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Live report + photos : Bloodybarbie

 

PUTAIN !… Excusez-moi, je ne commence jamais mes live reports par des grossièretés mais c’était le premier mot qui est sorti de ma bouche lorsque Garmonbozia a dévoilé cette affiche d’enfer… parce que je ne croyais pas que ce jour, tant attendu, allait vite arriver ! Ce jour où ce jeune groupe prodige (le plus vieux de ses membres a 28ans), laissez-moi l’appeler, le qualifier de la « crème de la crème du Thrash du 21ème siècle » (comme s’il n’avait existé avant ?!) passe.

Oui, je préfère Vektor à Slayer, à Anthrax, à Sodom, Voivod, Death Angel, Overkill, Metallica (eh non ça ne va pas, je ne suis pas sérieuse là !)… Et oui, c’est comme la différence entre le chocolat de l’artisan chocolatier ou du Lindt : ils sont tous les deux très bons, mais un des deux est bien meilleur car plus raffiné et innovant que celui qui date de plus d’un siècle et qui finit par nous lasser. Bin Vektor, c’est le chocolatier artisan (vous l’aurez deviné). D’ailleurs, je remercie infiniment Sami (si tu nous lis) de m’avoir fait découvrir cette petite perle précieuse et rare quelques mois plus tôt. Je me souviens comment mes oreilles se sont grand ouvertes, ébahies et émerveillées par ce Thrash de luxe, la suprématie même ! Deux albums que je n’ai pas cessé de faire tourner en boucle jusqu’à les apprendre par cœur, un régal pour les tympans et un pur plaisir pour tout fan de Thrash extraordinaire !

Voilà que les américains de Philadelphie mettent pour la première fois les pieds en Europe – bon, si on excepte le Hellfest 2013 – et certainement pas la dernière. Et en plus directement en tête d’affiche pour une première tournée… Si ce n’est pas la grande classe ! Ils sont accompagnés par un groupe expérimenté désormais et bien rodé en live : nos adorés Angelus Apatrida qu’on revoit pour la troisième fois en six mois à Paris, toujours en co-tête d’affiche (ils n’ont toujours pas fait leur tournée en tête d’affiche alors que la première fois que ces petits jeunes mettent les pieds en Europe, c’est pour une tournée en tête d’affiche) et des novices dans le Thrash : Distillator.

Ce groupe né en 2013 joue en ouverture de cette soirée Thrash du mois (parce qu’il nous faut notre dose thrash mensuelle, comme les menstruation). Les hollandais célèbrent d’ailleurs fièrement la sortie de leur tout premier bébé, « Revolutionary », et nous en jouent une bonne partie. Le groupe se montre énergique dès leur premier morceau, et quelle putain d’énergie ! Ca bouge de partout, la photographie du bassiste et du guitariste n’était pas une tâche facile vu leur vitesse de déplacement sur cette petite scène (même avec une vitesse de 1/200ème, c’était compliqué)… Je n’ai jamais autant galéré ! Sinon, le son était (miraculeusement) propre, surtout la voix qu’on réussissait à bien entendre. Les morceaux sont rapides (comme leur géniteurs), efficaces, courts (autour de deux minutes) et suffisamment techniques pour faire du bon Thrash à la Exodus, Destruction, Exumer ou Testament… avec des soli véloces et bien faits, et des riffs sympas, du très bon Thrash quoi !

Ils terminent leur set par une reprise de Slayer, honorant fièrement leur inspiration, celle de « Black Magic » qui aura ravi certains thrasheux (mais pas moi car je n’aime pas Slayer de toute façon). Excellente découverte et groupe à suivre de près !

 

Bon, au tour de nos amis (désormais) d’Angelus Apatrida qui commencent même à connaître leurs fans habitués et se mélangent au public lorsqu’ils ne sont pas sur scène. Ils ont même des fans espagnols avec qui ils se tapent la discut’ à chaque concert (le batteur est une véritable pipelette quand il s’y met). Voilà qu’ils connaissent leurs habitudes au Glazart, comme c’est leur troisième fois en moins d’un an (mais ils ont dit que c’était la dernière avant longtemps hélas car ils doivent se reposer). J’ai pu demander au frontman Guillermo avant le concert s’ils avaient changé leur playlist, ils m’ont répondu que non, ils n’avaient pas assez de temps entre le mois précédent et celui-ci pour la changer.

