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Helioss

Le 22 septembre 2011 posté par Lusaimoi

Après un premier EP remarqué, Helioss est en préparation pour la sortie de son premier album « The Forthcomming Darkness », prévue pour fin 2011. C’est avec un Nico très sympa, accessible et modeste que j’ai pu discuter. L’un des deux membres du groupe, mais surtout son fondateur, il a volontier accepté de répondre à nos questions. Après moultes problèmes techniques avant, pendant et après l’entretien, c’est avec plaisir que Soil vous présente cette fameuse interview.

1/ Peux-tu présenter le groupe à ceux qui le découvriront par cette interview ?
Avec plaisir. Helioss est né en 2009, sous mon impulsion. À la base je suis guitariste et un peu bassiste, donc j’ai grenouillé dans pas mal de groupes à droite, à gauche, des petits projets qui n’ont jamais vraiment abouti. Et puis j’ai voulu faire un truc un peu à moi, un truc où je serais vraiment le seul intervenant, le mec qui contrôle tout, comme ça, je me dis « si ça foire, ça sera de ma faute ». Et j’avais envie de faire un truc un peu plus extrême que ce que je faisais d’habitude, j’avais été dans des groupes qui étaient plus Heavy-Prog. J’ai donc commencé à écrire des morceaux dans un style un peu plus Black/Black Symphonique, ce genre de choses, sans prétentions. J’avais envie de le concrétiser, donc comme techniquement je suis capable de jouer toutes les guitares, de jouer la basse, programmer les claviers, programmer la batterie, tout ça je sais faire. Par contre il y a un truc que je sais pas du tout faire, c’est chanter et j’avais pas envie d’essayer et de foutre ma voix toute pourrie dessus, donc j’ai fait appel à Pierre que j’ai rencontré sur des forums Metal. Il m’avait présenté quelques démos. Pierre à la base il vient du Sud, il fait partie du groupe qui s’appelle Dividead qui est plus un groupe de Thrash que de Black. J’avais bien aimé sa voix, donc je lui ai donc proposé de chanter. On a essayé et on a enregistré la première démo « Confessions ».

 

2/ Pourquoi un deuxième « s » à Helioss ?
(rires) En fait il y a déjà pas mal de groupes qui s’appellent Helios avec un seul « s », donc on a hésité à faire le truc à deux balles de mettre un deuxième « l », comme ça, ça fait comme « Hell » en anglais, mais on trouvait ça vraiment cliché. Mettre un deuxième « s » ne me posait pas de problème, et puis on a gardé, c’est un petit peu plus facile de nous trouver sur Internet quand tu tapes « Helioss ». Y a pas de signification ésotérique ou quoi, c’était du pratique.

3/ La prochaine question est un peu contredite par ce que tu as dit tout à l’heure. Helioss est né en 2009, et d’après mes informations, tu ne faisais partie d’aucun groupe. D’aucun groupe sérieux, on va dire.
Ouais c’est ça, j’avais des petits groupes à droite, à gauche et le seul truc un peu sérieux, c’était Arkness, tu peux encore trouver des choses sur Internet. Il n’est plus actif en ce moment, c’est pas dit qu’il ne redeviendra pas actif un jour. C’est un groupe de Heavy-Progressif un peu Néoclassique. C’était un peu le même fonctionnement qu’Helioss. Je travaillais avec ma sœur. On était auteurs-compositeurs et on faisait, pareil, appel à des chanteurs. Tu peux écouter des titres sur Internet, avec un son relativement moyen, parce qu’on a fait ça à l’arrach’. Mais bon, voilà, c’était juste ce qu’il y avait avant Helioss, mais effectivement, je n’ai jamais été dans des groupes qui ont marqué la musique.

4/ Est-ce que Helioss était un projet réfléchi depuis un moment jusqu’à la rencontre avec Pierre ? La rencontre avec Pierre s’est faite après la composition ?
En fait j’ai commencé à jouer depuis un moment, j’avais commencé à écrire des tas de choses et puis je me suis rendu compte qu’il fallait que je m’occupe de poser un chant au reste, j’ai contacté Pierre. Après Pierre, c’est déjà un mec qui habite à Nice et moi sur Paris donc on se voit relativement rarement et surtout c’est un mec qui est un chanteur plutôt doué, en ce moment, il est dans quatre groupes. Donc dans Helioss, il se contente vraiment uniquement de chanter, il écrit pas, il écrit pas de paroles, c’est moi qui fait tout et moi je lui envoie ce qu’il doit chanter et puis il chante en mettant un peu de sa part là-dedans. Il n’a pas le temps de s’investir vraiment, donc Helioss c’est finalement un peu mon petit groupe à moi que je dirige de bout en bout.

