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Rakanfest : Philippe et Adrien (Rakan Musik)

Le 30 décembre 2010 posté par vani

Samedi 20 novembre. Après un long trajet par une soirée froide et pluvieuse, j’arrive enfin. Manda, de l’asso m’accueille très sympathiquement.
J’avais demandé à interviewer les membres de l’asso (Rakan Musiques), on m’a donc amenée dans la salle d’interviews pour cela.
Je rencontre alors Philou (gestionnaire) et Adrien (créateur, technique…) pour leur poser mes questions. Ça s’est très bien passé et une fois l’interview finie, je suis allée vers la salle de concert : ils ont fait quelque chose de très chouette pour ce soir (grande salle, avec 2 scènes, des stands…)
Je suis arrivée après Napalm Death, pendant le groupe.
Ça m’a plu, c’était dans un style très écorché avec de beaux grunts et de belles rythmiques, bien lourdes comme on les aime.

La fin du show arrive, alors on se dirige vers la 2ème scène pour attendre pour Right To The Void. Bon petit groupe local, les membres sont jeunes, dynamiques, ça a la pêche quoi. J’aime bien leurs compos, très hard. J’en ai profité pour faire quelques photos.

Leur set touchant à sa fin, les gens retournent à la grande scène pour Immolation. Ils ont eu beaucoup de succès (certes, c’est quand même un grand nom du métal extrême). Les cheveux du chanteur (Ross) étaient magiquement longs (eh oui, ce détail m’a frappée) et la lumière rouge qui les illuminait faisait un effet très stylé. Ses grunts m’ont séduite, aussi!!
J’ai juste regretté de ne pas mieux connaître leur musique. Je suis partie juste après leur set.

Il y avait quand même pas mal de gens, alors grâce à tout le travail de l’asso pour l’organiser, cette soirée s’avère être un succès. Ça a bien payé!

Finalement, j’ai bien apprécié cette soirée, pour sa belle ambiance.

Interview Philou et Adrien, Rakan Musique

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Au départ, pourriez-vous vous présenter, me présenter un peu l’asso (date de création, etc)

Adrien : alors, ben je vais faire l’historique non?

Philippe : fais l’historique!

Adrien : donc moi, je m’appelle Adrien

Philippe : et je m’appelle Philippe

Adrien : et il s’appelle Philippe! En fait on est de lasso Rakan Musiques qui existe depuis 95. Moi j’y travaille depuis 99 (fin 99) et à la base c’était une friche d’art, une friche culturelle type squad, punk qui a évolué vers quelque chose de plus pluridisciplinaire (arts plastiques, vidéo, musique etc). En 2002 il y a eu la jurisprudence sur les friches d’art, donc un jour y’en a eu une qui a cramé, c’est le maire qui a été porté responsable, et ça a fait une jurisprudence donc tous les maires ont fait fermer ces lieux dans leurs villes.
Donc en 2002 on a fermé notre friche de 2000 m2 tu vois!! Voilà, on s’est retrouvés dans un bureau de 20 m2, on a perdu 200% de surface. Mais pas d’énergie, du coup c’est devenu Rakan Musik, on a perdu la pluridisciplinarité, on est devenus une structure musicale parce que moi je m’occupais de la musique et j’étais l’un des seuls à vouloir continuer donc voilà on a continué comme ça. On est devenu une nouvelle équipe avec des nouveaux bureaux.
En 2005, on a fait surtout un travail en collectif type « norias », ou « antistatique », tu vois on a beaucoup bossé dans cet esprit là (d’ailleurs on bossait en relation avec eux aussi, on a fait des compiles, fanzines, concerts des choses comme ça, du management de groupes locaux) et en 2005 on a monté un autre lieu qui est destiné plus à la création : des locaux de répète, studios d’enregistrement, bureaux pour le management… des trucs comme ça et du coup maintenant on tourne sous cette formule là pour l’instant. Il (Philippe) est arrivé y a 3 ans dans l’équipe, et il s’occupe de toute la partie administrative et financière; et moi je m’occupe de toute la partie communication, technique et, comment dire…

Philippe : on va dire direction artistique.

Adrien : programmation sur tout l’aspect métal en fait.

Philippe : voilà, puisque moi, à la base je n’aime pas le métal!

