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Prismeria – Lost individual Thoughts

Le 27 décembre 2018 posté par Willhelm von Graffenberg

Line-up sur cet Album


  • Cyril - Vocals
  • Benjamin - Guitar
  • Leny - Guitar
  • Alex - Bass
  • Nico - Drums

Style:

Thrashcore Metal

Date de sortie:

31 Octobre 2018

Label:

Autoproduction

Note du SoilChroniqueur (Quantum) : 8.5/10

Attention ! Chronique pour crise de la trentaine en cours, ne pas lire ce manuscrit si vous êtes sous Lexomil ou Venlafaxine, si vous traversez des problèmes d’érection liées à une paternité à venir ou révolue, ou si le temps qui passe est un long torrent pour le moins peu tranquille !

Quand tu contemples certaines affiches qui ne datent pas d’hier, tu n’as jamais eu l’impression de prendre un coup de vieux monumental ? Pour ma part, je sais que ce syndrome qui touche pratiquement « tout le monde dans le monde » – Big up, Jamel, si tu nous lis… Oui, je sais… – m’échouera un jour. Car Prismeria, dont j’ai l’immense plaisir de faire la chronique, n’est pas un groupe inconnu pour moi : leur première date a été à Lyon et croyez-moi, je ne suis pas sûr de les voir moisir en bas des affiches encore longtemps ! Ça m’a fait un peu le même effet que de voir trainer sur les réseaux sociaux une affiche où il y avait Benighted en dessous des groupes Artefact et Kragens… Je me suis dit : « Bon sang, un jour je verrai une affiche de ce genre et je suis sûr de croiser les compagnons de Prismeria tout en haut » !

Petite rétrospective : Prismeria est né dans la capitale des Gones il y a peu, la même année que la naissance de ma fille (d’où la crise de la trentaine qui va pas tarder à m’assaillir) soit 2017. Toute jeune formation composée de jeunes musiciens aux influences différentes selon leurs termes, elle écume les quatre coins de la région et quelques recoins bien isolés de l’Hexagone depuis. Pas étonnant que l’on entende parler rapidement de leur première arme de démarchage d’assos, qui porte haut le nom de Lost individual Thoughts, EP ou mini album de six titres donc, qui ne demande qu’à être découvert. Alors, mesdames et messieurs amateur(e)s de Metal, veuillez je vous prie déposer vos éternels groupes de festival et allez voir un groupe qui perce un peu, ça vous donnera du sang neuf dans vos veines !

On commence, comme d’habitude, par la pochette. On peut voir une jeune femme très sensuelle, qui nous invite à déguster de jolis bambins dans ses cheveux ébène et soyeux… Non, je déconne ! Ce visage blanc comme s’il était totalement exsangue, ces yeux révulsés ou du moins dépourvus de pupilles semble montrer de manière métaphorique l’absence de conscience, la mort psychique comme on en trouve dans les cas d’infanticides par exemple – minute psychiatrique refermée. A propos d’infanticide, on remarque la présence pour le coup réelle de fœtus de couleur blanche aussi dans la chevelure plutôt tentaculaire de ce visage mort. Sans rentrer trop dans le détail, on peut y trouver un très bon travail de la part du créateur graphique. L’ensemble est homogène, de bonne facture. Pour un premier CD, on peut louer l’investissement sans problème, du bon boulot !

Pour la musique proposée par Prismeria, il y a des relents de violence et de brutalité qui dégueulent par tous les pores ! On est prêts à parier qu’il ne faut pas croiser le groupe dans des manifestations tant les revendications sont brutes et conduisent vers une violence certaine. Métaphore à part, on comprend assez rapidement que les Lyonnais ne font pas de la musique pour conter des histoires de Noël. C’est ce qu’on pourrait appeler l’hooliganisme musical à ce stade ! A ce sujet, c’est assez impressionnant cette capacité qu’a le groupe à trouver une homogénéité dans sa musique avec toutes les références assumées derrière le travail de composition. Six morceaux d’une brutalité sans confession/concession pour une bagarre d’une durée totale de pratiquement vingt-cinq minutes.