5/ N’avais tu pas peur de sortir un EP « seulement » un an après la formation, surtout sans faire de concerts ce qui aurait pu donner une première impression du public sur la musique ?
Ouais je vois ce que tu veux dire, sauf que, quand j’ai créé Helioss, c’était dans une optique toute simple, c’était qu’il n’y aurait pas de concerts. C’était pas un groupe classique dans le sens où on se réunit, on fait des répèts’ et puis on monte sur scène. Helioss, c’est purement du projet studio qui a uniquement pour but de composer, d’enregistrer et de proposer de la musique aux gens qui voudront bien écouter, pour plusieurs raisons. Déjà, moi, le fait de faire de la scène en tant que guitariste ou quoi, c’est pas vraiment mon kif, j’ai jamais été quelqu’un qui aime monter sur les planches, ensuite ça me permet de faire vraiment de la composition sans avoir à me dire « Olala comment on va faire pour faire ça sur scène ? Ça va être compliqué, ça va être technique, donc on va simplifier les choses ». Du coup je me sens complètement libre et sortir cet EP sans jamais avoir fait de scène, c’était complètement naturel puisque c’était un but qui était mis dès le départ, je ne me suis pas embêté à chercher un deuxième gratteux, un bassiste, un batteur surtout, parce que c’est quant même ce qu’il y a de plus compliqué à trouver. La raison à ça c’est que j’ai souvent été dans pas mal de petits groupes classiques « on fait des répèt’ et tout » et j’ai remarqué que dans certains cas, plus il y a de gens impliqués dans un groupe, plus il y a de chances pour que ce soit la galère, qu’il y ait des mecs pas sérieux, des mecs qui bossent pas, des divergences… Donc là, Helioss, c’était mon petit projet égoïste, du coup c’est complètement impossible de faire de la scène. Donc c’est uniquement un projet studio que les gens peuvent télécharger et écouter. Voilà, je prétends pas à plus.

6/ Est-ce une influence de Vladimir Cochet (NDLR : talentueux bonhomme à la tête de plusieurs one-man-bands comme Mirrirthrone ou Unholy Matrimony) ?
(Rires) J’adore Mirrorthrone, je suis un gros fan, t’as dû le lire, que c’était une influence de Helioss, et ça l’est. Peut-être dans le sens ou c’est un modèle car lui il a tout fait, tout seul, parce que lui, en plus de moi, il sait chanter et carrément bien, donc il a pas besoin d’une deuxième personne. Je l’ai interviewé, Vladimir Cochet, parce que je suis aussi un peu comme toi un chroniqueur et c’est ce qu’il me disait : il est comme moi (ou je suis comme lui), dans le sens ou Mirrorthrone n’a absolument pas un projet de scène, lui ne cherche absolument pas la scène. Là-dessus je me reconnais complètement, parce que j’ai la même opinion. Après si tu voulais dire une influence musicale, effectivement, je pense qu’elle se ressent, parce que si j’ai adoré Mirrorthrone, c’est parce que Mirrorthrone me parle, et si Mirrorthrone me parle c’est parce qu’on a certainement des influences communes et une touche musicale ou une sensibilité musicale sur des points communs. Donc oui, évidemment, Mirrorthrone est une influence. Après, comme toute influence, c’est pas elle qui dicte la musique que j’écris. C’est, disons, ce qui se rapproche le plus de Helioss, pour moi, ce serait Mirrorthrone.

