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Deficiency, interview

Le 19 décembre 2013 posté par Metalfreak

Que ce soit pour composer un album comme pour répondre à une interview par mail, Laurent Gisonna (guitare lead / chant) aime aller au fond des choses. Un album comme « The prodigal child » est à l’image des réponses ci-dessous : extrêmement fouillé. Un pur régal à retranscrire lorsque les artistes jouent le jeu comme cela. Encore meilleur en s’écoutant cet album fortement conseillé…

Par Metalfreak

 

 

En 2004, vous vous appeliez Black Age, avec sorti une demo en 2005 (« Black storm ») et un album en 2008. Est-ce qu’à ce moment là vous aviez déjà une idée précise du son que vous vouliez pour arriver à celui d’aujourd’hui ?
Salut à toi et aux lecteurs!
Tu fais ici référence au groupe que j’avais avant même la création de Deficiency en 2008/2009. Le groupe d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec Black Age, tant en terme de style musical que de line-up. Cette époque représente en quelque sorte mes débuts de musicien, nous étions jeunes et avions envie de bien faire, mais je n’arrive plus aujourd’hui à trouver de véritable corrélation ou ressemblance entre cette ancienne mouture et Deficiency.

Quelles retombées aviez-vous eues pour cet album ? Etaient-elles en accord avec tes attentes ?
L’album auquel tu fais référence est sans doute « The Point Of No Return« , sorti avec Black Age. C’était ma première expérience en studio et le premier disque à peu près construit que nous avons publié, mais en toute honnêteté, cela est resté très confidentiel, tant sur le plan médiatique que des retombées auprès du public. Une première expérience voilà tout!

C’est en 2008 que vous changez de nom pour prendre celui de Deficiency : pourquoi ce changement et pourquoi ce choix ?
Nous venions d’intégrer de nouveaux musiciens et cela a entraîné la fin de la période Black Age. Nous avions la volonté de repartir sur de nouvelles bases, de redéfinir le groupe, son style, ses ambitions. Le moment était alors bien choisi pour tourner la page et lancer un projet neuf!

Un changement de bassiste plus tard, vous sortez « State of disillusion » en 2011 : quel accueil a-t-il eu ?
Il s’agit du premier album de Deficiency, enregistré en home studio et totalement autoproduit. On a fait avec les moyens du bord, mais avions vraiment à cœur de proposer un produit de qualité. En tout cas, ce disque a été bien accueilli par le public et les médias. Il nous a permis de réellement « décoller », à notre échelle. On a commencé à parler de nous, nous avons enchaîné les dates avec quelques premières parties mémorables (Suicidal Angels, Decapitated, Evile) et de plus signé sur un label ! Ca a vraiment été le commencement de quelque chose de fort pour nous!

Entre 2011 et 2013, encore un changement de line up avec un nouveau guitariste : penses-tu cette fois ci avoir trouvé la formation idéale ?
Oui effectivement, Jérôme s’est emparé de la six-cordes en mai 2012. Je pense que nous sommes cette fois-ci plus soudés que jamais. On s’entend à merveille, tant musicalement qu’humainement, et avons les mêmes objectifs. On ne touche plus à rien !

« The prodigal child » est sorti en octobre dernier, avez-vous déjà quelques retombées ? Il semblerait que les chroniques sont assez unanimes…
Oui, les retours de la promo commencent à bien porter leurs fruits. Les chroniques du nouvel album sont pour le moment très positives, et pourvu que cela dure! Nous avons gagné en maturité, notre style est bien plus abouti aujourd’hui que par le passé, c’est vraiment gratifiant pour nous de voir que les médias accueillent ce disque avec enthousiasme. L’essentiel est que l’album plaise, et procure des émotions musicales!

 

Et en terme de ventes ?
A notre échelle et dans le contexte de crise actuel, nous sommes très surpris de voir à quel point les ventes démarrent bien. Le public répond pour le moment présent et nous soutient grandement en n’hésitant pas à acheter l’album après un concert, ou via les réseaux de distribution. Évidemment, nous ne vendons pas des centaines de milliers de disques, mais ces débuts prometteurs sont vraiment gratifiants!

