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Sabaton – Carolus Rex (Platinum Edition)

Le 24 mars 2019 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Joakim Brodén : chant, claviers
  • Pär Sundström : basse
  • Chris Rörland : guitare
  • Tommy Johansson : guitare
  • Hannes Van Dahl : batterie

Style:

Power Heavy Metal

Date de sortie:

30 Novembre 2018

Label:

Nuclear Blast Records

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 8/10

« Le sage n’affirme rien qu’il ne puisse prouver. » (Proverbe latin)

Une question me parcourt l’échine en tapotant les premières lettres de cette nouvelle chronique : que reste-il à raconter d’une histoire si la finalité se répète à chaque tome ? Quand on a tout dit d’un sujet, que reste-il à découvrir ?
Bon je sais ! Cela fait deux questions en fait. Mais longtemps avant d’entamer une nouvelle histoire, je me suis demandé ce que je pouvais raconter d’intéressant, de nouveau concernant un groupe qui a déjà tout prouvé. J’ai toujours fui les groupes (re)connus par nécessité d’échapper à cette crainte de ne pas savoir quoi dire. Et au plus le contenu (entendons par là la discographie) est immense, au plus le sentiment d’avoir fait le tour de la question domine. Pourtant, s’il faut autant de matière musicale, c’est bien par souci de continuer l’histoire, non ? Eh bien non. Certains cas de figure nous montrent qu’en fait, on n’a pas besoin d’innover un repas pour plaire à ses convives. Si la recette magique est trouvée, il serait malvenue de la changer. Trop de risques à prendre. C’est exactement ce qui se produit avec le groupe Sabaton que j’ai l’honneur, ce jour, d’étudier et de décortiquer.

(NB : il parait selon ma bien aimée consœur BloodyBarbie que même les gros groupes nous lisent ! Alors, il me sera difficile de cacher mon émotion, hé, hé, hé…)

Certains diraient qu’il n’est absolument pas nécessaire de présenter Sabaton tant il est connu. Certes ! Mais n’oublions pas que des néophytes nous lisent et qu’ils ne connaissent probablement pas Sabaton, alors je vais faire un effort de présentation.
Cela fait exactement vingt ans que le groupe originaire de Falun en Suède existe. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celui-ci dont les seuls membres d’origine sont le chanteur Joakim Brodén (le G.I Joe suédois, ou le Action-Man des temps modernes, c’est selon) et le bassiste Pär Sundström n’a pas chômé. Avec à son actif huit albums (dont Art of War est mon préféré), une bonne douzaine de singles, quatre albums live et deux compilations (dont une date de… 2001. Allez savoir l’utilité), je crois que l’on peut se dire que nous n’avons pas affaire à un groupe de réputation départementale… Mais surtout, Sabaton c’est un nombre incroyable de tournées dans le monde, dans les salles moyennes (je me souviens d’un concert à Marseille à la salle Espace Julien en 2016) ou grandes, des co-têtes d’affiche en festival dont le Wacken et le Hellfest. Si on exclut les nombreux changements de line up qui ont été opérés, comme dit le proverbe russe : « pas besoin d’être une lumière pour voir qu’il fait noir ». Que cela plaise ou non, Sabaton est un groupe majeur de la scène Power/Heavy Metal scandinave et, sans hésitation, européenne. Et ce jour, ce n’est pas un nouvel album que j’ai le plaisir de chroniquer mais une réédition de l’album Carolus Rex, sorti en 2012, qui comprend les onze morceaux originaux et retravaillés et trois reprises d’Amon Amarth, Status quo et Rammstein. Le dernier morceau sera un mystère, peut-être une composition bonus.