7/ Sinon, les influences majeures du groupe, j’ai lu Dimmu Borgir, la musique classique aussi.
En fait, j’ai cité oui Dimmu Borgir, Craddle of Filth, mais par exemple, Dimmu Borgir, je connais, quoi, trois albums que j’aime bien et basta. En fait, quand je cite ce genre d’influences, c’est juste pour que le gars qui découvre Helioss se dise « Ah bah tiens, c’est dans la même veine. Allez, je vais écouter, parce que j’aime bien Dimmu Borgir. » Et avec un peu de chance, Helioss va lui plaire. Les influences, en fait, quand j’ai écrit, c’est beaucoup de choses. Il y a les groupes qu’on vient de citer, il y a aussi la musique Classique. Je suis un amateur de musique Classique, ce serait prétentieux de dire un « grand amateur » ou « mélomane » ou quoi, mais j’adore la musique Classique, ce qui est baroque. Je suis un grand amateur de clavecins que ce soient les musiques italiennes, les clavecinistes français… C’est quelque chose que j’écoute beaucoup et sans dire que ça m’influence dans ma composition, parce que je n’ai pas de formation de musique classique, ou super légère. Donc je vais pas dire que j’écris à la manière de Bach, ce serait totalement stupide, mais ça m’influence dans l’esprit, dans les sonorités. T’as dû remarquer qu’il y avait quand même pas mal de clavecins ou d’orgues, enfin que j’utilise pas mal d’instruments baroques. Donc ça m’influence dans l’esprit, la sonorité et on va dire que ma deuxième influence, à par la musique Metal, c’est la musique Classique.

8/ Est-ce qu’il y a une sortie récente qui t’as mis une claque ?
Ouais, bien sûr, comme je te l’ai dit, je suis comme toi chroniqueur, même si là j’ai mis le holà parce que j’ai plus trop de temps. Donc je reçois des promos que je dois chroniquer et de temps en temps je me prends une claque dans la tête. Là, dans le style un peu Helioss, il y a le dernier Belphegor que j’ai beaucoup aimé, sinon, ma dernière claque, ça a été The Human Abstract, « The Digital Veil », qui est un album de Metalcore Néoclassique. Je me suis pris une bonne grosse tarte. Ça n’a pas de lien direct avec Helioss, sinon, le côté Néoclassique, mais je ne suis absolument pas cantonné à la musique dont s’inspire Helioss. Je n’écoute pas du Dimmu Borgir toute la journée par exemple.

9/ Si un jour, tu pouvais faire une scène, c’est une pure hypothèse, comme Helioss est un projet studio, avec quel groupe jouerais-tu ?
Comme tu le dis bien, c’est une pure hypothèse, parce que même si je recevais une proposition d’un tourneur ou d’un mec qui dirait « On a écouté Confessions, on adore ça, on a des dates de prévu, viens jouer avec nous ! », Je répondrais clairement non, pour les raisons que je t’ai déjà évoquées et surtout parce que c’est techniquement impossible parce que si je voulais faire une scène, il faudrait que je recrute un deuxième gratteux, un bassiste, un batteur, un claviériste et puis que Pierre, qui habite à Nice puisse monter, ou qu’on puisse se rejoindre, donc ce serait excessivement compliqué et j’en ai pas envie. Mais si je devais jouer avec d’autres groupes, je ne me suis jamais posé la question, comme tu peux l’imaginer. Donc je vais voter un peu en touche sur cette question. À la rigueur si on est un petit groupe et qu’on veut faire de la scène, on prend ce qu’on peut et si c’est un gros groupe, tant mieux, mais clairement, je n’ai pas de réponse à te donner sur cette question.

10/ L’album s’appelle « Confessions », est-ce que, pour toi, la musique est une sorte « d’exutoire » ?
En ce qui me concerne, la musique est une partie énorme de ma vie et c’est un peu un moteur pour moi, que ce soit d’en faire, d’en écrire et surtout d’en écouter, parce que je suis un gros boulimique de musique, d’où le fait aussi que j’ai intégré une équipe, puisque du coup, je reçois plein de nouvelles musiques à écouter et ça, ça me stimule. Maintenant, le lien direct avec le titre « Confessions », non, parce que je ne parle pas vraiment de moi, ce n’est pas comme si je faisais des confessions. Ça n’a pas de lien direct, le titre « Confessions » a été trouvé un peu à l’arrach’, je crois d’ailleurs par Pierre, parce que le premier titre du CD s’appelle « Confession » sans « s » et on s’est dit « comment appeler les six titres d’un coup ? » et on s’est dit « Tiens, on va l’appeler « Confession » avec un « s » ». Et puis voilà, c’est aussi idiot que ça.

