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Wöljager – Van’t Liëwen un Stiäven

Le 30 juin 2016 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • Marcel Dreckmann : Chant/Narration
  • Stefan Drechsler : Guitare acoustique
  • Árni Bergur Zoega : Guitare acoustique, Violons/Cordes

Style:

Dark Folk

Date de sortie:

29 Avril 2016

Label:

Prophecy Records/Season of Mist

Note du Soilchroniqueur (Willhelm von Graffenberg) : 8.5/10

Bud Spencer est mort. J’en garderai le souvenir, déjà tout gamin, des films/comédies à baffes, dans lesquels il se foutait sur la tronche avec son comparse/pote Terence Hill. Mais, dans la série « saviez-vous que », il est aussi connu pour la trilogie « Trinita » du western spaghetti (et sa séquelle finale Maintenant, on l’appelle Plata). J’avoue que, gosse, j’avais du mal à adhérer : pas assez rigolo, à part « Pouet Pouet », le bébé nourri aux fayots et qui passe son temps à péter – le pet, cette source de rire universel. Mais il m’arrive de les regarder de nouveau sous un autre angle, avec le recul. Autre truc dans la série « saviez-vous que », il était champion olympique italien de natation. Qui aurait pu imaginer que cet Obélix bourru du 20ème siècle, dans un duo de Laurel et Hardy de la Botte, tout jovial et avenant soit-il hors champ, ait été un jeune éphèbe musculeux remportant des compétitions de natation ? Bref, Bud Spencer est mort… Un de plus parmi les légendes du cinéma (ou de la musique) qui s’éteint cette année…

… Et là, vous vous dites depuis tout à l’heure « mais où est-ce qu’il nous emmène encore avec ses hors-sujets cinématographiques et par quel lien capillotracté va-t-il rattraper sa chronique ? ». Bon allez, je sais que vous êtes impatients, on va parler de Wöljager.

Van’t Liëwen un Stiäven est un album de Dark Folk du groupe Wöljager. Enfin… « groupe »… du maitre à penser Marcel Dreckmann, avec la participation de deux acolytes aux cordes et guitare(s) acoustique(s).

Maintenant, voila où je voulais en venir : les « on ne dirait pas mais… » Bud Spencer et Terence Hill étaient aussi peu américains malgré leur pseudo que le western spaghetti ne l’était : tous provenaient de la Cinecitta romaine. Et je suis loin de dénigrer en disant ça, vu que les plus grands (ou du moins ceux qui sont devenus les plus grands) se sont frottés à la réécriture de la vie de L’ouest sauvage par les italiens : Clint Eastwood avec tant de célèbres films avant de se faire connaitre en Dirty Harry ou même pour ses propres œuvres en temps que réalisateur, Charles Bronson en homme à l’harmonica avant de devenir le Justicier dans la ville, Henry Fonda dans Mon nom est personne, avec – ô heureux hasard – un Terence Hill excellent d’insolence et d’impertinence, le tout évidemment sous la baguette avisée de Sergio Leone et ses BO d’anthologie. Bien loin des films de John Ford, TRVE westerns dont on n’a retenu que John Wayne comme icône.

