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Live report + photos : Bloodybarbie

Taake est un de mes groupes de Black Metal préférés, que je n’avais jamais eu l’occasion de voir en live. Et puis c’est un groupe (ou un projet solo avec des membres live) qui tourne beaucoup. La preuve : il revient à Paris seulement un an après son dernier concert dans l’hexagone.

 

Dominaz :

Je n’étais arrivée à temps pour assister au set de Dominaz, je laisse donc mon ami Francky s’exprimer à leur sujet.

« Dominanz fait partie de ces groupes qu’on classe dans le Dark Metal parce qu’ils ont le cul entre 2 chaises : ça ne va pas assez vite pour du Black Metal, ce n’est pas assez lourd pour du Death et c’est très trop méchant pour être du Goth… Sauf que de surcroit le groupe n’est pas original : trop pachydermique et même pas théâtral (comme un Cradle Of Filth, par exemple) et ne dégage aucun charisme sur scène (comme un Tryptikon). Donc même si le GlazArt leur a donné un son très équilibré qui nous a fait profiter d’un bon titre et des soli parfaitement calibrés, cela n’a pas effacé le fait que le groupe embête pas mal avec ses breaks incessants qui font penser à du Metalcore par moments et a des titres joués de façon thrash pas mal à la ramasse… Il manque de dynamisme, de conviction et d’originalité. Ça fait déjà beaucoup ! Le groupe n’est pas mauvais, il est juste sans saveur ! » Francky Snow

J’aurais tellement aimé que Krakow joue à la place de Dominanz comme pour la date à Nice, mais bon, Paris n’a pas eu de chance sur ce coup.

 

Orkan :

Passons maintenant au Trve Black Metal, c’est-à-dire entre autres celui qui vient du nid de ce genre : la Norvège. Orkan, ce jeune groupe qui accompagne Taake pour cette tournée a quelque chose – ou plutôt quelqu’un – en commun : hormis le fait de pratiquer le Black Metal corps et âme, il partage avec Taake le guitariste live Gjermund, qui est d’ailleurs le membre fondateur d’Orkan. Cette même formation a accompagné Taake lors de leur précédente tournée en 2013 et dans la même salle, ce sont des habitués désormais. Autre point commun, Orkan est un morceau de l’album « Noregs Vaapen » de Taake, comme quoi… on peut deviner d’où ils puisent leur inspiration.

Le set commence par une longue intro ambiante et vicieuse avant de déboucher sur, comme on s’y attend, du Black Metal cru. Si Orkan a tout d’un bon groupe black metal, avec des riffs sympathiques, il est moins crédible en termes d’apparence… Comme quoi nul besoin d’une tonne de maquillage et de déguisements pour affirmer qu’on fait du bon Black Metal (comme on dit « l’habit ne fait pas le moine » – ou le diable). De la musique noire et sombre, de premier choix même, et ce qui fait toute la différence, c’est ce jeu de guitare magnifiquement génial qui casse toute linéarité qu’on peut ressentir dans certaines compositions de BM. Les mesures ne sont pas rallongées et les changements de riffs sont nombreux. Je n’ai pas baillé une seule fois ! (le guitariste a un faible pour les bends d’ailleurs). Voilà ce qui fait toute la différence entre du Black Metal… et du BON Black Metal. D’ailleurs, on sent quelques similitudes avec Taake, voire même du BM qui tend légèrement vers du Blackend avec un fond atmosphérique agréable pour adoucir les mœurs. Si c’était Frode (du groupe Krakow, qu’on a vu en tournée avec Arcturus en mai dernier) qui assurait la basse dans la précédente tournée, c’est un nouveau bassiste qui assure celle-ci. La setlist pioche fièrement dans leur tout dernier album, « Livlaus », très bon d’ailleurs, qu’ils viennent défendre. En tout cas, leurs albums sont écrits en norvégien et n’ont rien de satanique : « Livlaus » parle simplement d’une âme perdue  qui essaie de trouver refuge dans le royaume des morts.

Si le morceau « Uforgjengeleg » (à tes souhaits), initialement en featuring avec Hoest de Taake, a été joué ce soir, Hoest ne s’est pas monté sur scène pour le duo, ce qui est très regrettable puisque ça n’aurait rien coûté et que ça aurait été sympa.

Orkan en une phrase : une sorte de Taake ! On aura presque l’impression d’avoir un avant-goût de la vedette de la soirée puisque la ressemblance et l’inspiration sont frappantes.