11/ De quoi parlent les paroles ?
Sur « Confessions », il y a que quatre morceaux qui ont des paroles, parce que le cinquième est instrumental et le sixième est une reprise. Donc sur les quatre morceaux, c’est moi qui ai écrit les paroles, c’est des thèmes qui me sont chers et qui sont chers à beaucoup de métalleux, parce que le métalleux aime bien s’exprimer sur des choses fondamentales, donc ça peut être la religion, la mort. Le titre « Confession » par exemple, se met à la place de Dieu qui va dire que ce n’est pas les hommes qui sont les fils de Dieu, mais Dieu qui est le fils de l’Homme. Dieu va dire aux hommes qu’il les aime et qu’il ne veut pas perdre leur amour. Le titre « Mirrors » parle de son propre corps, du rapport que l’on a avec son corps, ses organes… C’est un titre qui vient des tripes, quasiment à proprement parler. Après, une autre chose qui me passionne à titre personnel, c’est qui se retrouve un peu dans Helioss, c’est l’astronomie. Je suis un gros passionné d’astronomie, d’astrophysique et ça, c’est des choses qui me fascinent, que ce soit l’Univers, les étoiles et ça amène tout naturellement la question de la place de l’Homme. C’est un peu le titre « Falling », c’est la place de l’homme dans l’Univers, et finalement, on n’est que sur un petit morceau de planète qui se ballade dans l’Univers. C’est aussi peut-être le seul endroit où l’on peut vivre et il y a un petit côté, pas écologique, je dirais mais j’ai réalisé que l’Homme n’est pas tout et qu’il n’est finalement pas grand-chose. Dès qu’on s’intéresse un peu à la vie des galaxies, des étoiles, au destin de l’Univers, on se rend compte qu’on n’est peut-être pas aussi important qu’on en a l’air.

12/ Pourquoi avoir repris Crimson Glory ?
En fait, au départ, on s’était dit avec Pierre qu’on avait bien envie de se faire une reprise, juste histoire, sur le premier EP de faire un hommage. Donc on a réfléchi, on s’est dit « Tiens, qu’est-ce qu’on va faire ? ». On a proposé des pistes, on s’est envoyé des morceaux « Et ça, ça collerait, ça, ça collerait pas »… Et puis moi j’aime beaucoup cet album de Crimson Glory, « Astronomica », qui est pour moi un des albums les plus méconnus dans le Heavy Prog des quinze dernières années et puis l’idée est venue, je me suis dit « The Other Side of Midnight » ça pourrait être intéressant de la retravailler, de lui donner un côté un peu plus sombre. Et puis je l’ai proposé à Pierre qui ne connaissait pas le morceau, qui l’a écouté et qui a trouvé ça sympa. Et je me suis lancé dans les arrangements. Ça a été ce morceau, ça aurait pu en être un autre en fait. Finalement je trouve qu’il colle bien et ce qui est assez marrant c’est de voir que la plupart des gens qui ont écrit des chroniques de « Confessions » ont pas fait attention que c’était une reprise et ont dit « ah tiens, ils finissent sur un morceau qui dénote un peu mais qui s’intègre bien, il n’y a pas de guitare… », ils n’ont pas forcément remarqué que c’était une reprise et j’ai trouvé ça marrant. (NDLR : votre serviteur en faisait partie).

13/ L’EP était axé très Black/Death mélodique dans une première moitié et ensuite, il devient un peu plus expérimental. J’ai eu l’impression qu’il suivait une progression. L’album sera dans même veine Black/Death ou se dirigera-t-il plus vers des choses expérimentales ?
L’album, puisque tu abordes le sujet, l’album est complètement écrit maintenant, depuis peu. Je l’ai terminé il y a une semaine, donc là je considère qu’il est à cent pour cent écrit. Au niveau de l’évolution, disons qu’il sera moins Black Metal, et on va aller vers des chansons un peu plus courtes pour la plupart, peut-être un peu mieux structurées, qui vont partir un peu moins dans tous les sens et un peu plus Death/Death mélodique. Là je te parle d’influences, mais on peut se mettre d’un coup à jouer quelque chose de totalement différent, mais je pense que, comme tous les groupes – sauf ceux qui font toujours la même recette –, quand on passe d’un album à l’autre, il y a des ajustements. Je me suis rendu compte que l’écriture de « Confessions » a été un peu, pas chaotique, mais ça manquait un peu de structure, j’avais écrit ça « Ouah trop bien, j’ai une nouvelle idée, je la mets à la suite et puis ça passe ». Là, du coup, les titres vont être un peu plus structurés, ils vont moins être expérimentaux, si c’est un peu ce que tu voulais dire. Ça va être un peu plus facile de s’y repérer dans les morceaux.