Vous avez autoproduit l’album et êtes distribués par Replica : recherchez-vous un label ?
Il est vrai que nous avons entièrement financé la réalisation de cet album, et tout ce qui l’entoure. Nous souhaitions confier chaque aspect (la prod, le visuel, la promo…) à des « valeurs sûres », des personnes d’expérience qui nous permettraient d’avancer. Cela demande évidemment d’importants investissements. Comme je l’ai dit plus haut, nous avons signé sur le label indépendant Fantai’Zic Productions en 2011 après la sortie de notre premier album, et sommes donc aujourd’hui distribués à l’échelle nationale et européenne en import, ce qui est une grande avancée et une belle fierté pour nous. Replica Promotions et Roger Wessier s’occupent de toute la promo autour de cet album, c’est vraiment une chance de pouvoir travailler avec lui, c’est quelqu’un d’extrêmement reconnu et compétent dans le milieu!

Ce qui frappe lors de l’écoute de « The prodigal child », c’est cette capacité à combiner un thrash old school proche du Big Four avec des sonorités modernes proches de Machine Head ou de Meshuggah, voire death mélodique qui lorgnent du côté de Soilwork : entre vos influences respectives et l’apport de David Potvin, vous semblez être comblés au niveau du résultat final, non ?
Tout à fait ! C’est vraiment cette alliance du Thrash Old School et du Metal moderne que nous avons à l’esprit. Les groupes que tu as cités font tous partie de nos influences. La production est certes moderne, mais pas du tout clinique ou dénuée d’âme. Nous sommes très heureux du résultat!

Pourquoi le choix de ce studio et de D. Potvin pour le produire ?
Le Dome Studio de David Potvin était notre premier choix, et heureusement, tout s’est parfaitement goupillé pour que nous puissions collaborer sur cet album ! Nous avons écouté et apprécié un paquet de ses productions précédentes, notamment son travail sur ses propres groupes (One Way Mirror ou Lyzanxia), mais avons aussi été bluffé par la qualité sonore et des arrangements qu’il a apporté à des groupes comme Under The Abyss ou T.A.N.K. . La possibilité de travailler avec quelqu’un qui a énormément d’expérience sur la scène Metal et qui de plus est Français nous a définitivement conquis!

Justement, d’enregistrer cet album dans ce studio a-t-il rajouté un « plus » dans l’envie de sonner à la fois old school et moderne ?
Peut-être oui! David travaille avec du matériel à la fois moderne et de l’autre côté des trucs plus éprouvés et vintage, mais qui sonnent d’enfer. Nous avons par exemple suivi ses conseils et enregistré la basse sur une ampli Ampeg SVT de 1972 qui trône dans son studio. A côté de cela, les guitares ont été produites à l’aide de mon E.V.H. 5150 III, du matos très récent ! David respecte à 100 % les volontés des groupes qu’il enregistre, tout en apportant sa propre « patte », ce qui est un compromis assez hallucinant. Nous avons vraiment donné carte blanche à David sur le son, et les premiers mix qu’il nous a envoyé ont tout de suite collé avec ce à quoi nous aspirions.

Dans ma chronique ( http://www.soilchronicles.fr/chroniques/deficiency-%E2%80%93-the-prodigal-child ), je dis : « Officiant dans un thrash metal aussi mélodique que technique, et surtout non dénué de brutalité, l’album propose dix titres suffisamment variés, d’une longueur tournant entre cinq et huit minutes, avec de nombreux breaks pour qu’il tienne l’auditeur en haleine de bout en bout sans qu’il ne sombre dans l’ennui à un quelconque moment » : comment avez-vous trouvé cette formule ?
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une « formule » qu’on aurait appliqué de manière scientifique à notre musique. Tu résumes bien notre état d’esprit, mais les compositions se créent de manière assez naturelle. Nous avons simplement combiné les éléments qui nous font aimer le Metal, à savoir la furie, l’agressivité, la mélodicité, la lourdeur, et avons essayé de mettre tout cela en forme. Il est vrai que les morceaux sont assez longs, mais je ne pense pas que cela soit un handicap. Nous avons besoin de temps pour amener un refrain, un solo, il est important de poser les choses et de donner des repères à l’auditeur.

Y a-t-il des groupes desquels vous vous sentez proches au moment d’aborder la composition ?
Il y a énormément de groupes qui nous inspirent, tu en as cité quelques uns tout-à-l’heure, mais nous ne composons pas en ayant en tête telle ou telle formation en particulier. Au moment où j’aborde un morceau, je suis comme beaucoup de fans de Metal dans une certaine « phase ». Souvent, je fonctionne par période stylistique, c’est à dire que pendant quelques semaines je vais écouter beaucoup de Death Metal, ensuite ce sera plutôt du Metal Symphonique, puis du Thrash, etc… Je pense que les morceaux naissent au gré de ces périodes, ce qui peut aussi expliquer le vaste panel de groupes que nous pouvons citer comme référence dans la musique de Deficiency.