Setlist Orkan :
1. Fanden På Veggen
2. Livlaus del 1: Evig
3. Livlaus del 2: Dødens Dal
4. Livlaus del 3: Tusen sjeler
5. Uforgjengeleg

The 3rd Attempt

Si Orkan n’avait pas encore son fan club malgré ses passages multiples en France, The 3rd Attempt, lui, a ses adeptes qui arborent fièrement leurs T-shirts. L’enthousiasme et les cris s’élèvent bien plus pour ce combo. Eh oui, c’est la soirée spéciale Norvège. Pour ma part, je suis en complète découverte.

Les norvégiens (oui, encore des norvégiens) débarquent sur scène pour nous jouer l’intégralité de leur seul et unique album, « Born In Throns », qui a été bien vendu et défendu après cette partie du concert. On découvre du black au groove Rock’N’Roll, avec quelques soupçons et une énergie de thrash et de punk comme dans cette belle leçon de l’art de la domination (« Art Of Domination »). Je suis tombée complètement sous le charme de ce groupe et de cet album si prenant ! Notez bien qu’il y a des solos et pas qu’un seul, ce qui était assez rare jusque-là. Tout est bien pensé pour faire un velouté ensanglanté !

Du black qui vous sort de votre attitude de blackeux immobile habituelle et dans sa bulle. Le son était juste excellent ! Certes on n’a pas n’importe quel musiciens devant nous ; si l’ont fouine et démasque le line up, les membres fondateurs sont : Bloodpervertor (Apostasy, Chain Collector, ex-Opus Forgotten, ex-Pantaculum, ex-Carpathian Forest, ex-NeonGod, ex-Trail of Tears (live)), Tchort à la basse (Green Carnation, ex-Blood Red Throne, ex-Carpathian Forest, ex-Satyricon (live), ex-Emperor). Vous voyez un peu le background de ces deux zicos et le résultat ne peut qu’être très bon. Au moins, je ne mourrais pas bête ce soir-là.

Déjà, l’apparence du groupe est bien plus black metal que les précédents : un chanteur au bras cerclés de barbelés (on a presque mal pour lui), tous au corpse painting, des cris démoniaques… Le groupe n’a nullement peur du public et se tient au plus proche, au bord de la scène, contrairement à beaucoup de groupes de Black Metal qui sont quelque peu à l’écart de l’audience. Non ce n’est pas que du black banal, qui rentre par une oreille et ressort par l’autre : celui-ci rentre mais ne ressort plus, ça mijote à l’intérieur, ça vous pénètre profondément et surtout ça ne s’oublie pas. Un groupe prometteur (meilleur qu’Orkan, à mon goût) à suivre de très près !

Setlist The 3rd Attempt:
– Intro
– Torment Nation
– Art of Domination
– We defy
– Beast within
– Firestorm
– Dark Vision
– Sons of the Winter
– Nekrogrammaton
– Born in Thorns

 

Taake :

C’est bizarre parce que, dans le public, je discutais avec quelqu’un qui est venu pour découvrir et qui pensait que The 3rd Attempt était en fait Taake et s’apprêtait à quitter la salle (heureusement que je lui avais expliqué). La question que se posaient certains, présents et frustrés de leur précédent concert un an plus tôt : est-ce que Taake jouera moins d’une heure ou plus d’une heure? Non, parce que, parait-il, en témoignent tous ceux qui ont été présent à leur concert au Divan Du Monde le 09/05/2015, la setlist devait durer plus d’une heure mais les norvégiens ne sont pas allés jusqu’au bout à cause d’une perte de temps lors de la préparation de la scène.

Il se fait bien tard, il est 21h45 et la tête d’affiche n’a toujours pas joué !

Ce qu’il y a de spécial chez Taake, c’est que ce monsieur Hoest, qui se pointe avec seulement un micro dans les mains (pas de quoi être fier d’être chanteur de Black Metal, rien de plus facile puisque tu peux chanter comme une merde et dire ce que tu veux, tout le monde s’en fout et personne ne dira : « oh mais quelle sublime voix »), est en vérité un sacré putain de musicien puisque c’est un onemanband et multi-instrumentiste qui engage des musiciens pour multiplier les tournées (un peu à la Steven Wilson) et se repose en n’usant que de ses deux cordes. Taake a souffert de nombreuses polémiques et ses propos de violence verbale lui ont attiré de sérieux problèmes, comme l’annulation d’une tournée à cause d’une croix gammée qu’il a dessinée sur son torse…Vaut mieux pas savoir ce que ces blackeux ont en tête, en tout cas pour être provocateur, il l’a bien été ! Personnellement, je m’en fous tant que le groupe fait de la bonne musique, c’est tout ce qui compte !