Adrien : lui, c’est plutôt les zik « ouh ouh »!

Philippe : Moi je fais « poulet pouet salut c’est moi »… voilà. Mais finalement j’ai appris à apprécier ce style de musique.
Je suis pas un raciste de la musique..

Adrien : Voilà, mais on fait d’autres choses aussi, on ne fait pas que du métal. C’est à dire qu’on est pas une structure pro-métal qui fait que ça et qui défend que ça; nous ce qui nous intéresse c’est les musiques actuelles au sens large. Donc on peut autant travailler sur du jazz, de l’électro.. tu vois.

Philippe : c’est vrai que le problème en France c’est qu’on nous colle une étiquette : tu fais quelque chose et BOUM, tu feras toujours la même chose.

Adrien : Oui.. mais faut avouer que j’ai beaucoup fait pour! je suis fan de métal… Mais ce qui est bien c’est qu’on est pas tous dans le métal, donc on essaie d’avoir une pro aérée. On a 2 grands rendez vous métal dans l’année, on a l’Xtrem Rakan Fest (donc là, deuxième édition), et on a une autre date en avril. En septembre on a fait GENERAL LEE, ANANTHA… Leur premier album est fabuleux, super (dans la lignée du dernier album de DEFTONES).

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Immolation

Philippe : Et ils vont venir à la fête de la musique.

Adrien : Oui voilà, ils viendront à la fête de la musique. Donc on refait une date le 1er avril…
Philippe : On va lui laisser poser ses autres questions peut-être.
Adrien : Ben je fais l’historique et après je m’arrête… tu m’arrêtes hein si tu veux ! ah lala, moi quand t’ouvres le robinet, ça s’arrête plus… bon j’te laisse poser ta question suivante…

Ok, alors j’aimerais savoir si c’est votre métier principal, ou alors c’est un travail bénévole?

Philippe : C’est à dire… Tu parles de l’organisation, de…

Non, je veux dire, est-ce que vous bossez pour l’asso à plein temps ou vous avez un autre métier…

Philippe : On bosse, enfin on bossait car on vient de mettre Adrien au chômage par manque de subventions. Donc on est dans un période qui est un peu compliquée, où finalement on a envie de faire de la culture, on en est fiers mais on ne fait rien pour elle… surtout pas dans les musiques actuelles parce que ces gens là (il montre les metalleux à côté) font peur (c’est le problème du métal hein..) Donc c’est compliqué aujourd’hui, on essaie de trouver des financements qui soient autres, donc des dates comme ça quand elles sont réussies ça nous permet de réinvestir sur autre chose, et c’est vrai que nous on fait ça à plein temps. Par passion.

Adrien : On fait ça à plein temps ouais, et puis après on alterne avec des périodes de chômage (rires)

Philippe : Oui, en gros on est des précaires des musiques actuelles.

Adrien : Voilà.

Est-ce le premier fest que vous organisez?

Adrien : De cette ampleur, oui.

Philippe : C’est international, en plus avec autant de monde, déjà au niveau des pré ventes (puisqu’on a fait 300 pré ventes) : j’crois qu’on a explosé notre record!

Adrien : Ouais, écoute c’est notre record. Si tu veux, ce qui se passe à Nimes c’est qu’il y a la SMAC (scène de musiques actuelles, ndlr) qui est entrain de se monter. Donc nous, Nimes, le Gard on est le seul département en France à ne pas avoir de salle pour les musiques actuelles agrémentée (type SMAC). Donc là on a à peu près 25 ans de retard sur la moyenne des départements (on a raté la génération café-concert, la génération MJC… enfin tu vois!) On peut dire qu’on a vraiment du retard. Donc là y’a une SMAC qui se crée, ouverture 2012. Alors si tu veux, il y a une préfiguration qui se fait, avec quelques financements qu’on a réussi à capter; et nous on a l’étiquette « métal ». Du coup, l’année dernière on a monté la « Rakan Fest », 1ère édition où on avait plutôt une orientation punk/hardcore avec Tagada Jones, 10 Rue D’La Madeleine… et cette année on est parti sur quelque chose de plus extrême, puisqu’on avait envie de ça… Oui, on avait envie de faire un truc sans concessions..

Philippe : Tant qu’à avoir l’étiquette, autant y aller à fond hein!

