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Live report + photos + vidéos : Bloodybarbie


Note: La galerie photos se trouve à la fin de l’article

Ce soir, un événement exceptionnel a lieu à Paris : une première fois d’un groupe, la première fois même qu’ils jouent sur scène, et c’est au Gibus Live et à l’organisation P.N.A à qui reviennent l’honneur de l’accueillir et faire en sorte que leur première fois soit mémorable, voire inoubliable !

Déjà, je ne m’attendais pas à ce que nos chers inconnus polonais soient aussi populaires, même dans la scène black metal underground. Il y avait un monde fou : autour de 400 blackeux assoiffés de bon Black, envahissant la Rue du Temple (à côté de place République), qui ont même suscité l’attention des passants et de la police!

 

Apotheosis : « …je n’aurais su dire si ce que je voyais était une apothéose ou un supplice » (Alexandre Dumas)

Ce n’était pas le groupe initialement programmé pour ouvrir pour Batushka, mais le groupe allemand Nawaharjan qui a dû annuler à la dernière minute. Et pour nous consoler, l’orga a baissé le prix de l’entrée de 18 à 17 euro ! J’arrive un peu après qu’Apotheosis ait débuté et je vous avoue que j’aurais dû écouter avant de me pointer, vu que j’aurais mieux fait d’aller manger ou boire un coup dehors que d’écouter ne serait-ce qu’une minute de ce groupe, un véritable supplice ! Un mec planté avec une sorte de grimoire devant lui qu’il n’utilise pas et une bouteille d’absinthe, un bout de papier (ou un chiffon) où est inscrit son texte qu’il récite de bon cœur et avec une voix dégueulasse, mais que de toute façon personne ne comprend, ni ce qu’il raconte. A côté de lui un pseudo guitariste qui essaye de meubler le vide avec un fond musical à l’aide de sa gratte mais c’est archi nul et mal foutu !!!

Si vous n’êtes pas un gros féru de black atmosphérique, alors vous n’allez/n’avez certainement pas apprécié ce groupe. D’ailleurs lorsqu’ils ont eu terminé leur courte prestation (et heureusement qu’elle était courte), personne n’a applaudi jusqu’à ce que deux ou trois (certainement leurs amis) et les autres le fassent hypocritement, en guise de politesse.

Parfois, rien c’est mieux que du mauvais, et j’eus préféré qu’il n’y ait aucune première partie !

 

Inferno : Emmenez-moi au septième cercle !

De toute façon, après une première partie comme Apothesis, on ne peut que monter le niveau et se réjouir, surtout quand c’est Inferno qui joue. Le groupe prend la peine de nous saluer et se présenter (ce qui rare chez les blackeux, il faut le souligner quand ça arrive).

Ils nous viennent de la République Tchèque (bon, ce n’est pas commun de croiser des blackeux de là-bas) et sont parmi les groupes de BM les plus actifs en termes de sorties, entre splits/lives/albums/EP (bon, plus de splits que d’albums, je vous l’accorde), ça fait une sortie par an… Autant dire que le BM, ils le respirent tout comme ils le pètent !

Des membres bien maquillés et vêtus en trve blackeux nous livrant du très bon Black, ça c’est du haut niveau avec un frontman ressemblant à un exorcisé, au look et tête assez marquants, à en faire des cauchemars et pourtant j’ai vu bien pire. Il joue un rôle de possédé par le Diable, faisant de nombreuses grimaces et approchant le public, (encore une exception notable : dans le Black, il n’y a pas toujours une interaction entre le public et le groupe, et quand il y en a il faut également le souligner… en rouge sang). Voilà comment Inferno se démarque !

Leur style musical? Du bon Black tout ce qu’il y a de plus standard, standard et banal mais plaisant, des rythmes entrainants parfois, entre tempo effréné et blasts pachydermiques (« The Firstborn From Murk », « The Funeral of Existence », « Whisper of Hope in Bloody Tears », « Holy Poison »), ou atmosphères plus sombres et glauques mais posées tel un Doom/Black comme (« Altar of Perversity »). Mais mon coup de cœur a été pour « Eaten by Rats Forever » !

Quand on écoute Inferno, on pense Mayhem, Dissection, Immortal, Dark Funeral. En tout cas, on finit la demi-heure en se regardant et en disant “c’était bien bon”, “ouais excellent”… Bref, ce ne sont pas des Tchèques en bois, mais en metal, noir de préférence.

 

Setlist Inferno:

1. The Firstborn from Murk
2. Altar of Perversity
3. The Funeral of Existence
4. Whisper of Hope in Bloody Tears
5. Holy Poison
6. Eaten by Rats Forever
7. Peklo na zemi

 

Batushka : Ô mon père (c’est comme ça qu’on dit en cyrillique), pardonne moi j’ai pêché du saumon en Atlantique.

