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La Nuit du Rock: Miribel [12.02.11]

Le 16 mars 2011 posté par Lusaimoi
La Nuit du Rock première édition n’avait pas été un franc succès public. Était-ce la salle, trop perdue? Le côté casanier des habitants? Les groupes? Non, non, pas les groupes. Ils étaient peu connus, mais une simple visite sur leur Myspace aurait suffit pour se donner un aperçu. Ce n’était pas dû au côté technique non plus: le son et les lumières, exemplaires, m’ont permis de réussir les plus belles de mes photos.

Non découragée par le manque de public, l’organisation Évènement Ciel a remit le couvert pour une deuxième édition.
Cette fois, la salle de l’Allegro fut réquisitionnée. Moins paumée que celle du Mas-Rillier, elle devrait attirer plus de monde. Et La Nuit du Rock se transforme en LES Nuits du Rock, puisque l’OCM (Office Culturel de Miribel) s’occupait de la première soirée, celle du vendredi.

Soyons honnêtes, je n’ai assisté qu’au concert du samedi. Payer 14€, pour un seul groupe, certes « Révélation du Printemps de Bourges » – printemps qui porte un peu trop bien son nom, si vous voulez mon avis – mais groupe de semi-pro quand-même, me semblait vraiment trop cher. Surtout que, d’après les échos, le côté technique n’était pas à la hauteur, et un concert de rock dans une salle de cinéma – sans fosse, donc – c’est pour le moins moyen…

Heureusement, le samedi, changement d’organisation! On retrouve donc la même équipe que l’année dernière, ce qui va se ressentir sur les lumières et le son, mais j’y reviendrai.
Après avoir acheté les entrées, je pénètre dans la salle, qui, bien qu’elle soit plus grande que celle du Mas-Rillier, offre une sensation de foule. Sensation de bonne augure.

Avec quelques minutes de retard, rien d’alarmant, le premier groupe monte sur scène, Trigone+.
J’avais déjà eu un aperçu de leurs têtes à travers un journal local, mais je ne m’imaginais pas qu’ils étaient aussi jeunes. Le (ou la) plus âgé(e), doit avoir 14 ans, mais sachez qu’ils ne sont pas à leur coup d’essai, puisque cela fait un petit moment qu’ils foulent les planches de la région, une démo est en vente au fond de la salle, et ils furent finalistes de l’émission « Qui sera le meilleur ce soir », en passant en direct sur la première chaine.
Influencés par Téléphone et Trust, ils évoluent dans un Rock français assez sombre avec des paroles très joyeuses dont le titre « Le Jeu du Foulard » vous donne un aperçu. Les musiciens sont plutôt bons, mention spéciale au guitariste et surtout au batteur, qui révèlent une technique impressionnante sur les morceaux les plus énergiques. Dommage, d’ailleurs, que ceux-ci ne soient pas plus nombreux. Le chanteur/guitariste/claviériste, Enzo de son prénom, se débrouille pas mal non plus, même si sa voix atteint parfois ses limites lorsqu’il monte dans les aigus. Set parfait?
Je ne dirai pas ça. Ça manquait un peu de jeu de scène, bien que les deux frangins guitaristes se baladent souvent d’un côté à l’autre, la bassiste reste à sa place et me donne un peu l’impression de faire « dum dum dum » mais peut-être est-ce juste une impression. Enfin, les paroles de la chanson d’amour « Mélanie » font un peu tâche à côté de celles des autres titres.
Malgré tout, ces quelques critiques ne sont pas grand chose à coté de leur prestation de ce soir. Certainement dues à un léger manque de maturité, bien justifiable compte tenu de leur âge – de nombreux groupes n’ont même pas la leur avec dix ans de plus. Ils ont tout leur temps pour évoluer, et au niveau auquel ils sont maintenant, j’ai bien envie de voir ce qu’ils deviendront!

