Note du SoilChroniqueur (Metalfreak) : 7,5/10
En général, tout chroniqueur qui se respecte, lorsqu’il met en route le son d’un album, lit la bio. Et là, on a droit à une phrase qui interpelle plus que les autres : “« Blood Marks » propose dix titres de thrash metal rapide, furieux et agressif, fortement influencé par des pointures du genre telles que Morbid Saint, Demolition Hammer, Sadus, Dark Angel et Kreator. L’album offre une combinaison impitoyable de vitesse, de riffs acérés et d’une violence brute, inscrivant fermement Abuser dans la tradition du thrash sans compromis”. Dis voir, la bio, tu sais que tu m’intéresses ? Parce que, j’veux pas dire, mais là, d’entrée, je me mets de suite à me rappeler de belles sensations que des “Spectrum of death” (1990), “Epidemic of violence” (1992), “Swallowed in black” (1990), “Darkness descends” (1986) ou “Pleasure to kill” (1986) m’ont collé en leur temps et rien que la perspective d’avoir entre les oreilles un album qui se réclame de ces albums cultes (voire référentiels du genre) me met la rate au court-bouillon !
Un peu mon n’veu que je vais me coller cette baston annoncée entre les oreilles. Et on ne s’y trompe pas : les Polonais d’Abuser, formé en 2018, sort avec “Blood marks” son premier album après seulement une demo de quatre titres en 2019 sobrement intitulée… “Demo 2019” et dont deux titres, “Abuser” et “Painbringer” sont sur cet album !
On ne va pas faire dans la paraphrase mais le principal est décrit dans la bio. Si parfois celles-ci sont pleines de belles phrases accrocheuses pour masquer un manque flagrant d’imagination et de talent, ici, il n’y a pas mensonge sur la merchandise. Alors OK, comme beaucoup de groupes de thrash metal old school, Abuser ne se démarque pas par son originalité, mais bien par la rage, la conviction et sa capacité à composer des titres d’une agressivité remarquable, le tout avec une technique qui vaut le coup d’oreille. En même temps, tous les membres font ou ont fait partie de formations à haute teneur thrash metal (Hexenaltar, Pandemic Outbreak, Leprozorium, Nexus, ex-Raging Death…), on comprend que ces mecs n’ont pas besoin d’une quelconque leçon d’agressivité.
Parce que de l’agressivité, il y en a tellement tout au long des dix titres (pour seulement 36 minutes) que ça en dégueule de tous les côtés. Et vu la longueur des titres (même pas quatre minutes de moyenne), c’est dire si non seulement ça va très vite, mais qu’en plus ça se cantonne à l’essentiel sans en rajouter. Rajoutez à ça un chant à la Mille Petrozza sous amphétamines et un jeu de guitares ébouriffant – avec des soli dévastateurs –, on comprend qu’on a ici un album de pur thrash metal, sans le moindre compromis, ni la moindre envie de composer autre chose que des petites bombes à fragmentations à haut potentiel destructeur !
Et nous, thrashers nostalgiques, on adhère ! Une des claques de ce printemps…
Tracklist :
- Cry of the Innocent (4:38)
- Suspended in Torture (3:48)
- Blood Marks (3:38)
- Painbringer (2:49)
- Fin de Siècle (5:04)
- Monument of Atrocity (2:50)
- Struggling for Reality (2:13)
- Lethal Obsession (2:49)
- Abuser (4:41)
- Witnessing Madness (3:39)