14/ L’EP a été plutôt bien accueilli mais il a reçu quelques critiques, je pense notamment à « l’omniprésence du clavier ». Les as-tu prises en compte pour la composition de l’album ?
Clairement non, pas du tout. J’ai eu des chroniques très intéressantes, la plupart étaient positives, il faut le reconnaître. Les remarques négatives récurrentes que j’ai pu recevoir c’était surtout vis-à-vis du son, qui était très perfectible et j’en suis conscient. Après la majorité a trouvé que c’était intéressant, voilà, ça m’a fait vraiment plaisir. Effectivement, qu’il y en a qui trouvent qu’il y a trop de claviers, trop de ceci, trop de cela, c’est leur droit le plus strict. C’est peut-être vrai, je ne sais pas, c’est difficile de prendre du recul sur sa propre musique. Maintenant, je ne vais pas dire que ça m’a influencé dans l’écriture des morceaux, même si sur l’album qui va venir il y aura un peu moins de claviers, ce n’est pas directement lié à la chronique que tu évoques. Les chroniques que j’ai pu avoir, si elles avaient toutes été super mauvaises, par exemple, je ne pense pas que ça aurait changé grand-chose sur ma façon d’écrire l’album. De la même manière, si elles avaient toutes été « c’est génial, c’est super, c’est parfait, il faut pas changer une note », je ne pense pas que j’aurais écrit l’album à venir différemment. Après c’est super stimulant d’avoir des retours, d’avoir des chroniques. Quand elles sont bonnes, ça fait plaisir, quand elles ne sont pas bonnes, on essaie de comprendre pourquoi la personne n’a pas aimé… Maintenant ça donne juste une espèce de « température » d’avoir quinze, vingt chroniques. Ça donne la température, qui est plutôt positive pour « Confessions ». Il n’est pas question que je prenne chaque phrase de chaque chronique et que j’essaie d’en tenir compte pour l’écriture de l’album. Maintenant, les différences qu’il y aura entre l’album à venir, j’espère en fin d’année, et le premier EP n’ont pas été dictées par les chroniques, non.

15/ Personnellement, le son, je l’ai trouvé vachement bon, pour un EP.
C’est gentil à toi de le penser. Bon, pour un EP, peut-être, mais c’est vrai qu’on est quand même à une époque où avoir accès pas forcément à un studio, mais en tous cas, à du matos d’ingé-son, c’est plus tellement difficile, il y a plein de gens qui ont un petit home studio, moi j’ai personnellement un peu de matos. Mais je suis surtout absolument nul en ingé-son, je connais quelques principes, mais je serais incapable de mixer le son. Le mix a été fait par un ami de longue date, qui est batteur et avec qui j’ai grenouillé dans des petits groupes, donc il m’a gentiment fait le mix, juste comme ça, et lui il se débrouille bien, mais voilà, je lui ai donné à mixer des pistes qui étaient pas forcément très bien enregistrées, parce qu’à l’époque, je m’y connaissais encore moins. Donc le son, il est clairement perfectible, mais grâce au travail de mix que Romain a fait, il n’est, heureusement, pas catastrophique. Maintenant, clairement, si t’écoutes juste « Confessions », tu vas te dire : « ça va, le son est correct », t’entends les guitares, t’entends les voix et c’est vrai. Par contre, tu vas te mettre tout de suite après une production un peu plus professionnelle, de n’importe quoi, d’un Dimmu, ou quoi que ce soit, tu vas clairement voir une énorme différence. Donc j’espère que j’aurai quand même moyen d’avoir un son un peu meilleur pour l’album à venir.

