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Sordide + Sanair – Avignon [19.10.15]

Le 28 octobre 2015 posté par Lusaimoi

Mine de rien, le Théâtre des Italiens, sa configuration particulière et, surtout, ses programmations alléchantes m’avaient manqué. Ayant loupé la dernière en date (Mudbath et Karcavul), venir ce soir me semblait une bonne idée, surtout que ce sont les Rouennais de Sordide, qui sont à l’affiche.

Après avoir affronté ce satané mistral, retrouvé les potes et constaté les gros aménagement de l’endroit, la soirée commence. Et c’est à Sanair d’ouvrir les hostilités. One-man-band officiant dans du Drone, je ne le connaissais que pour ses illustrations et était donc étranger à son univers musical, d’autant plus que, d’après les dires, il n’avait pas joué en live depuis un moment.
Première surprise en entrant dans la salle, tout le monde est assis par terre. Au bout de quelques secondes, cela n’est plus vraiment étonnant, et on suit le mouvement. Parce que Sanair ne peut se concevoir comme un concert normal. Heureusement d’ailleurs, car ça passe encore lorsque, assis, il joue de sa guitare avec un archet, mais voir un type tripatouiller ses pédales d’effets n’est pas le spectacle le plus éblouissant du monde.
Non, là, il faut se laisser porter, fermer les yeux même (chose que je n’ai pas pu faire, rapport aux photos tout ça), car les lumières fixes n’aident pas vraiment à l’immersion. Ce Drone devient alors tour à tour apaisé, inquiétant, ou se teinte de couleurs plus urbaines. Et, pour peu qu’on accroche à l’univers, il offre un voyage lent, mais varié.
On peut cependant regretter des ruptures parfois brusques, qui brisent la cohérence de l’ensemble, ainsi qu’une présence trop importante des éléments électroniques, qui couvrent parfois la guitare, jusqu’à ce que cette dernière disparaisse, au profit des bandes sonores que Sanair lançe et stoppe.
J’aurais personnellement aimé un truc plus organique, d’autant plus que le bruit des boutons sur lesquels il appuyait se faisait entendre, cassant un peu l’immersion.

Après une première partie qui a su convaincre malgré les défauts que j’ai énumérés – en témoignent les longs applaudissements de l’assistance (malheureusement peu nombreuse) après le « voilà » de fin –, c’est au tour de Sordide d’investir les planches.
Et cette venue, c’est une vraie aubaine, parce que déjà, les gars ne viennent pas de tout près, mais en plus, ils ont récemment bien fait parler d’eux avec la sortie de La France a Peur, leur premier album au visuel fort.
Et si les premiers instants son assez convaincants, bien qu’entachés par des lights plus présentes mais toujours immobiles (limitant de ce fait la portée des ambiances), c’est véritablement au troisième morceau, lent, dissonant et laissant libre court à une batterie et une basse vraiment intéressantes, que Sordide me capte définitivement. Mention spéciale au bassiste remplaçant, ayant appris les partitions – loin de se limiter à un simple soulignage de la guitare –, en quelques jours seulement.
Le groupe navigue entre Black classique et rapide, choses plus ambiantes et presque expérimentales, et musique d’écorché vif. Il en devient diversifié, mais reste homogène dans la négativité. Peu d’espoir à l’horizon. Le set se termine d’ailleurs sur des hurlements a capella, Nehluj, le chanteur, crachant toute sa haine et sa détresse.
Dommage que le son, noyant sa voix, ne leur ait pas fait honneur.
Dommage aussi que le public n’ait pas été plus présent ce soir, laissant pas mal de vide dans la fosse. Problème peut-être dû au jour choisi, le lundi, ou aux vacances qui ont tout juste commencé.
Dommage, vraiment, parce que même avec un jeu de scène simple et des lumières fixes, Sordide aura réussi à nous délivrer une ambiance digne de son patronyme.

En sortant, je ne peux que remarquer que la prestation a plu, malgré une assistance restreinte et assez passive (la musique, bien que violente, ne prêtait certainement pas aux pogos et autres joyeusetés de ce genre, ce qui n’est pas forcément un mal), en voyant du monde autour du stand de merch’, repartant avec un T-shirt et un CD.
C’est devenu une habitude au Théâtre des Italiens : une promesse de soirées intéressantes. Quelques réserves sur une première partie trop basée sur des enregistrements à mon goût, quelques soucis techniques, mais c’est bien tout. Espérons que le public répondra plus présent la prochaine fois.

 

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