Note de la SoilChroniqueuse (Aur’Hell) : 8/10
Crystal Lake – The Weight of Sound : le metalcore Tokyoïte en pleine mutation
Après une longue attente et plusieurs albums qui ont fait vibrer la scène internationale, Crystal Lake revient avec The Weight of Sound, son septième opus, et une nouvelle voix en tête d’affiche : John Robert Centorrino, anciennement de The Last Ten Seconds of Life. Succéder à Ryo Kinoshita, chanteur emblématique du groupe, n’était pas une mince affaire. Pour l’aider, le quintette Tokyoïte a invité cinq autres voix prestigieuses : David Simonich, Taylor Barber, Myke Terry, Karl Schubach et Jesse Leach. Résultat ? Une avalanche de talents… mais parfois au détriment de la place laissée à Centorrino.
Musicalement, Crystal Lake reste fidèle à sa recette : riffs acérés entre djent, nu-metal et hardcore, nappes éthérées, batterie explosive et basse groovy. L’album démarre pied au plancher avec « Everblack », attaque frontale aux blast beats et cris intenses. Suivent « Blüdgod » et « Neversleep », alternant violence et mélodie, avant que « King Down » ne laisse Centorrino seul au micro, affirmant enfin son identité.
Le morceau éponyme, « The Weight of Sound », est la pièce maîtresse de l’album : atmosphérique et mélodique, il illustre parfaitement le titre : chaque note et chaque son portent un poids émotionnel réel. « Dystopia » (feat. Jesse Leach) et « Coma Wave » clôturent l’album en douceur, mêlant tension, technicité et passages contemplatifs, montrant que Crystal Lake sait aussi respirer entre deux déferlantes de riffs.
Mais l’album n’est pas exempt de défauts. Les transitions abruptes et la juxtaposition de styles – heavy, southern, atmosphérique – donnent parfois une impression de chaos. Certains morceaux, notamment le triptyque d’ouverture, paraissent forcés et dispersés. Les nombreuses collaborations vocales, bien que qualitatives, diluent parfois l’impact de Centorrino, qui devra s’imposer pleinement sur le prochain album.
Pourtant, là où le groupe réussit à équilibrer agressivité et atmosphère, le résultat est saisissant : riffs incisifs, batterie martelée et mélodies poignantes se combinent pour créer une énergie brute et communicative. Crystal Lake reste un des groupes de metalcore les plus dynamiques et techniques du moment, capable de déclencher pogos et frissons émotionnels en un instant.
En résumé, The Weight of Sound est un album solide et audacieux, parfois chaotique mais captivant. Il illustre la transition d’un groupe qui cherche sa nouvelle identité vocale tout en conservant sa signature instrumentale. Pour les fans, c’est une dose d’adrénaline et de mélodie, et pour Centorrino, un tremplin vers une place durable au sein de Crystal Lake.
Verdict : féroce, mélodique, mais un peu trop généreux en invités à mon goût – Crystal Lake reste un titan du metalcore.
Tracklist :
- Everblack (3:16)
- BlĂĽdGod (3:30)
- Neversleep (2:50)
- King Down (2:28)
- The Undertow (3:20)
- The Weight of Sound (4:30)
- Crossing Nails (3:42)
- Dystopia (4:13)
- Sinner (4:18)
- Don't Breathe (3:59)
- Coma Wave (4:45)








