Boum Patat – Ma Belgitude

par Metalfreak | Mar 16, 2026 | Chroniques | 0 commentaire

Line-up sur cet Album

Olivier Wittenberg : Chant, Instruments
Jérémie Vasile : Guitares

Style:

Electro Fun Metal

Date de sortie:

31 octobre 2025

Label:

WormHoleDeath

Note du SoilChroniqueur (Vince le Souriant) : 8/10

"Je voudrais que ma poésie soit comme une boule de cristal dont on ne verrait plus que la clarté. J’écris pour que même la plus humble des servantes me comprenne."
(Maurice CarêmeLettre à Jeannine Burny)

Je suis un pays dénué de relief, réputé pour mes gaufres et mes bières, j’ai vu naître Annie Cordy et Plastic Bertrand, et mes habitants sont régulièrement sujets à vos blagues qui les font passer pour des benêts. Je suis, je suis, je suis ? La Belgique, une fois !!!
Oui, les clichés sur nos voisins d’Outre-Quiévrain ont la vie dure. Et pourtant, les amateurs de musiques extrêmes le savent, la contrée a tant à offrir ! Le blackeux que je suis vous parlerait volontiers d’Enthroned, Ancient Rites, Vociferian, Déhà, en passant par Wiegedood, mais il n’est pas possible de faire l’impasse sur des groupes tels que Wolvennest, Aborted, Amenra, Imber Luminis ou encore Death Overtakes Me (que votre serviteur avait eu le plaisir de chroniquer >> ici <<).
Et pourtant, l’artiste dont il va être question ici est d’une nature toute différente : prenez la violence de Cobra, les sons synthétiques de No Filter, le goût d’Ultravomit pour les thèmes outranciers, ajoutez au mélange un sosie d’Eugène, le personnage fétiche de Marsault, et vous obtiendrez ? …Boum Patat !!!
Le résultat est pour le moins surprenant, et oscille entre franche rigolade, et grosse envie de pogo.
Musicalement, l’electro fun metal de Boum Patat, c’est de l'Eddy Merckx en pleine descente : ça va vite !
Olivier Wittenberg, qui a composé, produit et écrit l’album, a officié derrière les fûts pendant dix-sept ans au sein de Manic Movement, un groupe de Heavy Metal.
Cette carrière l’a conduit à partager des scènes avec Kreator et Moonspell, et on sent que l’homme maîtrise son sujet sur le bout des doigts.
Chant, batterie, production forcent l’admiration.
Quant aux compos, leur efficacité ne saurait être remise en cause, elles tiennent toutes du mur du son bien bourrin.

Bourrin.
Le mot est lâché.
C’est, de prime abord, ce à quoi l’on serait tenté de réduire l’album, et l’artiste avec. En effet, comme le résume un internaute, avec Boum Patat, il est surtout question de « déconne, défonce, dérision ». C’est, indéniablement, une des facettes de l’album. Et elle est parfaitement assumée : si "Putain de Moustique" ou encore "Electro Frustration" abordent avec humour des banalités triviales, d’autres pistes emploient vulgarité et références crues. Ainsi de l’évocation de la découverte de la sexualité dans "Boum Patat" (« A seize ans j’ai découvert l’amour, une expérience bouleversante, mon zizi a fait ‘Boum Patat’ »), ou de l’emploi d’un extrait du film "Maîtresses très particulières" dans "Rue d’Aerschot".

Mais voilà, les faits sont têtus : ces mêmes éléments qui tendraient à laisser penser que Boum Patat est une sorte de Patrick Sébastien pour metalheads permettent de démontrer l’inverse.