Les morceaux sont de très bonne qualité. Je vais pouvoir détailler chaque morceau pour que vous les découvriez un par un, et le premier ne laissera personne indifférent.
« Bar Fight » est en effet le premier clip du groupe et une dédicace au Rock n’ Eat, bar lyonnais qui produit également des concerts (on espère cependant pas qu’il y a un « bar fight » là-bas, sinon pauvre public pacifique de jouvencelles). J’apprécie le mélange de Thrash Metal et d’influences -core qui transparait dans ce premier morceau car c’est un mélange plutôt original ; de mémoire, je n’ai pas entendu encore ce genre de mix donc je suis assez surpris. Au-delà de ça, j’aime beaucoup la qualité technique des différents instruments, montrant par là le talent des musiciens qui est indéniable!
« A modern War » est plus d’aspect death metal mais avec toujours ce son particulier qui tape encore dans l’originalité. Il y a véritablement du Sepultura sur les riffs du début, et l’ensemble fait la part belle à une forme de brutalité. On retrouve vers le milieu une partie mélodique que je trouve intéressante, je ne sais pas si on peut parler de solo cependant…
« Unless they come » démarre par un riff presque joyeux qui monte progressivement en puissance jusqu’à refaire place à l’alchimie bien ficelée de Prismeria. J’aime cet esprit un peu progressif qui me faisait douter au début de son utilité mais qui finalement s’avère à propos pour relancer le mini album à son milieu.
« M.O.A.B. » est le morceau instrumental de l’album et qui est le vrai interlude de ce dernier, avec son côté plus mélodique et lent que les autres morceaux. Je vais être sévère mais je le trouve presque inutile et trop cassant dans cet emplacement. En fait, il dénote trop des autres morceaux et, sans remettre la qualité de composition de ce dernier qui demeure toujours en l’état, je ne l’aurais pas mis dans ce CD. Mais encore une fois, ce n’est que mon avis.
« Under the Sun » est incontestablement mon morceau préféré ! Avec cette nouvelle montée en puissance bien rythmée, il se démarque par une utilisation plus technique de la batterie cette fois-ci.
« Eat the Wolf », morceau bonus du CD, est quant à lui par moment plus heavy que les autres, avec presque un côté Motorhead ! Surprenant mais efficace ! J’en veux pour preuve la montée finale que j’ai trouvée absolument géniale !

Je voudrais m’attarder sur les deux points qui se démarquent le plus de l’album, un en bien et un en moins bien : l’utilisation de la basse et du chant. La basse est mise en avant et offre le liant qui, à mon sens, enrobe bien les guitares entre elles et met en concomitance la batterie dans tout cela. Il n’est jamais simple de donner une place suffisante à la basse dans le milieu du Metal, et la magie du Thrash Metal est de savoir jongler avec la basse de manière efficace. Sans tomber dans le piège du trop technique, le Thrash Metal a cette capacité d’utiliser la basse à bon escient. Et Prismeria a parfaitement rempli cet objectif donc un grand bravo ! En revanche, j’ai un peu de mal avec les multiples variations du chant ; en fait, je trouve que le chanteur est un peu trop tout seul pour varier autant le chant. Si Cyril a des qualités évidentes de chanteur, cette volonté d’offrir une large palette de chants différents est en fait le point faible du CD : c’est déjà difficile d’assurer un type de chant pour un enregistrement, alors d’en varier plusieurs fois la tessiture relève du génie absolu si ça fonctionne. Or, je pense que tous ces changements devraient certes être appliqués en concert, mais pas en studio. A méditer…

Les paroles me paraissent plutôt simples mais je dois admettre que c’est mon côté littéraire qui parle plus que mon objectivité donc je préfère ne pas m’étendre sur le sujet, je laisse le choix à vous qui allez écouter de vous faire une idée.

Pour conclure, je souhaite souligner l’excellente qualité de l’album Lost individual Thoughts qui, pour un premier pas dans le monde musical, est une réussite franche réussite ! Certes, il y a quelques petites choses à revoir, mais nos lyonnais ne sont pas dans l’urgence et ont tout le temps de continuer dans cette voie fort bien tracée. Donc, pour un premier CD c’est du très bon et je vous recommande fortement de vous le procurer. Et, en tant que musicien, je vous invite SURTOUT à aller les rencontrer car c’est en concert que la quintessence du groupe se voit le mieux !

Tracklist :

1. Bar Fight
2. A modern War
3. Unless they come
4. M.O.A.B.
5. Under the Sun
6. Eat the Wolf (Bonus Track)

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