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Line-up sur cet Album


  • Gaby: chant, basse
  • Martin: guitare
  • Victor: batterie, chant

Style:

Rock Psychédélique

Date de sortie:

2014

Label:

M&O, Boxshit-Prod

Note du Soilchroniqueur (Lusaimoi): 7,5/10

 

Vagina est un groupe qui aime semer le doute. Déjà, son nom tend à nous montrer un groupe plutôt porté sur l’humour de l’entrejambe (et puis, si on ajoute un truc comme un « l Scarification », on va très vite verser dans le Porn Grind). Puis quand on jette un œil à leur artwork, on trouve quelque chose de nettement moins bas du front et de plus recherché, avec ce dessin soigné, élégant tout en étant riche en significations et interprétations. Quant au titre de leur album et de leurs morceaux, ils font tout simplement penser à du Rock Français.
Et si la première impression donnera raison à ce dernier constat, Vagina n’est pas pour autant à s’enfermer dans un style aussi réducteur.

Quand on cherche des informations sur le groupe – et là, je vous déconseille de taper leur nom dans Google si vous voulez éviter des justifications gênantes à votre copine/ femme/ mec/ copain/ père/ mère/ chien/ chat… –, on apprend qu’il est né en 2005, sous l’envie de Gaby, chanteur/bassiste, inspiré par des groupes aussi variés que sont Queen, Pink Floyd, The Doors et Manson. Le trio se forme et rapidement, une première démo voit le jour. Puis il y a l’expérience scénique, le peaufinage du style et l’enregistrement du premier album Made in Silence (2011) qui a, apparemment, obtenu un beau succès outre Rhin, malgré le chant entièrement français. Deux ans plus tard, après toujours plus de dates, d’expérience, et des changements de line-up, le groupe revient avec Là où les Maux nous Laissent, leur deuxième album qui tend, d’après ce que j’ai pu lire, à gommer les défauts de son prédécesseur, tout en gardant ce qui fait de Vagina une formation si particulière.

Et la première chose qui surprend les oreilles, c’est la production. Un son chaud, assez brut mais néanmoins très clair, avec une basse énormément mise en avant, chose encore plus flagrante que c’est par elle que commence cet album. La deuxième chose qui retient l’attention, c’est la voix. Un chant principalement aigu, avec un accent des Midi-Pyrénées, parfois hurlé (sans jamais tomber dans le guttural), parfois d’un phrasé presque rappé, soutenu par endroits de chœurs. Un chant qui, finalement, me ramène à l’époque où j’écoutais des choses comme Eiffel ou Luke – tout en étant bien différent de ces derniers.
Et c’est là un peu le problème pour moi. C’est un genre de musique que je n’écoute plus du tout. Et, du coup (Mok mis à part), j’ai eu un peu de mal, d’où ma note qui peut sembler un brin sévère, en comparaison de ce que j’ai pu voir concernant le groupe.
Néanmoins, ça ne pourrait être considéré comme un défaut, parce qu’il faut reconnaître que dans le genre, Gaby s’en sort bien. Ce n’est jamais faux, ni geignard, ça ne manque pas de charisme, ça n’est pas victime d’un syndrome « cancer du poumon » (dont l’un des exemples les plus connus est Sinsemillia, avec son chanteur essoufflé à chaque fin de phrase). Et puis faut dire aussi que ça nous offre des textes (absents de ma version promo, mais parfaitement compréhensibles) à la fois travaillés et poétiques, et dont les thèmes assez politisés ou moralistes – pouvant parfois renvoyer à l’artwork –, ne sont pas trop faciles, évidents, ni caricaturaux.
Voilà en quoi la première impression sur le groupe renvoie au Rock Français. Pourtant, très rapidement, la musique semble bien aller au delà de ça, avec une multitude de petites surprises qui viennent de partout.

« Le Délicat Son de leurs Cris », déjà, après une intro et un court solo, se présente d’abord comme un titre à la structure classique : un couplet mélodique et assez calme, avec ces arpèges, et un refrain nettement plus rageur. Pourtant, malgré cet aspect très accrocheur, ce morceau se révèle assez difficile à suivre, si on y prend garde. C’est un peu comme si la musique suivait le chant et les paroles. Dit comme ça, ça semble pas clair, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti en l’écoutant. Ça vient, ça part, ça digresse, avant de revenir aux origines. Mais toujours, un élément, comme le refrain, vient nous remettre les idées en place. Un morceau simple et complexe à la fois. Et ce, jusqu’au solo, qui reprend, en l’allongeant, celui du début, pour clôturer cette première piste.

Alors oui, bien sûr, on va aussi se retrouver en face de choses plus simples, comme « Saint Drome », l’instrumental « Leviathan » (avec en guest Philippe Niel de Rita Mitsouko ou FFF) , le très groovy « A Votre Avis » – le plus classique du CD, même si la fin, amorcée par un break, vient casser cette impression –, le très urgent « Là Où Les Maux Nous Laissent »… Mais partout, on a des choses qui viennent nous titiller les tympans. Ces sonorités électro, en particulier ce son SF (similaire à celui présent dans les vieux films traitant d’OVNI) sur « Saint Drome » et revenant, comme un fil rouge, sur plusieurs autres titres de l’album. Certains morceaux cités possèdent aussi une véritable montée en puissance, subtile mais bien réelle, qu’elle soit apportée par un piano de plus en plus imposant (« Leviathan »), ou amorcée par le refrain sur lequel vient se coller un solo furieux (« Là Où Les Maux Nous Laissent »).

Pour le reste, que l’on soit en présence de chansons tristes ou sautillantes, Vagina surprend. Ça peut partir d’un couplet qui se voit enrichi à chaque fois qu’il est répété (« Excusés »), ou une base très simple sur laquelle des sonorités viennent, vont, reviennent, partent de partout, étonnant à chaque apparition (« Soyons des Ombres » ou l’aérien « Evolution »). Ou simplement, comme « Le Délicat Son de leurs Cris », en semblant suivre le chant qui ose vraiment pas mal de choses (« Exolune »).

Il y a pas mal de choses à dire sur Là où les maux nous laissent, mais je vais m’arrêter là, parce que déjà, il vaut mieux le découvrir par soi-même, ensuite, si j’ai beaucoup parlé de l’aspect surprenant de cet album, c’est avant tout un bon album de Rock Français, avec des titres efficaces et qui se gravent facilement en tête, qui sait se montrer aussi sensible que punchy, aussi revendicatif que poétique. Et, entre les groupes voulant se tailler la part du lion sur l’héritage de Noir Désir, ceux dont l’intérêt se résume à un engagement politique finalement bien démago, les pseudo rebelles qui n’assument pas de nous gaver de musique pour pucelles, ou les groupes tout simplement immatures, Vagina s’impose comme une vraie bouffée d’air frais.

 

 

Site : www.vaginaofficial.com
Facebook : www.facebook.com/pages/VAGINAOFFICIAL

 

 

Tracklist:
01. Le Délicat Son de Leurs Cris
02. Saint Drome
03. L’Email Blanc
04. Oxygène
05. Leviathan
06. A Votre Avis
07. Là Où Les Maux Nous Laissent
08. Exolune
09. Excusés
10. Soyons des Ombres
11. Ambroisie
12. Evolution

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