Les « on ne dirait pas mais… » (Je vous en passe tellement de la liste exhaustive que j’aurais pu vous pondre ci-dessus) ne viennent pas tous du Sud, dans lequel selon Nino Ferrer « le temps dure longtemps », mais aussi de l’Ouest, pas forcément du Far West mais, dans notre cas du jour, de l’Allemagne de l’Ouest… ou plutôt de l’Ouest de l’Allemagne, devrais-je dire (« vivons à notre époque et dédramatisons »). En effet, on ne dirait pas mais… Si le nom à consonance germanique du groupe et de l’album, avec sa foultitude d’umlauten (trémas d’inflexion signifiant littéralement « transformation du son ») évoquent l’Allemagne directement, tout est dans un dialecte du Nord-Ouest de la Westphalie, le Münster Platt, le titre se traduisant par « De la Vie et de la Mort » (merci Internet pour ces précieuses informations), et le nom du groupe… Alors là, ne m’en demandez pas trop mais vu qu’il y a « jäger » dedans, j’imagine que ça parle de « chasseur », ce qui correspondrait bien à l’esprit forestier qu’a voulu dépeindre Marcel Dreckmann. Tiens d’ailleurs, dans la série des « on ne dirait pas mais… », le mastermind de ce projet est chanteur et auteur de Helrunar, un groupe de Black Pagan Metal allemand ; vous vous doutez bien que quand on reçoit un album, en temps que chroniqueur metal, on s’attend davantage à entendre du gros son plutôt qu’un trio guitare acoustique/violon/violoncelle avec une voix caverneuse qui semble raconter une histoire dans un patois difficilement accessible et on se pose des questions sur l’opportunité de parler de ce genre de musique.

Pour en revenir à la musique, cet album de Dark Folk, full folk d’ailleurs, tient un fil conducteur de concept album, narrant les saisons automnales et hivernales de la vie rurale au 19ème siècle et des aventures tragiques de son personnage principal, un certain Wilhelm – fallait donc bien que je m’y colle, hein – personnage clairvoyant vivant diverses péripéties. Malgré tout, on ne ressent pas le caractère narratif de l’œuvre : on ressent bien évidemment la volonté de créer des ambiances et, si vous ne parlez pas le Münster Platt – franchement, z’abusez… ‘Pourriez faire un effort, quoi ! –, vous vous laisserez malgré tout emmener par son caractère répétitif de chanson folklorique dans ces ambiances tantôt planantes, tantôt éthérées, tantôt agitées qui vous évoqueront… ben, en fait, pas trop les forêts de pins allemandes, malgré cette perpétuelle impression de vent qui siffle dans les branches, créée par les longues nappes de violons en bourdon et leurs harmoniques sifflantes, mais plutôt le Far West sur beaucoup de morceaux (principalement « Summer », qui pour le coup ne parle pas d’automne ou d’hiver, mais d’été, ou « Kuem to mi », qui, j’imagine, signifie « Viens à moi » et doit évoquer sa lovestory du protagoniste, vu comme on tombe dans une ressemblance avec les chansons parlant d’attraction et séduction féminines dans les folklores européens). Alors, je ne saurais dire si c’est parce que notre esprit européen est pollué par un cliché lié justement aux musiques des Westerns spaghetti ou si c’est Marcel Dreckmann, en sa meilleure connaissance du sujet musical local, qui nous met dans cette interrogation. Quoiqu’il en soit, ça accompagne facilement une cinquantaine de minutes de détente dans sa baignoire tant c’est apaisant – je parle de la musique mais aussi du bain.

Un album très plaisant et accessible, d’autant si vous vous en foutez de tout l’aspect culturel autour, qui conviendra aisément aux amateurs de BO de westerns, de celle de la série True Detective (saison 1 en particulier), de Dead can dance, The Moon and the Night Spirit et consorts.

A écouter en parcourant les plaines de Red Dead Redemption sur Xbox 360 : on ne dirait pas mais… ça défoule et ça détend aussi, et ça vous… repose en paix.

Tracklist:
1. Vüörgeschicht (4:23)
2. Van’t Liewen un Stiäwen (5:53)
3. Swatte Äer (2:51)
4. Summer (3:37)
5. Magdalene (3:07)
6. Kuem to mi (5:06)
7. Junge Dään (3:59)
8. Üöwer de Heide (3:52)
9. Up’n Likwäg (3:28)
10. De aolle Schwatters Föert to’n Deibel (2:08)
11. Vettainachtain (5:37)
12. Dat Glas löp rask (4:15)
13. Aomdniewel (2:35)

Facebook: https://www.facebook.com/woeljager/
Site officiel: https://www.patreon.com/marcel_vilhjamsson
Bandcamp: https://woeljager.bandcamp.com/releases
Youtube: https://www.youtube.com/user/amonamarthVEVO

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