De Carolus Rex, de prime abord, je me souvenais surtout de la pochette, magnifique, avec ses nombreuses références à la Suède. Rappelons-nous que les pays scandinaves ont encore des familles royales, donc peut-être pourrions-nous y voir un hommage à sa majesté Carl XVI Gustaf, roi de Suède. Mais pas que, puisque le deuxième morceau est un hommage direct à Gustave II Adolphe, roi dans les années 1600. Bon, celle de la réédition est beaucoup moins « glamour » avec ses tons gris. Si l’on retrouve certains symboles de la royauté suédoise, je trouve que ce ton grisâtre est vraiment moins attrayant que la pochette de 2012. J’aurais plus vu des tons dorés, comme pour montrer un semblant de solennité. Mais bon… (Qu’est-ce qu’elles sont belles les pochettes de Sabaton, putain…)

En ce qui me concerne, ce que j’ai toujours adoré chez Sabaton se situe en deux points : la musique tout d’abord mais aussi les thèmes abordés dans les textes.

Ce serait redondant de revenir entièrement sur les onze compositions de la réédition parce que, bêtement, ce sont les mêmes que dans Carolus Rex. Donc, pour ceux qui auraient déjà écouté l’album original, vous ne découvrirez rien de neuf en fait. En revanche, pour les nouvelles recrues qui cherchent de quoi faire frétiller le duvet de leur moustache, vous allez sentir vos cœurs de jouvenceaux vrombir d’extase (attention à ne pas le répéter trop fort à mon con(de)frère Willhelm von Graffenberg, l’ombre de Jackson plane sur lui [NdWvG : perso, je suis plus « jouvencelles » mais te laisse assumer ta psychanalyse par procuration paisiblement 😉 ).

Puisque, comme expliqué dans mon introduction, Sabaton produit depuis presque ses débuts la même musique, à savoir un Power Metal aux accents heavy et épiques, qui font remonter du plus profond de nous-même une grande bouffée de mêlées sanglantes, d’aventures mais surtout, de voyage dans l’Histoire, la base metal oscille entre des passages lourds ou mélodiques, avec des tons aventureux un peu comme dans les grands péplums, le clavier est toujours au service de l’accentuation de ces phases épiques et est très peu mélodique pour le coup, juste en incorporant des nappes. Le chant est tout en clair et, même si la voix n’est pas extraordinairement lyrique comparé à beaucoup de groupes comme Manowar ou Rhapsody of Fire, elle est déroutante avec son côté presque puissante mais douce à la fois. Parfois, on a plutôt l’impression que Joakim est un narrateur plus qu’un chanteur. Son costume, son jeu de scène et le fameux « Tank of Sabaton » (tank sur scène qui porte la batterie) ne font que rajouter à la puissance qui émane de leur musique.
Le concept de l’album est concentré autour de l’Histoire guerrière et royale de la Suède donc, si vous voulez comprendre, il va falloir se pencher sur quelques livres. En tout cas, à cette époque, j’avais adoré lire les textes de Sabaton mais, finalement, comme tous les textes qui ont été écrits par le groupe parce que, sans être sophistiqués ni présentant une esthétique poétique, les sujets sont très captivants.
Ce qui est nouveau dans cette réédition, ce sont les quatre derniers morceaux : trois reprises donc, et un morceau mystère, un peu sorti du chapeau magique.

Le morceau « Twilight of the Thunder God » s’annonce audacieux, tant le morceau original est aux antipodes de ce que produit Sabaton. C’est donc teinté de curiosité que l’amateur d’Amon Amarth que je suis se penche sur ce premier cas. Et finalement, un bref « c’est pas mal » s’impose ; je ne suis pas totalement emballé parce que Sabaton a clairement évité une prise de risque trop importante, notamment en ce qui concerne le chant. Si l’incorporation des nappes aux claviers reste plutôt sympathique, la base metal est exactement la même et le chant ne fait que suivre la ligne mélodique tantôt des guitares, tantôt des claviers, ce qui ne montre pas une grande innovation ni une grande recherche de composition. C’est probablement plus une reprise « pour déconner », quoi, d’autant que le chant growl n’est pas totalement abandonné : il apparait au pont du morceau et vient s’ajouter un scream strident que je trouve assez inutile pour le coup… Bref, pour une première reprise, c’est mi-figue mi-raisin.
Par contre, en termes d’audace on ne peut pas faire plus incroyable que la suivante reprise, du groupe Status quo. Pour l’anecdote, il s’agit d’un groupe anglais de… Boogie rock. Alors, moi qui trouvais la précédente étrange, me voilà plongé dans l’expectative la plus totale ! Et finalement, ben je crois que c’est ma reprise préférée ! Si la base de composition est la même, la musique de Sabaton calquée sur ce morceau « In the Army now » est tout simplement géniale ! Il n’y a qu’à écouter l’introduction du morceau : arriver à mettre un soupçon d’épique dans ce morceau avec les claviers et ce son de solo intense est une belle prouesse. Il fallait y penser franchement. Très bonne surprise, d’autant que le chant est bien raccord avec l’original.