Hoest fait son entrée sur scène après que ses compères se soient bien installés sous ces incantations incompréhensibles. Contrairement à ses habitudes, il ne porte pas sa cape et a un maquillage différent de celui d’il y a un an (normal, c’est la mode 2015). Voilà que la véritable messe noire en norvégien débute, excitant toute la foule qui, dès lors que le set est entamé, entre en transe. D’habitude, au Glazart, le son du chanteur n’est jamais bon dès le premier coup, mais là chapeau : l’ingé son a bien géré et on entend très bien la voix démoniaque de Hoest ainsi que tous les autres instruments.

Ce sacré frontman n’est pas le genre de blackeux qui met une barrière entre lui et le public : il est constamment à l’écoute et en interaction avec son public, pour veiller à ce qu’il soit attentif et foute le bordel, et ça fonctionne bien ! Voilà que « Hordalands Doedskvad, Part I » et ses riffs de guitares très attachants est joué. La (ré)jouissance monte d’un cran : que c’est bon… et ce n’est pas fini, car le meilleur reste à venir et nous jouent la Part II – encore meilleure, avec ses nombreux changements de riffs, orientalisante d’ailleurs – puis III – plus calme et toute aussi magnifique. Voilà que ces trois merveilles de Taake ont fait partie de la setlist et encore heureux, car extraites de leur meilleur album « Hordalands Doedskvad »(2005).  Enfin vient ce moment tant attendu où « Myr » est joué : ça commence par une frénésie de blasts, ça se tasse dans le mid-tempo tranquillement, et c’est seulement deux minutes plus tard qu’Hoest pousse ses cris monstrueux, Frode multipliant tappings et bends. Petite pause au milieu du morceau qui prend soudainement une tout’ autre dimension lorsque Frode nous joue ce passage délirant et complètement contrasté au banjo, presque de la country ! C’était tout simplement épique ! Puis, le morceau reprend une autre dimension sous cette excitation de la foule ! « Fra vadested til vaandesmed » suivra, ce morceau de BM avec un soupçon de musique néo-classique.

Bien sûr, quelques titres de leur tout dernier album (2014) – moins bon d’ailleurs, avis de disparition du banjo sur celui-ci – comme « Gamle Norig » et le spécial et excellent « Orm », avec des riffs rock’n’roll/grunge dissimulés sous ce Black Metal, pour terminer le set. Taake revient une dernière fois, sous la demande anticipée du public, pour un honorable « au revoir » avec les traditionnelles « Nordbundet » et son solo relativement long (parce que les soli chez Taake sont relativement rares) et enfin « Du ville ville Vestland ».

Moi qui ne jure pas que par le Black Metal mais j’aime le BM raffiné, bien fait et qui me fait un petit quelque chose en live, une certitude après ce concert : Taake fait partie de ces groupes de BM qui envoient du rêve en live : ça tabasse, la rythmique et les riffs sont très accrocheurs et bien faits, et Hoest est un sacré personnage d’un charisme aussi imposant que celui de Nergal. Il n’hésite pas à exprimer leur réjouissance de revenir jouer à Paris ! Par contre, mes oreilles ont morflé à cause de l’addiction du batteur (très endurant face à ces blasts innombrables) aux cymbales !

Si le public n’a pas eu sa dose et est resté sur sa faim l’année dernière, il s’est bien régalé avec 1H30 de Taake ; on a fini bien plus tard que d’habitude (autour de 23h30) mais ça en valait vraiment la peine. On en ressort encore plus addict après un concert aussi excellent ! Une setlist de rêve !

On l’aura vérifié une fois de plus : le meilleur Black Metal, c’est celui dont le sang de ses membres est purement norvégien, une théorie perso que je confirme à chaque reprise. Et quand c’est de Bergen, c’est encore meilleur (une seule exception : Shining les suédois) !

Setlist Taake :
– Tykjes Fele
– Nattestid Ser Porten Vid, Part I
– Over Bjoergvin Graater Himmerik, Part IV
– Hordalands Doedskvad, Part I
– Hordalands Doedskvad, Part II
– Hordalands doedskvad, Part III
– Myr
– Fra vadested til vaandesmed
– Umenneske
– Gamle Norig
– Orm

Encore:
– Nordbundet
– Du ville ville Vestland

Un grand MERCI à Garmonbozia pour l’invitation et pour l’organisation qui, encore une fois, assure un max et nous organise des concerts de malade !

Galerie photos :




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