Parle-moi de la genèse de « The prodigal child » : à quel moment avez-vous commencé les compositions ?
J’ai commencé à écrire les premiers titres peu après la sortie de notre premier disque « State Of Disillusion« , en 2011. Quelques riffs traînaient déjà dans ma tête à ce moment, et nous en avons répété quelques uns en fin d’année 2011. Mais le gros du travail de composition a été réalisé surtout en 2012, où nous avons eu une restructuration du line-up sur la première partie de l’année, ce qui m’a laissé pas mal de temps pour composer du fait que nous ne pouvions enchaîner les concerts. Dès l’arrivée de Jérôme dans le groupe, tout est allé plus vite, nous avons pu tous ensemble bien retravailler mes ébauches de compos en répétition. Vers la fin de l’année nous avons décidé et planifié l’enregistrement du nouveau disque à partir de février 2013!

« The prodigal child » est d’ailleurs un concept album : veux-tu en parler ?
Effectivement, il s’agit d’un concept-album, c’est à dire que tous les aspects du disque, à la fois la musique, les paroles, et le visuel, forment un tout et racontent une même histoire. Je me suis basé sur des interrogations personnelles, des questions existentielles qui me travaillent énormément. D’où vient l’Homme? Pourquoi est-il sur cette planète? Quel est son devenir? Les réponses apportées par la religion ou la science sont souvent assez tranchées, ou trop suspensives. J’ai trouvé intéressant d’apporter une autre forme de réponse à ces questions, davantage tournée vers la science-fiction. Chacun pourra y trouver sa propre explication.

Qui s’est chargé de la pochette ? Peux-tu me la décrire ? As-tu donné des directives pour sa création ?
L’artwork a été confié à Ludovic Cordelières (RusalkaDesign : http://www.rusalkadesign.com/). Nous avons travaillé lui et moi en étroite collaboration, il a su à la fois respecter les idées et visions que nous avions pour l’album, et y mettre sa patte, bien reconnaissable je trouve sur notre visuel. Le résultat est fantastique, nous sommes encore aujourd’hui bluffés par son travail !
Concernant la description de la cover de l’album, je préfère donner des pistes plutôt que de la décrire. On y voit un personnage central, pétrifié, presque prisonnier d’un carcan qu’il ne semble pas maîtriser. Il se matérialise à partir d’une branche d’ADN provenant de ses deux extrémités (la Terre et le ciel). Il y a tout un tas de symboliques plus ou moins cachées sur cette pochette, je laisse le soin à chacun de les trouver et d’interpréter à sa manière ce qu’il voit !

Là où il y a un véritable revival en matière de thrash metal old school, penses-tu que c’est le meilleur moment pour Deficiency de proposer une musique qui allie à la fois les sons de ces deux générations de thrashers ?
Pourquoi pas ! C’est vrai que le Thrash connaît une forme de revival, à la fois avec les légendes qui ont contribué à sa création qui reviennent en force (je pense en particulier à Exodus, Death Angel ou Testament), mais aussi avec de jeunes groupes qui pratiquent un Thrash purement Old School (comme Warbringer), plus progressif (Evile) voire moderne (Sylosis). Quoi qu’il en soit, nous apprécions tous ces groupes ! Le Thrash n’est pas vraiment le style le plus populaire en France, mais nous espérons trouver notre public et proposer un peu autre chose que les styles à la mode qui ne dureront sans doute qu’un temps !

Passons aux différents titres de l’album : pouvez-vous en parler de façon détaillée (ou non) pour nous les présenter ?
Question ardue ! Je me contenterai de quelques mots pour chacun d’entre eux!