16/ Y-a-t-il des éléments de l’EP que tu regrettes, que tu aurais fait différemment aujourd’hui ?
Au niveau de l’écriture ? Non. Ça ne veut pas dire que je trouve que tout est parfait, simplement, je ne suis pas du genre à revenir sur ce que j’ai écrit. En général, quand j’écris, ça peut sortir très très vite, genre, je peux écrire un morceau en deux trois jours, les jours où je foisonne d’idées, les mets en place, les retravaille… Par contre, une fois que j’estime que le morceau est fini, je ne reviens quasiment jamais en arrière, à part pour des micro-détails : on retravaille un break de batterie, on rajoute une petite ligne mélodique, mais je reviens assez rarement sur quelque chose que j’ai écrit et dont je suis satisfait sur le moment. Après, de temps en temps, je réécoute à froid ce que j’ai composé et je me dis « c’est pas si terrible que ça », je le mets à la poubelle, il n’est pas question de le retravailler. Quand je réécoute « Confessions », ce qui m’arrive assez rarement, parce que je l’ai tellement écouté, en long, en large et en travers, que j’ai plus tellement envie de le réécouter. Mais quand je le réécoute, non, je n’ai pas de regrets, à aucun moment, je me dis « Putain, j’aurais dû faire ça à la place de ça », parce que j’y pense pas. Il est comme il est, il n’est pas parfait, je suis bien placé pour reconnaître ses défauts, mais à aucun moment j’ai envie de le retravailler, de changer l’écriture. Le son, oui, si je pouvais le remixer, je serais content, mais ça ne sera jamais fait. Mais sur l’écriture, je ne reviens jamais sur ce que j’ai écrit, ou très très rarement.

17/ Au niveau de la réception du public, en dehors des chroniques, comment a-t-il été accueilli ?
C’est vrai que les chroniques sur Internet, c’est quand même ce qu’il y a de plus représentatif. Puisque après, le public, ça a été les gens autour de moi qui s’y sont intéressés, soit des connaissances, quelques personnes qui les ont achetés, parce qu’on a quand même pressé des CDs. Maintenant, clairement, je n’ai pas eu cinquante millions d’auditeurs, mais globalement, pour répondre à ta question, l’accueil a été plutôt positif, au moins par les métalleux, parce que bon, je fais écouter ça à ma petite sœur qui n’est pas métalleuse, elle va me dire que c’est bien pour me faire plaisir, mais voilà, c’est autre chose. Mais globalement l’accueil a été plutôt bon, sans dire que maintenant j’ai un fan-club de ouf, c’était bon pour la suite en tous cas.

18/ Quelles sont les principales différences entre l’EP et l’album ? Si tu devais en retenir une seule ?
Si je devais en retenir une seule ? C’est ce que je te disais tout à l’heure, je pense, surtout la structure des morceaux qui va être un peu plus classique. Ça veut pas dire couplet-refrain-couplet-refrain-solo et puis on finit comme tout album de Heavy Metal qui se respecte, mais on va se rapprocher un peu plus de cette formule, pour faire quelque chose d’un peu plus « catchy » et d’un peu plus facile à aborder. Je pense que ce sera ça la principale différence, après le reste va être de l’ordre de l’équilibrage : un petit peu plus de guitare, un peu moins de synthé et un chant un peu différent.

19/ C’est Romain Reulen et Benjamin Dupré qui se sont occupés de la production. Est-ce que tu comptes refaire appel à eux pour l’album ?
Romain, comme je te l’ai dit, il me l’a fait parce que je lui ai demandé parce que je n’avais pas vraiment d’autre solution et je sais que c’est un mec qui se débrouille bien, donc je lui ai demandé. Il a accepté et me l’a fait à l’œil, ce qui était super sympa de sa part. Et Benjamin, c’est pareil, c’est un gars que j’ai rencontré sur des forums. Il m’a fait le mastering pareil, gentiment, parce que je n’avais pas d’autre solution j’avais envie de faire intervenir des gens que je connais plutôt que des gens que je ne connais pas et dont je ne suis pas sûr du résultat. Après, si je compte refaire appel à eux, on va dire que j’espère que non. Pas dans le sens ou je ne suis pas convaincu qu’ils feraient un bon boulot, parce qu’ils ont fait un bon boulot. Mais simplement, c’est vrai, j’aimerais faire appel à des professionnels ou des semi-professionnels, quitte à, cette fois-ci, payer, bien entendu. Simplement, je n’ai pas de solution à l’heure actuelle. Je n’ai pas encore vraiment cherché, mais je vais me mettre à chercher quelqu’un pour me faire le mix et ça sera de toutes façons la balance entre « j’estime que c’est un mec compétent » et « combien il va me prendre pour faire un mix ? ». Ça va être décidé d’après ces deux critères.
J’en profite pour balancer une annonce : si quelqu’un lit ça et qu’il est chaud pour mixer l’album à venir, qu’il me contacte, ça sera avec plaisir qu’on en parlera.