 

Après une courte pause, le temps de discuter un peu, le deuxième groupe envahit la scène. On passe des jeunots aux doyens de la soirée, avec Route 66 Band. Le groupe nous propose, comme son nom l’indique, un voyage presque chronologique auprès des chansons mythique de cette route qui l’est tout autant. De 1961 avec « Get your Kicks on Route 66 » de Bobby Troup à 1984 avec « I Want to Break Free » de Queen.
Un groupe de reprise, voilà qui plait généralement. On connait les morceaux, on a juste à se laisser emporter au sein de cette route désertique emplie de cow-boys en pick-up. La carte de la nostalgie fait son petit effet (même si je n’étais pas né), certains commencent à danser. Le groupe, même très concentré sur leurs instruments, arrive tout de même à mettre une ambiance dans la salle.
Les reprises, moi, c’est pas trop mon truc. Même si je trouve ça agréable, quand c’est bien joué (et là, ça l’est, pas une fausse note n’est à dénoncer) je préfère la découverte de nouveaux horizons. Heureusement, Route 66 a la bonne idée de ne pas faire que de la reprise « pure et simple ». Le groupe réinterprète. En donnant un côté bluesy à telle chanson, ou rockabilly à telle autre, ou encore accentuant le côté rock de certains… sans les dénaturer, ils offrent une sorte de « modernisation » aux titres.
Le chanteur nous gratifie de quelques informations sur chaque morceau repris, renforçant le côté voyage touristique.
Un larsen fait un brin retomber la magie, mais, cumulée, la gêne ne dépasse pas dix secondes. Et mis à part ce défaut, le son reste absolument parfait, ainsi que les lumières, ce qui me sera utile pour plus tard.
Quelques morceaux sont connus de tous « Born to be Wild » qui influença le heavy, « Back in USSR » du groupe d’un certain McCartney. D’autres forcément entendues « Call me the Breeze », reprise par Lynyrd Skynyrd – dommage d’ailleurs qu’ils n’aient pas repris « Free Bird » – « The House of the Rising Sun » (qui prouve que Johnny Vocances n’a rien inventé), « Brown Sugar » des Pierres qui roulent, Dire Straits. Sur ce morceau c’est d’ailleurs un des guitaristes qui s’occupe du chant, et on croirait entendre Monsieur Knopfler
Les nouveaux horizons attendront! Profitons de ceux que l’on nous offre, et faisons nous plaisir autant que le groupe!
Un moment dépaysant. Fermez les yeux et laissez vous porter.



Il doit être 23h, déjà, la salle commence à se vider. Un groupe bien différent monte sur scène. Un groupe de Metal.
Et, plus précisément, Metal à chanteuse, Rock/Metal gothique lyrique pour citer l’affiche. Un truc qui fait peur quoi. Pas peur genre Varg Vikernes (ou Manson pour les puritains), non, peur genre « Ouh ça peut tomber dans la banalité cachée par la voix de la chanteuse ». Surtout que leur Myspace indique qu’ils sonnent comme… Evanescence
Malgré tout, ils semblent avoir de bonnes influences, mélangées à certaines plus discutables à mon goût, mais bref, en vrai, ça vaut quoi?
Et bien je peux dire que ça surprend. Sonorités dissonantes, ambiances lourdes, pesantes, on se trouve plus dans un Doom, certes un brin gothique, mais un Doom quand même, que dans un Within like. Et ça fait plaisir!
Le groupe se montre plus dynamique que les précédents, bien que le style pratiqué n’aide pas aux headbangs furieux.
Le reste du set devient plus rapide que ce premier « Whisper », mais reste intéressant.
La chanteuse se débrouille très bien, et semble complètement à l’aise avec sa voix, comme si c’était normal. Soutenue par ses collègues grunters/guitaristes, et parfois par quelques samples pas gênants, elle aide à faire passer la pilule aux non-initiés. Les autres peuvent se concentrer sur les instruments, loin d’être bateaux, chose plutôt agréable.
J’aime pas le Metal à chanteuse, mais Lilithson, j’aime bien!
Une bonne surprise donc, et je n’en suis pas au bout, mais ça, je ne le sais pas encore…