Un rideau sépare le public de la scène, histoire qu’on ne soit pas spoilés, ce qu’on ne voit généralement que pour les grands concerts et jamais pour un groupe de Black. Il y a une raison, bien évidement : déjà que Batushka joue beaucoup sur l’aspect visuel et la mise en scène, mais aussi que ses membres veulent préserver leur anonymat, car la légende dit que certains d’entre eux sont membres de Behemoth un autre de Vader et que le chanteur serait probablement le directeur de leur label ! Bref, on ne saura peut-être jamais qui se cache derrière ces masques, mais franchement, on s’en fout, non ? Le plus important, c’est d’écouter leur musique et d’assister à leur messe, puisqu’en vérité leur textes ne sont ni plus ni moins que des messes en russe chantées avec une voix black metal. En ce qui concerne les chœurs, il parait que ce sont de véritables chœurs grégoriens qui n’ont rien à voir avec la scène métal. D’ailleurs, leur toute première date n’était pas prévu en France (Paris) mais en Russie (Saint-Petersbourg). Suite aux nombreuses menaces de la part des extrémistes orthodoxes russes qui les ont menacés eux et leur public si jamais ils maintenaient leur concerts en Russie puisqu’ils ne tolèrent pas que des messes soient chantées en voix BM et associées à cette scène. Les polonais ont donc été contraints d’annuler leurs dates en Russie et dans d’autres pays (dont l’Ukraine).

Le plus compliqué était de poser leur deux grands bougeoirs contenant chacun une cinquantaine de bougies (je vous rassure, je ne me suis pas amusée à les compter une par une) ce qui faisait peur à l’orga et au public à cause de la proximité de celles-ci allumées et du rideau : on croyait tous au feu infernal en cette soirée. Les organisateurs n’étant pas rassurés, ils ont demandé au groupe s’ils pouvaient mettre les bougeoirs plutôt du côté de la scène et pas du public, ce qui a fini par être fait.

On voyait défiler plusieurs espèces de clercs masqués (des masques super moches mais des habillements très beaux et classes), on se demandait si c’était un groupe ou un orchestre vu leur nombre. J’ai été néanmoins déçue, car je m’attends à ce qu’il y ait quelques sacrifices sur scène, que le sang coule… rien d’autre que la cire des bougies qui a bien coulé sur le plancher (et d’ailleurs on remarquera que le show a pris fin lorsque les bougies ont été consumées, mais aussi l’album joué entièrement, donc 40 minutes de musique). Fichtre, j’ai oublié que c’est du BM gentillet et religieux, donc pas de sacrifice.

Batushka, c’est l’anti-Ghost mais du Black Metal, avec beaucoup de similitudes dans le look et le côté cérémonial et théâtral, sauf que Batushka est bien plus noir et maléfique que Ghost (vous savez, ceux qui font du rock avec un look de blackeux et qui passent sur Canal +), pas du tout blasphématoire mais bien plus extrême ! Si je devais citer un groupe se rapprochant musicalement parlant des polonais, le premier nom serait Mgla, à qui d’ailleurs Batushka doit le coup de pub sur leurs réseaux sociaux. Mais aussi Horna, Drudkh ou Dordeduh et j’en passe.

Si Batushka relève du haut niveau avec un style et un son BM bien maitrisé et propre à eux,

qu’ont-ils à nous offrir ? Leur seul album joué en live, et pas n’importe lequel : un excellent album nommé « Litourgiya » sorti en fin 2015 chez Witching Hours, un album qui passe majestueusement bien sur scène, une sacrée claque ! Ce n’est pas du Black Metal ordinaire, c’est du Black Metal extraordinaire, d’une noirceur teintée doom mélodique et truffée de tremolos, d’une guitare rythmée, au son lourd et sous accordée. Mais le point clé du groupe, c’est le nombre impressionnant de chœurs présents, une chose que vous ne verrez jamais dans un groupe de BM. Un bassiste, un batteur, deux guitaristes (dont un avec une 8 cordes), un chanteur, 3 choristes pour assurer les chants cérémoniaux !!! Voilà ce qui rend Bathushka si spécial, imposant et complètement addictif, au point de remplir une salle comme le Gibus Live dès la première fois qu’ils mettent les pieds sur une scène française ; ça promet pour l’avenir !

Un show dont on en garde un souvenir profondément ancré en nous… Je m’impatiente de les revoir au Motocultor !!! Un seul regret : Les balances ! Le son méritait d’être mieux !

Setlist Batushka :
1. Yekteníya I (Ектения Part I : Очищение)
2. Yekteníya II (Ектения Part II : Благословение)
3. Yekteníya III (Ектения Part III : Премудрость)
4. Yekteníya IV (Ектения Part IV : Милость)
5. Yekteníya V (Ектения Part V : Святый вход)
6. Yekteníya VI (Ектения Part VI : Уповане)
7. Yekteníya VII (Ектения Part VII : Истина)
8. Yekteníya VIII (Ектения Part VIII : Спасение)

Merci a toute l’équipe du PNA pour l’organisation et pour avoir permis cette date spéciale, merci également à Witching Hours pour l’accréditation ainsi qu’aux groupes pour nous avoir offert une soirée bien noire !

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