Bang Bang ! « Feuer frei » du groupe Rammstein, morceau où résonne la tuerie de Columbine dont le groupe Rammstein a été accusé d’avoir influencé des meurtriers de masse, qui sonne comme un pamphlet contre les détracteurs, est donc la prochaine reprise proposée. Franchement, je vais être méchant : elle est sans intérêt. C’est un banal copier-coller de l’original, il n’y a rien qui ressort de spécial, même le chant est une imitation sans saveur de Till Lindemann et le clavier copie jusqu’à la banque son du morceau. A éviter mais du genre totalement.

Par contre pour le morceau « Harley from Hell », difficile de reprocher au groupe de ne pas sortir de ses sentiers battus avec celui-ci. C’est vraiment LE morceau mystère dans toutes ses coutures. Il n’y a strictement RIEN qui caractérise Sabaton dans ce morceau ! Très peu de claviers (mais du genre très très peu !), un Metal très heavy typé biker (en même temps vu le nom), hyper rock n’ roll. Il est vraiment sympa et conviendra à nos anciens qui écument la scène metal depuis Led Zeppelin parce que c’est un morceau très vintage dans le son, jusqu’au solo dont on reconnait la touche metal mais qui adopte un son vachement old school. C’est… rafraichissant ! Le chant ne varie cependant pas d’une virgule et c’est ce qui m’épate assez : outre la qualité de Joakim en termes de vocalises, je découvre que son chant est passe-partout en plus de cela ! Capable de se mettre dans un rock n’ roll bien de chez nous comme dans un bon Metal bien bourrin, c’est une belle prouesse ! J’étais déjà ébahi par la qualité de son chant, j’en suis encore plus enfoncé dans mon canapé au point que mon séant touche presque le carrelage d’hébétude !

Ainsi s’achève ce nouvel essai littéraire très poussé que l’on nomme en Suède « kronisk ». Mon constat est simple : c’est du Sabaton, comme toujours et irrémédiablement le groupe continue à agrandir son empreinte dinosauresque dans le monde du Metal. Comme toute réédition, il faut au préalable se demander pourquoi elle existe (cf. ma chronique de Mayhem à lire ici). Je crois qu’ici Sabaton a juste voulu… se marrer un peu. Avec plus ou moins de réussite, les reprises proposées ne sont certainement là que pour dire « bon ça fait vingt piges qu’on arpente la planète Terre en parlant des nombreuses guerres qui donnent des médailles en chocolat à l’Homme, maintenant on va juste rigoler un peu et, si vous le voulez bien, avec vous ». Ce CD est à prendre dans un but purement ludique, pas au sérieux, et vous verrez que, des fois, c’est un vrai bol d’air quand les groupes ne se prennent pas au sérieux !

Tracklist :

1. Dominium Maris baltici (0:29)
2. The Lion from the North (4:42)
3. Gott mit uns (3:15)
4. A Lifetime of War (5:45)
5. 1648 (3:54)
6. The Carolean’s Prayer (6:14)
7. Carolus Rex (4:53)
8. Killing Ground (4:24)
9. Poltava (4:03)
10. Long live the King (4:09)
11. Ruina imperii (3:21)
12. Twilight of the Thunder God (3:59)
13. In the Army now (3:58)
14. Feuer frei (3:12)
15. Harley from Hell (3:49)

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