Boum Patat est un projet malin, qui se joue du premier degré.
C’est ainsi que le disque intègre des références qui, si elles ne sautent pas aux yeux, n’en sont pas moins bien présentes, et importantes.
La première d’entre elles réside dans les très nombreux clins d’œil et emprunts à la New Beat et à la techno, qui tapent l’incruste aussi bien dans les intros des morceaux que dans les titres. "James Brown Is Dead" est ainsi un hommage au duo hollandais L.A. Style, dont le titre éponyme, sorti en 1991, connut un succès retentissant. Voilà pour le plus gros des ‘easter eggs’ planqués le long de ces dix pistes.
Il y en a d’autres : le passage en mandarin (?) dans "Electro Frustration" qui relate les défaillances des appareils Made in China, le titre culte d’Oktoberklub, "Was Wollen Wir Trinken ?" (« Que voulons-nous boire ? »), chanté par une voix féminine sur "Je Suis Zat", ou le générique de la célèbre série documentaire télévisée Strip-Tease, utilisée sur "Mediageil", titre qui déshabille les manies de nos contemporains et justement, leur voyeurisme.
Reste, enfin la teneur sociale du propos, la description – teintée de tristesse floue – d’addictions et de dépendances de toutes sortes : que ce soit à la technologie ("Electro Frustration"), à l’alcool ("Je Suis Zat"), aux substances énergisantes ("Booster") ou au sexe ("Rue d’Aerschot").

Ainsi le propos, qui se donne pour mission de « nous faire découvrir la musique sombre » ("Boum Patat") quitte les rives de la rigolade lorsqu’il dénonce nos misères, qu’elles soient affectives comme dans "Rue d’Aerschot", où le protagoniste cherche du cul faute d’avoir de la tendresse, ou morale dans "Mediageil".
Toutefois, ce qui surprend le plus, ce qui trahit une réflexion bien plus profonde que ce que l’on pourrait soupçonner au premier abord, c’est la déclaration d’amour à la patrie.

« Où l’on est bien, là est la patrie », disait Aristophane.
Et c’est cette définition, détachée de tout chauvinisme, que semble adopter Boum Patat, qui chante la gloire des fiertés nationales, de la « Belgitude » qui donne son nom à l’album. Fait curieux, sur cet album célébrant cette terre tant aimée, trois d’entre eux, "Manneken Pis", "Rue d’Aerschot" et "Mort Subite", la statue qui urine, la rue interlope et la célèbre bière renvoient spécifiquement à… Bruxelles, lieu de culture et de Bilinguisme.
Est-ce pour cette raison que le Néerlandais s’invite aussi bien dans les titres ("Mediageil" : truand) que dans les paroles ("Manneken Pis", "Booster", "James Brown Is Dead") ?
Mystère.
Alors, plus que des lieux, plus qu’un parler ou des spécialités gastronomiques, est-ce que la Belgitude ne serait pas cette capacité à tout le moins enviable de rire de soi et de ce que la vie nous réserve de moins drôle ?

"Ma Belgitude" est un disque atypique, qui n’est pas sans rappeler les fameux chocolats : sous sa coque rigide de musique virile parfaitement maîtrisée, l’auditeur aura la surprise de déguster un praliné de grosse poilade, truffé d’éclats de satire sociale douce-amère. Et ça, Mesdames et Messieurs, prouve que, malgré ses 30 667 km², la Belgique est un grand pays.

"Addendum" : Il ne figure pas sur l’album, mais je ne pouvais pas ne pas évoquer l’excellent titre "J’ai Appuyé Sur 666", qui convoque à la fois Renaud et Christophe, sur fond de vociférations enragées. C’est ce morceau qui m’a fait découvrir Boum Patat.
Ce jour-là, je ne sais pas si j’ai cliqué ou tapoté sur 666, mais franchement, je ne le regrette pas !

Tracklist :

1 Boum Patat (3:47)   
2 Putain De Moustique (4:21)    
3 Rue d’Aerschot (4:47)    
4 Electro Frustration (4:21)    
5 Manneken Pis (3:59)    
6 Booster (4:33)    
7 Mediageil (4:00)   
8 James Brown Is Dead (4:07)    
9 Je Suis Zat (4:32)    
10 Mort - Subite (4:13)  

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