Sous une intro habituelle, Angelus Apatrida fait son entrée sur scène et, dès le deuxième morceau, pas de chance : la tête d’empli de la gratte de Guilermo crame… Et pas n’importe laquelle, une des plus chères – oui, parce que les espagnols ne jouent que sur du Eddie Van Halen ! Guillermo est fou furieux et a du mal à contenir sa colère, mais se ressaisit vite et se rebranche sur un autre ampli (ça leur a coûté un morceau en moins de la setlist), même si nous remarquerons qu’il reste très tendu pendant tout le concert, balançant directement des gros mots d’expression auprès de ses collègues après chaque morceau. Sachant que ce n’était que leur 2ème ou 3ème concert et qu’il restait encore un mois à tenir…dur, dur !

Sinon, comme tout show d’Angelus Apatrida, certains connaissent les paroles et les chantent à fond (surtout les jouissifs  « Give ‘em War » et « You Are Next »), d’autres s’excitent et se mettent à pogotter, slammer… Je me positionne comme d’habitude entre Guillermo et David, tout devant, pour apprécier le jeu dextre de ces deux super gratteux forts sympathiques ! Un bon set de Thrash old-school et mélodique, truffé de soli. Il manquerait tout de même un petit quelque chose pour “mieux faire” – l’ampli EVH ? – et grimper un échelon de plus.

Maintenant qu’on est des habitués, on est sensés connaître les paroles par cœur, comme à l’école !

Setlist Angelus Apatrida :
– Immortal
– Violent Damn
– Endman
– Vomitive
– Of Man and Tyrants
– First World of Terror
– Give ’em War
– Serpents on Parade
– You are next

 

Si Distillator est tout juste bon, Angelus Apatrida c’est le niveau d’au-dessus donc TRES bon… alors Vektor ne peut qu’être l’excellent voire le presque parfait !

Quand on voit le logo du groupe, on devine tout de suite leur influence : c’est écrit avec la police de Voivod ! Et les américains ne nient pas leur admiration et inspiration de Voivod, que ça soit musicalement, mais aussi dans les thématiques extraterrestres et SF. Non, Vektor est loin d’être une copie (conforme) à Voivod, je dirai que c’est meilleur !

Il y avait de gros fans de Vektor, même plus gros fan que moi, qui avaient le sourire plein le visage, qui connaissait les paroles mieux que moi et ce dès le premier morceau « Cosmix Cortex » qu’annonça sa belle intro flippante (tellement excellent qu’on ne peut qu’apprendre naturellement les paroles et les réciter… enfin, celles du refrain seulement). Qui a dit que seuls les doomeux ou les progueux pouvaient faire des morceaux d’une dizaine de minutes ? Même les thrasheux de Vektor l’ont fait, mais on ne s’ennuie pas et on ne les sent pas passer ! Dès « Desoxyribonucleic Acid », nous voilà immergés dans un univers aux mélodies aussi complexes que des équations de mécanique quantique, et aucun morceau n’échappe à cette règle d’or qui fait tout le charme de ce Thrash atypique fait par ces extraterrestres !

Petit moment de répit pour le groupe qui a bien bossé pendant 15minutes non-stop où David demande à l’ingé son de re-régler le son des guitares et nous annonce un titre de leur nouvel album, « Ultimate Artificer », qu’on découvre tout juste (et qui a été dévoilé sur la toile début décembre, donc après le concert). Il est vraiment pas mal : la touche Vektor est profondément ancrée, mais « The Cygnus Terminal » (un autre nouveau titre et extrait du nouvel album joué) est encore plus magique et différent du style standard de Vektor, moins fou-fou et avec un air de néoclassique/prog. Il aura fallu attendre 20 minutes pour que quelqu’un du public crie “we can’t hear you voice” et que les autres confirment ; David demande donc à l’ingé son de monter le micro – sérieusement, pendant 20 minutes, je croyais que c’était en version karaoké !

