!!! Un album, deux avis !!!
Note du SoilChroniqueur (Olivier No Limit) : 7,5/10
Eternal !
Un peu de thrash metal entre les dents cela ne se refuse pas !
Ceux-là sont Grecs et leur premier album se nomme « Conspiracy of Warheads ».
Bien que cette galette ne sorte que le 28 septembre, je prends de l’avance histoire de vous mettre l’eau à la bouche, car elle possède une frangipane bien musclée et pétrie des meilleures intentions.
Chacun y verra les influences qu’il voudra, en ce qui me concerne, suivez le guide.
Tout d’abord, s’est mené tambour battant.
Dès “My Way, Or No Way” on rentre dans un thrash old school nerveux plutôt typé “Bay Area”. Cependant, et c’est juste mon impression, le phrasé du chant et les chœurs nombreux, lui donnent aussi un cachet crossover légèrement teinté de Suicidal Tendencies.
J’aime bien aussi les solos de guitare, car, d’un certain niveau, ils coulent fluides et parfaitement maîtrisés.
Speed sur « Man Down (In the Front Row) », on se rend vite compte que leurs riffs typiques du genre sont pensés pour être efficaces de suite. Sur ce titre, je leur trouve d’ailleurs un côté festif à la Tankard.
Après un bel interlude acoustique, déboule « Blood Spill », qui derrière son rempart de chœurs et d’énergie, porte en lui un quelque chose d’enjoué mais surtout de musical et de doucement mélancolique ; c’est à tel point qu’on pourrait y déceler une pointe de death melo, s’il y avait du growl au menu.
Et puis apparaît autre chose.
À partir de morceaux comme « Conspiracy of Warheads », « Fake Reality » on change de braquet, car, tout en conservant son aspect un peu crossover, on y entend un riffing dont l’état d’esprit rappelle celui du premier album de Metallica, à savoir « Kill’em All ». Du coup, on n’est pas loin, à un moment, d’un « Metal Militia ». Et ça matche à fond la caisse. Un peu de copier coller, soit, mais au service d’une énergie et d’une envie de secouer la couenne de sa nuque en se fichant du reste.
C’est bien foutu.
Bref, si pour la rentrée vous avez du mal à vous remettre de votre quotidien et que vous êtes fans de thrash old school, je vous conseille cette galette à la frangipane… bien musclée et pétrie des meilleures intentions.
Sympa et vigoureux.
Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 8/10
Si la Grèce nous abreuve régulièrement de formations de metal extrême particulièrement percutants, on ne peut pas dire que nous sommes noyés par ses groupes de thrash metal : Riffobia, Violent Definition, Toxic Terror, Exarsis, les incontournables Bio-Cancer et surtout les maîtres Suicidal Angels font partie de ceux dont les albums font régulièrement trembler les murs de mon salon, mais difficile d’en trouver d’autres qui sortent des frontières Helléniques et arriver par chez nous.
Aujourd’hui, ce sont les petits nouveaux d’Eternal qui mettent à mal tant les baffles de mon lecteur que le système nerveux de mes voisins qui ne jurent que Nana Mouskouri ou Georges Moustaki.
Et là, on ne va pas se mentir, ils ont d’autant moins fini de prendre du Prozac que, vu la qualité de ce premier album, je n’ai pas fini de me le recoller à fond les ballons dans le salon !
Clairement, le quatuor Athénien s’y entend pour nous coller une bonne dose de thrash metal résolument old school avec un gros côté keupon qui ravira les afficionados du crossover.
Pour des questions géographiques surement, on ressent un bon côté Suicidal Angels dans les titres et surtout dans les riffs de ce « Conspiracy of Warheads », avec un chant que ne renierait pas Phil Rind (Sacred Reich) ou Nick Melissourgos (Suicidal Angels, on y revient).
Quant on est un thrasher difficile (pléonasme !), on ne peut qu’adhérer à la musique d’Eternal tant on ressent chez eux de longues heures à écouter dans des caves les classiques du genre et apprendre à se méfier de l’être humain comme de la peste !
Eux, il est fort à parier que leurs ancêtres discutaient politique autour de deux quotidiens en papyrus et d’une amphore de 6.8 en ces termes :
— « Quel est le sens de la vie ? »
— « Aucune idée. »
— « Et si nous inventions la démocratie ? »
— « Excellente idée. »
Quelques milliers d’années plus tard, ces quatre gaillards de se demander : « Et si on faisait du thrash metal ? », avec la même 8.6 cette fois-ci dans des cannettes.
Voilà. La civilisation a suivi son cours. Darwin avait raison !
Après beaucoup de travail, s’en est suivi cet album : pas belle la vie ?
Et attention, ça ne plaisante pas ! Chaque titre est impitoyablement thrash et certains se permettent même le luxe de nous ramener à quelques sensations ressenties dans la deuxième moitié des années 80 : l’interlude instrumental « Beware » rappelant quelque peu l’intro du « Brain death » de Nuclear Assault, l’outro tout aussi instrumentale et acoustique avec ses faux airs de celle de « Confused mind » de Destruction, un « Man down (in the front row) » sonnant comme un compromis entre Sacred Reich époque « Ignorance » et Suicidal Tendencies dans sa période la plus thrash. Là où un « Bloodspill » montre clairement une accointance avec les premiers Suicidal Angels, le riff introductif d’« Adrenaline rush », titre dont les chœurs auraient eu leur place sur un certain « Lights… Camera… Revolution » et qui n’aurait pas dépareillé sur les premiers albums de Kreator.
On se prend du thrash metal de haute volée, particulièrement précis et agressif, avec juste ce qu’il faut de technique pour que l’ensemble soit cohérent et surtout crédible.
Remarquable de maturité pour un premier album, Eternal nous surprend de la première à la dernière note !
Quant à mes voisins, il y a belle lurette qu’ils se sont entredévorés les oreilles !
Tracklist :
1. My Way 0r No Way (3:25)
2. Man Down (In the Front Row) (3:49)
3. Beware… (Instrumental) (0:53)
4. Bloodspill (6:17)
5. Adrenaline Rush (3:10)
6. Theater of Thrash (3:55)
7. Conspiracy of Warheads (4:04)
8. Fake Reality (3:36)
9. No Escape (6:09)
10. Madman’s Playroom (Instrumental) (2:24)
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