The Long Escape – The Long Escape

Le 10 juin 2020 posté par Bloodybarbie

Line-up sur cet Album


  • Kimo : guitare, chant
  • Marius : guitare
  • Nicolas : basse
  • Tom : batterie

Style:

Rock / Metal Progressif

Date de sortie:

9 mars 2020

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 7.5/10

« La preuve que la Lune est habitée, c’est qu’il y a de la lumière. » Francis Blanche

Comme je ne sais pas quoi écrire en introduction de cette chronique, ce qui représente un événement rarissime, je vous pose une citation du film Watchmen qui résume à peu près la valeur symbolique d’une introduction dans une chronique metal et rock. Attention top !

Janet Black : Docteur Manhattan, l’horloge de l’apocalypse est une horloge symbolique censée indiquer le temps séparant l’humanité de son anéantissement, minuit représentant la menace d’une guerre nucléaire. Actuellement, elle est positionnée sur minuit moins quatre. Sommes-nous si proches de l’extinction, vous croyez ?
Docteur Manhattan : Mon père était horloger de métier. Il a mis fin à son activité quand Einstein a découvert la relativité du temps. Je dirais qu’une horloge symbolique est autant nourrissante pour l’intellect que la photo d’une bulle d’oxygène pour un homme qui se noie.

Et la version Soil Chronicles maintenant :
Ja(inter)net Black : Docteur Quantum, l’introduction pour parler de The Long Escape est une introduction symbolique censée indiquer le temps séparant l’ouïe de son anéantissement, leur dernier album représentant la menace d’un cataclysme auditif nucléaire. Actuellement, il est positionné dans votre lecteur CD. Sommes-nous si proches de l’extinction, vous croyez ?
Docteur Quantum : Mon père était chroniqueur de métier (ce qui est faux, il est directeur commercial). Il a mis fin à son activité quand son fils a découvert la relativité du temps qui passe devant l’écoute d’un album. Je dirais qu’une introduction symbolique est autant nourrissante pour l’intellect que la photo d’une bulle d’oxygène pour le bébé qui se noie en poursuivant un billet sur la pochette de Nirvana.

Voilà ! Ça, c’est fait ! Passons à la chronique.

The Long Escape est un groupe fondé en 2009 et nous vient tout droit de la plus belle ville de l’univers : Paris. Vous aussi, vous rigole z? Ah bon, cela me rassure alors ! Non je déconne, c’est mon côté pouilleux de la campagne ardéchoise qui parle, n’en tirez-pas un kopek. Simplement, ne connaissant absolument pas le groupe, j’ai été très surpris de constater que le quatuor parisien en était à quatre albums ! Et surtout, belle incohérence qui émane de leur page Facebook : leur premier album nommé « Excess of Empathy » (j’aime ce nom) serait sorti en 2008… Avant la fondation du groupe donc. Tiens ! Quand on parlait de la relativité du temps justement… Einstein serait jaloux de cet exploit ! Plus sérieusement, je suis très étonné d’autant d’albums et de ne pas en avoir entendu parler plus tôt. C’est chose réparée, je vais de ce pas écouter ce quatrième album donc.

Je vais vous parler un peu (je sais que ça va faire rire le boss) de l’artwork mais je suis bien en peine d’en faire un long paragraphe comme j’en ai l’habitude parce qu’il n’y a pas énormément de choses à dire. On a ce que l’on pourrait appeler un effet inversé, avec le logo qui est calqué sur le fond de l’album qui fait penser, comme cela de visu, à l’espace ou une sorte de machine spatiale qui lance une traînée d’énergie, genre quand le Faucon Millénium s’envole à la vitesse de la lumière. Mais là où je ne saisis pas bien l’idée, c’est justement cet effet inversé. Quel est l’intérêt sinon de masquer le concept de l’album ? Franchement, je n’ai rien contre l’idée si elle est justifiée, mais comme je n’ai pas cette impression, je suis un peu pris au dépourvu et je n’arrive pas à trouver un intérêt quelconque à ce design. Par contre, j’apprécie beaucoup le logo du groupe et comme l’album est éponyme, ce logo sauve les apparences, clairement. Donc un constat mi-figue, mi-raisin.

Heureusement, toutefois, que l’intérêt réside principalement dans la musique sinon cela serait vide de sens. Surfant sur différentes références – selon Facebook : Sevendust, Faith No More, Periphery, Avenged Sevenfold, TesseracT, Genesis, Porcupine Tree, Dream Theater, Destiny Potato, John Mayer, A Perfect Circle, Tool, Moonspell, Fuel, Motley Crue -, on pourrait se demander quel sera le bébé qui sortira du vagin collectif de nos chers Parisiens. Présenté par les auditeurs et webzines comme étant les compositeurs d’une musique vue comme du rock alternatif, ou du metal alternatif, je pense que tout est résumé ici. Une musique à part, tout simplement, tant elle surfe sur des vagues différentes au fil des morceaux. Je pense que la question fondamentale qui doit se poser, si l’on part sur cette pluralité, c’est : est-ce une base metal ou une base rock ? Eh bien, au vu du son que je détaillerai plus bas et des compositions, des riffs dominants, je dirais rock. Mais je peux me tromper !