L’extase, la masturbation auditive, la jouissance, voilà ce que peut vous procurer le groove et la rage : avec « Tetrastructural Minds » qui est annoncé, la foule est en chaleur ! Si vous y êtes aussi sensible que les fans le sont, c’est de l’excès de vitesse, un chant aigu et torturé (qui frôle le Black), un magnifique pont calme et plaisant, et un groove indescriptible.

La personnification de la perfection que nous livrent les deux guitaristes David et Erik, pour admirer de près ces deux branleurs de manche (surtout Erik). C’est valable aussi bien sur scène que sur album, dommage que les balances n’étaient pas au top. On attend impatiemment ce nouvel album mais hélas il a du retard (et pourtant il n’est pas signé chez la SNCF). En tout cas, ces trois titres sont extraits de cet album tant attendu. Quant à « Psychotropia », autre extrait du nouvel album, elle est tout aussi différente, avec un air oriental prononcée et un jeu de batterie qui groove à mort !

Vektor prouve une troisième fois qu’il peut faire du Thrash plus groovy, toujours aussi tordu et complexe. Ils nous mettent l’eau à la bouche, ce qui est de très bon présage : leur nouvel album promet d’être à la hauteur de ses prédécesseurs, voire mieux !

Je n’ai aucun doute quant à l’avenir radieux et le devenir de ce groupe et ses membres lorsqu’on voit une si belle technicité et maitrise ! En tout cas quelle sympathie, quel dynamisme !… même s’ils se montrent un peu timides et n’osent pas trop aller vers le public ! Ça finira par venir j’en suis sûre !

Ce fut une grosse méga claque, la fessé du Thrash par excellence, et nous, on aime ça !

Seul un gros point noir : c’est qu’on n’entendait pas ces délicieux aigus stridents du frontman David… J’ai même failli aller moi-même taper le mec derrière la console et régler les balances !!! C’est tout simplement scandaleux !

En tout cas, vu l’accueil chaleureux et mouvementé des américains, nul doute qu’ils reviendront nous donner la fessée lors de leur prochaine tournée. On n’attend que ça !!!!

Vektor, le meilleur du Thrash moderne (très subjectif bien évidement) ! Ah, je vous ai peut-être fait peur avec la longueur de « Cosmic Cortex » de dix minutes, et bien « Accelerating The Universe » (attention aux aigus, ici) augmente la mise avec 13 grosses minutes ! Le temps est si relatif quand on savoure un chef d’œuvre ! Je les plains surtout eux : comment les musiciens peuvent-il tenir 13minutes tout au long d’un morceau aussi rapide ?

Dommage que mon vœu n’ait pas été exaucé, celui de voir Vektor jouer « Venus Project », mais mon autre coup de cœur, « Black Future », a compensé ce manque.

Pour la petite anecdote, si vous discutez avec David et que vous entendez sa voix lorsqu’il ne chante pas (ou lorsqu’il parle), vous serez surpris d’entendre à quel point sa voix est un caméléon, puisqu’elle est grave. Comment une voix aussi grave peut sortir des cris et un chant aussi aigus? Même lui ne le sait pas, c’est le paradigme de David !

Si je devais commettre un jour un acte de… je ne sais pas trop comment l’appeler, ça serait de tenir en otage toute la salle (le groupe y compris) jusqu’à ce qu’ils jouent l’intégralité de leurs albums ! Ça c’est un bel acte de terrorisme utile !

 

Setlist Vektor :
– Cosmic Cortex
– Deoxyribonucleic Acid
– Ultimate Artificer
– Tetrastructural Minds
– The Cygnus Terminal
– Black Future
– Psychotropia
– Accelerating Universe

Rappel :
– Asteroid

Un GRAND merci encore une fois à Garmonbozia pour avoir permis cette date authentique, ainsi qu’aux trois groupes pour nous avoir bien animé cette sacrée soirée thrash inoubliable !

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