Il est près de minuit et demi, la soirée a pris du retard, « à cause » du public qui a demandé, à chaque groupe, un rappel. La tête d’affiche monte sur scène, la salle s’est bien vidée depuis le début. Mok ne va jouer que devant une cinquantaine de personne…
Qu’importe! Ils sont là et ne vont pas s’en plaindre!
Voici un trio, guitare/basse/batterie jouant du Rock français. Mais! Et là, je dis MAIS! Première originalité, c’est le batteur qui s’occupe du chant. Et quel chant! Bien dans le style, mais avec ce plus non négligeable : le mec a du coffre, aussi bien dans les moments énervés, qui s’approche du hurlement, que les plus calmes, ou il monte dans les aigus et reste superbement maitrisé (« Les Amants du Silence »).
Deuxième originalité, le groupe fait voler les barrières. On retrouve une bonne dose de Rock français, bien sûr, mais avec un côté atmosphérique qui fait prendre au style une autre dimension, même si je ne qualifierais pas leur musique de Trip-hop (électro ambiant hip-hop). Une alternance de passages calmes, oniriques et de moments saturés « Les Pantins de cendres », pas éloignée du post-, que le son, parfait, nous permet d’apprécier.
Le batteur s’occupant du chant, les deux autres sont libres de leurs mouvements. Ils n’ont beau être que deux, ils prennent autant de place que tout le reste des groupes. Virevoltant, se secouant dans tous les sens le guitariste me rappelle un peu Masmiseim, bassiste de Samael, ou celui de Decapitated, dans un autre style. Complètement hyperactif, il malmène sa guitare sans cesse. Une corde casse, qu’importe, il continue de jouer! Bon, avec une deuxième en moins, il se voit contraint de changer d’instrument, mais le groupe, en vrais pros, ne s’arrête pas pour autant.
Le bassiste est aussi impressionnant, son jeu de scène est différent de celui de son collègue. Prenant lui aussi la scène entière, il se met même parfois à danser.
Heureusement que le niveau des lumières est au top, sinon, je n’aurais pu réussir aucune photo.

Le chanteur est aussi très à l’aise, même s’il bouge moins… (vous avez compris la blague?)… Il blague, charrie le public « Maintenant qu’on est en famille, vous pouvez vous rapprocher! ».
Le groupe invite même l’auditoire à danser sur scène le temps d’un morceau, et s’il met du temps à venir, il répond présent et se prend au jeu.

Mok est le seul groupe qui sortira sans rappel. Le public en demande un, mais un problème technique les en empêche : au dernier coup du dernier titre, la peau de la grosse caisse a craqué…
Conséquence de la succession des quatre groupes, ou de la seule énergie de la tête d’affiche? Il n’y a que la victime qui pourrait nous répondre.
Le groupe nous propose donc de les rejoindre près du bar, et du merch, ou leurs deux albums nous attendent. Albums que je vous chroniquerai d’ici peu.

Il est deux heures, ce qui est plutôt tard, mais ça s’appelle La Nuit du Rock, et non La Soirée, le concert prend fin.

Quatre groupes souvent surprenants, des ingés son et lumières qui pourraient donner une leçon à de bien plus gros concerts… Je n’ai qu’une chose à dire : rendez-vous à la troisième édition!

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1 Commentaire sur “La Nuit du Rock: Miribel [12.02.11]”

  1. 1

    Et bien je viens tout juste de tomber sur votre article.Et oui un peu tard, je cherchais des infos sur Lilithson.
    Ils ont rien à voir avec Evanescence.Quand aux headbangs on aime pas forcément cette démo;On est dans un doom y a qu’à écouter les paroles « poésie funeste d’un destin plutôt noir et sang avec une pointe de diabolique hummmm… » et en plus les paroles sont très chouettes.
    Un groupe que j’adore mais qui joue trop peu!!!Beaucoup trop peu ! J’aurais vraiment aimé être là. Alors merci pour votre article super bien écrit et si vous savez où ils doivent jouer prochainement, vous avez mon mail,alors merci de me répondre.Et en plus la chanteuse est géniale…en tout.Pour info, est-ce vrai qu’ils ont un nouveau guitariste ?

    Super cet article !

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