Adrien : Oui, donc un truc dans concessions, alors on s’est posé la question de savoir quels groupes programmer etc… on a consulté les tourneurs avec lesquels on travaille habituellement, voilà et on a eu l’opportunité d’avoir ce plateau très vite…

Philippe : Donc pour répondre à ta question, non ce n’est pas le 1er festival, c’est le second (mais c’est quand même une première!!) Et dans 10ans, nous sommes le Hellfest du sud de la France! 60000 personnes, on gagne 7000€ /mois, on roule en « BM »…*réflexion..* Mais jamais de la vie, hein!


Du coup, vous prévoyez d’en organiser d’autres? (festivals)

Adrien : Déjà, on va essayer de réorganiser celui-là l’année prochaine, et passer à 2 jours, mais moi je pense que le secret des festivals comme ça, c’est de ne pas grossir trop vite, et de pas avoir d’ambitions « sur démesurées »… Voilà, donc on aimerait passer à deux jours et peut-être faire une 2ème tournée, avec une programmation toujours sur la base des musiques extrêmes (*un homme passe, se prend une bière au frais* Philippe : « c’est un musicien! ») Ouais, on aimerait faire une deuxième tournée mais plus ouverte sur le mélange (*Adrien allume sa clope*) entre musiques trad’, acoustiques et zik extrême. Donc on va chercher des groupes plus « punk/hardcore », du tard… Voilà, tu vois c’est un petit peu l’idée pour la deuxième tournée de l’année prochaine… après on verra, si nos subventions sont reconduites, il faudra faire un bilan et tout…
Philippe : Ouais, on a beaucoup d’incertitudes sur des périodes qui sont très larges comme ça… il y a une grosse part de gestion et d’incertitude dans tout ça… voilà, on est pas experts mais on sera là.
Adrien : Ouais, mais si on doit se taper un an de chômage pour pouvoir le refaire l’année prochaine, on réfléchira aussi. On verra bien, de toute façon on vit un peu « au mois le mois », quand on arrive à avoir 6mois de visibilité sur l’avenir on est heureux, enfin on arrive à se détendre…

Et c’est pas trop dur de promouvoir la scène métal, dans le sud?

Philippe : Je crois que c’est un peu partout pareil, non y a une mauvaise image du sud…

Adrien : Nous on a fait du management d’artistes, tu vois par exemple 10 Rue D’La Madeleine (je sais pas si tu connais ce groupe, non?), on les a managés, 2 albums, plus de 400 concerts…

Philippe : C’est sûr, si on compare à l’Allemagne (et les pays de l’Est) c’est plus facile, en France on n’a pas cette culture-là (métal), ici c’est une culture « politiquement correct » on va dire, variété… enfin on a cette image, du moins.

Adrien : Oui, et pour l’Allemagne sur des radios type Virgin, ils diffusent que du métal; tu vois ce que je veux dire, c’est une musique à part entière, et aux USA aussi y’a des radios locales.

Philippe : ça va de pair avec la politique culturelle française.

Adrien : Ouais, mais y a pas que ça, je pense qu’il y a aussi le public, c’est un état d’esprit un peu particulier tu vois. Nous on s’en rend compte, faut taper sur des grosses têtes d’affiche (comme là) pour attirer du monde. Parce que ce qui nous intéresse dans le « fond fond », nous ce festival-là c’est de promouvoir les groupes régionaux, nous notre kif il est là quoi. Après on est heureux de recevoir Napalm Death, Immolation et tout, mais ce qui nous intéresse avant tout c’est que dans la Gard, il y ait une scène qui se vivifie, et qui se développe. Que ce soit du métal, ou autres d’ailleurs. Donc nous on travaille surtout sur cet aspect-là, c’est vraiment notre « raison de survivre »!!

Et une dernière question, pour revenir un peu sur l’asso, vous avez des studios d’enregistrement?

Adrien : Alors, on a des studios de répétition, et y a des groupes toute l’année (*Philippe sort*), après on y a mis de vraies guitares custom… Mais on n’a pas la prétention, ni la fiche technique pour avoir des studios d’enregistrement. Après on commence (avec Right To The Void, là), on vient de produire un 5 titres (on l’a enregistré de a à z)…

Super.. merci!

Right To The Void en concert durant le Rakanfest (photos: Vani)



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