En tout cas, cela n’enlève en rien la qualité indéniable du son, du travail qui a été fait en studio. Difficile de savoir qui l’a fait tant le quatrième de couverture que j’ai reçu est… Quasiment illisible. Mais j’ai cru lire un certain Nicolas Maignan, donc je tiens à lui dire que son boulot est impeccable. Un son agressif, typique d’un rock plein d’énergie, qui sent bon la nouveauté et la jeunesse, et ça, pour du rock c’est tout ce que je cherche dans sa contemporanéité. Sans renier le rock ancien que j’adore, je préfère les groupes qui tentent d’insuffler un vent nouveau et avec The Long Escape et ce spectre sonore, je suis comblé ! Très bon point donc, l’écoute est très plaisante et donne envie de remuer son corps, le secouer de spasmes et battre à plate couture les Ménades dans leurs transes alcooliques !

Je suis un peu plus circonspect sur le nombre de morceaux de l’album. C’est rarement un élément que je relève dans l’analyse d’un CD, et je tiens à préciser que le nombre n’est pas non plus excédant en lui-même. Mais je trouve que les treize morceaux qui le composent ne permettent pas une certaine fluidité dans l’écoute. Pour dire simplement : j’ai fait des pauses. Ce qui en général résonne comme un manque de cohérence entre les morceaux et donc, plusieurs sentiments d’être souvent pris à contre-pied, ce qui selon moi est plus un défaut qu’une qualité. Et c’est malheureusement le danger de vanter une musique sous l’étendard de l’alternatif : à trop vouloir innover dans les compositions et les constructions rythmiques, on perd l’auditeur. Il faut quand-même rappeler que l’on a, pêle-mêle : du metal technique, du rock old school, du metal gothique, du heavy metal, du hard rock, etc. dans les références de The Long Escape. Certains ont des concordances évidemment, mais d’autres non. Et le défi que nos Parisiens ont dû relever est de trouver une recette de mayonnaise suffisamment dosée pour concocter un met délicat. Mais je pense qu’il y a un surplus d’influences qui fait que la musique de l’album entier n’est pas consistante et que, par conséquent, l’album éponyme ne peut que difficilement s’écouter sans pause. Il aurait fallu épurer la musique selon moi et le nombre de morceaux réduit pour que l’album soit bien fluide. Mais c’est le risque principal, je le répète, de composer de la musique progressive, voir alternative même j’exècre ce mot.

C’est dommage parce que, si l’on prend les morceaux un par un, ils sont excellents ! La composition est vraiment riche et intéressante, et certains frôlent même le grand talent comme « I Curse The Night » ou « Surfacing » qui est mon préféré avec « Minor Earth Major Sky » !

Je ne vantais pas le surplus d’influences pour construire un album, mais cela traduit tout de même aussi une qualité indiscutable : les musiciens sont très bons ! Tous sans exception ont une maîtrise de leurs instruments que je trouve suffisamment notable pour le souligner. Une grande justesse technique et l’abondance de riffs déstructurés, à la rythmique scabreuse, montrent bien ce que je dis et je pense que l’auditeur appréciera de voir des musiciens comme notre quatuor avec une telle maîtrise. A noter l’incorporation de parties claviers qui donnent encore une touche en plus intéressante !

Et le chant, si cher à mon âme, ne fait pas lui non plus exception. Le chant clair n’est pas forcément ma tasse de thé, mais je me dois d’admettre qu’il est très plaisant, il apporte lui aussi son lot d’énergie et d’entrain et accompagne bien ses compères. Très bon! Et là encore, l’alternance de chant clair soit mezzo forte, soit plus calme, apporte une touche de subtilité en plus qui n’est pas désagréable du tout! Je suis en revanche moins emballé par l’apport de chant guttural, qui dénature l’autre. C’est souvent le risque que celui de jongler entre les deux types de chant car il faut trouver la juste entente entre les deux, leur conférer une place égale et ce n’est pas du tout chose aisé.

Je mets un point final à cette chronique sur un sentiment de satisfaction que je situerais sur un versant « bon ». Le rock que pratique The Long Escape a le mérite, et non des moindres, de proposer une musique pleine d’entrain et avec une énergie sincère, qui donnera envie à n’importe quel auditeur de secouer ses membres. Seulement, quelques incohérences font que ce quatrième album résonne plus comme une énième marche de franchie avant l’équilibre général, et je pense que cet album montre que le groupe, loin d’être mauvais, est toujours perfectible et doit encore progresser. Ce qui n’enlève en rien que ce disque est très plaisant à l’écoute, et à défaut d’être un vrai raz de marée, serait une vague de l’Océan Atlantique sur la côte basque : pas de quoi impressionner les surfeurs, mais de quoi satisfaire les grands enfants comme moi qui aiment se jeter dedans ! Je recommande donc cet album !

Tracklist :

1. The Dilemma
2. About The World
3. Hollow Of The Earth
4. Minor Earth Major Sky
5. We Will All Divide
6. I Curse The Night
7. Homo Stellaris
8. Interior Disorder
9. Lightroom For Dark Faces
10. Sleep In Fire
11. Surfacing
12. Out Of This World
13. Toolbox

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