Think this” (Toxik) au milieu des “The years of decay” (Overkill) ou “Fabulous disaster” (Exodus).
Autant dire que les thrashers ont été particulièrement gâtés cette année là.
Et au milieu de tout ça, quelques groupes émergents cherchaient à se faire connaitre : et les Californiens d’Evildead font partie de ceux-là !
D’autant que les membres de ce groupe, lorsqu’il s’est formé en 1987, ne sont pas tout à fait des inconnus : le chanteur Phil Flores, le batteur Rob Alaniz, les guitaristes Juan Garcia et Mark Caro ainsi que le bassiste Mel Sanchez ont tous fait partie d’Abattoir et certains d’entre eux étaient des enregistrements de “Vicious attack” (1985) ou de “The only safe place” (1986).
Entre temps, Mark Caro est parti, remplacé par Albert Gonzales.
Avant l’arrivée de Phil Flores au chant, Evildead, dont le nom est évidemment inspiré du film éponyme, aura sorti une démo (“The awakening”) en 1987 et c’est en 1989 que nous arrive un premier EP (“Rise above”) en mode quintet avec quatre titres dont l’éponyme qui n’est ni plus ni moins qu’une reprise de Black Flag, prouvant que les accointances entre le thrash metal et le punk hardcore de la musique d’Evildead étaient totalement assumées.
On attendra la bagatelle de deux ans pour voir arriver ce premier album “Annihilation of civilization” que Steamhammer ressort aujourd’hui, agrémenté de quatre bonus : trois issus de l’EP "Rise above”, ainsi qu’un inédit (“B.O.H.I.C.A.”) qu’on pouvait trouver sur la version limitée “double CD” de 1989. Avec sa pochette signée par l'incontournable Ed Repka, on savait d'avance à quoi s'attendre.
Musicalement, on est clairement dans la veine du thrash metal Californien de l’époque, avec l’agressivité et l’urgence inhérentes au genre dans la deuxième moitié des eighties, et ces grosses influences punk / hardcore dont bon nombre de groupes affectionnaient à l’époque.
Rajoutons à cela une technique sans faille, donnant la sensation de s’entendre le chainon manquant entre un certain “Bonded by blood” (Exodus), “Eternal nightmare” (Vio-lence) et “World circus” (Toxik).
Avec ce premier album, Evildead nous colle d’entrée une méchante branlée, et on reste persuadés que si cet album n’avait pas été noyé au milieu des sorties citées en introduction, il n’aurait pas été aussi sous estimé en 1989.
S’il avait reçu de bonnes critiques à sa sortie, beaucoup n’ont pas remarqué qu’il avait ce petit-truc-en-plus qui pourtant le démarquait de ses semblables.
Pourtant, cet album regorge d’une rage remarquable, aux riffs assassins, aux changements de rythmes dantesques et surtout aux solis remarquables. Rajoutons à ça un chant des plus rageurs et on a le cocktail.
Il convient de se remettre entre les oreilles des tueries ultimes comme le sont les ravageurs “Living good”, “Parracide”, “Unauthorized exploitation” ou les intenses “B.O.H.I.C.A.” et “Run again” au milieu des autres pépites d’un thrash metal vénéneux pour en être totalement convaincus. Aucun morceau faible, une production très propre… tout y est !
De ce fait, on ne peut qu’être reconnaissant envers Steamhammer de nous dépoussiérer cette bourrasque de violence qui, finalement, n’a pas pris une ride !
A s’ingurgiter cul sec sans modération pour ceux qui connaissent l’album, à découvrir d’urgence pour les autres !
Tracklist :
- F.C.I. / The Awakening (3:27)
- Annihilation of Civilization (4:17)
- Living Good (5:32)
- Future Shock (5:39)
- Holy Trials (5:39)
- Gone Shooting (4:45)
- Parricide (4:21)
- Unauthorized Exploitation (3:18)
- B.O.H.I.C.A. (Bonus Track) (1:57)
- Run Again (Bonus Track) (4:00)
- Sloe-Death (Bonus Track) (3:21)
- Rise Above (reprise Black Flag) (Bonus Track - CD version) (2:34)
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