20/ On va parler un peu de l’artwork. Je le trouvais plutôt réussi, et je trouvais un peu regrettable qu’il ne se développe pas sur un livret, chose normale pour un EP. Vas-tu reprendre les mêmes ambiances sur l’album ? Et vas-tu reprendre Goodcat, qui avait fait celui de « Confessions » ?
Je ne pense pas non plus. Goodcat, c’est Dimitri, un ancien collègue à moi, parce que j’avais fait une école de design, ce genre de choses. C’est un gars que j’avais rencontré là-bas, qui est un mec super sympa. Lui est doué et pas moi, donc ça explique pourquoi il a réussi dans le design et pas moi. Et donc je l’ai recontacté – ça faisait un moment que je n’avais pas eu de contact avec lui – pour savoir s’il voulait me faire un petit travail. Et il a été enthousiaste. C’est moi qui lui ai soufflé la thématique « voilà, je voudrais ceci, cela » et puis lui, derrière, il m’a fait un résultat que je trouve génial, comme tu dis. C’est marrant, il y a quelques chroniques qui ont souligné que c’était un bel artwork et quelques autres qui ont dit que c’était pas terrible terrible, donc bon. On est partagé, moi perso, je le trouve super. Maintenant, c’est un peu la même réponse que pour les ingé-son : je vais essayer de faire appel à un professionnel, un illustrateur un peu reconnu. Donc j’ai balancé quelques demandes à des gars comme Jean-Pierre Fournier, qui est un peu spécialisé dans l’illustration de pochettes Metal. J’attends les réponses, je viens de lancer le truc, et même chose, je passe un message : si on a un bon illustrateur qui a des idées, qu’il me contact, je serai content de travailler avec lui. Mais je pense que là-dessus, ça devrait se décanter assez vite, maintenant j’ai quelques idées pour le visuel de la pochette, mais rien d’arrêté, donc voilà. Ça ne sera pas dans le même délire, mais bon, on verra bien, je n’ai pas encore décidé. (NDLR : depuis l’enregistrement de l’interview, l’artwork a été dévoilé et est visible juste en dessous !)

21/ As-tu signé chez un label depuis la sortie de « Confessions » ?
Pas du tout. Et je n’ai pas du tout contacté de label, pour le moment, je suis complètement auto produit… Là-dessus, je ne me suis pas vraiment penché sur la question, est-ce que ce serait une bonne chose de se faire signer par un label ou un distrib’, je n’ai pas d’avis sur la question, ce n’est pas vraiment ce qui m’importe. Si je suis vraiment super satisfait du résultat de l’album, peut-être que je démarcherai quelques labels, mais ce n’est pas à l’ordre du jour pour le moment.

22/ On arrive à la fin de l’interview. Est-ce que tu veux dire un mot pour terminer ?
Déjà je voudrais te remercier toi à titre personnel, pour avoir mené cette interview, parce que pour en avoir fait, je sais que c’est vraiment un travail de préparation et surtout un travail de retranscription et je sais que c’est long, et que c’est pas le plus rigolo, donc je te remercie. Et je remercie aussi toute l’équipe de Soilchronicles, que je suis – je travaille pour un webzine, ça ne m’empêche pas d’aller voir les autres. Merci à ceux qui ont écouté et apprécié l’EP, merci à ceux qui l’ont acheté, j’ai eu des demandes un peu surprenantes, là j’ai dernièrement un Russe qui m’a contacté via MySpace pour m’acheter deux exemplaires signés de Helioss, il y a des Québécois qui m’en ont acheté cinq pour les vendre dans leur petite boutique. Donc c’est bien de voir que grâce à Internet, même un petit groupe sans prétentions peut se faire connaître à des milliers de kilomètres. J’espère que j’aurai bientôt des choses à faire écouter pour le nouvel album, ça ne sera pas pour tout de suite tout de suite, mais ça va venir. Donc pour ceux que ça intéresse, restez aux nouvelles, il y en aura bientôt, j’espère.

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