1. The Prodigal Child (5’06)
Ce titre ouvre l’album. Nous l’avons positionné en premier car il reflète assez bien toutes les facettes de notre style. C’est un morceau complet, et bien rentre-dedans tout en étant mélodique.
2. Unfinished (5’12)
Sans doute le morceau le plus Thrash de l’album. Nous l’avons utilisé pour notre premier clip (Cliquez ici). J’aime beaucoup le refrain bien accrocheur, et le break central bien lourd.
3. A Prospect of Traveling Beyond (5’37)
Ce titre lorgne vers nos influences le plus extrêmes. Le couplet est chanté, et le refrain hurlé, soit l’inverse de ce qui se pratique d’habitude. C’est un morceau qui prend à la gorge et ne laisse aucun répit à l’auditeur.
4. Those Who Behold (6’09)
Retour au Thrash plus « traditionnel » avec un tempo assez élevé. Le break central sonne beaucoup plus moderne et saccadé, et le final propose un solo aux forts relents de Heavy Metal. Je me rends compte qu’on passe vraiment pas de nombreux styles différents au cours de ce morceau, sans que l’on perde en cohérence.
5. The Introspection of the Omnipotent (6’03)
Un titre que l’on peut mettre un peu à part sur l’album. Il propose un tempo plus lent, plus lourd, et très saccadé. Le côté moderne ressort beaucoup. Il y a un travail particulier fait sur les voix puisqu’elles fonctionnent en question-réponse sur les couplets. Le solo final est l’un de mes préférés du disque, et a sans doute été le plus difficile à composer et à réaliser en studio ! C’est un morceau qui fonctionne très bien en live !
6. The Flaw (5’10)
Un morceau qui mise surtout sur l’efficacité. On conserve un aspect moderne de bout en bout. Un rythme assez soutenu et violent, mais nous avons tout de même accordé quelques moments de répit (le break central, ou l’interlude acoustique) !
7. Stronger Than You (5’56)
Encore un titre à tiroirs. Franc et direct au début, presque néo-classique au centre, progressif aux deux-tiers, et moderne sur la fin ! J’adore ce morceau !
8. A Way Out of Nowhere (7’27)
Il s’agit du seul morceau instrumental du disque. Nous avons voulu rééditer l’expérience sur « The Prodigal Child« , ayant déjà produit un titre de ce genre sur « State Of Disillusion« . Nous sommes partis des ambiances et harmonies de notre première instrumentale et avons construit un tout autre morceau à partir de cela. C’est sans doute le titre le plus « traditionnel » de l’album !
9. The Experiment (7’18)
Un des premiers titres composés pour cet album. Une longue pièce assez progressive, qui joue sur des sonorités dissonantes, mais avec un refrain vraiment percutant. Le pont central est ultra lourd, et mène vers une fin furieuse, très Thrash ! Un des morceaux phare de nos set-list en live !
10. The Curse of Hu’s Hands (8’15)
Le morceau le plus singulier du disque, puisqu’il achève l’album et l’histoire du concept. Je suis parti pour une fois des paroles avant d’écrire la musique, ce qui détermine en partie le côté non-redondant du morceau. Il décrit plusieurs sens qui se retrouvent débridés, et mènent au final à la perte de l’Homme. Ce titre est très sombre, et extrêmement solennel sur la fin. Une grosse pièce à tiroirs, parfaite pour finir « The Prodigal Child » !

Dans quel état d’esprit le groupe a-t-il composé l’ensemble de ces titres ?
Je compose la majorité des morceaux, que nous retravaillons ensuite tous ensemble en répétition. Comme dit précédemment, chaque morceau est composé dans un état d’esprit différent, relatif au moment où il est écrit.

Qu’en est-il désormais de l’avenir de Deficiency ? J’ai vu que vous terminiez une tournée le 6 décembre…
Oui, nous achevons la première partie de la tournée intitulée « The Prodigal Tour« , qui nous a permis de nous produire dans le Nord de la France, en Belgique, en région parisienne, dans la Marne, l’Alsace ou encore la Bretagne. Nous repartons sur les routes dès le début d’année 2014. L’objectif est de tourner au maximum pour défendre notre album un peu partout en France, voire à l’étranger. Nous travaillons encore à la programmation de dates, notamment pour la fin d’année 2014.

As-tu déjà réfléchi à la suite de Deficiency ?
Pour le moment nous nous concentrons sur cet album, qui nous a demandé beaucoup de travail et d’investissement personnel. Évidemment, il y aura un troisième album, mais nous n’avons pas encore de matériel pour celui-ci. J’espère que « The Prodigal Child » permettra au groupe de franchir un cap, en terme de notoriété, d’agrandir notre fan-base, et de se faire plaisir sur scène tout simplement!

Y a-t-il une question que tu aurais voulu que je te pose ?
Je crois que tu as explosé le record de questions qu’on ne m’a jamais posé en interview, je laisserai donc ces 24 questions répondre à celle-ci =)
Je te laisse conclure.
Un grand merci à toi pour ton intérêt! Il faut soutenir notre belle scène française, et cela passe par tous les acteurs de l’ombre comme toi qui permettent aux groupes de s’exprimer!
Un grand merci également à tous nos supporters qui nous soutiennent grandement, et qui sont toujours plus nombreux!

Site officiel : http://deficiency.fr/
Myspace : https://myspace.com/deficiency57
Facebook : https://www.facebook.com/deficiencymetal
Twitter : https://twitter.com/_DEFICIENCY

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